INSTITUTION
il invente, dispose, exécute son œuvre en quelque sorte tout d'un trait. L'inspiration est essentielle au génie. Voy. Enthousiasme, Génie.
INSTANCE (du lat. instantia). En termes de Procédure, un procès est en instance lorsqu'il est porté devant une juridiction. On distingue 17. Uéecontradictoi rement, qui a lieu lorsque les deux parties comparaissent ensemble, et 17. par défaut, qui se poursuit lorsque le défendeur ne se présente pas sur l'assignation qui lui a été donnée. — On appelle première instance la juridiction qui doit connaître en premier ressort de la décision d'une affaire : d'où le nom de tribunaux âepremière instance donné en France aux tribunaux civils devant lesquels les procès sont d'abord portés ; et seconde instance, la juridiction d'appel ou du second degré (Voy. Coir.s D appel}. — On nomme demande mtroductive d'instance celle qui saisit le juge : elle peut être périmée si le demandeur laisse s'écouler 3 ans sans faire aucun acte de procédure ; reprise d'instance, l'acte par lequel on continue les poursuites qui avaient été interrompues par certains événements, tels que la mort d'une des parties, la retraite de l'avoué, etc.
INSTILLATION (du lat. instillatio), action de verser un liquide goutte à goutte. C'est ainsi que s'administrent beaucoup de collyres; on en verse quelques gouttes entre les paupières maintenues écartées. — Voy. aussi Goutte.
INSTINCT (du lat. iust indus), penchant qui porte l'homme et les animaux à exécuter certains actes, à employer des moyens toujours les mêmes, sans avoir la notion de leur but. C'est par instinct que l'enfant tette en naissant, que l'abeille construit ses alvéoles, que le castor bâtit ses digues, etc. L'instinct est inné, antérieur à toute éducation, aveugle, uniforme, invariable, et limité à un ordre spécial de faits. Il se distingue en cela de l'intelligence, dont les actes sont le fruit de l'expérience et de la réflexion, varient avec les individus et les circonstances. — L'explication des actes instinctifs a donné lieu à de savantes et ingénieuses recherches ; leur résultat a été d'établir que les animaux n'ont pas seulement des instincts, comme on le disait avant les observations de Réaumur, de G. Leroy, de Fréd. Cuvier, etc. ; qu'on trouve aussi chez eux, surtout dans les espèces les plus voisines de l'homme, des marques incontestables d'intelligence, mais d'une intelligence qui reste au-dessous de la réflexion, c.-à-d. de cette faculté qu'a l'homme de se replier sur lui-même et de savoir qu'il sent, qu'il pense et qu'il veut. Quoique l'homme et la bête se ressemblent par une foule de traits, et que beaucoup de physiologistes, commeM. Vulpian, les rapprochent jusqu'à n'en fairequedes espèces d'un même genre, la raison demeure entre l'homme et la bête une marque d'essentielle différence. Voy. Ame des isètes.
L'instinct ne peut s'expliquer par l'habitude , comme l'ont essayé quelques auteurs, tels que Condillac, Lamarck, Darwin ; cependant, d'après les remarquesde quelques observateurs, tels que M. Lucas (Traité philosophique et physiologique de l 'hérédité naturelle), M. Ronlin (Recherches sur des changements observés dans les <ini>nauxdomestiques),M.de Quatrefages(£ftiif<? de la race humaine), certaines habitudes, engendrées par la répétition d'actes plus ou moins volontaires, se transmettent par l'hérédité, Si deviennent dans les générations subséquentes des instincts véritables. — Quant a la diversité des instincts, elle correspond à la différence des organes, ;\ leur structure et à la manière dont ils sont appropriés au genre de vie dé chaque espèce. C'est là une étude «lu plus haut intérêt pour la Zoologie. — Consulter sur l'habitude : Flourens, lie Pinstinct et de f intelligence des animaux-, Ravaisson. f.a l'hiloso-
fhie eu France au xa* siècle, i, 27; Uilne-Edwards, Intelligence et Pinstmct-, H. Joly, t Institut, ses mj, ports avec ta vie et ^intelligence.
