GÉNÉALOGIE
En Zoologie, le mot gemme désigne l'espèce de saillie ou de bourgeon charnu qui se produit sur le corps de quelques Polypes et Annélides et qui est le rudiment d'un être nouveau.
GEMMIi ».RE, gemmii'Amté (de gemme, et du lat. parère ,'enfanter). En Histoire naturelle, le mot gemmipare sn. dit des plantes et des animaux qui se reproduisent par bourgeons {Voy. Gemmation). — En Physiologie, la Gemmiparité est un des trois modes principaux de reproduction chez les êtres vivants. Les gemmes ou bourgeons, dont la formation constitue ce mode de reproduction, apparaissent le plus souvent à la surface de l'être souche ; quelquefois ils naissent dans son intérieur et on a pu les confondre alors avec des œufs véritables. Tels sont les bulbUles ou pseudova , des kermès. — Chez certains animaux (Polypes inférieurs), la disposition des bourgeons n'offre aucune régularité, et leur répartition semble abandonnée au hasard ; chez d'autres, au contraire (Polypes supérieurs, Annélides), le bourgeonnement se manifeste en un point très-précis, par exemple, entre le dernier et l'avant-dernier anneau du corps. Quand il s'e^ formé une gemme à l'extrémité du corps de la mère, il ne tarde pas à s'en former une seconde entre celle-là et le tronc primitif, puis une troisième, et ainsi de suite. La Myriane à bandes offre ainsi accolés bout à bout en série linéaire six animaux de génération successive se continuant les uns les autres et paraissant confondus en un être unique. La gemmiparité est l'origine des animaux agrégés : il peut arriver, en effet, que le bourgeon développé au lieu de se séparer du tronc primitif lui reste uni. On a ainsi plusieurs générations consécutives d'animaux entés les uns sur les autres dont l'ensemble constitue ces associations qu'on appelle Polypes à polypiers, Coraux, Gorgones, etc.
GEMMULE (dimin. de gemme), nom donné, en Botanique, à une partie de l'embryon. C'est un petit bourgeon, renfermant de très-petites ébauches de feuilles, que l'on aperçoit à l'extrémité supérieure de la tigelle, entre les cotylédons. Voy. Graine.
GENCIVES (du lat. gingivœ), tissu charnu qui garnit les arcades dentaires, se prolonge entre les dents et adhère fortement au pourtour de leur collet. Ce tissu est rosé, dense et peu sensible. Le principal office des gencives est d'affermir les dents : aussi, lorsque par une cause quelconque elles s'amollissent, les dents s'ébranlent et finissent par tomber. Chez les vieillards qui n'ont plus de dents, le tissu des gencives devient fibreux et dur, et il se prête à la mastication presque autant que les dents mêmes. Les principales maladies des gencives sont le scorbut et les épulies. Ce sont les gencives qui, par la partie muqueuse de leur enveloppe, sécrètent le tartre.
GENDARME, gendarmerie. — I.Ces noms, qui dans l'origine s'appliquaient à toute troupe de gens d'armes que le seigneur féodal conduisait à la guerre, n'ont été appliquéskun corps spécial que depuisCliarlesVH. En 1453, ce princacréa des compagnies permanentes de gendarmes, qui furent la base et le point de départ de nos armées. Elles recevaient une solde au moyen i d'impôts consentis par lescommunes,et étaient réparties par petitestroupes sur la surfacedu royaume; elles contribuèrent puissamment au retour de Tordre après l'expulsion des Anglais Le gendarme, dans cette organisation, était armé de toutes pièces, et il avait à sa suite un écuyer, un page et plusieurs archers ; le tout était appelé lance fournie ( Voy. ce mot). Chaque compagnie comptait 100 lances. Le gendarme alors devait être noble et avoir fait ses preuves. La gendarmerie fut longtemps le corps d'élite, la force principale de l'armée. Mais peu à peu, les perfectionnements apportés aux armes à feu diminuèrent l'importance du gendarme. Sous Louis XIV, la gendarmerie n'était plus qu'un beau corps de cavalerie délite, qui faisait partie de la maison militaire du roi. Licenciée sous Louis XVI, elle fut un
stant remplacée par la Petite Gendarmerie ou G.
de Lunéville, qui fut supprimée à son tour en 1789.
