ESPAGNOLETTE
réguliers (bottes); mais dans la pratique, il n'y en a réellement que quatre, qui aient de l'importance; ce sont : la prime, qui consiste à frapper droit la poitrine de l'adversaire, la main haute et renversée; la seconde, dans laquelle l'épée attaque le flanc découvert par la prime ; la tierce, qui s'exécute en passant son épée à droite sur celle de l'adversaire, les ongles en dessous et la main haute ; la quarte, qui s'opère en passant l'épée à gauche, en dedans des armes, les ongles en dessus. Chacun de ces coups a sa parade. Il y a, en outre, les dégagements, les parades doubles, la contre-quarte et la contre-tierce. L'art de l'escrime comprend encore l'action de ?narcher ou d'aller en avant; de rompre ou de reculer; le coup droit, la riposte, le coupé, le temps d'arrêt, le coup de temps, le coup sur le temps, etc. Les engagements consistent à s'emparer, à droite ou à gauche, du fer de son adversaire ; les battements ont pour but de le déranger par un tour de main, sans frapper. — On appelle tirer à la muraille, le simple exercice du fleuret sans riposte de la part du maître, et assaut on assaut d'armes, un duel simulé dans une salle d'escrime. Voy. Prévôt.
Les Grecs et les Romains ont connu l'escrime ; les hommes libres se livraient surtout à l'escrime militaire (Ô7r).o|iay îa, armorum tractatio, palaria) ; mais les gladiateurs avaient de véritables maîtres d'escrime (lanistœ) sous la direction desquels ils apprenaient tous les secrets de leur art (ars ludicra). Au moyen âge, l'escrime des chevaliers ne consistait qu'à courre le faquin ou à combattre àla genette { Voy. ces mots), et se composait plus encore d'équitation que du maniement de l'épée. L'escrime moderne prit naissance en Espagne, sous Charles-Quint; elle passa de là en Italie : pendant deux siècles, ce pays fournit des maîtres d'escrime à toute l'Europe; mais depuis Henri II, les Français ledisputèrent aux Italiensdans l'art de manier l'épée, et, sous Louis XIII, l'escrime devint tout à fait française. — On peut' étudier les progrès de cet art dans les ouvrages de Marozzo père et fils, Arte degli armi (1536 et 1568); Saint-Didier, Traité de l'épée (1573); G. Thibault, Académie de l'art de l'épée (1628) ; Danet, F Art des armes (1766); Laboessière, de l'Art des armes (1818); L.-J. Lafaugère, Nouveau manuel d'rscrtme (1837) ; Gi'isier, les Ami-set le Duel ;Cordelois, Leçons d'armes(\%12>).
ESCROQUERIE (de l'ital. scroccheria, descrocco, escroc), toute manœuvre frauduleuse employée pour s'approprier la fortune d'autrui. Le Code pénal (art. 405) a réglé ainsi la peine de ce fait en le qualifiant. « Quiconque, soit en faisant usage de faux noms ou de fausses qualités, soit en employant des manœuvres frauduleuses pour persuader l'existence de fausses entreprises, d'un pouvoir ou d'un crédit imaginaire, ou pour faire naître l'espérance ou la crainte d'un succès, d'un accident, etc., aura escroqué ou tenté d'escroquer la fortune d'autrui, sera puni d'un emprisonnement de 1 à 5 ans et d'une amende de 50 à 5,000 te. Il peut en outre être privé, pendant une durée de 5 à 10 ans, des droits mentionnés à l'article 42. » — « Tout individu condamné pour escroquerie ne peut être, en cas de faillite, excusé ni réhabilité. » (C. de comm., art. 575).
ESCUBAC, liqueur. Voy. Scibac
ESCITLINE, substance extraite par Sœsekede l'écorce du Marronnier (JEsculus hippocastanum) et qui a la propriété de donner des solutions fortement fluorescentes en bleu-de-ciel. A l'état pur, elle forme de petits cristaux incolores, inodores, amers, un peu solublesdansreauetralcooi.SaformuleestC2lH24013. Elle existe dans tous les arbres des genres /Esculus et Pavia, accompagnée de la paviine, substance fluorescente en bleu verdâtre.
