‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 829 sur 1672 · IT1I0S · texte numérisé non relu

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il n'y a que peu de restes ailleurs, est représenté à Rome par des basiliques qui, malgré les remaniements, ont conservé à l'intérieur leur première physionomie et sont enrichies de colonnes antiques : Ste- Agnès etSt- Laurent hors les murs,Ste- M m ir Majeure, etc. ; il a en outre quelques églises circulaires, comme St-Jean in fonte (baptistère de Constantin), St-É tienne le Rond. — Le style byzantin caractérise St-Vital de Ravenne et St-marc de Venise, le plus bel édifice de ce genre après Ste-Sophiede Constantinople (5 coupoles; porches garnis de colonnes en cipolin, jaspe, pentélique, etc.; portes de bronze incrustées d'argent; à l'extérieur et a l'intérieur, mosaïques dont le fond est composé de cubes en verre doré; pala d'oro, rétable orné d'émaux et de pierres précieuses). — Le style roman domine dans le Dôme de Pise, premier type de l'ordre toscan {Voy. ce mot), dont le portail est orné de colonnes antiques; dans le Baptistère, la Tour penchée et la galerie du Campo santo décorée de fresques par Giotto, A. Orgagna, etc. — Le style ogival joua en Italie un rôle moins important qu'en France. 11 produisit les églises de Païenne et de Monreale en Sicile, l'église des Franciscains à Assise, la cathédrale de Milan. Il se combina avec le plein cintre dans la cathédrale de Sienne; avec l'ordre toscan, a Florence, dans Ste-Marie des fleurs (Arnolfo di Lapo), que plus tard Brunelleschi surmonta d'un dôme, lequel servit de modèle à Michel- Ange pour St-Pierre de Rome. — La renaissance, c.-à-d. le retour a l'antiquité grecque et romaine, commença plutôt qu'ailleurs en Italie et y fut l'époque la plus brillante, grâce aux génies qu'elle produisit et aux princes qui mettaient leur luxe dans la protection des lettres et des arts. Cosme de Médicis donna l'exemple : Brunelleschi bâtit l'église de St-Laurent à Florence et le palais Pitti; Michelozzi, le palais Médicis (s,u). palais Hicardi). Rome éleva de somptueux monuments: des églises, entre lesquelles celle de St-Pierre occupe le premier rang par ses dimensions colossales, la grandeur et la hauteur de sa coupole, la richesse de sa décoration intérieure (le Bramante, Raphaël, Michel-Ange, Maderno, etc.) ; de nombreux palais, le palais delà Chancellerie (le Bramante), la cour des Loges au Vatican (Raphaël), le palais Masiimi(Perazzi), le palais Farnèse (Antonio de San-Gallo, Vignole), lepalais de Monte-eava/lo (D. Fontana), etc. Cette magnificence fut imitée par les autres villes : Sansovino construisit la bibliothèque de St-Marc, etc. ; Palladio , le palais des doges à Venise, la cathédrale de Vicence, etc. — Consulter:Rohault de Fleury, Monuments de Pise au moyen âge; Famin et Grandjean, Architecture toscane; P. Letarouilli, Édifices de Rome moderne, etc.

La Sculpture, tombée au moyen âge dans la barbarie, renaquit par l'étude de l'antique avec l'école de Pise : Nicolas de Pise, Jean de Pise, son frère, et Andréa de Pise, qui forma par ses conseils la grande école florentine. Une chose remarquable dans cette école, c'est (pie tous les artistes tirent leur éducation de la même façon en modelant comme apprentis chez un sculpteur mi un orfèvre, et que, possédant ainsi les principes de tous les arts plastiques, la plupart, pratiquèrent indistinctement l'architecture, la sculpture et la peinture. Donatollo commença une ère nouvelle par la manière dont il interpréta la nature ; il ouvrit la période des grands maîtres. On cite ensuite (ihiborti, Luca délia Robbia (Vin/. !'\ii nce), Vcrrochio. L'illustre Michel \nge (dont le Louvre à Paris possède les deux Captifs) surpassa, par ses conceptions puissantes et originales, tous ses contemporains, Sansovino, Bandinelli, Benvenuto Cellini {Voy. OnFÈvnp.niE), etc. ; il eut pour élève Jean de Bologne. Après Michel-Ange commença la décadencé, parce que, frappé delà grande allure de ses personnages, on voulut l'imiter et l'on se mit a travailler de pratique sans s'occuper do la naturo. File fut accélérée par le maniérisme d'Algardo et le mauvais goût de Bernini qui, en abusant de sa faci-

litée corrompit à la fois l'architecture et la sculpture, Celle-ci, à la fin du vvm' siècle, fut relevée par Canova dont procède l'école actuelle. Voy. Seiuii r.i .

