GRACE
GRADE
C'étaient autrefois des satrapes riiez les Perses; c'étaient des émirs sous les Khalifes, des nababs e\ des soubabs dans l'Inde ; ce sont des pachas et des beys dans la monarchie ottomane; mais presque partent dans l'Europe moderne, ils portent le nom de gouverneurs. En Prusse, en Autriche, en Russie, les provinces, dites gouvernements, obéissent à des gouverneurs. Il en était de même en France, avant 1789; le nom de gouverneur a été conservé pour les magistrats qui exercent l'autorité aux colonies; l'Algérie a un gouverneur général.
Il y a encore aujourd'hui leG. de V Hôtel des Invalides (comme, en Angleterre, le G. île l' hospice de Chelsea) ; le G. de la Banque de France, le G. du Crédit I foncer, le G. du Crédit mobilier, etc.
GOYAVIER ou GODTAVIBR, Psûtium, genre de la famille des Myrtacéi s, se compose d'arbres ^ feuilles opposées, entières et à fleurs portées sur des pédoncules axillaires. Ce genre, propre à l'Amérique et à l'Asie, a pour type le G. poire {P. piriferum), vulg. G. blanc des Indes. C'est un arbre de 3m, a tronc droit, à écorce unie, verdâtre, tachée de rouge et de jaune; à rameaux quadrangulaires, portant des feuilles ovales, allongées, aiguës, lisses, veloutées en dessous ; des fleurs blanches, semblables à celles du cognassier, donnent naissance à des fruits appelés goyaves, en forme de poire et de la grosseur d'un œuf. Leur chair est blanche, succulente, parfumée et très-agréable. Une variété de cette espèce esl appelée G. pomme, parce que ses fruits ressemblent a des pommes. Une seconde espèce, le G. aromatique, porte à la Guyane le nom de Citronnelle. On connaît encore le G. à feuilles en cœur, de la Guadeloupe, et le G. de Cattley, originaire de Chine.
GRAAL ou gréal (le saint), célèbre vase mystique. Voy. gréai, au Dict. d'Hist. et de Géogr.
GRÂCE (du lat. gratin). En Théologie, ce mot désigne en général les faveurs et les dons qui ont pour objet la sanctification de celui qui les reçoit, et spécialement un don surnaturel et gratuit que Dieu accorde à l'homme pour le conduire à sa fin, et sans lequel il ne peut être sauvé. On distingue: les G. extérieures, comprenant tous les secours extérieurs que Dieu donne à l'homme pour lui faire connaître ses devoirs et le porter au bien, comme la révélation, la loi de Dieu, les leçons de J.-C, la prédication de l'Évangile, les exhortations, les bons exemples ; et la G. intérieure, action toute spéciale de la Divinité, qui s'exerce au dedans des cœurs et qui inspire les saints désirs, les résolutions louables.
La G. inférieure elle-même, qui est la Grâce proprement dite, est habituelle, sanctifiante ou justifiante, si elle réside dans l'âme comme une qualité ou une disposition permancHte ; actuelle, si elle nous est donnée dans chaque circonstance pour nous aider à faire le bien; prévenante ou excitante, si elle prévient ou détermine les bons mouvements de notre volonté ; coopérante, si elle agit avec nous pou» soutenir et fortifier notre volonté; efficace, si elle produit infailliblement Bon effet, sans que I homme v résiste jamais; suffisante, si, tout en donnant à la volonté assez de force pour faire le bien, elle admet la résistance de l'homme.
La difficulté de concilier avec le libre arbitre l'action de Dieu sur la volonté dans la grâce a donné lieu à un grand nombre d'opinions diverses, dont quelques-unes sont devenues des hérésies célèbres. D'un côté, les Pélagiens, et après eux les Sociniens, penchant de préférence pour la liberté, nient la nécessité de la -race; les Seini-Pélagiens, tout en reconnaissant la nécessité de la grâce pour i.s. bonnes œuvres, soutiennent qu'elle n'est pas nécessaire peur ces premiers mouvements par lesquels l'homme se tourne vers Dieu, et qui sent le commencement du salut. D'un aune côté, les Prédestinations, lesWi-
cléfi-tes, les Luthériens, les Calvinistes, lîanis, Jan-
senius et leurs disciples, exagérant le rôle de la grâce,
.sacrifient la liberté et soutiennent que la grâce fait
tout ; que l'homme est un instrument purement passif, incapable de résister à la grâce; qu'il ne pèche que parce que la grâce lui manque. St Augustin a combattu avt»c force les Pélagiens et a su concilier la grâce avec la liberté' ; sa doctrine sur ce sujet fait autorité. —Pascal, dans ses Provinciales, expose les disputes sur la grâce et défend la doctrine des Jansénistes sur ce point. L. Racine a composé un poème intitulé la Grâce.
