‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 75 sur 1672 · ANGINE · texte numérisé non relu

ANGINE

développement {Hypertrophie) des cavités du cœur. ! lévrwne vrai. Il consiste dans la dilatation sans rupture de toutes les tuniques artérielles, ou dans la rupture de quelqu'une de ces tuniques. Il est . générateur ":t spontané et peut être produit par l'abus des spiritueux,par les travaux excessifs, les émotions violent sel répétées, par l'emploi de certains médicaments, «oiuine le mercure, par les affections rhumatismales, sn-iifiileuses, etc. Les postillons, les coupeurs et la plu- I' i des ouvriers qui travaillent debout sont exposés aux anévrismes des membres inférieurs. — Les anévrismes situés dans l'intérieur des cavités splanchniques(lM. de l'aorte, p. ex.), constituent une maladie à peu près incurable : tout ce qu'on peut faire, c'est d'en ralentir les progrès en atténuant la circulation par le repos, l'abstinence, les saignées et l'emploi de la digitale. Les anévrismes situés dans les membres, au cou, à la tête, sont accessibles aux moyens chirurgicaux. Le traitement consiste à interrompre le coins du sang dans la partie de l'artère qui est le siège de la lésion ; on y parvient par l'application de topiques astringents ou réfrigérants, par la compression, ou la ligature de l'artère, enfin par la galvanopuncture. Récemment le Dr Pravaz a proposé d'injecter dans le sac anévrismal du perchlorure de fer qui a la propriété de coaguler le sang. Souvent, malgré tous les -~oins, l'anévrisme s'ouvre subitement et cette rupture entraîne une hémorrhagie mortelle ou la gangrène de la partie malade.

Anévrisme faux. Il consiste dans une plaie de l'artère, soit avec épanchement de sang dans le tissu cellulaire ambiant, soit avec communication du sang de l'artère avec la cavité d'une veine (A. variqueux): cet anévrisme est le plus souvent traumatique.

Quant aux Anévrismes du cœur, ils consistent dans un développement morbide des parois de cet organe soit en épaisseur, d'où résulte un rétrécissement des cavités cardiaques, soit en étendue, ce qui est l'effet de l'amincissement des parois du cœur et ce qui amène l'agrandissement des cavités. La force contractile du cœur est augmentée dans le premier cas et affaiblie dans le second: d'où les noms à' A. actif el 1 A. passif donnés par Corvisart aux deux formes sous lesquelles se présente cette affection, noms remdepuis par celui d'Hypertrophie.

ANGARIES (du gr. àyyapeîa, corvée). On appelle ainsi, en Droit maritime, les prestations et les obligations qu'impose un souverain aux navires arrêtés dans ses ports et dans ses plages, comme de transporter pour lui, en temps de guerre, des soldats, des armes, des munitions, etc., moyennant indemnité ; aucun navire ne peut se soustraire à cette obligation. A diverses reprises, elle a été mise en vigueur dans les ports de Marseille et de Toulon, pour le transport de l'armée. Ce n'est du reste que quand les vaisseaux de guerre ne peuvent sufnre au service de transport que l'on a ainsi recours aux bâtiments de la marine marchande.

ANGE (du gr. dyyeXoç, messager), créature intelligente, d'une nature spirituelle, immortelle et incorruptible, intermédiaire entre l'homme et la Divinité. Les théologiens divisent les anges en 3 hiérarchies, et chaque hiérarchie en 3 ordres. La lre comprend les Séraphins, les Chérubins et les Trônes; la 2e, les Dominations, les Vertus et les Puissances ; la 3e, les Principautés, les Archanges, à la tête desquels on place St Michel, et les simples Anges, dont le nom s'est étendu à tous. C'est à St Denys l'Are pagite que l'on attribue cette classification.

Aux Anges propr. dits, ou Bons anges, on oppose les Mauvais anges ou anges déchus, que Dieu a précipités dans l'abîme, à cause de leur révolte, et qui sont devenus le.s Démons. ( Voy. ce mot.) Pour lutter contre leur influence, chaque homme, en naissant, reçoit de Dieu un ange gardien, destiné à le pousser au bien. Les Catholiques rendent un culte aux anges : la Fête des Sts Anges gardiens se célèbre le 2 octobre.

On ieprésente les anges sous des traits humains.

