ÉPINE
ment nerveux et irritable, chez les femmes p. ex., et en particulier dans les climats froids; souvent elle est héréditaire et presquetoujours incurable. La frayeur, la colère, les excès de toute nature, surtout les habitudes solitaires, les lésions sur la tête, en sont les causes ordinaires. L'accès est quelquefois précédé de malaise et de vertiges, ou d'assoupissement, et souvent aussi d'une sensation particulière {aura epileptien), qui, partant d'un point quelconque du corps, gagne rapidement le cerveau ; d'autres fois, le malade tombe subitement comme foudroyé. L'œil est fixe, ordinairement tourné en haut, le visage rouge, gonflé, livide ; la bouche écumante et distordue : tout le corps est agité de mouvements convulsifs ; après un temps qui varie de 1 à 5 minutes, les muscles se relâchent, le visage pâlit, la respiration devient bruyante, la bouche rejette une salive écumeuse ou sanguinolente : l'accès est toujours suivi d'un état de stupeur plus ou moins prolongé. Souvent aussi l'attaque se borne à un court vertige avec crispation de la face et contracture d'un membre.
On recommande aux épileptiques la sobriété et un régime doux et rafraîchissant; la modération en toute chose ; les bains tièdes avec des topiques froids sur la tête; les voyages, les distractions douces, etc. Pendant l'attaque, il faut desserrer les vêtements du malade et le mettre au grand air. Une foule de médicaments ont été préconisés contre l'épilepsie; tels sont : la valériane, la feuille d'oranger, le camphre, le musc, le quinquina, les purgatifs aloétiques, les préparations ferrugineuses, le nitrate d'argent; les saignées générales et locales, le rappel d'éruptions ou d'évacuations habituelles supprimées; l'application de vésicatoires, de sétons, cautères et moxas. On en est encore à trouver le moyen efficace. — Voir sur ce sujet les travaux de Tissot, Esquirol.Georget, J. Frank, J.-G.-F. Maisonneuve, derpin, Beau,Delasiauve, etc.
L'épilepsie s'observe chez plusieurs de nos animaux domestiques, le Chien, le Cheval, le Porc et quelques Ruminants.
ÉPILLET, se dit, en Botanique, des petits épis qui, par leur réunion, en forment un grand, et, dans un sens plus restreint, de ceux qui, dans les Graminées, sont enfermés dans la même glume, et dont l'ensemble constitue l'épi.
ÉPILOIÎE (du gr. £7:£, sur, et),oôoç, gousse), Epilobiutn, genre de la famille des Onagrariées, renferme des plantes herbacées ou frutescentes, à feuilles opposées ou alternes, à fleurs rouges, roses ou ▼folâtres, munies d'aigrettes à l'intérieur. Le fruit est long et ressemble à une cosse. Les Épilobes aiment les lieux frais et humides. L'É. à épi (E. spi- ■cation), vulg. Osier fleuri ou Laurier St-Antoine, croît dans les bois des montagnes. Ses fleurs sont d'un rouge purpurin ; leurs aigrettes, mêlées au coton, peuvent servir à faire de légers tissus; ses racines se mangent dans le Nord; ses feuilles entrent quelquefois dans la composition de la bière ; les chèvres et les vaches les mangent avec avidité.
EPILOGUE (du gr. ètu/oyo;). conclusion ou dernière partie d'un discours ou d'un traité, contenant la récapitulation des principaux points exposés dans le discours ou dans l'ouvrage. — En Poésie, c'est un petit poëme, quelquefois séparé, espèce d'adresse au lecteur, qui se trouve à la fin d'un recueil de fables, de contes, etc., et même à la fin de chacune des parties de ce recueil, quand elles ont été publiées séparément. — Dans le Théâtre grec, on appelait aussi épilogue une pièce de vers qu'un auteur adressait au public, à la fin d'une tragédie ou d'une comédie, et dont le but était d'effacer les impressions fâcheuses que quelque partie de la pièce aurak pu laisser dans l'esprit des spectateurs. Voy. Couplet.
