FARCE
pour les liquides, employée en Espagne et en Portugal, vaut de 55 à 50 litres.
FANES (de faner), se dit : 1° des feuilles sèches tombées des arbres ; 2° des feuilles et des tiges, vertes ou desséchées, provenant de graminées et autres plantes non fourragères, telles que la pomme de terre, le colza, les fèves, les betteraves, etc. On utilise communément les fanes comme litière; elles servent aussi quelquefois à la nourriture des bestiaux. Voy. Effanace.
FANFARE (onomatopée), air militaire court et vif, en mode majeur, exécuté par des cors et des trompettes. Par extension, on a donné ce nom à toute musique militaire, ainsi qu'à toute réunion de musiciens se servant d'instruments de cuivre: beaucoup de villes en province ont des sociétés musicales qui portent le nom de fanfare. — Dans l'origine, la fanfare était la marche des comparses dans les tournois et les carrousels. Une ordonn. du 1er mars 1768 en tit une sonnerie de cavalerie ( l'oy. Diane). Aujourd'hui, ce n'est plus qu'un genre d'elTet musical. — En termes de chasse, la fanfare est l'air qu'on sonne en lançant le cerf.
FANFRE, poisson. Voy. Pilote.
FANION (dimin. de fanon), petit drapeau de serge, qu'on portait à la tête des équipages d'une brigade. On appelle encore ainsi aujourd'hui le guidon qu'on porte derrière tout général un jour de bataille.
FANON (du b.-lat./h/(0;de pannus), pièce d'étoffe suspendue et déployée au bout d'une lance, d'une pique, pour servir de signe de ralliement : on a dit aussi fanion et gon fanon (Voy. ces mots). — Dans le costume ecclésiastique, on nomme quelquefois fanon le manipule, espèce de petite étole que les prêtres et les diacres portent sur le bras gauche, à la messe; on nomme aussi fanons les deux pendants de la mitre d'un évêque, ainsi que ceux d'une bannière. — En termes de Blason, le fanon est un large bracelet qui pend au bras droit, un dextrochère représenté sur un écu. #
Dans la Marine, les fanons sont les portions de toile pendantes sous la vergue entre les cargues.
En Zoologie, on appelle fanon, le pli de la peau qui pend sous le cou des bœufs, la peau rouge et charnue qui pend sous la gorge du dindon et la pelote de crins qui croit derrière le boulet du pied des chevaux. — On appelle encore fanons, les lames cornées <! flexibles qui garnissent le palais de la baleine et remplacent les dents. Voy. Baleine.
fanon (du \a.\.fœnum, io\n),Ferula, terme de Chirurgie : c'était un cylindre de paille fortement serrée, dont on se servait pour le pansement des fractures; aujourd'hui, on ne se sert plus que d'attelles {Voy. ce mot). — Le faux-fanon était une pièce de toile pliée en double que l'on étendait sous le membre fracturé : on l'a également remplacé par les coussinets.
FANTAISIE (du gr.çavTaorîa). En Philosophie.ee mot a été employé comme synonyme d'imagination (Voy. ce mot). — En Musique, il a servi à désigner une sorte de pièce de musique instrumentale dont l'origine dateduwi' siècle : ce fut d'abord une composition où le musicien s'abandonnait à toute la verve et aux caprices de son imagination ; aujourd'hui, la fantaisie n'est plus que la paraphrase d'un air d'opéra; elle a toujours pour thème un air dont!'' motif est varié. On cite les fantaisies de Bach, de Mozart, de Steibelt, de Thalberg, etc.
FANTASCOPE. Voy. PHBNAKtSTtCOPB.
fantasia, sorte de jeu militaire ou de courses que les Arabes pratiquent dans leurs fêtes, <'t qui
consiste à s'élancer de toute la vitesse de leurs chevaux, à revenir sur leurs pas ou à s'arrêter tout court, à tourbillonner avec de grands cris en déchargeant leurs amies, ou en les lançant en l'air
pour les recevoir eu murant. Voy, DJIIUI).
