GAMELLE
de Galvani et ont donné une impulsion puissante aux travaux des Physiciens sur les phénomènes galvaniques; ils ont conduit à des applications importantes, telles que la dorure galvanique, la télégraphie électrique, la galvanoplastie, les moteurs électromagnétiques, l'éclairage électrique, etc.
GAliVANOCAUSTIQUE, application des effets calorifiques de la pile aux opérations chirurgicales. On prend un fil de platine qu'on fait traverser par un courant électrique assez puissant pour le faire rougir; serrant ensuite avec ce fil le membre qu'on vent amputer, on voit le fil pénétrer rapidement dans les chairs et en même temps cautériser la blessure produite. Ce procédé aurait de plus, à ce qu'il parait, l'avantage d'anéantir, ou tout au moins de diminuer considérablement la douleur. — On le désigne quelquefois sous le nom d' Electrothermie.
GALVANOGRAPHIE, procédé de Gravure, imaginé par le prince de Leuchtenberg, qui consiste à tracer un dessin sur une planche de métal poli avec une encre isolante, p. ex. formée d'essence de térébenthine etde gomme laque, puisa déposer sur cette planche une couche de cuivre par la galvanoplastie . On obtient ainsi sur ce cuivre un dessin en creux qui sert à tirer les épreuves. Voy. Gravure.
GALVANOMÈTRE ou multiplicateur, instrument de Physique, imaginé par Schvveigger, sert à découvrir les moindres traces d'électricité en mouvement. Sa construction est fondée sur la déviation que les courants galvaniques font éprouver à l'aiguille aimantée : un fil de métal, entouré de soie, est replié un grand nombre de fois dans le même sens, sur un châssis en bois ou en ivoire ; la soie qui enveloppe le fil a pour objet d'empêcher le passage de l'électricité d'une des circonvolutions à l'autre. Lorsqu'un courant passe à travers un pareil système, il revient autant de fois dans la même direction que le fil fait de tours sur le châssis, et chaque fois il agit avec une même force sur une aiguille aimantée placée au-dessus. Nobili a rendu ce galvanomètre encore plus sensible en y employant, au lieu d'une seule aiguille, un système de deux aiguilles compensées, ayant leurs pôles opposés l'un à l'autre. — On mesure l'intensité d'un courant à l'aide de la déviation que l'aiguille aimantée éprouve, et qu'on lit sur un cadran. Cette intensité est proportionnelle à-la déviation jusqu'à 20" à peu près. Weber a augmenté la justesse decet instrument en remplaçant l'aiguille par un carreau aimanté, qui porte un miroir dans lequel on voit l'image d'une règle divisée. Voy. Ma-
GNÉTOMETRE.
Le Galvanomètre différentiel sert à indiquer la différence d'action de deux courants : il est construit avec deux fils parfaitement égaux en longueur, diamètre et conductibilité; ces deux fils sont enroulés simultanément sur le cadre, et lorsqu'on fait passer par chacun d'eux des courants opposés, on n'observe sur les aiguilles que la différence de leurs actions, en sorte que l'instrument reste à zéro lorsque les deux courants sont parfaitement égaux.
GALVANOPLASTIE (de galvanisme, et du gr. it),àTT£tv, façonner), art qui consiste à précipiter, par l'action d'un courant galvanique, un métal en dissolution dans un liquide, sur d'autres objets, soit pour les embellir ou les préserver de l'influence atmosphérique, soit pour en prendre l'empreinte. Cet art comprend : la Galtanoplastie propr. dite ou Cuivrage galvanique, qui se rapporte aux statues, aux bas-reliefs, aux médailles, etc.; la Galvanotypie on Électrotypie, qui se rapporte aux clichés, aux planches gravées, et en général à tous les objets qui sont destinés à transporter leurs empreintes sur d'autres corps par la pression ; la Dorure et l'Argenture galvaniques (Voy. ces mots); en un mot, tous les dépôts qui s'appliquent à la surface des corps dans quelque but que ce soit.