EPIMAQUE du gr. irA^yoç, propre au combat), Epimachus, genre d'Oiseaux," de l'ordre des Passereaux ténuirostres, et voisin des Huppes. Ces oiseaux ont la forme allongée des merles, la tète petite, les
jambes emplumées, et le plumage brillant et varié des oiseaux de paradis : leurs ailes longues et panachées servent quelquefois à la parure des femmes. L'É. royal {E. regius\ type du genre, vit à la Nou- Velle-Galles du Sud et VÉ. proméfil (E. magnificus), à la Nouvelle-Guinée. L'É. multifil, ou à douze filets (E./dbus), est le Falcinelle de Vieillot.
ÉPIMÈDE (du gr. Iniprfitov), Epimedium, genre de la famille des Berbéridées, renferme des plantes herbacées, vivaces; à fleurs en panicules ou en racèmes. L'É., à grandes fleurs, YÉ. des Alpes et VÉ. à fleurs violettes sont cultivées dans les parterres pour l'élégance de leur feuillage et de leurs fleurs.
ÉPINARD, Spi/iacia oleracea, plante de la famille des Chénopodées : ce sont des végétaux herbacés, annuels, à feuilles alternes et à Heurs monoïques : périanthe verdâtre, quadri ou quinquéfide dans les mâles, bi ou trifide dans les femelles. Cette plante, inconnue aux anciens, est originaire de l'Asie centrale ; elle a été introduite en Espagne par les Arabes, et de là elle s'est répandue partout. On distingue : YÉ. commun, h graines épineuses, à feuilles petites et arrondies, et Ï'É. de Hollande, à graines lisses, à feuilles grandes, épaisses, anguleuses à leur base. Les feuilles de l'épinard sont inodores, aqueuses, d'une saveur légèrement amère. On les mange crues ou cuites; elles nourrissent peu et se digèrent facilement : elles sont émollientes, détersives, rafraîchissantes et un peu laxatives. — Dans l'usage, on substitue souvent au véritable épinard quelques plantes de propriétés analogues mais de qualité inférieure : tels sont, YÉ. des Juifs, la Corète siliqueuse; 11?. des murailles, la Pariétaire; VÉ. du Malabar, la Baselle ; VÉ. sauvage, l'Ansérine sagittée ; YE. de la Nouv.-Zélande, la Tétragonie, etc.
Él'I.NAHD-UlAISE. VOIJ . Bl.ÈTE.
EPIXCETAGE, une des opérations de la fabrication du drap, consiste à enlever, avec de petites pinces, dites épincettes ou gnreettes, les nœuds, pailles et bourrons qui se trouvent à la surface du drap quand il sort du métier. Voy. Drap.
ÉPINE (du lat. spina). On désigne sous ce nom tout appendice piquant et roide que présentent certains organes végétaux ou animaux.
En Botanique, ces piquants tirent leur origine du corps ligneux. Ils diffèrent en cela des aiguillons {Voy. ce mot) qui naissent de l'écorce et s'enlèvent avec elle. On considère les épines comme des rameaux ou des pédoncules de fleurs avortés. — Dans le langage vulgaire, on nomme E. d'Afrique, le Lycet: É. aigrette, l'Épine-vinette ; É. amère oi] jaune, le Paliure ; É. ardente, le Buisson ardent ; É. blanche, l'Aubépine ; É. aux cerises, ,1e Jujubier cultivé ; E. croisée, plusieurs Féviers ; É. d'été et d'hiver, deux variétés de Poires, fondantes; E. double, une espèce de Groseillier; É. du Levant, un Néflier; É. luisante, l'Argousier; É. noire, le Prunellier; É. au scorpion, le Panicaut; É. toujours verte, le Houx commun, etc.
En Zoologie, des épines s'observent aux nageoires ou sur le corps mêmede certains poissons, et sur les larves de plusieurs Lépidoptères diurnes : ce sont pour ces animaux des moyens d'attaque et de défense.
En Anatoniie.onnommet'jw^scertaines apophyses qui se remarquent à la, surface des os tl'É. nasale, YÉ. de l'omoplate, Y É. ischiatique, YÉ. palatine, etc. — On nomme É. dorsale, l'ensemble des vertèbres qui constituent la colonne vertébrale.
