‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 682 sur 1672 · GARANTIE · texte numérisé non relu

GARANTIE

minéraux, parce que l'on croyait qu'ils s'y formaient.

GANO, terme du jeu d'Hombre. Voy. Hombre.

GANoÏDES. ordre de Poissons. Voy. Poissons.

GANSE (orig. inc), petit cordonnet d'or, d'argent, do soie, de coton ou de fil, de forme et de grosseur indéterminées, sert soit à arrêter ou à attacher quelpartie du vêtement, soit comme simple orne-

d'une pellicule légère et rougeâtre nommée èpiderme. On la sèche à l'air sur des filets ou dans des fours ; on la bat pour en séparer l'épiderme, la terre et les autres matières étrangères ; puis on la broie sous des meules; un blutage en sépare ce qui reste de terre et d'épiderme. La racine, entière, est connue dans le commerce sous le nom d'alizari (Rubia

ment ; la ganse du chapeau, soit en or, soit en ar- j tinctorum) ; moulue, elle reçoit particulièrement le cent, est une partie de l'uniforme de l'officier. Les] nom de garance. La garance est dite robée lorsqu'elle tapissiers se servent aussi de ganses dans les ameublements. — On fabrique la ganse sur le métier à j lacets, sur le boisseau avec des fuseaux, ou sur un

! a été dégagée de son épiderme, ce qui donne plus d'éclat à la poudre, et non robée, si elle a été tritu-

métier à tisser comme les galons.

GANT (del'aiic.allem.ir«/ite). Il se fait des gants en fil, en coton, en filoselle, en laine, en soie ; il s'en fait encore plus en peau : les premiers sont l'ouvrage du bonnetier ; les seconds sont l'objet de l'industrie du gantier f l'oj/.cemot). — 11 n'est pas certain que les anciens connussent les gants, bien que l'on trouve chez les Grecs les mots yeiptoe:, yeipCSuz, et chez les Romains celui de manicœ, qui semblent avoir une si-

rée sans cette précaution. On appelle garances rnulles, les qualités inférieures, composées en grande partie de débris provenant du blutage. On estime surtout les garances de Chypre et de Smyrne ; viennent ensuite la garance d'Avignon, celle d'Alsace et celle de Hollande. La racine de la garance contient une substance particulière, appelée aliznrine ( Voy. ce mot), à laquelle elle doit ses propriétés tinctoriales ; elle donne un beau rouge très-solide, et, avec différents mordants, toutes les nuances de violet, de

gnification analogue ; mais ils étaient certainement brun, etc. On s'en sert pour l'impression des toiles en nsage au vi« siècle au plus tard. Peu à peu les peinteset pour teindre lesdraps: lespantalons rouges gants devinrent de plus en plus de mode, d'abord de l'armée française sont teints avec la garance

comme partie de l'armure (Voy. Gantelet), puis comme ornement. C'est sous Henri III que les femmes commencèrent en France à porter des gants : ils étaient d'abord de soie tricotée. Les gants en peau parurent à la cour comme objet de toilette vers le commencement du règne de Louis XIV: on portait alors beaucoup de gants parfumés dits a" Espagne, à l'ambre, à In fleur d'orange, au jasmin, à la frangipane, etc. De nos jours, l'usage des gants a été adopté par tout le monde, et la consommation en est devenue immense.

La garance était connue des Grecs et des Romains, qui l'employaient non-seulement en teinture, mais encore en médecine, comme diurétique. Elle était cultivée en Carie, en Galilée, en Italie, surtout à Ravenne. Introduite au dernier siècle dans le Comtat Venaissin (Vaucluse; par le Persan Althen, cette culture a parfaitement réussi en France.

GARANCINE, poudre qui contient le principe colorant de la garance dans un plus grand état de concentration. On l'obtient en faisant macérer de la garance dans les 2/3 de son poids d'acide sulfuriqu

En Botanique, on nomme vulgairement Gant de concentré pendant quelques heures, lessivant le pro- Notre-Dame, à cause de leur forme, la Campanule, ' duit avec de l'eau, et desséchant le résidu solide. Les l'Ancolie commune, la Digitale pourprée. On désigne fabricants d'indiennes emploient souvent la garanaussi ces diverses plantes sous les noms de Gantelée, cine de préférence à Yalizarine. Voy. ce mot. de Ganteltne et de Gantilher. GARANTIE (de garant ; orig. germaniq.), obliga-