ESOCES ou ésocidés (d'Esox, Brochet), famille de Poissons malacoptérygiens abdominaux, de l'ordre des Squamodermes, caractérisés par une mâchoire garnie de fortes dents pointues et nombreuses, un museau aplati, le corps et la queue allongés latéra-
lement, point de nageoire adipeuse, une seule dorsale placée au-dessus de l'anale, et plus éloignée de la tète que les ventrales. —Genres principaux: Brochet, Chauliode, Demi-bec, Exocet, Mormyre, Orphie, etc.
ÉSOTÉRIQUE (du gr. èauvrepixô:), se dit, en Philosophie, de toute doctrine secrète et réservée aux seuls initiés. Telle était la doctrine de Pythagore, chez les anciens, et, dans les temps modernes, celle des Rose-Croix. On l'oppose à la doctrine exotérique ou extérieure.
ESOX, nom latin du Brochet. V. Rrochet et Esoces.
ESPACE (du lat. spatium). En Philosophie, l'espace est cette étendue idéale, une, continue, illimitée, que nous concevons comme contenant toutes les étendues réelles, tous les corps. Il ne peut avoir de parties déterminées, tant qu'il est indéterminé lui-même; mais l'existence des corps y introduit des déterminations qui résultent de leurs formes et de leurs positions réciproques : les définitions qui les expriment servent de principes à la Géométrie. — L'idée de l'espace est nécessaire et absolue : par conséquent, l'expérience seule ne pourrait la donner, et il faut la rapporter à la raison : à l'occasion des étendues limitées qui s'offrent à nos regards, nous concevons quelque chose au delà, puis nous ôtons toute limite assignable et nous affirmons que tout corps est dans l'espace.— La question de la nature de l'espace a donné lieu à une controverse célèbre entre Clarke etLeibnitz: Clarke confond l'espace avec l'immensité de Dieu; Leibnitz ne voit dans l'espace qu'une abstraction et le définit Y ordre des coexistences, comme le temps l'ordre des successions. Kant lui attribue une réalité purement subjective : il en fait une des formes de la sensibilité. Voy. Immensité.
En Typographie, on nomme espaces (ce mot est alors féminin) de petites pièces de fonte, plus basses que les lettres, qui servent à séparer les mots et justifier les lignes.
ESPADON (de l'ital. spadone), large épée à deux tranchants, de 2 à S" de long, à poignée en croix et sans garde, qui était en usage aux xive et xve siècles, surtout en Allemagne et en Suisse. Pour manier cette arme pesante, on saisissait la poignée à deux mains, ou bien on appuyait le pommeau dans les viroles de la cuirasse, et l'on saisissait la lame entre la poignée et deux crocs situés quelques centimètres en avant. L'espadon était porté par des hallebardiers d'élite, dits espadons joueurs d'épée. On donna à ceux qui le maniaient avec adresse le nom de spadassins, nom qui, depuis, a été pris en mauvaise part. — Outre l'espadon, il y avait le demi-espadon, tranchant d'un seul côté, et assez semblable à la latte des cuirassiers. — On donne encore le nom d'espadon à l'escrime du sabre ou de taille, et à un instrument en bois, en forme de lame plate, dont on se sert pour briser l'enveloppe ligneuse du chanvre.
espadon, Xiphias, dit aussi Epée de mer, Sabre, Poisson empereur, Albacore, genre de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes, famille des Scombéroïdes. Leur museau se prolonge en une lame plate, tranchante des deux côtés, et terminée par une pointe aiguë : la longueur de cette lame est à peu près le tiers de la longueur totale de l'animal. Le corps et la queue sont très-allongés, et les nageoires en forme de faux, excepté celle de la queue. Le dos est noir, le ventre argenté, les nageoires jaune-brun ou d'un gris cendré. Ces poissons atteignent jusqu'à 7m, et nagent avec vitesse. Leur chair est blanche, fine, d'un goût délicieux, et trèsnourrissante. La pêche de l'espadon se fait au harpon; elle représente en petit celle de la baleine. Elle a lieu dans la mer du Nord, dans la Baltique et sur les côtes de Sicile.
ESPADRILLES, Spartilles ou Spardègnes, sorte de chaussures grossières dont l'empeigne est faite de toile et la semelle de spart tressé. Voy. Spart.
ESPAGNOLETTE, mode do fermeture de fenêtre