épine- vinette ou vixETTiEB, Berberis vulgaris, espèce du genre Berbéride, de la famille des Berbéridées, très-commune dans les buissons. C'est un arbuste à feuilles alternes, ovales et pointues ; à fleurs petites, en grappes pendantes; à baies rouges, ombiliquées et de la grosseur d'un pois : ces fruits sont acides, astringents et rafraîchissants, et servent à faire des confitures estimées et une espèce de vin ou plutôt de cidre ; recueillis verts, ils remplacent les câpres. Le bois sert à faire des chevilles pour les
FPINGLIER.
fil'i —
EPIPLOON.
cordonniers. On tire do la racine et de l'écorce uni couleur jaune employée en teinture. Les feuilles se mangent on guise d'oseille et sont un aliment trèssain pour les vaches, les chèvres et les brebis. On fait avec l'épine-vinette des clôtures autour des jardins.
ÉPINETTE (de l'ital. spinetta), instrument à clavier dont on se servait avant l'invention du clavecin, et dont les cordes étaient, comme dans le clavecin, mises en vibration par un bec de plume. Chacune do> notes de l'épinette a sa corde particulière, en sorte qu'il faut 12 cordes pour chaque octave. — L'épinette était en usage au xvi* siècle ; mais cet instrument a depuis longtemps cédé la place au clavecin et au piano.
ëpinette (d'épine), nom vulgaire de diverses espèces de Conifères que l'on tire du Canada,, et qu'on emploie à faire les mâts des vaisseaux. L'A", blanche est le Sapin du Canada ; \'É. rouge est un Mélèze, le l.nrix americanus.
EPINEUX, nom spécifique d'un Rongeur, le Rat épineux ou Echymis roux ; d'un Canard, la Sarcelle ii '/ueue épineuse; de plusieurs Poissons, VÉpinoche épineux, le Squale épineux, etc. ; de quelques Mollusques, etc.
ÉPINGLE (du lat. spinicula pour spinula). La fabrication des épingles comprend une vingtaine d'opérations distinctes, dont voici les principales. Le fil de laiton, qui vient de la forge tout noir et roulé en torques ou colliers, est d'abord décapé, c.-à-d. nettoyé avec du tartre, puis tiré à la babille ou filière, et dressé au moyen d'un instrument appelé engin. La botte de dressées faite, on la coupe en tronçons, qu'un autre ouvrier empointe par chaque bout en les passant sur la meule ; on coupe ensuite le tronçon en deux pour en faire deux hanse* ou épingles sans tête. Au moyen d'un instrument, dit four à tête, on tourne en spirales plusieurs fils de laiton, que le coupeur de têtes divise en petites parties ayant chacune deux tours de fil. Les têtes coupées, Ventêteur les accommode au bout des épingles et les consolide sur l'enclume. Après quoi, il reste encore hétnmer les épingles, hlessécher, h les vanner, ;< piquer les papiers et à y bouter, c.-à-d. caser dans les trous, les épingles, enfin àen formerdes paquets dits sixain*, contenant 6,000 épingles.
Les épingles se distinguent pour la vente, en ordinaires, repassées, rivées, houseaux, ou E. à la reine, qui sont les plus grosses, drapières ordinaires, drapières rivées, denteliéres, rubamères et camions, qui sont les plus petites. Les E. noires, qui servent surtout pour les cheveux, acquièrent cette couleur quand on les a fait bouillir dans de l'huile de lin. L'Aigle (Orne) et Rugles (Kure) sont les principaux centres de la fabrication desépingles en France ; on en fait beaucoup aussi en Angleterre, à Birmingham, et en Hollande. — Il existait dès le temps de St-Louisune corporation à'épiny tiers :elle se fondit au xvme siècle avec les aiguilliers.
Les joailliers font des épingles de toilette dont la tète est terminée par une pierre précieuse, une perle, ou tout autre ornement. Voy. Rnociie.
On appelle communément épingles le petit présent qu'on fait à la femme de celui avec lequel on vient de conclure un marché on une affaire considérable, sans doute parce que, dans l'origine, ce présent était offert pour acheter des épingles.
EPINGLE (velours), voy. Veloi;rs.
ÉPINGLETTE, aiguille de fer dont les artilleurs so servent pour percer les gargousses avant de les amorcer. C'est aussi le nom d'une épingle «le lil d'an 1 al que les soldats d'infanterie portent avec une petite chaîne à. une do leurs boutonnières, et avec laquelle ils débouchent la lumière du fusil.