On leur donne des ailes pour marquer la promptitude avec laquelle ils obéissent à Dieu et la protection dont ils environnent ceux dont la ga de leur est confiée. Le vêtement qui les couvre est lumineux et léger ; ils sont presque toujours entourés d'un nuage blanc. C'est ainsi qu'on représente Gabriel annonçant à la Vierge l'incarnation du Verbe, Raphaël conduisant Tobie, St Michel terrassant Lucifer. Quelquefois on peint les anges sous les traits de petits enfants nus et ailés, emblèmes d'innocence; d'autres fois ils sont représentés par des têtes d'enfants entourées de deux ailes.

La doctrine des anges nous vient des Juifs : elle était également répandue parmi les Perses et les Assyriens. Les Pères de l'Église ne sont pas tous d'accord sur leur nature. Le P. Maldonat a résumé les données sur ce sujet dans sa Théologie des Anges.

ange, monnaie d'or en usage sous Philippe de Valois et sous les règnes suivants, ainsi nommée parce qu'elle portait l'effigie d'un ange, valait 75 sous (env. 21 fr. 36 c). Voy. Angelot.

ange de mer, Squatina, genre de Poissons chondroptérygiens, de l'ordre des Plagiostomes, se place entre les Squales et les Raies : leurs nageoires pecto raies sont étendues comme les ailes que l'on donne aux anges; d' ù leur nom.

ANGÉIOLOGIE. Voy. angiologie.

ANGÉLIQUE, AngeHca (ainsi nommée par allusion à ses vertus bienfaisantes), genre de la famille des Ombellifères, tribu des Angélicées, renferme des plantes aromatiques et charnues, à tige droite, robuste, cannelée ; à feuilles grandes, ailées et d'un beau vert ; à fleurs blanches en ombelles à rayons nombreux, étalés ; à fruits ovoïdes et renfermant 2 graines. Les principales espèces comprises auj. dans ce genre sont : l'A . Razouls, des Pyrénées ; l'A. sauvage, haute de près de 2"' qui peut être utilisée pour la tannerie et la teinture ; l'A. des montagnes ; l'A. luisante, l'A. scabre, etc. — L'A. archangélique forme à présent un genre à part, Voy. Archangéliqie.

On nomme Petite Angélique, l'Egopode ; A. épineuse, une espèce d'Aralie ; A. sauvage, la Berce brancursine; A. de Bordeaux, une variété de poire à cuire.

ANGELOT, monnaie d'or et d'argent, ainsi nommée parce qu'elle portait l'empreinte d'un petit ange. L'angelot d'or fut usité en France depuis 12Z|0 jusqu'à Louis XL St Michel y était figuré armé d'une épée et portant un écu de fleurs de lis, avec un serpent sous les pieds. Cet angelot valait env. 14 fr. 20 c. — Un angelot d'or d'une moindre valeur (7 fr. 40 c.) fut frappé, en 1427, par le roi d'Angleterre Henri VI, alors maître de Paris. Le même prince émit aussi un angelot d'argent, qui valait env. 5 fr. 60 c.

ANGELUS, prière à lasainte Vierge, qui commence par ces mots : Angélus Domini nunttavit Maria (l'Ange du Seigneur annonça à Marie). Elle se compose de 3 versets, dont chacun est suivi de la salutation angélique. Les Catholiques la récitent 3 fois par jour, le matin, à midi et le soir. Le pape Urbain II institua cet usage en 1095 ; Jean XXII rédigea, en 1316, la prière telle qu'on la récite auj. Louis XI introduisit, en 1472, l'usage de l'annoncer au son des cloches.

ANGINE (du lat. angina ; d'angere, étrangler), vulg. Mal de gorge, Esquinancie. Pendant longtemps on a confondu sous ce nom toutes les affections qui avaient pour caractère commun la difficulté d'avaler et de respirer. Auj. on ne l'applique guère qu'à l'inflammation des membranes muqueuses qui tapissent le gosier et les parties environnantes : c'est Y Angine gutturale, qui prend le nom d'A. tonsillaire lorsqu'elle est bornée à l'inflammation des amygdales ( Voy. Amygdalite). — L'inflammation des voies respiratoires ou A. laryngée < Voy. Laryngite) offre unevariétédes plus graves, qui est le Croupi Voy. ce mot). — On a encore donné le nom d'angine à diverses affections dont le symptôme principal est la suffocation : telles sont l'Œdème de la glotte ou A. laryngée œdémateuse, et la Sternalgie ou A. de poitrine.

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