‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 683 sur 1672 · IV. garde, titre de fonctionnaire · texte numérisé non relu

IV. garde, titre de fonctionnaire

1° Garde des sceaux (dit aussi parfois Référendaire et Grand chancelier). C'était, dans l'ancienne monarchie, un grand officier delà couronne, chargé de faire apposer aux pièces qui devaient en être revêtues, soit le grand sceau du roi, soit le scel de Dauphiné et des contre-scels de ces deux sceaux. Il y joignait l'inspection sur les sceaux des chancelleries établies près des cours et présidiaux. Il nommait à tous les offices de ces chancelleries, recevait le serment des gouverneurs des villes, délivrait les lettres de noblesse, ainsi que celles de pardon et de commutation, etc. — La République et l'Empire n'eurent point de garde des sceaux; la Restauration rétablit ce titre et le joignit à celui de Ministre de la justice.

T Gardes champêtres (jadis Ban-gardes, Gardesmessiers, c.-à-d. gardes du ban etdesmoissons), fonctionnaires communaux, soumis aux maires et chargés de prévenir les délits et les dégâts dans les propriétés rurales. Il y en a au moins un par commune. Tout garde champêtre doit avoir au moins 25 ans. Il doit savoir lire et écrire. Il est armé d'un sabre pour sa défense et porte une plaque aux armes de France. En cas de flagrant délit, il en fait la déclaration à l'autorité ou en dresse procès-verbal; et ce procès-verbal fait foi en justice jusqu'à inscription de faux. Il surveille les contraventions aux lois sur les passe-ports, les ports d'armes, la chasse, la pêche, le roulage, la mendicité. Requis par l'huissier, il doit lui prêter main-forte; requis par les gendarmes, il doit les aider dans la recherche et l'arrestation des déserteurs, malfaiteurs, etc. Les gardes champêtres, comme tous les officiers de police judiciaire, ne sont justiciables que des cours d'appel, pour tous faits commis dans l'exercice de leurs fonctions (C. d'Instr. crim., art. 479 et 483). L'organisation des gardes champêtres a été réglée par la loi du 28 sept. 1791, par le décret du 8 juillet 1795, et par l'ordonn. du 29 nov. 1820. Depuis le décret du 25 mars 1852, ils sont nommés par les préfets sur la proposition des maires.

3° Gardes forestiers, agents institués pour la conservation des bois et des forêts. On distingue ceux des bois de l'État, ceux des bois des communes et des établissements, enfin ceux des bois des particuliers. L'organisation des gardes forestiers de l'État a été réglée par la loi du 21 mai 1827.

4° Gardes-pêche, agents assimilés par la loi aux gardes forestiers, tiennent la main à l'observation des règlements de police concernant la pêche. Ce qui les

GARDIEN

— 74U — GARG0U1LLETTE.

concerne en particulier a été réglé par la loi du 15 mars 1829 sur la pêche fluviale.

5° Garde-c/iasse, individu chargé de veiller, sur une terre, à la conservation du gibier : ce n'est point un fonctionnaire public. Le nombre des gardes-chasse, très-considérable sous l'ancien régime, est fort limité depuis le morcellement des grandes propriétés. Ils sont presque paitout remplacés aujourd'hui par les gardes champêtres et les gardes forestiers.

6° Garde-vente, commis préposé par un propriétaire ■ou un adjudicataire de forêts pour l'exploitation et la ■vente des bois qu'il en tire. Tout garde-vente doit •être agréé parle conservateur des forêts, et s'il opère pour un adjudicataire, par le propriétaire. Il prête ■serment devant le tribunal de l,e instance.

7° On appelait (lardes des monnaies les premiers jnges des monnaies, dont les appels ressortissaient aux cours des monnaies ; G.du trésor royal, l'officier chargé de payer et de recevoir les deniers de l'Etat; G. des métiers, ceux qui étaient élus dans les corps des métiers pour veiller à la conservation des privilèges, à l'observation des règlements et des statuts ; G. des privilèges des universités, des juges devant lesquels étaient portées les causes où étaient impliqués des membres de l'Université ; G.-notes, les adjoints des notaires on notaires subalternes. — G. des archives. Voy. archiv es.

8°LesG«/'(/<?s(/t/comwerceétaientdeshuissiersspéciaux chargés, à Paris et dans les grandes villes, d'opérer l'arrestation des débiteurs condamnés par corps. La loi du 22 juillet 18G7, en abolissant la contrainte par corps, a virtuellement supprimé cette fonction.

V. Dans l'Industrie, les gardes d'une serrure sont la garniture interne qui ne peut céder qu'à certaines clefs travaillées de façon à s'y adapter et à les mouvoir. — Les gardes d'une romaine sont les anneaux ■qui la soutiennent: on nomme garde faible, la plus éloignée du centre de la balance; garde forte, la plus voisine. — Le Tisserand appelle garde un morceau de bois pincé aux deux extrémités des peignes pour assujettir les broches ou dents et les empêcher de s'écarter. — Pour le Rubanier, c'est une bande de papier pliéc en trois de la hauteur du peigne, et qui sert à le tenir fixé, etc.

On appelle : garde-chaîne, un mécanisme employé dans les montres pour empêcher que la chaîne ne se casse ; — garde-platine, la pièce du métier à bas qui préserve les platines du contact de la presse; —gardemain, tout ce qui empêche le contact de la main sur un ouvrage auquel on travaille, etc.