EPIN6UBK, industriel qui fabrique OU qui vend des épingles, des aiguilles à tricoter, etc. ( Voy. Épingle). — On nomme encore épiuglier, l'ouvrier qui fabrique les petits clous a l'usage des ébénistes, ainsi que des agrafes, des annclots, des grillagea I en fil de far ou de cuivre, etc.
m'imi.io: moi m. f.;. Voy. Mocub.
ÉPINOCHE (d'épine), Gasterosleus, vulg. Pec on Savetier, genre de petits Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes, famille des Joues- Cuirassées, fort communs dans le nord de l'Europe. Ils ont le ventre cuirassé, des rayons épineu.r sur le dos, des nageoires ventrales à peu près réduites à une seuleépine; leur taille ne dépasse guère O^.Oiâ. On trouve les Epinoches dans les ruisseaux, les rivièresetla mer. Ils se multiplient si prodigieusement dans quelques lieux qu'on les utilise pour en fumei les terres, pour en extraire de l'huile ou pour engraisser les bestiaux. Leur voracité est très-grande, leur piqûre dangereuse, et leur chair peu estimée. On distingue la Grandi- épinoene [G. aculeatus), VEpinoe/iette (G. pungitius, ; VÈ. gastré (G. spinachia . espèce marine, etc. Le mâle construit avec des bi un nid à deux ouvertures, où la femelle vient déposer ses œufs; il surveille l'éclosion de ceux-ci, et protège, ensuite les petits jusqu'à ce qu'ils soient coin pletemenf formés.
ÉP1PACTIDE (du gr. iTTtîtaxTiç), Epipactis, S mas, çenre de la famille des Orchidées, tribu des Néottiées, renferme des plantes à racine fibreuse, à tige simple, à feuilles alternes, embrassant la tige : à fleurs assez grandes et disposées en épi au sommet de la tige. L'É. à larges feuilles a une tige de 0m,5O, dressée, cylindrique, légèrement pulvérulente; des feuilles allongées, un peu en cœur", ovales; des fleurs d'un vert mélangé de pourpre L'Js. des murais ou Elléborine a une tige dressée, légèrement pubescente; ses fleurs blanches ou verdàtres, variées de pourpre, pendent en forme d'épi à l'extrémité lâche de la tige.
EPIPHANIE (du gr. ènupâNSw, apparition), manifestation de Jésus-Christ aux gentils, fêtée par les Chrétiens. Voy. le Dict. uuiv. d'Hist. et de Qéogr.
ÉPIPHLÉOSE (du gr. ini, sur, et çXotô;, écorce,, épiderme des végétaux. Voy. Épioehjue.
ÉPIPHONÈDfE (du gr. â^i^wvr.aa), figure de Rhé torique, exclamation sentencieuse par laquelle on termine un discours ou un récit intéressant. Tel est, au commencement de Y Enéide, ce vers célèbre :
Tantœ inolis erat rumauam condere geutem !
EPIPIIORA (du gr. ÈTucpopâ), larmoiement, écoulement involontaire et continuel des larmes qui tombent sur les joues au lieu de passer par les points lacrymaux : il accompagne plusieurs sortes d'ophthalmies, la fistule lacrymale, l'ectropion, etc.
ÉPIPHYLLE (du gr. èiti, sur, et çûUov, feuille . Epipht/llum, genre de la famille des Cactées, se compose d'espèces d'Amérique à fleurs tubulées, et a fruits assez semblables à ceux des Cierges, et qui croissent en fausses parasites sur les arbres, les rochers, et dans la, mousse. On cultive surtout l'A', à fleurs jaunes, YE.de la Guyane, YE. à fleurs , i'É. tronqué, etc. — On donne aussi le nom d'Épip/tylles à des champignons parasites qui croissent sur la face supérieure des feuilles des plantes.
épipiiyse (du gr. inîeuoiOi éminence osseuse séparée du corps principal de l'os par une couche de cartilage plus ou moins épaisse. Cette disposition
dans les éminences des os ne se remarque que chei les jeunes sujets : avec le temps, la couche cartilagineuse est envahie par le phosphate de chaux ; les ëpiphj ses se soudent, se confondent avec le reste de
l'os, et se changent en apophyses.