IL La Gendarmerie actuelle est un corps chargé de veiller à la sûreté des personnes et des propriétés, de maintenir le bon ordre dans les campagnes, sur les routes et dans les lieux publics, de constater par des procès-verbaux les crimes, délits et contraventions, d'opérer des arrestations dans les cas où la loi leur en donne le pouvoir. Les officiers de gendarmerie sont aussi officiers de police judiciaire et peuvent comme tels recevoir les dénonciations et, dans le cas de flagrant délit, procéder à des actes d'instruction (C. d'Instr. crim., art. 48 et 49).
Cette milice a été instituée en 1791 par l'Assemblée constituante, sous le nom de gendarmerie départementale, pour remplacer l'ancienne maréchaussée ( Voy. ce mot). Ses attributions ont été fixées par la loi du 28 germinal an VI (17 avril 1798). La Restauration appela le corps entier gendarmerie royale. L'organisation actuelle a été déterminée par les décrets des 11 déc. 1852, 15 fév. 1854, 22 oct. 1859, 25 juin 1800 et 25 sept. 1869. La gendarmerie se composait, en 1870, en dehors d'un escadron de gendarmes d'élite, faisant partie de la garde impériale : 1» de 26 légions pour le service des départements ; 2" d'une légion pour le service de l'Algérie; 3° de 3 compagnies de gendarmerie coloniale et de6 détachement stationnés à la Guyane, à la Nouvelle-Calédonie, àTaiti, à St-Pierre et Miquelon, au Sénégal et en Cochinchine; 4° de la garde de Paris [Voy. Garde municipale); et 5° d'une compagnie de gendarmes vétérans. Chaque légion départementale se fractionne en compagnies, lieutenances et brigades; chaque brigade soit à pied, soit à cheval, est de 5 hommes, dont le chef est ou un brigadier ou un maréchal des logis. La réunion des brigades d'un département forme une compagnie départementale. Les simples gendarmes ont rang de brigadier: ils se montent, s'équipent et s'habillent à leurs frais. L'armement seul est fourni par l'État. — L'uniforme de la gendarmerie consiste (grande tenue) en un habit de drap bleu, retroussis écartâtes, aiguillettes et trèfles en fil blanc ; la buffleterie est jaune; la coiffure est un chapeau, remplacé par un schako pour la gendarmerie à pied de Paris et pour celle delaCorse,etparuno«r.î!>ipour les gendarmes à cheval du dép. de la Seine. Les officiers portent l'épaulette d'argent. L'uniforme de la garde de Paris ne diffère du précédent que par les trèfles et aiguillettes, qui sont orange, par la buffleterie blanche, et par les épaulettes d'or des officiers. — Un décret du 10 oct. 1867 a créé des élèves gendarmes pour le recrutement de la gendarmerie.
Gendarmerie maritime, corps spécial affecté au service des ports, des arsenaux et de la police dans les arrondissements maritimes de la France. Il forme 5 compagnies (une par arrondissement).
GENDRE. Voy. Beau-fils et Alliance.
GÈNE (de géhenne). Voy. Question et Torture.
GÉNÉAGÉNÈSE (du gr. yîveâ, génération et yéveffiç, engendrement), synonyme deGénération alternante. Voy. Génération.
GÉNÉALOGIE (du gr. Y£vea).oY'a). exposition de la filiation d'un individu ou du développement d'une famille. Quoique destinée la plupart du temps à flatte) l'orgueil et à satisfaire la vanité, la généalogie est souvent aussi une affaire sérieuse, p. ex. pour les questions de succession ; après la géographie et la chronologie, elle est l'auxiliaire le plus utile de l'histoire. — Les Orientaux ont de tout temps attaché un^ grande importance à la généalogie : témoin les généalogiesduPentateuque, et, dans le Nouveau-Testament, celle de Jésus-Christ. Les Romains de haut rang conservaient aussi leur généalogie avec un soin extrême. Au moyen âge, cet usage donna naissance à l'art héraldique.
Pour rendre sensible à l'œil la filiation, on emploie surtout les tables généalogiques et les arbres généalogiques. Dans les tables, on place en tête le personnage tige de la famille ; au-dessous, sur une 2e li«