Le cuivre est pour la galvanoplastie et l'éloctrotypie le métal parexcellence ; l'appareil qu'on emploie
pour le déposer est une pile voltaique dont le pôle négatif est en communication avec les objets soumis à l'opération, et le pôle positif avec une solution de sulfate de cuivre. On peut ainsi recouvrir tous les objets possibles d'une couche de cuivre assez mince pour leur conserver leurs linéaments les plus délicats. On peut aussi reproduire sans usure de l'œuvre originale les objets qui présentent le moins de relief, tels que les cartes à jouer, les timbres-poste, les cartes géographiques et jusqu'aux billets de banque. — Lorsque l'on veut recouvrir de métal des objets qui sont mauvais conducteurs, comme le plâtre, la terre, la cire, la stéarine, on y applique d'abord à la brosse de la mine de plomb ou certaines poudres métalliques qui les rendent conducteurs : c'est ce que l'on appelle métalfiser la. surface. On couvre ainsi de cuivre avec une grande perfection, non-seulement des statuettes ou même de très-grandes statues, mais les corps les plus variés: des fruits de toute espèce, des branches, des feuilles, des fleurs, des animaux même. On reproduit aisément par le même moyen chacune des faces d'une médaille: il suffit de couvrir de cire, de gutta-percha, de soufre, celle des deux faces dont on ne veut pas prendre le creux, et de procéder comme précédemment; on obtient ainsi un excellent creux de la médaille, qui sert à son tour de moule pour reproduire le relief.Dans ces dernières années,on est parvenu à obtenir par lagalvanoplastie.au moyen de creux en gutta-percha, non-seulement des cuivres destinés à l'ornementation, mais encore de grandes statues, comme le Mi/on du Puget, exécuté par M.Christofle; la Vénus de Milo, les Pégases de l'Opéra de M. Lequesne ; la reproduction de la colonne Trajane et celle des grands bas-reliefs de l'arc de triomphe de Constantin exécutées à l'usine d'Auteuil deM.Oudry. Enfin on a imaginé divers procédés de gravure, dont la galvanoplastie est la base, et qui servent à reproduire les planches gravées sur cuivre, soit pour estampes, soit pour cartes géographiques, les planches gravées sur acier, les planches de plaqué du daguerréotype, les clichés, et même des dessins exécutés sur métal au moyen de compositions particulières. Voy. Galva-
!S0GRAPH1E, HÉLIOGRAPHIE, ÉLECTROTEINT, etc.
Ce sont M. Spencer, en Angleterre, et M. Jacobi, en Russie, qui ont fait les premiers essais de galvanoplastie pendant les années 1837 et 1838. Depuis, cet art a été beaucoup perfectionné par les recherchesde MM. Smée, de Kobell, Boquillon, Elsner, etc. Il a été appliqué en 1840 à la dorure et à l'argenture par MM. Ruolz et Elkington. — Consulter sur ce sujet : le Manuel de galvanoplastie de MM. Smée et Yalicourt ; les Traités de galvanoplastie de M. Al. Gueyton (1855) et de M. Roseleur (1856), et les Rapports de M. Jacobi et de M. Oudry {Jury de FExposit. univ. de 1867, t. VIII, p. 123-171).
GALVANOPUiXCTURE. Voy. Électropcncture.
GAMAY ou gamet, cépage de Bourgogne, ne produit que des vins de qualité inférieure.
GAMBA, ou Grande Sarigue du Paraguay. Voy. Sarigue.
GAMDE (mole de), instrument. Voy. Viole.
Gamkktte, oiseau. Voy. Chevalier.
GAMBIR, substance astringente, analogue au cachou. Voy. Kino et Nauclée. .
GAMELLE (du lat. camélia, panier d'osier serré), écuelle de bois ou de ferblanc dans laquelle on mettait la portion des soldats, et où ils mangeaient ensemble. Huit hommes mangeaient à la même gamelle. Une décision du 2h décembre 1852 a substitué, dans toute l'Armée de terre, des gamelles individuelles aux gamelles communes.
Dans la Marine, la gamelle est un vase enbois,cerclé de fer, de la largeur du fond d'un seau ordinaire, et de la moitié de sa hauteur. Dans les bâtiments de l'État, la gamelle contient la ration de 7 hommes. — On dit aussi la gamelle des officiers, du commandant, pour dire la table des officiers, du commandant. On nomme chef de gamelle, l'officier qui