BPIPHYTE OU gr. fat, sur, et pttiv, plante , „,. dit, en Botanique, des plantes qui croissent sur d'au
très végétaux, sans cependant en tirer leur nourriture : tels sont les Lichens, les H0USM8, certains
Champignons, etc.
ÉP1PLOGÈJLE, hernie formée par l'épiploon. l'oy.
lit 11 Ml .
EPIPLOON (du gr. ininloov), grand repli du péritoine, qui enveloppe les intestins et sert aussi de
moj "ii de suspension et d'union um organes abdomi- -
ÉPISPERME.
KPITASE.
naux entre eux, et avec les parois ,de l'abdomen. 11 jg compose de deux feuillets qui flottent dans la cavité abdominale. On y distingue : YE. gastro-coli- Înie ou Grand épiploon qui recouvre la presque totaité de l'intestin et flotte sur ses circonvolutions; YE. gastro-hépatique oà Petit épiploon, qui s'étend transversalement du côté droit du cardia à l'extrémité correspondante de la scissure du foie, et de haut en bas depuis cette scissure jusqu'à la petite courbure de l'estomac, au pylore et au duodénum; YE. colique, qui n'existe que du côté droit, et qui est placé derrière le grand épiploon : il remplit l'angle de réunion du côlon lombaire droit et du côlon transverse ; YE. gastro-splénique, formé par le péritoine, qui, des bords de la scissure de la rate, se porte à la grosse tubérosité de l'estomac.
Él'IPONE (du gr. è7i£iïovoç, laborieux), Epipona, genre d'Insectes, de l'ordre des Hyménoptères porteaiguillon, famille des Diploptères, tribu des Guôpiaires, caractérisé par le pédicule allongé de son abdomen, et le prolongement antérieur de son chaperon. L'espèce type, YE. tatua ou morio, de Cayenne, est remarquable par la singularité de son nid, en forme de fuseau, et traversé par une branche d'arbre dans toute sa longueur. La Guêpe cartonnière(E.nidulans), également de l'Amérique méridionale, construit son nid en forme de cône renversé et le recouvre d'une croûte qui ressemble à du carton.
ÉPIQUE (tfbÉsiE). Voy. Épopée.
EPISCIA (du gr. èwio-xio:, qui se plaît à l'ombre), genre de la famille desGesnériacées, composé d'herbes vivaces, à feuilles opposées, à fleurs diversement colorées. L'E. mellitif'olia, de la Guyane, est cultivée pour la beauté de ses fleurs.
ÉPISÇOPAT. Voy. Éyêqie.
ÉP1SÈME (du gr. èutcrri[iov), nom commun aux trois caractères étrangers à l'alphabet, dont les Grecs se servaient dans leur numération écrite, le stigma ou sigma-tau ;6),le koppa (90) et le sampi (900) ; il désignait surtout le premier des trois qui s'écrivait ainsi : ç' = 6, ,ç = 6000.
ÉPISODE (du gr. sTcetaoôo;). Chez les Grecs, ce mot désigna d'abord le récit des aventures de Bacchus qui servait d'intermède aux chants dithyrambiques, et par suite, dans la poésie dramatique, toute partie du drame comprise entre deux chœurs. — Aujourd'hui ce mot ne désigne plus qu'une action incidente et subordonnée à l'action principale d'un poëme ou d'un roman. Elle sert à orner le sujet et à y jeter du mouvement et de la variété. Tels sont, p. ex. : dans Ylliade, l'expédition de Diomède et d'Ulysse (chant x); dans Y Enéide, le récit de la mort de Cacus.du dévouement de Kisus et d'Euryale (chants vm et ix); dans les Lusiades, l'apparition du génie Adamastor (chant v), etc. L'épisode, étant un accessoire, doit se renfermer dans de justes limites, parer le fond, mais non le faire disparaître.
En Peinture, épisode se dit également d'une action accessoire qu'on ajoute à l'action principale.
En Musique, on nomme ainsi une partie de \& fugue, qu'on appelle aussi quelquefois divertissement. Les épiscdes se composent ordinairement d'imitations formées du sujet et du contre-sujet.