grâce. En Droit, la grâce, qu'il ne faut pas confondre avec {'amnistie [Voy. ce mot), est la remise faite au coupable de tout ou partie des peines corporelles ou pécuniaires auxquelles il a été condamné. Elle laisse subsister les conséquences civiles de la peine, telles que la dégradation civique et l'interdiction lé-gale. — Autrefois un grand nombre de seigneurs, dévêques et les légats du pape avaient le droit de grâce. Maintenant, dans tous les Etats de l'Europe, le souverain ou le chef de l'État exerce seul ce droit. — En France, il est donné à celui qui est l'objet de cette faveur des lettres de grâce, qui doivent être entérinées par une cour d'appel, — Voy. Abolition (Lettres d').
grâce. Considérée comme le don de plaire, la Grâce avait été divinisée par les anciens sous les traits de trois déesses aux formes et à la démarche séduisantes. Voy. Grâces au Dict. d'Hist. et de Géogr.
Comme titre de dignité, le mot Grdceaété appliqué aux rois d'Angleterre jusqu'à Henri VIII, qui le remplaça par le titre d'Altesse, et plus tard par celui de Majesté. — Il est encore aujourd'hui porté par les ducs anglais et par les évêque anglicans.
GRACIOSO fdu lat. gratiosus), bouffon de la comédie, espagnole» La condition du gracioso est toujours subalterne. Loquace, poltron, naif, parfois grossier et glouton, il amuse à ses propres dépens: souvent il a de l'esprit, de la malice, du trait; mais ces qualités se montrent ou gauchement, ou hors de propos. Cependant, chez les dramatistes récents, chez Moreto, p. ex., le gracioso est plein de rut de finesse. Arlequin tient du gracioso.
GftACULA, oiseau. Voy. Martin.
GRADATION du lat. gradation, nom donné, en Littérature, a certain arrangement des idées tel que l'effel va en augmentant sans cesse, et comme par degrés. LU orateur, p. ex., en disposant ses preuves, aura soin de réserver les plus fortes pour les dernières. Un auteur dramatique, un romancier, fait succéder les scènes et les tableaux de manière à ce que les émotions deviennent de plus en plus vives et profondes. — En Rhétorique, la gradation [etimax] est une figure de mots par laquelle on accumule des images ou des expressions qui enchérissent l'une sur l'autre ; elle est ascendante, comme dans cet hémistiche : va, cours, vole et ?wu's venge (Corneille», ou descendante, comme dans ce vers de Boileau :
Soupire, étend les bras, ferme l'œD et s'endort.
En Peinture et en Sculpture, la gradation est
l'habileté a\ ec laquelle les peintres et le> sculpteurs
groupent leurs personnages, de manière que les
principaux -oient en relief et que les autres soi, -ni
graduellement affaiblis par l'expression et le jeu delà lumière à mesure qu'ils s'éloignent de l'action. GRADE [du lat. graàus). Voici l'ordre .:
dans l'Armée de terre : l° caporal; 2° sous-t
sergent on maréchal des logis, fourrier, se major OU maréchal des logis chef, adjudant ; :î" officier sous-lieutenant, lieutenant de 2' et de I" classe, capitaine de S« et de lr' classe ; .'j° officier tup chef de bataillon OU d'escadron, major, lieutenantcolonel, colonel ; 5" olficier-général (général de brigade, général de division : i° maréchal de l
titre qui est plutôt Une dignité qu'Un grade.
Dan- l' Innée de mer, les grade- sont les suivants : 1° quarher-maitre, 5* te* ond et premier maître,
3° f/rrr de 2' et île \'e classe, V' enseigne de ruisseau, 5° Keutenantde vaisseau de 2* et de rr cl