GANTKLET (de gant), espèce de gant très-fort tion en vertu de laquelle une personne doiten mettre dont les doigts étaient revêtus de lames d'acier en : une autre à l'abri d'un préjudice possible ou l'en informe d'écaillés, et qui recouvrait, outre la main, ! demniser si elle l'a déjà éprouvé. Ainsi le vendeur une partie de l'avant-bras. Le gantelet faisait partie ' doit garantir son acheteur contre la poursuite de de l'armure des chevaliers. Au moyen âge, on dé- ceux qui prétendraient des droits sur la chose ven-

1 due: le codébiteur solidaire doit garantir son codébiteur solidaire contre l'action du créancier. La personne garantie aie droit, quand elle est poursuivie,

fiait un ennemi en lui jetant le ganftelet ; le relever, signifiait qu'on acceptait le combat. On dit encore aujourd'hui jeter et relever le gant.

GANTIER, fabricant de gants de peau. — Les peaux dont on se sert pour gants sont celles d'agneau, ■ de mouton, de chevreau, de chèvre, de chamois, de cerf, d'élan, de castor, de buffle, dec'iien [dogskin) et même de rat. Les peaux les plus estimées viennent d'Annonay. Tou;es doivent avoir été passées en mégisserie. La perfection de la coupe fait le principal mérite des gants. La maison Jouvin est restée sans rivale sous ce rapport. Depuis quelques années la coupe, le fendage, la couture même des gants se font à la mécanique ; la mécanique à coudre date de 1824. — La France fabrique immensément de gants. Paris, et ensuite Grenoble, Niort et Vendôme (gants de daim et de chamois), Chaumont, Nancy, Lunéville, Milliau, etc., sont au premier rang pour cette industrie. L'Angleterre fabrique aussi beaucoup de gants,

d'invequer une exception dilatoire qui lui permette de mettre en cause son garant : cela s'appelle. G. formelle, en matière réelle; G. simple, en matière personnelle 'C. Nap., art. 884, 1625-1649 ; C. de proc, art. 175-184).

En Politique, on appelle garanties individuelles, la liberté des cultes et celle de la presse, l'institution du jury, l'inamovibilité des juges, etc.; garanties coustitutionnel/es, l'inviolabilité attachée par la constitution ou par la loi à certaines fonctions. Voy. ces mots.

garantie (bit.eau de), administration chargée d'essai/er les matières d'or et d'argent ouvragées, d'en constater le titre et de faire apposer, avec un poinçon, sur chaque objet essayé, le contrôle, c.-à-d. le sceau du gouvernement. L'État prélève sur les orfèvres les frais de contrôle et d'essai, dits droits de

surtout à Woodstock et à Worcester. La Suède était ' garantie. Le poinçon porte la marque du titre et

jadis célèbre par l'odeur agréable des siens ; auj. le celle du bureau de garantie. Il y a pour les ouvrages

■français imite très-bien cette odeur. — Voir d'or et d'argent une empreinte particulière qui varie

Vallct d'Artois'; Manuel du fabricant de gants. de temps en temps; pour les vieux ouvrages, l'em-

GARAiMONO. On nommait ainsi, du nom de son preinte est une hache; pour les ouvrages étrangers, inventeur, un caractère d'imprimerie de la grosseur les lettres ET. On distingue encore le poinçon de du petit-romain ; il ne s'emploie plus. ! petite garantie (pour les menus ouvrages), le poinçon

GARANCE, Rubia, genre type de la famille des de remarque (pour les chaînes), et le^ poinçon de re- Rubiaçées, renferme des plantes herbacées vivaces, censé, poinçon nouveau substitué à l'ancien, afin de ù tiges rameuses et chargées d'aspérités, et dont la ! mettre en défaut les contrefacteurs. Les bureaux de racine sert en teinture. Cette racine se compose de ! garantie dépendent, pour la partie d'art, de l'admi- :rois parties distinctes: d'un cœur ligneux jaune, qui la nistration des Monnaies, et pour la partie fiscale, des parcourt dans toute sa longueur, d'une partie corti- Contributions indirectes. — L'origine de ce service cale rouge, où réside surtout le principe colorant, et ; remonte à un édit de Henri III, en 1579. Il a été réor-

GARDE. — 7

ganisé par une loi du 19 brumaire an VI, qui est encore auj. lu loi fondamentale de la matièr .

GARROTEAU, garisotin, noms vulgaires du poisson du genre Able, connu aussi sous les nom» de Chevanne et de Meunier. Voy. Able.

GARRURE (orig. espagn.), nom donné, dans le midi de la France, à une sorte de potage très-épais, fait de pain de seigle, de choux et de lard.

