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ESTACADE

rasin : cette opération a pour but de nettoyer le terrain de toutes les ronces ou broussailles qui pourraient nuire aux bonnes essences; les bois d'essarts s'exploitent à des périodes de 16 à 18 ans. — On appelle essartement une servitude à laquelle sont soumis les bois traversés par des grandes routes : ces bois doivent être essartés sur 2(im de largeur de chaque côté de la route (Ordonn. royale de 1669).

ESSAYEUR, officier préposé pour faire Y essai de la monnaie et des matières d'or et d'argent. On distingue: les E. des monnaies, qui résident à Paris, à l'Hôtel des monnaies, et sont chargés par le Gouvernement de s'assurer du titre des espèces à mesure qu'on les met en circulation; les E. du commerce, et tes E. du bureau de la garantie, qui sont chargés d'essayer tous les ouvrages d'or ou d'argent fabriqués par les orfèvres. Il y a un bureau de garantie dans le chef-lieu de chaque département. Yoy. Essai.

ESSE ou ESSEAi'.sedit de tous les objets, en forme d'S, qu'on emploie dans l'Industrie, spécialement des chevilles de fer, à tête aplatie, que l'on met sur le bout des essieux (Voy. ce mot), pour empêcher les roues d'en sortir. — Dans la Marine, ce sont des bandes de fer courbées, qui embrassent le bout des traversins des barres de perroquets et qui sont percées pour le passage des haubans. — Pour les Luthiers, ce sont les ouvertures en forme d'S qui se remarquent sur la table des instruments à corde de la famille des violons. — On appelle encore esse ou essette, une hache à l'usage des charpentiers et un marteau recourbé dont se servent les mineurs.

ESSENCE (du lat. essentia). En Philosophie, Yessence individuelle est l'ensemble des modes d'un être; Yessence spécifique, l'ensemble des modes communs à plusieurs êtres, qui se ressemblent par la partie principale de leur essence ; et Y essence générique l'ensemble des modes communs auxessencesdes espèces qui se ressemblent par leurs caractères les plus importants. La différence spécifique est ce qui reste de l'essence de l'espèce, quand on en a retranché celle du genre prochain (Voy. Définition). — Dans l'être concret, réel, la substance est inséparable de l'essence : cav toute substance individuelle est, comme l'enseigne Leibnitz, une force qui n'existe et ne peut être conçue qu'autant qu'elle a telle essence, c.-à-d. telles lois déterminées d'activité. Voy. Substance.

essence. Dans les Eaux et forêts, le mot essence est synonyme d'espèce, et désigne la nature des arbres qui composent une forêt. Un bois d'essence de chêne est un bois où dominent les chênes.

essence d'orient. Voy. Able et Peri.e.

essences, dites aussi Huiles essentielles ou volatiles, substances organiques, liquides et quelquefois solides, douées d'une odeur et d'une saveur acres, irritantes et même caustiques ; pouvant se distiller sans décomposition, non miscibles à l'eau, solubles dans l'alcool et l'éther. Les essences n'ont pas le toucher gras et onctueux des huiles fixes et elles ne donnent pas de savon ; elles dissolvent les différents corps gras, la cire, les résines. — Les essences existent dans tous les organes des plantes, particulièrement dans les feuilles et les fleurs, d'oùon les extrait par la distillation. Plusieurs essences se produisent par la fermentation de certaines substances organiques : YE. d'amandes amères, p. ex., ne préexiste pas dans ces amandes ; mais elle est le résultat de la métamorphose au contact de l'eau, d'un autre principe, Yamygdaline, et d'un ferment, Yétnulsine, contenu dans les amandes.