FANTASMAGORIE (du gr, DttVTaeua, fantôme,
et àyofC'jco, parler), art de l'aire apparaître des Spec-
, très, des fantômes, des images de toute sorte, à ! l'aide d'illusions d'optique dans une salle ol>- : Un grand rideau de percale sépare les spectateurs de l'opérateur, et celui-ci fait manœuvrer une /miterne magique mobile, dont les images vont se former sur la toile et sont vues par derrière. En plaçant l'appareil tout près de la toile, l'image ne semble qu'un point; en l'éloignant progressivement, elle grandit et semble s'approcher des spectateurs au point de les toucher. — On croit que la fantasmazorie n'était pas inconnue aux prêtres païens, qui sea ! réservaient le secret et en tiraient parti pour tromper le peuple. Cagliostro, au dernier siècle, s'en ser- ! vait pour opérer ses prodiges. C'est Gasp. Robertson, de Liège, qui ouvrit à Paris, en 1798, le premier Théâtre de fantasmagorie. Voy. Lanterne MAOIQDB.
On peut rattacher a la fantasmagorie les ombret chinoises, spectacle destiné à amuser les enfants, dans lequel on se sert de figures découpées que l'on fait agir derrière une surface transparente, qui le plus souvent n'est que du papier huilé. Ce spectacle est de temps immémorial le plaisir favori des Orientaux, surtout des Chinois : d'où le nom sous lequel nous le désignons. Les ombres chinoises furent connues d'abord en Allemagne. Elles furent introduites en France en 1767 ; mais leur réussite ne date que de 1784, époque où le sieur Séraphin s'établit au Palais-Royal, à Paris.
FANTASSIN (de l'ital. funtaccino, diminutif de fante, pour infante, petit garçon), nom usité depuis 1338, pour désigner les soldats à pied d'une compagnie d'infanterie. Ce fut longtemps un terme de mépris. Voy. Infanterie.
FANTOCCINI (dimin.de/anfe). V. Marionnettes.
FANTÔME (du gr. <fâvTa<ru.a). Voy. Spectre.
On donne aussi le nom de fantôme à plusieurs espèces des genres Mante et Phasme. Voy. ces mots.
FAON (prononcez fan), nom commun aux petits des animaux du genre Cerf, se dit aussi par extension du petit de toute autre bête fauve.
FAQITN (de l'ital. facchino), mannequin de bois ou de paille, dont on se servait comme de plastron pour l'exercice de la lance; de là les expressions : courre le faquin et brider (c.-à-d. ici frapper) le faquin. Quelquefois, le mannequin était remplacé par un valet (facchino), loué pour cet usage; de là le nom donné au mannequin; de là aussi le nom de faquin, appliqué, par mépris, à tout individu qui joint l'impertinence à la bassesse, défauts trop ordinaires aux valets.
FARADISATION (du physicien anglais Faraday). Voy. Électricité médicale.
FARANDOLE (orig. incert .), danse en usage en Provence et en Languedoc, dans laquelle un grand nombre de personnes forment une chaîne en a nant par la main ou avec des mouchoirs. L'air de cette danse est d'un mouvement vif et cadencé; la mesure est à six-huit. Au signal donné, la ronde se met en branle, parcourt les rues de la ville et les villages environnants, se grossissant de tous ceux qu'elle rencontre, et exécutant diverses figures qui consistent à réunir les bouts de la chaîne, à danser en rond, à passer sous un arc formé par les bras de plusieurs danseurs, etc. — On prétend que cette danse est d'origine grecque, et que c'est l'antique danscdrl inventée par Thésée, qui aurait été importée à Marseille par les Phocéens.
farci: (du lat. farsus, farci\ mélange de viandes liai liées et épicéeS| que l'on met dans |e corps
de quelque animal rôti, dans des viandes, dans des
œufs, etc. On nomme encore ainsi un mets fait plusieurs sortes d'herbes coites, haeloes ensemble
et mélangées avec des asufs.
KARCK, pièce de théâtre d'un comique bas et hurles, pie, dont l'origine remonte au m" siècle. Les bateleurs et les bohémiens en Italie ; en France, les Enfants sans souci et les Clercs de la Basoche en
étaient les acteurs ordinaire-. I. I <y. ce
FÀRDIEIi.