GARCETTE (de l'esp. garce ta), cordage trebitord ou tout autre menu cordage long de 2 ou 3m. Les garcettes servent d'amarrages pour diminuer l'ampleur des voiles quand le vent devient trop fort; on les emploie également à lier le câble au cordage sans fin dit touruevire, lorsqu'on lève l'ancre; de là le nom de garcette de tournevire. — On se servait autrefois de la garcette pour frapper sur le dos à nu les matelots qui avaient encouru ce châtiment.

Garcette, pince pour épinceter le drap. Voy. Épincetage.

GARCINIA (du naturaliste Garcin), nom latin scientifique du genre Guttier.

GARDE ^de garder; de l'ancien haut-allemand warten, prendre garde).

I. Dans l'Armée, le mot garde exprime : tantôt le service des soldats ou autres agents de la force publique désignés pour veiller pendant un temps déterminé au maintien du bon ordre, à la sûreté d'un camp, etc. ; tantôt le détachement armé chargé de ce service et distribué dans différents postes; tantôt enfin certains corps particuliers, savoir :

1° Gardes du corps. On nommait ainsi en France, sous l'ancienne monarchie, des compagnies de gentilshommes spécialement destinés à garder le roi : ils étaient à cheval et avaient le pas sur tous les autres corps. Dès 1192, Philippe-Auguste avait institué des Sergents d'armes chargés delà garde de sa personne ; mais c'est Charles VII qui organisa, vers 1448, la première compagnie de Gardes du cor Roi-, il la composa d'Écossais, pour reconnaître les services que cette nation lui avait rendus dans les guerres contre les Anglais. Louis XI ensuite créa deux compagnies purement françaises ; François Ier en ajouta une troisième. La compagnie écossaise fournissait les 24 archers, dits Gardes de la ni chargés de suivre partout la personne du roi et de veiller sur elle dans les cérémonies. Sous Char cette compagnie n'était plus composée que de Français. A la fin du règne de Louis XVI, le corps se composait d'environ 1600 hommes ; après avoir fait vaillamment leur devoir en défendant le roi., ils furent supprimésle 12 septembre 1791. Louis XVIII rétablit les gardes du corps en 1816, et en formaô compagnies dites C. écossaise, de Grumont, de Poix, de Luxembourg, de Wagram et de Raguse (les deux dernières furent supprimées en 1815); les simples gardes y avaient rang d'officier; pour y être admis, il n'était pas nécessaire d'être noble. Le corps fut dissous en 1830. — En dehors des Gardes du corps propr. dits, il faut citer encore comme chargés de la garde du souverain : 1° les Cent-Suisses, troupe d'infanterie formée de soldats suisses, organisée pour la lre fois par Charles VII en 1653, maintenue, avec diverses modifications jusqu'en 1791 ; rétabl 1817 sous le nom de Grenadiers gardes à pied du corps du Roi et définitivement supprimée en 1830 ; 2° les Cent-gardes, chargés de la garde de l'Empereur, de l'Impératrice et des Enfants de France, . d'élite créé par le décret du 26 mars 1856 et réorganisé par les décrets des 29 fév. 1855 et 17 mars 1S5G.

2° Gardes françaises, corps militaire faisan, pariiedelaniaisonmilitaireduroi etorganisé ( n 1553. 11 eut d'abord 10 compagnies (d'env. 100 hou et finit par en avoir 32. Tous étaient Français. O corps avait le pas sur le reste de l'armée. Les gardes françaises se joignirent au peuple en 1789, et devinrent un deséléi i ntsde la garde nationale de Paris.

