‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 702 sur 1672 · GLACIS · texte numérisé non relu

GLACIS

soufflées se font par les mêmes manipulations que le verre à vitres ( Voy. Verre,. Le coulage consiste à étendre le plus régulièrement possible sur des tables en cuivre ou en fonte, d'une surface parfaitement unie, le verre en fusion. Après quoi, on fait passer sur la pâte encore brûlante un rouleau en métal très-pesant qui aplatit et égalise la matière. La glace est alors formée ; mais elle n'a pas une solidité suffisante : pour l'acquérir, elle ne doit se refroidir que par degrés. A cet effet, on la place dans un four chauffé au rouge, dit carcaise, qu'on ferme hermétiquement. Cette opération, qu'on appelle recuisson, s'exerce sur plusieurs glaces à la fois. — Obtenues soit par le soufflage, soit par le coulage, les glaces sont ensuite soumises au douci, puis au polissage ; après quoi, il ne reste plus, quand elles sont destinées à servir de miroirs, qu'à les étamer.

Voy. LtaMAGE DES GLACES et HlBOIR.

On croit que les glaces ont été inventées au moyen âge. Pendant longtemps le monopole de leur fabrication appartint aux Vénitiens, qui les préparaient par le procédé du soufflage ; ce procédé fut importé en France par Colbert en 1665, et il s'établit dès lors à TourlavUle, près de Cherbourg, une manufacture de glaces soufflées, qui n'a cessé d'exister qu'en 1808. Ce fut en 1688 qu'Abraham Thévart imagina de couler les glaces ; son établissement, construit d'abord à Paris, dans la rue de Reuilly, fut transféré peu de temps après à St-Gobain, près La Fère, où il existe encore. Les plus importantes manufactures de glaces sont: en France, outre celle de St-Gobain, celles de Cirey (Meurthe), de Montluçon (Allier), d'Aniche, de Recquignieset de Jeumont (Nord); en Belgique, celles d'Oignies près Charleroy et de Floreffe près Namur ; en Angleterre, celles de Blackwall, près de Londres, de Birmingham, de South-Shieds (i\ewcastle) et de Saint-Helens ; en Allemagne, de Stolberg (Prusse) et de Mannheim (Bade). L'Amérique possède aussi plusieurs manufactures de glaces, qui ont été créées en 1820 par des Français.

GLACIAIBE (période). Pour expliquer l'origine des dépôts quaternaires de la Suisse, de la Savoie, de plusieurs vallées des Pyrénées, de la Suède, de l'Angleterre, etc., les géologues supposent l'existence, dans ces contrées, de glaciers gigantesques, dont nos glaciers actuels ne peuvent donner qu une très-faible idée, et ils ont donné à la partie correspondante de la période quaternaire, le nom de période glaciaire. On admet deux périodes glaciaires qui auraient alterné avec les phénomènes diluviens : la première contemporaine du grand ours des cavernes, aurait suivi de très-peu l'apparition de L'homme; la seconde serait contemporaine de l'âge du renne. — Le grand développement de ces glaciers a été attribué à des causes diverses, notamment à l'existence en plus grande abondance de la vapeur d'eau dans l'atmosphère. La cause la plus probable de leur apparition et de leur disparition, réside sans nul douté dans les soulèvements et affaissements successifs subis par la terre à l'époque quaternaire.

GLACIALE, plante. Voy. PtcoIoB,

GLACIÈRE, réservoir où l'on conserve pour l'été la neige ou la glace dont on l'a rempli l'hiver. Pour construire une glacière, on fait, choix d'un terrain set-, à L'abri des inlili rat ions -oui orra in es et des rayons du soleil : le liane d'un roteau regardant le nord est excellent à cet effet. Onéreuse ensuite une cave circulaire d'environ 12'" de profondeur sur 2* ou S ",50 de diamètre; le fond de cette cave est carrelé en pierre, et forme OU puisard où vent s écouler les eaux de la glacière. Le tour en est garni d'un mur

M pierres de taille ou du moins en btftiSM excellente construite à chaux et à ciment. La glacière construite, sur un lit de paille peu épais qui revêt

le haut, du puisard, on couche une grille en ter sur laquelle reposera le premier lit de glace ; ensuite On jette les glaçons OU la nei-e, en les lassantà mesure pour laisser le moins de vide possible. Do cette

manière, la glace peut se conserver fort longtemps.