CAnDB-HBUBLE. Ce mot, qui se dit, en général, de tout lieu où l'on garde des meubles, s'appliquait spécialement va garde-meuble de I" courontie, édifice situé place de laCon ordeà Paris, où étaient gardés et le mobilier superflu et les diamants de la couronne. Avant 1769,cbaqui iyale avait son garde-meuble.

gardb-robb. Avant 1789, on appelait garde-robe du roi tout, ce qui se référait à la garde de ses vêtements, ■et le nom s'ét indail à ceun qui en avaient le soin. 11 y avait un gr.nd maître et deux maîtres de lagarderobe du roi, plus, nombre de valets. Outre l'intendance et la conservation des costumes, ils étaient chargés d'habiller le roi. La reine aussi et les princes avaient chact n leur garde robe. Ce Bervice, rétabli par la Restauration, fut aboli en 1830.

CARDE-TI '.US. I")/. f.iu.oNO'.ii i R] .

GARDÉNIE du méd. k,Garden , Gardénia, genre

unille. des Hubi;e l'arbrisseaUX

rbustea a feuilles opposées et à Heurs terminales.

nit est une baie sèche à deux loges. On cultive en

serre chaude la G. à grandes fleurs ou. Jasmin du ('np,

arbrisseau de 1 ;\ 2"', à feuilles d'un vert lu sant, à

0 «rs blanches, trè -odorantes. Le fruit de cette

piaule fournit une couleur qui sert à teindre en jaune. La Ci. gummifere contient une gomme- résine semblable à lÉlémi.

GARDIEN 'degarde). Bn Justice, le gardien Judi-

■:iaire est celui auquel un juge ou un huissier commet

le soin des scellés, des meubles saisis, etc. On l'appelle, suivant les cas, G. à la saisie, G. des scellés, etc. 11 répond, par corps, des objets confiés à sa garde .

Gardien de la paix publique. Voy. Sergent.

Dans les ordres de St-François et dans la Congrégation de la Ste-Trinité à Rome, le gardien est le supérieur du couvent ou de la consrégation, et sa charge se nomme gardiennat. De là, les titres de gardien des Capucins, de gardien des Cordetiert. — Le grand maître de l'ordre de la Jarretière est dit aussi gardien (warder) de cet ordre: c'est toujours le roi d'Angleterre qui porte ce titre.

GARDON du b.-lat. gnrdvi idits, vulg.

Rosse, espèce du genre Able, famille des Cyprinidés, tient le milieu entre la carpe et la brème. Ses nageoires sont rouges; sa chair est blanche et d'assez bon goût, mais elle est garnie d'arêtes fourchues qui rendent ce poisson incommode à manger.

G ARE ( de ^flre?,;duht-alle m. wnron, prendre garde). On nomme ainsi : 1° dans les rivières et les canaux, tout bassin naturel ou artificiel pour recevoir les bateaux en déchargement ou pour leur servir de refuge par les grosses eaux ou le dégel ; — 2° dans les Chemins de fer, des portions élargies de la route, correspondant aux stations principales, et où se trouvent, outre l'embarcadère et le débarcadère, un entre-croisement de rails, des plateaux, des entrepôts, etc.

GARENNE (comme le précéda, espace asspz grand, à la campagne, peuplé de lapins gardés pour la table ou pour la vente, et où ils jouissent d'assez de liberté pour se rapprocher de l'état sauvage. Leur chair alors est supérieure à celle du lapin domestique élevé dans le clapier. On distingue les G. ouvertes ou libres, et les G. forcées ou closes. Les premières ont étéabolies en France en 1 789 à cause des dommages qu'elles causaient à l'agriculture. Les garennes forcées doivent être fermées ou par un mur, ou par des pieux trèsserrés et garnis d'un treillage de fer, ou par un fossé plein d'eau. On choisit pour garenne un terrain sablonneux et sec : il faut y répandre des graines d'herbes odoriférantes, de graminées, de légumineuses ; les arbres doivent être, les uns des arbres résineux offrant abri aux lapins sans courir le risque d'être rongés par eux, les autres des arbres fruitiers ou formant touffes, comme aliziers, cormiers, etc.

GARGARISME (du gr. yapyap'.qxo;), médicament liquide qu'on maintient quelque temps dans l'ar bouche sans l'avaler et en le repoussant au moyen de l'air qu'on expire. La secousse qu'on imprime en se gargarisant à toutes les parties qui constituent le pharynx favorise l'expulsion des mucosités. Le plus souvent les gargarismes sont émollients, quelquesuns sont stimulants. Pour faire avorter les angines commençantes, on y fait entrer des acides végétaux ; dans les angines scorbutiques, gan te., on

emploie des gargarismes faits avec le quinquina, reçoive de grenade, les acides minéraux, les sels de fer, etc. Voy. Collutoire.

GARGOUILLE (du fr. gargouiller, en \\z\.gorgoliare-, du rad. garg, gorg. gosier), ouverture pariaquelle B'écoule l'eau d'une fontaine ou d'une goûttli re. Cette ouverture simule souvent le mufle ou la gueule d'un animal, un lion, une chimère, eu édifices du moyen âge sent chargés de gargouilles.

A Rouen, on appelait Gargouille nn serpent monstrueux qu'on portait en procession le jour des Rogations et le jour de l'Ascension, en mémoire de la victoire deSt Romain sur ce monstre. C'était un symbole du triomphe des saints sur 1 . r.-a-d. le démon.

GARGOl ii. ri KEN r (comme le précéd.), se dit, en Médecine* du bruit que produit le passag i de l'air

à travers les excavations pulmonair>s, résultant de

la fonte des masses tuberculeuses; il indique i

sence d'un liquide dans ces (a\eriies. — Le même bruit se produit dans l'intestin contenant beaucoup

de gai et do liquides, Voy. Borbobjgvb. GARGOU1LLBTTE OU eABGOBLSTrK,T*M en terre

GARUMNIEN.

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