FARINK.
mot, appartiennent à ce genre, dont le monument le plus remarquable est la Farce de maître Pierre Patheliu, composée au xiiie siècle. Jusqu'à Molière, la plupart des comédies du théâtre français ne mérique le nom de farces. Au commencement du xvue siècle, Turlupin, Guillot-Gorju, Gautier-Garguille, Gros-Guillaume, etc., faisaient encore applaudir ces pièces grossières sur le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne. Les Fourberies deScapin, Pourceaugnac, le Malade imaginaire et môme le Bourgeois gentilhomme appartiennent au genre de la farce. Scarron, Dancourt.Le Sage et plusieurs poètes du xviii' siècle ont aussi écrit des farces, surtout pour le théâtre de la Foire. Ce genre est tout à fait abandonné aujourd'hui : les Janot, les Jocrisse et les Cadet-Roussel, qui ont tant fait rire nos pères, en ont été les derniers héros. Voy. Parade.
FARCIN (du lat. farciminum ; de farcire), maladie virulente propre aux chevaux, consiste dans le gonflement et l'inflammation des ganglions et des vaisseaux lymphatiques et présente comme principaux symptômes : une éruption caractéristique sur les muqueuses nasale et buccale et sur la peau, à laquelle succèdent bientôt des ulcérations fournissant un pus sanieux et d'apparence huileuse ; une prostration considérable se manifeste en même temps. — Le farcin peut se présenter sous la forme aiguë, et alors il offre la plus grande analogie avec la morve (Voy. ce mot); ou sous la forme chronique : sa marche est alors très-lente, et l'indice le plus sûr auquel on puisse le reconnaître est la corde ou le chapelet de tumeurs formées par l'induration des ganglions situés le long de la mâchoire inférieure. — Les causes du farcin sontles habitations insalubres, la nourriture insuffisante, le surcroît de travail, etc. Cette maladie est essentiellement contagieuse ; elle se transmet à l'homme et est presque toujours mortelle. 11 faut donc avant tout séparer les animaux qui ne sont pas encore contaminés.
FARD (de l'anc. ht-allem. farwjan, teindre), composition solide ou liquide, que les dames s'appliquent sur le visage pour en imiter les couleurs naturelles, et dont les acteurs et les actrices se servent pour rehausser ces mêmes couleurs, qui seraient trop faibles à l'éclat de la rampe. Les plus anciens fards connus sont le sulfure d'antimoine et la plombagine, dont les femmes se servaient pour se noircir le tour des yeux, afin d'en rehausser l'éclat. On se sert, pour se blanchir la peau, de la céruse ou blanc d'argent (carbonate de plomb), du blanc de fard (sous-nitrate de bismuth), du blanc de Thénard (oxyde de zinc), du lait virginal (dissolution alcoolique de benjoin précipitée dans l'eau) ; de la poudre de riz (farine de riz finement broyée) ; pour la teindre en rouge, du vermillon, du minium, du rouge d'Espagne (teinture de carthame), mélangés à la craie de Briançon qui leur donne de l'adhérence à la peau, de la cochemlle, du carmin, de Yorseille ou de l'orcanette dissoutes dans le vinaigre ; enfin on appelle crépon une fine étoffe de laine teinte sans mordant et qui légèrement humectée et frottée sur la peau lui communique sa couleur. Le fard bleu pour les veines est fait avec du bleu d'azur. — A la longue, le fard flétrit la peau; en empêchant la transpiration cutanée, il peut donner lieu à des affections dartreuses; il nécessite l'emploi de pommades ou de lotions adoucissantes. — Voy. Cosmétique.
L'usage du fard remonte à une très-haute antiquité. En Judée, en Egypte, en Grèce, à Borne, les femmes en faisaient un continuel usage. Cette coutume a été retrouvée chez les peuples sauvages de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique. En France, l'usage en est bien moins répandu aujourd'hui qu'au siècle dernier.
FARDE, nom donné, dans le Commerce, aux balles de café moka : plies pèsent environ 185 kilogr.