Les essences ont une grande importance commerciale par leurs différents usages dans les arts. L'E. de térébenthine entre dans la préparation des vernis; les E. de citron et de cédrat sont employées pour enlever les taches de graisse et de peinture à l'huile sur les vêtements. La médecine utilise plusieurs essences comme excitants et caustiques : YE. de girofle est un remède populaire contre les maux de dents ; YE. d'amandes amer es, qui contient toujours une quantité notable d'acide prussique, est si

vénéneuse que quelques gouttes suffisent pour faire périr instantanément des oiseaux et des chats, mais privée d'acide cyanhydrique, elle paraît pouvoir être prise impunément. L'E. de cajeput sert à préserver des insectes les collections d'histoire naturelle. C'est avec YE. degenièvreque les distillateurs aromatisent l'eau-de-vie qui prend le nom de genièvre ou gin ; avec I'jB. d'anis, ils fabriquent Yanisette. Dans la parfumerie, on fait une grande consommation de toutes les essences pourvues d'une odeur agréable : les plus usitées sous ce rapport sont r£. de citron, YE. d'orange ou de Portugal, YE. d'amandes amères, celles de lavande, de bergamotte, de fleurs d'oranger, de menthe, de mélisse, de rose, etc. Certaines essences de ce genre sont fraudées par des mélanges d'essences de moindre valeur, p. ex. l'essence de térébenthine ou l'essence de mirbane(Foy.Nrriielenzine), ou même par de l'alcool.

La composition chimique des essences est extrêmement variée : elles renferment le plus souvent des hydrocarbures de formule C10H16 ou un multiple ou sous multiple, et un composé oxygéné ou camphre [Cl0H16OJ. Quelques-unes, comme YE. de reinedes-prés, YE.aeicinter-green, renfermentdes éthers, des alcools, peut-être des phénols. Certaines essences fétides, comme les E. de moutarde, d'ail, d'oignon, etc., renferment du soufre. Voy. le mot essence du Dictionnaire de chimie de M. Wurtz.

On donne aussi le nom d'essence aux teintures al-

phalique ou Eau de Bonfe.

minative de Wedelius ; YE. d'Italie et YE. royale,

qu'on emploie comme stimulants, etc.

ESSENTE, revêtement d'un mur en bardeaux ou en ardoises. Ce mode de revêtement était très-usité au moyen âge : on en voit encore des restes à Rouen, h Tours, à Beauvais, à Chartres, etc. On ne l'emploie plus guère que pour protéger des parties de murs exposées à l'humidité et l'on remplace ordinairement l'ardoise par le zinc.

ESSENTIELLE (huile). Voy. Essences et Huile.

ESSÈRli, variété de l'urticaire. Voy. Urticaire.

ESSETTE, sorte de marteau. Voy. Esse.

ESSIEU (du lat. axiculus), pièce de bois ou de fer, qui passe au travers du moyeu des roues d'une voiture et autour de laquelle celles-ci tournent. Les essieux de bois sont en charme ou en orme ; ceux de fer sont faits avec plusieurs barres de fer méplat corroyées ensemble. Un essieu se compose de deux fusées coniques, tournées, qui servent d'axe aux roues, et du corps d'essieu, de forme rectangulaire, sur lequel posent les brancards. Les extrémités des fusées sont traversées par des chevilles en fer, dites esses ou esseaux, pour empêcher les roues de s'échapper, ou bien elles sont garnies d'écrous taraudés et recouverts d'une espèce de boîte, qui les garantit de la boue. On distingue les E. droits et les E. coudés: dans ces derniers, le corps de l'essieu est plus bas que la fusée, à laquelle il se joint par un repli à angle droit. Il a l'avantage de rendre le chargement plus facile, en abaissant la caisse, et de moins fatiguer le cheval, le centre de gravité étant au-dessous de l'axe de roulement.

ESSONTTE, variété de grenat. Voy. Aplome.

ESSORAGE, essoreuse. Voy. Séchage.

ESSORILLEMENT (du pvé(. es et d'oreille), ancien supplice qui consistait dans la perte des oreilles. — Il se dit encore aujourd'hui de l'action découper les oreilles à un chien.

EST (orig. germaniq.), levant ou orient, partie de l'horizon où le soleil se lève. V. Cardinaux (points).

ESTACADE (de Yita.1. steccata; de Yallera.Stecken), sorte de digue faite avec de grands pieux plantés dans une rivière, dans un canal, pour en fermer l'entrée ou détourner le cours de l'eau.

Dans la Marine, on nomme ainsi une barrière établie à l'entrée d'un port avec des corps flottants, des

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