3° Garde • . Bonaparte avail créé i ■

veiubre 1799 une. Garde consulaire', en 1804, il

U — GARDE

prendre le nom de Garde impériale : de 9,775 hommes, son chiffre primitif, elle s'éleva successivement à 15,470 (I806j, 55,960(1812), 81,000 1813,; elle était de 102,706 h. en 1814- Depuis 1809, elle était divisée , en Vieille garde et Jeune garde. Jusqu'à la fin de 1812, l'admission dans la garde fut une récompense: le choix se faisait sur des listes de 10 candidats réunissant des conditions déterminées ; la solde était d'un tiers en sus, et tout officier ou sous-officier admis dans la vieille garde avait rang du grade immédiatement supérieur. Après 1812, les pertes que la garde avait subies obligèrent de rendre moins sévères les conditions de l'admission. Tout Immonde sait les services éminents et l'intrépidité de la garde impériale. — Licenciée par Louis XVJII, elle a été rétablie en 1856 par Napoléon III, pour servir de réserve de l'armée activ. En 1S70, elle se composait de 2 divisions d'infanterie, comprenant : la l'e, 6 régiments de voltigeurs et 1 bataillon de chasseurs à pied ; la 2% 3 rég. de grenadiers, et 1 rég. de zouaves ; d'une division de cavalerie, comprenante régiments (chasseurs, guides, dragons, lanciers, carabiniers, cuirassiers); de 2 régiments d'artillerie, l'un monté, l'autre à cheval, et de 2 escadrons du tr;>in. L'entrée dans la garde était ouverte à toute l'armée ; les conditions étaient : pour les soldats une bonne conduite pendant au moins 2 ans de service ; pour les sous-officiers, un an de grade ; pour tous les officiers, depuis le lieutenant jusqu'au général de division, 2 ans de grade ; pour les sous-lieutenants, seulement une année de grade. Tout officier ou sous-officier promu devait passer dans la ligne. 11 n'y avait d'exception que pour les sous-lieutenants. Toutes les vacances étaient remplies par des officiers de la ligne. La garde impériale a été supprimée le 27 oct. 1870.

4° Garde mobile, corps créé à Paris en mars 1848 et composé en grande partie déjeunes gens que la Révolution laissait sans travail. Il formait 24 bataillons de 1,000 hommes chacun, portait un uniforme particulier et recevait une solde assez élevée. Aux journées de juin 1848, la garde mobile marcha la première contre l'insurrection et déploya une admirable intrépidité ; mais ce corps, qui occupait dans l'armée une position irrégulière, ne pouvait se maintenir ; il fut licencié au bout d'un an.

5° Garde municipale de Paris. Sous l'ancienne monarchie le Guet ( Voy. ce mot) était chargé de veiller à la sûreté de la ville de Paris. Supprimé en 1792, il fut remplacé par la gendarmerie; vint ensuit" (1795) la Légion de police générale, à laquelle succéda la première Garde municipale, qui comptait 2 régiments d'infanterie et 2 de cavalerie. Ce corps, souvent modifié dans son organisation, a porté successivement les nomsde Gendarmerie impériale de Paris 1813), de Gendarmerie royale de Paris ( 1 8 1 6 ), de Garde municipale (1830), de Garde républicaine ( 1868 et 1870), de Garde de Paris (1852). Son effectif se composait en 1870 de 2 bataillons d'infanterie, formant 16 compagnies, et de 4 escadrons de cavalerie : il est aujourd'hui beaucoup plus considérable. Elle est sous les ordres du Préfet de police. Voy. Gendarmerie.

6° Garde nationale, milice bourgeoise destinée h

maintenir l'ordre et a défendreles libertés publiques. Improvisée en France par la municipalité d 13 juillet 1789, veille de la prise de la Bastille, cette milice porta d'abord le nom de Garde bour<; qu'elle échangea bientôt contre celui de Garde na- ! maie. Elle prit pour cocarde les eu et

rouge, qui étaient celles de la ville de Paris; elle j joignit le blanc quand le roi eul donné Bon assenti-

I lent ii sa formation; elle élut pour chef le général

Lafayette. Bornée d'abord à Paris, elle s'étendit promptemenl a toute la France, et fui depuis Imitée

par plusieurs Etats de l'Europe. Elle reçut une existence légale par la loi de déc. 1790, qui B6 bornait à poser le principe do l'institution, et par celle du 14 OCt. 1791, qui l'organisa. Les meneurs de la révolution paralysèrent de bonne heures m action* d'abord

GARDE

GARDE

prieur camp de 20,000 fédères à Paris, puis par l'organisation des sections armées, qui noyèrent ia vraie ^rarde nationale dans une tourbe d'hommes sans garantie. Dissoute à la suite de la journée du 13 vendémiaire, elle fut peu après rétablie, mais ne joua qu'un rôle insignifiantjusqu'au 18 brumaire. Le Consulat et L'Empire la réduisirent à rien. Il fallut l'invasion de INl/i pour que l'Empereur consentît à réorganiser la nationale de Paris. La Restauration adopta d'abord cette institution, et môme en favorisa l'extension par toute la France; mais son libéralisme devint bientôt suspect à la cour, et, en 1827, Charles X la licencia à la suite d'une revue tumultueuse. Elle se reforma d'elle-même le 28 juillet 1830, eteut une part décisive à la révolution qui renversa la branche aînée. Elle affermit Louis-Philippe sur le trône par son assentiment, et fut reconstituée par la loi du 22 mars 1831. Son refroidissement, sa défection partielle en février 1848, furent une des causes les plus puissantes du succès de la nouvelle révolution. Après cet événement, elle subit de profondes modifications, vit supprimer ses compagnies d'élite, et admit dans son sein, sans distinction et sans garantie, tous les citoyens qui se présentèrent : son nombre se trouva ainsi porté, pour Paris seulement, de 80,000 hommes à plus de 200,000. Les classes les plus dangereuses se trouvant ainsi armées, il en résulta bientôt un conflit terrible : les événements de juin 1848 nécessitèrent le désarmement d'une grande partie de la garde nationale ainsi que sa réorganisation. Le second Empire fixa la durée du service de 25 à 50 ans, supprima les légions et se réserva la nomination des officiers, ainsi que le droit de suspendre les gardes nationales. Mais les événements de 1870 ramenèrent tous les dangers de 1848. L'insurrection du 18 mars livra Paris pendant deux mois aux gardes nationaux dits fédérés. Le retour de Tordre, après de longs et sanglants combats, (mai 1871 ), eut pour effet le désarmement des fédérés et par suite la suppression de la garde nationale.

