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GOUVERNEUR

fièvre assez intense ; la partie affectée devient bientôt rouge et gonflée. La durée du 1er accès est de 10 à 12 jours ; le 2e ne se produit qu'après un intervalle assez long, de plus d'un an, p. ex. ; mais les suivants deviennent peu à peu plus fréquents et plus longs, si bien qu'ils finissent par se succéder et même par se confondre. Les articulations, qui à la suite des premiers accès reprenaient leur souplesse, restent roides; il s'y forme des nodosités et des concrétions tophacées qui rendent les mouvements plus ou moins difficiles et quelquefois même impossibles : de là les noms de podagre, chiragre, etc., unités autrefois pour désigner la goutte chronique fixée aux articulations des pieds, des mains, etc. Ces tophus constituent le caractère spécifique de la goutte et ne se retrouvent dans aucune autre maladie ; ils sont formés par des sels calcaires (urates et phosphates). Un autre signe tout aussi infaillible de la goutte, c'est la présence dans l'urine d'un dépôt sablonneux blanc (gravelle phosphatique), plus souvent rouge briqueté (urate d'ammoniaque ou acide urique) ; de là, les calculs rénaux et vésicaux et la colique néphrétique qui compliquent fréquemment la goutte. — Quelquefois la diathèse goutteuse reste, pondant une génération, cachée sous la forme d'une affection viscérale (migraine, asthme, maladie cutanée, hémorrhoïdes, etc.) : c'est ce qu'on appelle G. larvée ; alors la génération suivante peut avoir une goutte aiguë ou une goutte chronique d'emblée. Le déplacement brusque de l'inflammation d'une articulation sur un organe plus important, le cerveau p. ex., constitue la G. remontée : cet accident est souvent mortel. Enfin le catarrhe pulmonaire et la maladie de Bright (Voy. ce mot) sont des formes de la goutte viscérale.

On a longtemps discuté sur les différences et les analogies de la goutte et du rhumatisme. Aujourd'hui encore certains médecins admettent,avec Trousseau, que ce sont deux maladies différentes ; d'autres, avec Chomel, veulent qu'il y ait identité entre elles ; Pidoux regarde ces deux maladies comme deux branches issues d'un même tronc, qui serait l'état morbide connu par les anciens sous le nom d'arthritis : cette dernière opinion paraît être la plus vraisemblable.

L'attaque de goutte régulière doit être respectée ; tout traitement actif pour la combattre ne peut que nuire et la changer en goutte irrégulière. La goutte chronique doit être traitée surtout par les moyens hygiéniques, savoir : l'exercice à pied et à cheval, ou la promenade en voiture si les autres moyens ne sont pas possibles ; la sobriété et la régularité la plus grande dans la nourriture, qui devra être variée sans être trop succulente; il est surtout nécessaire de ne pas surcharger l'organisme des aliments dits respiratoires, c.-à-d. composés de substances très-riches en azote, comme les viandes noires : c'est le résidu de ■ces aliments ou leur oxydation incomplète qui constitue l'acide urique et les urates en excès, tandis que ces substances suffisamment oxydées sont éliminées à l'état d'urée. On devra se garder de recourir aux remèdes prétendus spécifiques (médecine Leroy, pilules de Lartigue, etc.), qui ont tous pour base des purgatifs drastiques et dont l'usage peut devenir trèsdangereux, surtout s'il est répété. Il faudra aussi être très-sobre de l'emploi des eaux minérales.

Les écrits sur la goutte sont très-nombreux ; le meilleur est celui de Sydenham, que Trousseau a commenté dans sa Clinique de l'Hôtel-Dieu.

Goutte rose, sorte d'acné. Voy. Couperose; — Goutte sciatique. Voy. Sciatiqi e ; — Goutte sereine, paralysie du nerf optique ou delà rétine. Voy. Amairose.

En Botanique, on nomme vulg. Goutte de lui, la Cuscute ; G. de sang, l'Adonide automnale, etc.