La peinture emprunta aux artistes byzantins ses premiers procédés : mosaïque, miniature, peinture à la détrempe, quelquefois à l'encaustique, soit sur une muraille revêtue d'un enduit, soit sur bois ou sur toile ( Voy. ces mots). Ceux-ci s'en tenaient à la tradition religieuse et peignaient des figures raides et immobiles sans en former un ensemble. Cimabué s'émancipa le premier en donnant plus de vie aux HgureB et de sooplesse aux draperies. Le véritable réformateur fut Giotto qui prêta du mouvement à ses personnages, de l'expression à ses têtes, et substitua aux fonds d'or des fonds de paysage. Masaccio chercha à élever la nature à l'idéal en ennoblissant les formes de ses modèles. Après eu\,V>;, ■>,/>■ florentine compte Giovanni daFiesole [FraAnge/ico), Antonello da Messina qui rapporta de Flandre le secret de la peinture à t'huile, Filippo et Filippino Lippi, Verrochio, Ghirlandajo, Michel-Ange si célèbre par la science et l'énergie du dessin dans ses fresques ' Voy. ce mot), Fra Bartolomeo, André del Sarto et Signorelli. Dans l'école romaine, Raphaël, élève du Pérugin, associant l'étude de la nature et la recherche de l'idéal, s'éleva à la plus haute conception de la beauté : il créa le type de la Madone dans la Sainte Famille. On lui rattache Jean d'Udine et Jules Romain, qui eut pour élève le Primatice. — L'école lombarde produisit des artistes qui diffèrent entre eux par le style, Squarcione, Mantegna, Léonard de Vinci, le C et Mazzuoli (le Parmesan). — L'école vénitienne brilla surtout par le coloris : Gentile et Jean Bellini.Giorgion, le Titien, Paul Véronèse, le Tintoret, Sebastien del Piombo, le Bassan, Canaletto. — Dans l'école bolonaise i les Carrache cherchèrent à s'approprier les qualités de leurs prédécesseurs ; ils eurent pour élèves le Dominiquin, le Guide, l'Albane, dont procède le Guerchin. — Dans V école napolitaine, M. A. de Caravage fut le chef des naturalistes comme son contemporain le Joseppin fut celui des maniéristes : il fut suivi par Ribera et Salvator Rosa. — La peinture tomba alors en décadence, parce qu'on n» '■ l'étude de la nature ou qu'on abandonna la recherche de l'idéal. Pierre de Cortone et Bernini abusèrent du genre décoratif. Luc Giordano, par sa fu facilité, détruisit les dernières règles protectrices du bon goût. Après une longue éclipse, l'art italien semble renaître aujourd'hui. — Plus importante par ses ouvres et plus populaire que la sculpture, la pointure italienne peut être étudiée, non-seulement dan- sa patrie, mais encore dans tous les musées de l'Europe. En outre, la qravure a multiplié la reproduction de B6S ouvres parle dessin ; de nos jours la ektomoUthognxphàe y a ajouté le coloris (l Toy. ces mots , Consulter : Vasari, Vitede'più ecceUentipittori(tnd. et annoté par MM. Jeanronet Léclanché, 1838 : l.anzi, Storia pittoricà d'ita/ta (1809) ; Ch. Blanc, // des peintres ; L. Viardot, Merveilles de la peinture italienne (1868) ; P. Mantz, les Chefir-cTauvre de la peint ure italienne (1870); F. Didot, Galerie de Florence et da patois Pitti, Galerie des tableaux des peintres les plus célèbres.

ITALIQUES (lettres), caractère- typographiques qui se distinguent en ce que leur forme est inclinée de droite à gauche, connue l'écriture cur- Bive. Leur nom vient de ce qu'ils om été invei

Italie par Aide Manuce, imprimeur vénitien : on les appelle aussi lettres véiiitieiuies.

ITÉE, Itea, genre de la famille de- Saxifr

ne renferme qu une espèce, l liée de Virg i^arbris-

seau fort élégant, de 1 à '"■>, à tigfl droite, rameuse; a fleurs bl niches disposées en grappe-.

ITÉRATIFS (vef\bes). Voy. PniQI fntatifs.

ITilOS(du gr. f(0oc, moBUrs), expression consacrée jadis dans l'École pour désigner cette partie de la Rhétorique qui traite des mOSUTS de l'orateur ; on oppose l'ithos au pathos, expression des passions.

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