1" Garde nationale mobile, corps créé parla loi du 1er février 18G8 pour servir d'auxiliaire à l'armée active. Elle se composait des jeunes gens non compris dans le contingent en raison de leur numéro de tirage, de certains exemptés et des remplacés : elle admettait des engagements volontaires et desréengagements. La durée du service devait être de cinq ans, pendant lesquels les gardes nationaux étaient soumis à des exercices et à des réunions temporaires. L«s jeunes gens qui justifiaient d'une connaissance suffisante du maniement des armes, de l'école de soldat, des principes et de la pratique du tir pouvaient être exemptés de la présence aux exercices ; ils devaient assister toutefois aux réunions par compagnie et par bataillon. La garde nationale mobile était placée sous les ordres de l'autorité militaire; elle pouvait être appelée à l'activité. Elle le fut en effet pendant la guerre de 1870-71. — Par suite de la réorganisation de 1 armée qui a suivi cette guerre, la garde nationale mobile a été remplacée par l'armée territoriale.

8° Garde républicain:. \oy. Garde mumcipale.

9° Garde royale, curys institué après la rentrée des Bourbons par ordonnance du 1" septembre 1815 ; il se composait de soldats d'élite, tirés pour la plupart des débris de la garde impériale. On y adjoignit deux régiments suisses. Cette garde fut dissoute après les journées de juillet 1830.

IL Dans la Marine on distingue :

1° Les Gardes-côtes, corps de milice spécialement chargé de la garde des côtes et affecté au service des batteries de côtes. Ils existaient sous l'ancienne monarchie: licenciés en 1791, recréés en 1799, supprimés encore en 1814, ils ont été définitivement rétabhs^en 1831.11s forment 6 compagnies de canonniers.

2° Les Gardes-chiourme, chargés de la garde des bagnes et de la surveillance des forçats : ce sont des sous-officiers et soldats placés sous les ordres des ! préfets maritimes et des commissaires de marine.

3° Les Gardes-marine, jeunes gens faisant autre- '

fois partie d'un corps militaire institué dans les trois ports de Toulon, de Brest et de Rochefort par Louis XIV, et servant, comme aujourd'hui les élèves de la marine, à fournir des officiers aux flottes du roi. 11 fallait, pour y entrer, être gentilhomme et n'avoir pas plus de 16 ans. Us étaient distribuésen3compa^'nies, et recevaientuneéducation maritime. La révolution de 1789 fit disparaître cette institution. — Il y avait aussi une com pagnie des gardes du pavillon amiral, composée de 80 hommes tirés du corps des gardes-marine.

III. En Jurisprudence, la garde, suivant certaines coutumes aujourd'hui abolies, consistait dans le droit accordé aux pères, mères ou aïeuls, de jouir en tout ou en partie des biens appartenant à leurs enfants mineurs pendant un certain temps, sans être tenus de rendre compte des fruits perçus pendant ce temps, mais à la condition d'entretenir et surtout de ne point aliéner ces biens. Les nobles eurent d'abord seuls ce privilège, qu'on appela pour cette raison garde noble ; mais plusieurs coutumes, notamment celle de Paris, retendirent au tiers état, et alors elle se nommait garde bourgeoise ou roturière. Encore aujourd'hui, le Code Napoléon (art. 384) accorde au père, pendant le mariage, puis à l'époux survivant, la jouissance des biens des enfants jusqu'à la majorité ou jusqu'à émancipation. — On appelait aussi garde noble, le droit féodal qui conférait au seigneur la tutelle des enfants mineurs d'un de ses vassaux à la mort de celui-ci, et par suite la surveillance du fief.

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