Mère goutte, Première goutte, le vin ou le cidre qui coule de la cuve ou du pressoir sans qu'on ait pressuré le raisin ou les pommes.

coittes. En Pharmacie, on appelle goutte la pe-

tite quantité de liquide qui se détache sous forme sphérique du bord d'un flacon ou d'une fiole doucement inclinée (0tr,02j. Certaines substances, comme le laudanum (opium), l'éther suif urique, etc., ne devant entrer qu en petites proportions dans les préparations pharmaceutiques, sont prescrites par gouttes. — On donne aussi ce nom à des médicaments qu'on prend par gouttes : ce sont ordinairement des calmants prescrits contre les maladies nerveuses. Telles sont: les G. anodines anglaises ou G. de Talbot, préparation narcotique ; les G. calmantes allemanaes, contre l'hystérie ; les G. céphaliques ou G. d'Angleterre , préparation excitante; les G. noires anglaises (black drops), contre les gastralgies; les G. d'or de La Motte, teinture excitante et tonique; les G. de Rousseau, préparation calmante ; les G. de Séguin, préparation analogue à la précédente ; les G. contre la toux, de Grindle, contre la bronchite, etc.

GOUTTIERE (de goutte). Les gouttières se font en plomb, en zinc ou en ferblanc. Il y en a aussi en bois ou en pierre. Au moyen âge elles étaient presque toutes terminées par des gargouilles ( Voy. ce mot\ qui ont été remplacées avec avantage par d>:s tuyaux de descente.

En Anatomie, on donne le nom de gouttière à toute rainure creusée sur la surface d'un os. Quelques gouttières facilitent le glissement des tendons, comme la G. hicipitale ; d'autres logent des vaisseaux sanguins, particulièrement des veines (G. sagittale ; quelques-unes servent seulement à soutenir certains organes (G. basilaire). — C'est aussi le nom d'un appareil chirurgical en fils de fer, matelassé intérieurement et qui est destiné à recevoir un membre fracturé.

GOUVERNAIL (du lat. gubernaculum), appareil attaché à l'arrière d'un navire et qui sert à le diriger. Il se compose d'un fort morceau de chêne dit mèche du gouvernail, aux deux faces duquel s'ajoutent d'épaisses planches de sapin, chevillées fortement avec la mèche et formant la partie extérieure et saillante, dite safran; des ferrures suspendent cet assemblage le long de l'étambot, autour duquel le gouvernail tourne verticalement. Une barre, qui traverse la tête de la mèche, meut tout l'assemblage ; lorsque le navire est grand, les palans, ou une corde très-solide, souvent en cuir tressé, dite drosse du gouvernail, aident à manœuvrer la barre; enfin, sur le pont du navire est située une roue verticale sur le tambour de laquelle s'enroule la drosse et que manient les timoniers. Le gouvernail est au navire ce que la queue est aux poissons ; il lui transmet l'impulsion que lui donne l'eau environnante, arrivant rapidement après avoir glissé le long des flancs du vaisseau. Le gouvernail n'était d'abord qu'un large aviron attaché au flanc du navire. Primitivement, il n'y en avait qu'un ; dans la suite, on en mit un de chaque côté. On ne sait à quelle époque on l'attacha pour la première fois à l'étambot d'un navire : le premier exemple qu'on en connaisse est du xme siècle ; mais l'usage doit en être bien plus ancien.

GOUVERNEMENT 'de gouverner; du lat. gubernare), autorité chargée d'administrer un pays. La manière dont s'exerce cette autorité varie selon la constitution de l'État. Il y a trois formes principales de gouvernement : la monarchie, l'aristocratie et la démocratie, qui peuvent elles-mêmes se combiner de diverses manières, et qui donnent ainsi naissance aux gouvernements absolus et despotiques, constitutionnels,parlementaires et représentatifs, et aux différentes sortes de républiques. Voy. État, Constitction, Aristocratie, Démocratie, Monarchie, etc.

GOUVERNEMENT, division territoriale. Avant 1789, la France était divisée en 40 gouvernements (S2 grands et 8 petits).

GOUVERNEUR (de gouverner), celui qui commande dans une province, dans une maison royale.

Gouverneurs de provinces. Les titres de ceux qui commandent dans les provinces différent beaucoup.

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