ESTAMPE
E&THËTIQUE.
< àbles ou des chaînes pour empêcher les bâtiments ennemis d'y pénétrer. — C'est aussi le nom du remplissage en bois fiu'on place dans les mailles de la carcasse d'un vaisseau ou dans les intervalles qui séparent les couples. — Estacade se disait autrefois pour champ clos.
ESTAFETTE (del'itzl. sta/fetta; do staffa, étrier), courrier de dépèches qui ne porte son paquet que d'une poste à l'autre, pour le remettre à un autre courrier qui le porte à la poste suivante.
ESTAFIER (dental, stafliere; de staffà, étrier). Au moyen âge, on nommait ainsi un valet à manteau, un laquais à pied, qui tenait l'étrier à son maître, portait son épée, et était armé lui-même ; de là le nom de domestique d'épié. Aujourd'hui, ce mot se prend toujours en mauvaise part. — En Italie, on appelle encore est*; fiers des laquais en livrée, en manteau, et de haute stature, qui figurent dans le cérémonial de l'enterrement des papes. Les cardinaux ont aussi des estafiers.
ESTAFILADE de l'ita\.sfaffilata,dQstaffile,étrivière), entaille, coupure provenant d'un coup do sabre, d'un instrument tranchant. Ce mot vient de ce que les estafiers chassaient, à coups d'étrivières et même à coups de sabre, les passants qui obstruaient le chemin de leur maître.
ESTA GNON (du lat. stanraim, étain), nom donné dans le Midi à des vases de cuivre étamé dans lesquels on envoie au loin les eaux distillées, notamment l'eau de fleurs d'oranger.
ESTAIM, estame (du lat. stamen, chaîne de tisserand). On appelait autrefois estaim, la laine fine et longue tirée au peigne; et estame, cette même laine filée : on en faisait surtout des bas dits bas d'estame. ■On nommait étoffes à un estaim celle dont la chaîne ■et la trame étaient en estaim.
ESTAINS, pièces de bois qui faisaient partie de Farcasse d'un gros bâtiment à arrière carré : elles formaient la rondeur de l'arrière du vaisseau, et étaient assemblées par le bas à l'étambot et par le haut aux deux allonges de tréport. Ces pièces ont été supprimées dans les nouvelles constructions.
ESTAMINET (orig. incertaine), lieu public où ■s'assemblent des buveurs et des fumeurs, et où l'on joue au billard. On dit aussi tabagie.
ESTAMPAGE (d'estampe), procédé d'emboutissage ( Yog. ce mot), pour obtenir des reliefs sur une plaque de métal ou sur ducuir. On estampe avec un poinçon ou un moule, dit estampe ou étarnpe, sur lequel on applique le métal ou le cuir à l'aide de la pression ou de la percussion. Cette opération se fait à froid ou à chaud. — L'estampage supplée, dans les arts industriels, à la gravure en creux et en relief; il est plus économique et plus expéditif. On se sert aussi de l'estampage avec du papier ou du carton mouillé pour relever une inscription, un dessin en creux, etc.
ESTAMPE (de l'ital. stampa), empreinte de traits creusés dans une matière solide, se dit spécialement des images imprimées sur papier ou étoffe, avec une planche de cuivre, de bois, d'acier, etc. Le mot estampe se dit également des produits de la gravure à l'eau forte, au burin, a la manière noire, au lai is, etc.
L'art d'imprimer les estampes était pratiqué au x\c siècle Yni/A liiwi p.f). Les plus ancien lies estampes connues sont, Outre les cartes ;'i jouer, une image de Si Christophe 1418), et une de St-Bernard(ifàh)i on connaît des estampes allemandes qui datenl de l 'iti'). Le plus ancien livre où l'on trouve des estampes mêlées au texte est un traité de médecine de Pierre d'Abano (l/j72). La lithographie a donné le moyen de tirer des estampes avec plus de Facilité e( d'économie ; la photographie, celui de reproduire les estampes anciennes. Presque tous les musées de France et de l'étranger ont aujourd'hui des Cabinets d'estampes; mais aucun ne rivalise avec celui de la Bibliothèque nationale qui contient plus de i 200 non pièces. Voir Ducbesno, voyage cTuntconophile 1834 .
