ESCRIME
perçait l'oreille, et il ne pouvait redevenir libre qu'a près 45 ans d'une servitude nouvelle.
Les Grecs et les Romains avaient un grand nombre d'esclaves; ce nombre excédait le plus souvent le chiffre de la population libre. Ils étaient, selon les pays, traités avec plus ou moins de douceur. Les esclaves des Lacédémoniens, connus sous le nom d'Hilotes, étaient traités avec une rigueur extrême : aussi se révoltèrent-ils souvent contre leurs maîtres. Tout au contraire, l'esclavage était fort doux à Athènes; aussi l'histoire ne mentionne-t-elle pas d'exemple de rébellion d'esclaves dans l'Attique. Lorsqu'un maître maltraitait un esclave, il était permis à ce dernier de le citer devant le magistrat, et de demander à être vendu à un autre maître. Les esclaves athéniens étaient employés à la culture des terres, aux manufactures, aux mines, aux carrières et aux travaux domestiques. Plusieurs s'adonnaient à l'industrie et aux arts.
Chez les Romains, l'esclave (servus; on appelait mancipium l'esclave pris à la guerre et verna l'esclave né dans la maison) n'était pas une personne, mais une chose. L'union qu'il contractait avec une femme n'était pas un mariage, mais un simple contubendum, qui ne lui donnait pas la puissance paternelle sur ses enfants ; la parenté qui en résultait ne produisait que des empêchements de mariage. Il était do plus soumis à de mauvais traitements pour les fautes les plus légères; il pouvait être battu de verges, sinon livré aux botes, ou mis en croix; souvent aussi on le laissait mourir de faim. Un sénatusconsulte rendu sous Auguste ordonnait de mettre à mort les esclaves d'un homme tué dans sa maison. Ces traitements barbares soulevèrent sous la République de nombreuses révoltes; il fallut soutenir contre les esclaves de véritables guerres (dites guerres servîtes) : contre Eunus en Sicile (135 av. J.-C), contre Salvius(103)et contre Spartacus en Italie (7:3). Cependant la condition des esclaves s'améliora peu à peu : dès l'Empire, celui qui tue l'esclave d'autrui est considéré comme meurtrier, celui quiabandonne son esclave infirme en perd la propriété. Les esclaves trop inhumainement traités peuvent implorer le secours du magistrat qui ordonne àleurmaitre de les vendre; enfin le christianisme apporta au sortdes esclaves les derniers et les plus complets adoucissements. — On sortait de l'esclavage par l'affranchissement. Voy. Affranchi, Affranchissement.
L'esclavage s'est maintenu constamment danstoute l'Asie et en Afrique, et il y règne encore. En Europe et parmi les peuples chrétiens, il se maintint au moyen âge sous le nom de servage [Voy. ce mot), et après la découverte de l'Amérique, les Espagnols, imités bientôt par tous les autres peuples chrétiens, le renouvelèrent en réduisant à l'esclavage d'abord les Indiens, puis les Nègres d'Afrique transportés aux colonies. Les Anglais eurent l'honneur, au dernier siècle, de s'élever les premiers contre la traite des nègres : l'affranchissement de tous les esclaves de leurs colonies, préparé par de sages mesures, fut effectué en 1833. En 1793, la Convention proclama l'affranchissement des nègres dans les colonies françaises; mais ce brusque affranchissement fut le signal des massacres de St-Domingue.Sous la Restanration '•I pendant la llnnarchie de juillet, il fut pris une série de mesures pour adoucir le sort des esclaves, pour
diminuer leur nombre et pour les amener progressivement à la liberté fOrdonn. du 5 janvier 1840, Lois des is et io juillet is'|5, etc.); leur affranchis! définitif fut prononcé en 1848, et une indemnité fut
allouée aux colons dépossédés.
On doll à M. il. Wallon ['Histoire de fesclavage dans ^antiquité 1847} ; à Condorcèt, à w ilberforce, àMM. de lire-lie, igénor de Gasparin, V.Schœlcher, M nari, de nombreux écrits sur l'esclavage moderne. — Voy. Trai ii .
ESCOFFION [del'hal. tcuffiône), coiffure de femme en nsage au moyen âge : c'était un réseau formé de '
rubans d'or ou de soie. On en porte encore dans le midi de la France.