INSTITUT (du lat. inst'itutum). Ce mot qui, primitivement, était synonyme de règle ou de constdu-
t s'appliquait surtout à certains ordres ecclésiastiques, a fini par désigner toute espèce de sor iéié d'hommes soumis aune même règle, et en particulier plusieurs sociétés savantes ou littéraires.
On donne spécialement le nom d'Institut de France, ou simplement d'Institut, à l'ensemble des cinq Acadétpies (Française, des Inscriptions et Belles-Lettres, </"s , kiences, des Heaux-Arts, des Sciences morales et pcStiques . Décrété en principe par la Convention dès 179a, ce corps fut organisé en 1795; un décret du 16 avril 1 >> ô 5 y a fait quelques additions et modifications. Voy. l'article de chaque Académie.
Institut d'Egypte, corps savant formé à l'instar de l'Institut de France, et qui se constitua au Caire, en 1799. Monge en, fut le président. On lui doit la Description de l'Egypte et plusieurs autres recueils importants. La perte de l'Egypte mit terme à l'existence de' cet Institut; mais les travaux qu'il avait exécutés pendant ce court espace de temps ne sont pas un des moindres résultats de cette merveilleuse expédition.
Institut national agronomique , école supérieure d'agriculture établie d'abord à Versailles (1848- 1852 puisa Paris (1876). Voy. Acmccltihe.
Institut historique, société savante fondée à Paris en 1833 dans le but d'encourager et de propager les études historiques ; elle publie des ouvrages restés inédits, organise des cours publics et gratuits, décerne des prix et rédige un journal mensuel.
Plusieurs sociétés scientifiques françaises et étrangères portent aussi le nom d'Institut, entre autres 17. de correspondance archéologique, 17. des pi ces, 17. national des États-Unis, 17. historique et géographique du Brésil, 17. archéologique de Rome, 17. égyptien, etc.
INSTITUTES (du lat. institutions), nom que les jurisconsultes romains donnaient pour titre à leurs traités élémentaires de droit : telles sont les btstitutes de Gaîus, de Florentinus, de Callistrate, de Paulus, d Tlpien, de Marcian, etenfincelles dites de Justinien. Ces dernières et celles de Gaïus sont seules parvenues jusqu'à nous. Les Institutes de Caîus furent écrites sous Antonin le Pieux, et celles de Justinien 300 ans plus tard. Les Institutes de Justinien ne furent qu'une imitation et le plus souvent une copie de celles qui les avaient précédées. Cet ouvrage a été édité, traduit et commenté nombre de fois à l'usage des étudiants de nos écoles où il s'explique en entier. Voy. Droit romain.
INSTITUTEUR (du lat. institutor). Ce titre, qui, dans sa plus grande étendue, s'appliquait d'abord a quiconque se livrait à l'enseignement ou tenait une maison d'enseignement, désigne officiellement aujourd'hui les maîtres d'école, spécialement ceux qui sont laïques. Ils forment, en France, le corps chargé de l'instruction du premier degré, ou instruction primaire. — Voir de Gérando, Cours normal des instituteurs primaires ; M;edor, Manuel de finstituteur primaire ; Barrau, Directions morales pour les insti tuteurs tuteur.
tuteurs, et Théry, Lettres sur la profession d'insti
nota jessi
institution 'du lat. institutio). 1° Ce met se (lit de tout établissement fondé dans un intérêt public. En ce sens, le parlement, les universités, les corporations religieuses, la Banque, les rai— es rabliqoes, telles que la Caisse d'épargne, la Caisse des retraites, etc., etc., sonl des institutions. — M. Chéruel a demie un Dictionnaire historique des institutions de la France 1855).
2° Quand il s'agil d'enseignement, il désigne une maison particulière, d'éducation secondaire où l'on conduit .ii s ei,i\ a jusqu'au terme des études classiques. Avant la loi du 15 mars 1850, l'institution était au-dessus de la pension, celle-ci ne donnant pas toute l'instruction du 2* degré, 11 fallait, pour être chef d'institution, être à la fois bachelier es lettres et bachelier es sciences; tandis que le baccalauréat es lettres suffisait pour les maîtres de pension. Du reste,