‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 655 sur 1672 · FOURNIER · texte numérisé non relu

FOURNIER

larves au sommet de la fourmilière pour les réchauffer, et les placent ensuite dans des loges peu profondes, où bientôt elles les nourrissent en dégorgeant dans leur bouche les sucsqu'ellesontrecucillis. Quand les larves ont pris toutleur accroissement, elles se filent, du moins dans la plupart des espèces, une coque soyeuse où elles se transforment en nymphes. Celles-ci, d'abord d'un blanc pur, deviennent successivementd'un jaune pàle.roussàtres, brunes, et enfin noires. Lorsque les nymphes sont arrivées à l'état d'insectes parfaits, les ouvrières percent leur coque, les débarrassent de leur enveloppe, leur apportent de la nourriture et continuent leurs soins jusqu'à ce qu'elles soient en état de quitter la fourmilière.

Les Fourmis sont fort nuisibles par les dégâts qu'elles occasionnent dans les vergers, les celliers et jusque dans les maisons, où elles recherchent avec avidité toutes les matières sucrées. On trouve en Guyane des fourmilières qui ont plus d'un mètre d'élévation et dont la présence rend toute espèce de culture impossible. Les faisans et les perdreaux sont friands d'œufs de fourmis. — Les espèces les plus remarquables sont : la F. noire (F. nigro), qui creuse ses habitations sur le bord des chemins, dans les jardins et les champs ; la F. échancrée (F. emarginata), qui a l'abdomen brun-marron et le corselet brunrouge : elle habite le pied des arbres, les fentes des murs et pénètre souvent dans les maisons; la F. enfumée (F. fuliginosa), d'un noir luisant, avec une grosse tête : ses cellules sont partagées par des cloisons aussi minces que du papier ; la F. fauve (F. rufa), commune dans les bois, où elle construit de vastes fourmilières : elle contient beaucoup d'acide formique; la F. noir-cendré (F '. fusca), la F. sanguine {F. sanguinea) et la F. mineuse (F. cunicularia), qui habitent également les bois, etc. — On doit à Huber, L. Dufour,Ch. Lespès, Traherne Koggridge, de curieuses observations sur les fourmis.

On appelle vulgairement F. maçonne, une espèce d'Atte, commune en France ; F. amazone, le Polyergue roussâtre; F. rouge, la Myrmice fauve: F. resserrée, la Ponère contractée; F. blanche, la Termite. Voy. ces mots.

FOURMILIER, Myrmecophaga, famille de Mammifères, de l'ordre des Édentés, caractérisée par le manque de dents aux deux mâchoires, et une langue longue, filiforme et visqueuse, qu'ils étendent sur les fourmilières pour saisir les fourmis, qui forment leur principale nourriture. Ces animaux appartiennent aux régions les plus chaudes de l'Amérique. On en connaît 3 genres : les Tamanoirs, les Tamanduas et les Myrmidons ou F. didactyles. Voy. ces mots.

fourmilier, Myrmothera, Myiothera, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux dentirostres : bec long, presque droit, comprimé sur les bords ; ailes moyennes; tarses longs et grêles; plumage un peu sombre. Ces oiseaux, tous américains, sauf une espèce qui estde l'ancien monde, vivent les uns à terre, les autres sur les buissons; ils se nourrissent d'insectes et surtout de fourmis. Principales espèces : le Roi des fourmiliers, dit aussi Grallarie,de la Guyane, le Grandet le Pe lit Beffrcn,le Carillonneur, i'Arada chantant, le Tétéma, le Palicour, etc.

FOURMI LIER F., habitation des fourmis (Voy. Fourmi). — Maladie du pied du cheval, qui consiste dans la déviation de l'os de cette partie, qui se sépare du sabot : d'où résulte dans l'intervalle la formation d'un tissu spongieux quia quelque ressemblance avec une fourmilière. Cette maladie est produite par une contusion ou par l'effet du 1er chaud que le maréchal a laissé trop longtemps sur le pied. Quand le mal est léger, il disparait de lui-même ou a l'aide d'une ferrure méthodique; mais le plus souvent la fourmilière entraine la perte du sabot.