ESCOMPTE (du préf. es etde compte). On appelle ainsi la retenue que fait un banquier sur le montant d'un billet, lorsque le porteur de ce billet veut l'échanger contre de l'argent quelque temps avant son échéance. On donne aussi le nom d'escompte à la remise que fait un commerçant à son débiteur quand il lui a accordé un délai pour payer, et que celui-ci veut se libérer par anticipation. — On distingue deux sortes d'escompte : VE. en dehors et VE. en dedans. L'E. en dehors, que l'on pratique en France, est toujours proportionnel à la somme à escompter et au temps qui reste à courir jusqu'à l'échéance. Les différentes questions relatives à cette sorte d'escompte se résolvent à l'aide de la formule
A.î\.t E= - * ' ■ -, dans laquelle E représente l'escompte, A
la somme sur laquelle il est pris, R le taux (escompte d'une somme de 100 fr. pour 1 an), et t le temps exprimé en années ou fraction d'année. On peut observer qu'en prenant l'escompte en dehors un banquier prend à la fois l'intérêt de la somme qu'il donne et celui de la somme qu'il garde : si l'on fait escompter un billet de 100 fr. p. ex. au taux de 5 °/0 pour un an, le banquier retient 5 fr., et donne par suite 95 francs; or 5 fr. font plus que l'intérêt de 95 fr. au même taux en un an. — Au contraire, dans VE. en dedans, que l'on pratique dans plusieurs pays étrangers, l'escompte gardé par le banquier représente seulement l'intérêt de la somme qu'il donne, en sorte que si l'on fait escompter p. ex. un billet de 105 fr.,à 5 °/0 pour un an, le banquier garde 5 fr. et donne 100 francs. Les problèmes d'escompte en dedans se résolvent à l'aide de la formule A = a (1 -+- rt) dans laquelle A représente le montant du billet, a 'a somme donnée par le banquier, / le temps qui doit s'écouler jusqu'à l'échéance exprimée en années ou fraction d'année, et r le taux pour 1 franc.
La plupart des maisons de banque ont pour opération principale l'escompte des billets. Parmi les établissements publics qui ont les opérations d'escompte dans leurs attributions, il faut citer en première ligne la Banque de France et les Comptoirs d'Escompte, créés en 1848. Voy. ces mots.
ESCOPE. Voy. Écope.
ESCOI'ETTE (de l'esp. escopeta ; du lat. tdoput), arme à feu en forme d'arquebuse ou de carabine, qu'on portait en bandoulière ou qu'on attachait à l'arçon de la selle. Le canon de l'escopette avait environ un mètre de long; il était rayé à raies droites, et portait à une grande distance. Ce fut l'arme de la cavalerie française, de Charles VIII à Louis XIII; elle n'est plus en usage aujourd'hui. Voy. Carabine.
ESCOT (p. écossais?), étoffe de laine dont le tissu est croisé, était autrefois fort à la mode et est peu en usage de nos jours. On en fait des robes de deuil, des vêtements pour religieuses et des tabliers communs.
ESCOUADE (d'escadre), subdivision d'une compagnie commandée par un caporal ou un brigadier, se compose de 10 a 12 hommes dans l'infanterie et de 6 à S dans la cavalerie ; elle loge dan- la même chambre et mange au môme ordinaire. L'escouade répond a peu près aux décuries grecques et romain aux quadrilles du moyen âge. Depuis François l*r, le nom d'escouade fut donné a ce qu'un appelait d'abord dans l'infanterie escadre ( Pbtf. Cfl mot). 11 y avait trois de ces escouades (ou escadre-- par compagnie. Elles étaient commandées par un caooTescaari d'abord, el dan- la suite par un caporal. L'organisation actuelle date de 1788.
ESCOURGEON, variété d'Orge, cultivée en France comme orge d'hiver. Voy'. Oaoi .
ESCRIME orig. germaniq.), arl défaire des armes. L'escrime consiste surtout dans l'art de manier l'épée et le fleuret, ou jeu de pointe, on y rattache l'art de manier le sabre, qu'on nomme au— i cont •e-poùiU
en ,■<) I COUDS
ÉSOGES.