ÉPISPASTIQUES (du gr. È7u<r7ra<mx6;), substances irritantes qui, appliquées sur la peau, y déterminent une sécrétion abondante de sérosité qui s'amasse sous l'épiderme et le soulève à la manière d'une brûlure. Les cantharides, la moutarde, etc , sont des épispastiques. On appelle pommades épispastiques des pommades destinées au pansement des vésicatoires. Voy. Vésicatoire.
EPISPERME (du gr. èiti, sur, et <T7répu.a, graine), enveloppe extérieure de la graine. Elle consiste ordinairement en une membrane mince et simple (fève et haricot); quelquefois elle se partage en deux feuillets (orange). L'épisperme est marqué d'une cicatrice plus ou moins distincte, qui est le hile ou ombilic; par oe point, la graine s'attache au péricarpe ;
les vaisseaux nourriciers de l'embryon y passent par une ouverture nommée omphalode. Quelquefois ces vaisseaux, au lieu de percer directement l'épisperme, se glissent entre ses deux feuillets, et y forment une ligne saillante, appelée raphéou vasiducte; l'endroit par où ils sortent est la chaluze.
ÉPISSOIR, épissure (de l'angl. splice), terme de Marine : Yépissoir est un poinçon de fer, de corne ou de bois dur, avec lequel on ouvre le bout des cordages qu'on veut épisser, c.-à-d. réunir. On appelle épissure, l'assemblage de deux bouts de corde par l'entrelacement de leurs torons.
ÉPISTAXIS (du gr. èirtaxaÇt;), vulg. Saigiiement de nez, tout écoulement de sang par les narines. Comme lesautres hémorrhagies, l'épi-taxis peut être active ou passive(loy. HÉMor.r.ii.\(;iK;,accideiitelleou constitutionnelle, etc. Elle est fréquente chez les enfants et les adolescents, ainsi que chez les individus pléthoriques; elle précède ou accompagne certaines maladies fébriles; elle peut enfin avoir pour cause l'altération des fosses nasales, ou celles du sang. Dans les cas ordinaires, l'épistaxis, loin de constituer un état morbide, est plutôt salutaire, et il ne faut pas cherchera l'arrêter ; cependant, si elle est trop abondante ou souvent répétée, elle peut amener l'anémie, et dans ce cas il est prudent d'y mettre un terme. Le plus souvent il suffit de placer le malade dans un lieu frais et dans une position verticale ; on y joint au besoin des applications froides sur le front et les tempes et on comprime légèrement les fosses nasale^. Dans les cas graves, on injecte dans le nez une solution de perchlorurede fer; enfin, si l'hémorrhagie menace d'être funeste il faut recourir au tamponnement des fosses nasales, procédé opératoire qui s'exécute avec une sonde dite de Belloc.
ÉPISTILHITEjSilicatedouble hydraté d'alumine et de chaux, où la chaux est quelquefois remplacée par la soude : c'est une substance blanche, nacrée, q ui cristallise en prismes rhomboïdaux droits et qui pèse 2,25.
ÉPISTOLAIRE (genhk), du latin epistola, en gr. è7uaTo).yj, lettre ; genre de littérature qui comprend les recueils de lettres familières écrites par des personnages célèbres, comme Cicéron, Pline le jeune, Sénèque, chez les anciens; Voiture, Balzac, M™* de Sévigné, Mme de Maintenon, Voltaire, Mirabeau, Jacquemont, etc., chez les modernes; on l'étend aussi aux ouvrages, soit polémiques, soit didactiques, soit romanesques, soit satiriques, publiés fictivement sous forme de lettres. Tels sont les Lettres de quelques hommes obscurs, satire fameuse du xvie siècle, écrite en latin et attribuée à Beuchlin et à Ulric de Hutten ; les Lettres provinciales de Pascal; les Lettres persanes de Montesquieu ; les Lettres de Junius; la Lettre de Fénelon sur les occupations de l'Académie française, le roman de Clarisse Harlowe par Bichardson ; la Nouvelle Héloise de J.-J. Bousseau, etc. Voy. Épïtre, Lettres, Boman.
ÉPISTOLOGRAP1IES (du gr. £7ri<7TO>.oypa?o;}, écrivains qui ont cultivé le genre épistolaire. Voyi