FARDIER, chariot à roues basses destiné à porter les fardeaux les plus lourds, tels que les blocs de
pierre ou de marbre, les statues de marbre ou de bronze, etc. Les fardiers qui servent au transport des gros bois de charpente sont au contraire formés de deux grandes roues de plus de 3m de diamètre, d'un essieu en fer et de deux grands brancards eu bois, qui servent aussi de limonière pour atteler les chevaux. Voy. Chariot.
FARFADET (orig. incertaine), espèce de lutin, d'esprit follet, de la famille des Djinns et des Gnomes, qui existe dans les croyances superstitieuses de certains peuples. Les Orientaux et surtout les Indiens croient à l'existence des farfadets; on les retrouve aussi dans la croyance populaire des Ecossais, qui les nomment fuir folks : Trilby est un farfadet écossais. Les farfadets sont malicieux sans être méchants ; ils aiment à taquiner, à tourmenter, mais sans faire aucun mal. — Voir les Farfadets de Bcrbiguier (1821), par qui leur existence est doctement établie. Voy. aussi Lutin.
'F ARGUES ou falques, bordages supplémentaires qu'on cloue sur les allonges en dehors, à bord des petits bâtiments qui n'ont ni vibord ni bastingage, pour les garantir des lames et couvrir un peu leur pont. On nomme encore ainsi les planches courtes enchâssées à coulisse dans l'ouverture des sabords des batteries basses des vaisseaux : elles servent à arrêter l'eau qui pourrait entrer sur le pont.
F ARENE (du latin farina ; de far, blé), poudre blanche, plus ou moins fine, obtenue par la trituration des graines des céréales. Par extension, on donne ce nom à la poudre tirée des graines des légumineuses, de quelques racines, de la pomme de terre, des semences du lin, etc. Employé seul, le mot farine désigne la farine de froment. La farine de froment contient de 60 à 70 p. d'amidon, de 8 à \h de gluten, de 8 à 12 d'eau, un peu de sucre, de matière gommeuse, ainsi que divers sels, notamment des phosphates et des sulfates, enfin du son : le gluten est la partie essentiellement plastique de la farine. — La farine résulte de deux opérations principales : la mouture, ou pulvérisation du grain par la meule; et le blutage, ou séparation de la farine d'avec le son. On distingue dans le commerce : 1° la farine brute, ou F. en son, résultat d'une mouture sans blutage ; 2° la F. bise, qui contient trop de son pour avoir une couleur claire ; 3° la F. entière, qui a été purgée plus ou moins du son par le blutage, mais qui contient tous ses gruaux (il y en a deux qualités, la bise blanche et la blanche) ; h" la F. de blé, qui provient de la partie la plus friable du blé : elle manque de consistance et de saveur, par l'absence des gruaux; 5° le gruau, partie du grain qui enveloppe le germe du blé : c'est la plus abondante en gluten ; 6° la F. de gruau, provenant de la mouture des gruaux : elle est employée pour la pâtisserie et le pain de luxe, dit pain de gruau; 7° les issues, produits farineux où domine le son et qui se divisent, d'après le blutage, en recoupes, recoupettes, remoulage, petit son, gros son, etc. : elles servent a la nourriture du bétail et des animaux de basse-cour; on en fait aussi du pain. — On distingue aussi les blés durs, dont la farine est employée pour les pâtes dites d'Italie; les blés demi-durs, d'un usage plus général; les blés tendres ou blancs, préférés par les fabricants d'amidon. Enfin on désigne la qualité de la farine par la marque (initiale du nom du meunier inscrite sur le sac). Voy. Froment.
La qualité de la farine tient non- seulement à la nature du blé, ainsi qu'à la perfection de la mouture et du blutage ; elle varie aussi par l'effet du temps et de différentescirconstances. La farine vieille est sans consistance, d'un goût et d'une odeur de son, et se boulange difficilement ; échauffée par la fermentation, elle devient granuleuse, et se concrète par petites portions qu'on appelle marrons. L'altération des farines avariées se trahit par une couleur rougeâtre, un goût acre et une odeur nauséabonde. Les bonnes farines, au contraire, sont d'un blanc jaunâtre, douces au