‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 819 sur 1672 · INTERMÈDE · texte numérisé non relu

INTERMÈDE

universel et par toutes les législations; il ne peut plus s'élever de doutes que sur le taux des intérêts perçus. L'Économie politique enseigne à cet égard que le taux de l'argent dépendant des circonstances, il vaut mieux ne pas le réglementer dans le commerce, et s'en remettre à la concurrence comme pour le prix des marchandises. — Consulter: l'abbé Moignot,Trailé des prêts ou De l'intérêt légitime et illégitime (1738); J.-L. Gouttes, Théorie de 'l'intérêt (1780); A. Rendu, Considérations sur le prêt à intérêts (1808); Baconnière, Du taux de l'intérêt (1824) ; Gratuité du crédit (discussion entre MM. Bastiat etProudhon),1850,etc. Voy. Usure, Prêt, Escompte, etc.

En Droit, les intérêts sont au nombre des fruits civils ; ils se prescrivent par cinq ans (C. Nap., art. 584 et 2277). Ils sont, suivant les cas, dus de plein droit, en vertu d'une disposition de la loi ; conventionnels, s'ils résultent d'une stipulation ; judiciaires ou moratoires, s'ils ne peuvent être obtenus que par une demande judiciaire formée contre le débiteur par son créancier ou par une mise en demeure. — Quant aux règles à suivre dans le prêt à intérêt, Voy. le Code Napoléon (ait. 1905-14 et 1153-55).

Dommages-inié?'éts. Voy. Dommage.

intérêt (morale de l'). Le système de morale appelé système égoïste ou morale de l'intérêt donne pour but à l'homme soitla satisfaction des tendances égoïstes de sa nature, son bien personnel; soit le plaisir qui accompagne cette satisfaction, le bienêtre ; soit l'acquisition des objets propres à procurer cette satisfaction et le plaisir qui en résulte, ce qu'on nomme l'utile. Il reconnaît pour motif unique et légitime de nos déterminations la recherche du plaisir et la fuite de la douleur, l'amour de soi. 11 a été professé par Aristippe, Épicure, Hobbes, Helvétius, etc. ; il a eu pour moraliste La Rochefoucauld, et pour légiste, Bentham. — On a justement reproché à ce système de donner à l'homme une règle qui sans doute est réfléchie, mais qui n'a rien d'obligatoire : l'égoïste n'agit pas par raison, mais par passion, parce que la raison ne lui sert qu'à trouver les moyens de satisfaire ses passions, qu'à calculer les conséquences de sa conduite. En outre, dans une société qui n'a point d'autre base, la lutte des intérêts opposés produit l'anarchie ; celle-ci n'a d'autre issue que la domination d'un intérêt particulier sur tous les autres, ce qui fonde le droit sur la force et conduit au despotisme, comme le prouve l'histoire. — On a essayé de remédier à ces inconvénients en substituant à l'intérêt personnel l'intérêt général, en montrant qu'il faut respecter et servir l'intérêt des autres pour qu'à leur tour ils respectent et servent le vôtre. Cette forme du système est plus plausible et moins éloignée de la pratique morale. Cependant elle n'offre pas encore de garanties, parce que, le bien général ne devant être fait que comme moyen du bien individuel, l'égoïste se trouve autorisé à le violer s'il y trouve son profit. Elle a toutefois ce bon effet qu'en signalant les différents rapports qui lient notre intérêt à celui de nos semblables, elle nous induit à tenir plus compte de ce dernier et à le respecter davantage. — Consulter Cicéron, Des vraisbiens et des vrais maux, Des devoirs ; Jouffroy, Droit naturel, leçons 11-15; E. Wiart, Du principe de la morale envisagée comme science (1862). Vog. Morale, Amour de soi, Honnête, etc.