Dans les Arts mécaniques, on nomme estampe l'outil qui sert à estamper. Voy. Estampage.
ESTAMPILLE d'estampe), toute marque ou empreinte qu'on applique sur un objet pour en constater l'authenticité, ou pour le reconnaître au besoin s'il vient à être dérobé. Il se dit spécialement de la marque faite sur une marchandise pour constater l'acquittement de certains droits, comme ceux de douanes, etc., ou pour en certifier l'origine. Dans le premier cas, c'est une marque de plomb scellé : dans le second, c'est une plaque de cuivre mince, imprimée au mouton nu au balancier, sur une matrice gravée en relief qui porte le nom, la demeure et l'adresse du fabricant. — Yog. Colportage et Marque DE FARRIQUE.
ESTER 'du lat. stare, être debout,. Ester en jugement (stare in judicio), c'est comparaître en justice personnellement, plaider en son nom; ce que ne peuvent faire les mineurs non émancipés, ni les femmes mariées, à moins d'être autorisées. Ester à droit, c'est se présenter devant le juge où l'on a été assigné; il se dit surtout en matière criminelle.
ESTEBLIN. Yog. Stebling.
ESTHÉTIQUE (du gr. aloflrrnxéç, de afoOnnç, sentiment), science du Beau ou philosophie de l'Art. Le nom d'Esthétique, dont l'étymologie n'indique pas l'objet, a été inventé par Baumgarten qui, publiant un essai sur l'Art, l'intitula Mstketica '1750), parce qu'il réduisait le beau à un sentiment. Malgré la fausseté de cette théorie, le nom fut adopté en Allemagne et passa de là en France. — Quel que soit le nom par lequel on désigne cette partie de la Philosophie, Esthétique, Science du beau ou Philosophie de l'art, elle comprend trois parties : 1" Y Esthétique générale, qui analyse l'idée du beau, décrit les diverses formes du beau réel et du beau idéal, détermine le but de l'Art, examine les facultés et les qualités propres au poëte, à l'artiste et au critique ( Yog. Bfad, Ioéal, Imagination, Génie, Goût, Critique); '2° la Théorie des beaux-arts, qui fait l'application de ces principes à chacun des arts particuliers ( Yoi/. Btt! t> Arts, Architecture, Dessin, Gravore, I'hntirf, Sculpture, Mi .moue, Poésie); 3' l'Histoire générale des beaux-arts, qui étudie les différentes formes sons lesquelles l'idée du beau a été conçue et exprimée chez iesanciens, au moyen âge et dans les temps modernes; elle cherche les lois qui expliquent les changements de l'Art et son rôle dans l'ensemble de la civilisation.
On a employé deux méthodes pour l'étude de Y Vrt considéré dans son principe et dans ses applications : la première, essentiellement spéculative et propre aux esprits philosophiques, fonde la théorie et les règles sur des analyses psychologiques ou sur un système (le métaphj sique; la seconde, expérimentale et pratiqué", généralement adoptée parles artistes et les critiques, prend pour point de départ l'histoire même de l'Art et en étudie lès chefs-d'œuvre divers pour (>n tirer des inductions qui puissent former un ensemble de lois. La différence de ces deux méthodes se manifeste déjà chez les anciens. Platon, dont la théorie est disséminée dans le Phèdre, Vllin tas, la République, le Banquet, etc., a distingué IV
des autres notions et analyse'1 les sentiments qu'il fait naître, l'amour, l'enthousiasme, l'inspiration poétique ; niais il a eu le tort de réduire Ifl beau a une
généralité abstraite et de l'identifier avec le bien (Voy. Idéalisme Vristote, dans sa Poétique, ■ réduit l'art à l'imitation de la nature et déBni le l'eau parla grandeur et l'ordre. \ Platon se rattache Plot in qui a développé la théorie de l'expression ' Enm'ades I, iv et V, vin) : contre Aristoto, il a soutenu que
l'art ne se borne pas à limitation de la nature; contre les Stoïciens Mpii faisaient consister la beauté dans la symétrie et l'agréable concert de toutes les
parties), que le beau visible rient de la ferme créatrice, comme la beauté d'une statue vient de la forme qui existait dans la pensée de l'artiste avant de pas-
ESTHETIQUE.