On donne aussi le nom de glacières aux appareils portatifs au moyen desquels on produit artificiellement delà glace, soit par des mélanges réfrigérant*, soit à l'aide de l'évaporation. Voy. Glace.

GLACIERS, vastes amas de glaces que l'on observe dans les grandes chaînes de montagnes. Les uns se forment sur les hautes sommités et sur leurs pentes, un peu au-dessus de la limite des neiges perpétuelles; d'autres occupent les larges vallées qui s'étendent, avec une déclivité plus ou moins rapide, des hautes sommités jusque dans les vallées. Les premiers sont rarement de très-grande étendue; les autres présentent toujours une largeur assez considérable. On en connaît dans les Alpes qui ont de 10 à 25 kilom. de long, sur plus de 15 de large ; le glacier de Chamouny, ou mer de glace, a une longueurde près de 60 loi. — L'épaisseur des placiers varieavec leur étendue; elle va souvent à 30"" et plus. En quelques endroits de la merde glace 'au pied du .Montativert, elle dépasse 200m.

Les glaciers ont pour origine les neiges qui tombent abondamment dans les montagnes, et qui par l'effet des gelées et des dégels successifs finissent par se prendre en glace : cette glace est d'abord poreuse et désignée du nom de névé ; ce n'est qu'à la longue qu'elle prend cette texture homogène et cette belle couleur azurée «pie l'on admire dans la plupart des glaciers. — Les glaciers sont tantôt unis comme des lacs gelés, tantôt leur surface est coupée de larges et profondes crevasses. Le phénomène le plus curieux qu'ils présentent est ce qu'on appelle la marche du glacier; tandis que la glace fond à sa partie inférieure ou sur ses bords, de nouvelles masses de neige s'accumulent à son sommet, ou dans ses crevasses et, partie par leur poids, partie par la dilatation qu'elles éprouvent en passant à l'état de glace compacte, poussent sans cesse le glacier dans le sens de la déclivité du terrain (1 - y. Glace). De là une progression souvent assez rapide de toute sa masse. La limite inférieure du glacier n'est pas d'ailleurs invariable. Sans parler des oscillations annuelles dues à la succession des hivers et des étés, il est tel glacier de Suisse dont la limite inférieure, depuis un siècle, s'est avancée de plusieurs centaines de mètres, tandis que d'auh reculé d'une même quantité. C'esl à ce phénomène de la marche du glacier, que sont dus les dé] cailloux connus sous le nom de moraines. Suas en effet des fragments de. rochers descendus de la montagne tombent à la surfacedu glacier, et englobés dans le névé, font bientôt partie de sa masse. Ils marchent avec lui, entraînés par son mouvement de progression ; et au bout d'un temps plus ou moins Long ils arrivent vers ses bords où la glace en fondant les laisse en liberté sur le sol. Ceux que le glacier a entraînés jusqu'à sa limite inférieure, y forment les moraines terminales; c&en que sa croissance latérale a poussés vers *fc côtés, y forment les • raines latérale».En même (oSnnp» d'autres fragments arrivent peu à peu jusqu'au fend, et emprisonnés entre la masse puissante du glacier et les roches BOOS-jacentes font subira celles-ci le phénomène du «triage et du polissage qui, avec les moraines, permet toujours de reconnaître l'existence et l'entpla. ment d'un glacier, lor» uiécuo qu'il a disparu depuis longues années.

Beaucoup de torrents et môme de rivières sortent des glaciers ; celui de Chamouny donne naissance au toi rent lie l'Aryv ron. La Rhône doit s, m 0] if la fonte successive d'un glacier. —Consulter i si/., Système glaciaire ^Paris, 1847) et J.Tvndall, Les Glaciers et les transformation» t/e/'e./uiParis,l873).

GLACIS (de glace), se dit en général de toute pente douce, par opposition au ta/us, qui est plus rapide. — l'.n termes de Fortification, le glacis est une pente très-douce qui s'étend sur '40 à 50™ de longueur à partir de la crête du chemin couvert jus-

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