FOURMI-LION, Formica-leo, Myrmeleôn. genre d Insectes, de l'ordre des Névroptères, famille des l'Ialipennes, et assez semblables aux Libellules : corps grêle et allongé; tête grosse, yeux saillants; ailes '

grandes ; pattes courtes et robustes. Ces insectes sont carnassiers. Leur larve est terrestre et a 6 pattes et une tète plate et très-forte. Elle construit dans la terre une espèce d'entonnoir au fond duquel elle se tient, et lorsqu'une fourmi ou tout autre insecte vient à y tomber, elle le saisit et le dévore; quand son ennemi est trop vigoureux, elle fait jaillir sur lui une pluie de sable. On trouve ces insectes dans toutes les régions chaudes du globe. L'espèce unique de nos paj s est le .1/. formicarium, long de 0,n,a0, noirâtre, avec des ailes diaphanes parsemées de taches noires. Pour construire son entonnoir, la larve creuse le sable, en marchant à reculons et décrivant des spires, dont le diamètre diminue graduellement.

FOURMILLEMENT. Voy. PonuiCATION.

FOURNEAU (du \zt.furnus), instrument de forme variable dans lequel on fait chauffer, à l'aide de bois ou de charbon, les substances qui doivent èti mises à l'action de la chaleur. Un fourneau se compose généralement d'une capacité nommée foyer, où l'on place le combustible ; d'une grille qui fait ! du foyer, et par où les cendres tombent dans une cavité inférieure ou cendrier : des échancrures donnent à l'air qui a servi à la combustion une issue pour se dégager : on y ajoute souvent une cheminée. — C'est sur ce modèle que sont construits les fourneaux potagers, ou fourneaux de cuisine. On nomme F. économiques ou F. belges, des fourneaux en tôle et en fonte, qu'on chauffe avec de la houille ou du coke. Outre une chaudière qui contient de l'eau en ébullition, ces fourneaux peuvent chauffer à la fois un grand nombre de casseroles, rôtir plusieurs pièces, et môme cuire dans un fourà part des pâtisseries detout genre.

En Chimie, on emploie : le fourneau à réverbère, qui se compose de trois parties : 1* un fourneau ordinaire ; 2° un laboratoire, cylindre qui repose sur le fourneau ou dans lequel se place le creuset ou la cornue; 3° un dôme ou réverbère, assis sur le laboratoire; — le F. à vent, fourneau à réverbère dans lequel on peut produire une très-haute température par un vif tirage dû à une cheminée longue et étroite qui le surmonte ; — le F. decoupelte ou d'essai, fourneau à réverbère muni d'un moufle pour recevoir les coupelles, etc.

Dans l'industrie, les F. de forge ou de fusion sont des fourneaux à réverbère, dans lesquels la combustion est activée par un soufflet ou par un ventilateur. On peut rendre l'action du vent plus efficace en ne faisant arriver l'air qu'après l'avoir déjà échauffé dans une chambre antérieure. —Le fourneau de M. Perrault, qui sert à fondre des quantités de 10 à 500 gr. de métaux précieux, est entretenu par le tirage dû à la combustion du gaz ordinaire ; il peut être installé partout. — Voy. Calebasse, Cubilot, etc.

On appelle Hauts- fourneaux les fourneaux destinés à fondre le minerai de fer à une haute température. Ils ont la forme d'une tour quadrangulaî circulaire, dont la hauteur varie de 6 à 20'". Pour diminuer leur masse, on les compose souvent d'un prisme surmontéd'une pyramide. Le vide inférieur, dans lequel on entasse le minerai et le charbon, s e nomme cuve. On met le fourneau en activité au mo\ i n d'une soufflerie à vapeur. Vo>/. Fer.

Fourneau de mine, chambre pratiquée à l'extrémité d'une galerie souterraine chargée de poudre, et où s'opère l'explosion d'une mine de guerre. — On emploie aussi ces fourneaux dans l'exploitation deemines pour faire sauter un quartier de roche.

KOiin?.EAii, nom donné par Laraille à une constellation australe formée par lui : elle est comptas étoiles principales et située prés du tropique du Capricorne, entre, la Balance et l'I'.ridan.

FOURRIER, celui qui tient un four banal. V. Foi r.

KoniMKii, Furnarius, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux ténuirostres : bec aussi épais que large, comprimé sur les côtes, et terminé en pointe; ailes faibles: tarses annelés; doîgl externe réuni i l'interne par sa base. Ces oiseaux sont petits; ils ha-

Page 1