INTERFÉRENCE (du lat. inter, entre, et ferre, porter), phénomène d'Optique qui s'explique par la rencontre de rayons lumineux dont les effets se détruisent mutuellement [Voy. Lumière). — On appelle principe des interférences un principe d'Optique indiqué d'abord par Hook et par Newton, mais qui ne fut nettement posé que par Th. Young; d'après ce principe, la lumière ajoutée à la lumière peut dans certains cas produire l'obscurité. L'expérience prouve qu'il en est ainsi quand deux faisceaux peu inclinés se rencontrent sous un angle très-petit. Fresnela exécuté cette expérience avec de la lumière

réfléchie sur deux miroirs plans, inclinés demanièreà faire entre eux un angle très-obtus. Arago explique par les interférences la scintillation des étoiles ( Voy. aussi Anneaux colorés, Bulles de savon, etc.). — Ces phénomènes qui s'accordent difficilement avec la théorie de l'émission, ont fourni de puissants arguments au système des ondulations.

Les rayons calorifiques interfèrent comme les rayons lumineux et l'on peut dire qu'à chaque expérience d'Optique correspond une expérience analogue faite avec la chaleurrayonnante. — L'Acoustique étudie également les interférences des ondes sonores ; cette partie de la science doit beaucoup aux travaux de Savart, Seebeck, P. Desains et Lissajuus. Voy. Battements.

intérieur (ministère de l'). Voy. Ministères.

INTÉRIM (du lat. intérim, pendant ce temps-là). Ce mot s'emploie pour désigner l'espace de temps pendant lequel une fonction est remplie par un autre que le titulaire. Le fonctionnaire qui exerce par intérim est dit intérimaire.

Intérim d'Augsbourg, formulaire religieux. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

INTERJECTION (du lat. inter jectio), partie du discours qui exprime la joie, la douleur, la colère, la surprise, etc.; c'est le plus souvent un cri, une exclamation qui, sans faire partie d'aucune proposition, équivalent à une proposition tout entière, p. ex., ah ! oh ! bah ! fi ! eh ! ho : ht ! — Les grammairiens grecs classaient l'interjection parmi les adverbes.

INTERLIGNE (du lat. inter, entre, et de linea, ligne), espace qui est entre deux lignes écrites ou imprimées. Dans les actes des notaires, il ne doit y avoir ni interligne ni addition ; les mots interlignés sont nuls (Loi du 25 vent, an XI, art. 16). Le notaire contrevenant est passible d'une amende. En cas de fraude, il est passible de dommages et intérêts, et même de destitution. — Les mots interlignés dans un acte sous seing privé ne sont pas nuls, quoique non approuvés, si d'ailleurs il est établi qu'ils sont écrits de la main de la partie qui les désavoue. Les livres des agents de change et courtiers, ne doivent pas contenir d'interlignes (C. de comm., art. 84).

En Typographie, on nomme interligues des lames de métal que l'on met entre chaque ligne pour les séparer et les maintenir. — En Musique, c'est l'espace compris entre deux lignes de la portée.

INTERLINÉAIRES (traductions). V. Traduction.

INTERLOCUTOIRE (jugement,, du lat. interloqui, interrompre ; décision judiciaire qui ordonne, avant faire droit au fond, que préalablement il sera fait, soit par commission rogatoire, soit par l'une ou l'autre des parties, ou par le tribunal lui-même, une production de pièces, une vérification, une preuve, une instruction, ou tel autre acte que le tribunal juge nécessaire pour l'appréciation des droits ou des obligations des parties et l'éclaircissement de la cause. L'appel d'un jugement interlocutoire peut être interjeté avant le jugement définitif (C. de proc, art. 451-73).

INTERLOPE (de l'angl. to interlope, se glisser frauduleusement) se dit : 1° de tout bâtiment marchand qui trafique en fraude dans l'étendue de la concession d'une compagnie de commerce, sur les côtes ou dans les colonies d'une nation autre que la sienne; 2"des hommes qui font ce commerce frauduleux ; 3° de ce commerce lui-même Voy. Smogleur.

IXTERMAXILLAIRE (du lat. inter et de maxillaire". EnAnatomie,on nomme os intermaxillaire ou incisif un os pair qui, chez presque tous les Mammifères, occupe l'extrémité du museau, entre les maxillaires supérieurs. Cet os n'existe pas chez l'Homme.

INTERMÈDE (de Fital. intermedio), courte composition dramatique, lyrique, chorégraphique ou musicale, jetée entre deux grandes pièces ou entre les actes d'un drame de longue haleine. Quelquefois les intermèdes se rattachent à l'action et ajoutent à l'effet : tels sont les chœurs d Esther, a" A-

INTERP1NNÉ.

Page 1