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IVRESSE

C'est en ce sens que Molière a dit (Femm.sav., 111,5) : On 'voit partout chez vous l'ilhos et le pathos.

ITI>'Én AIRE (du lat. itinerarius ; d'iter, chemin), indication de la route à suivre dans un voyage. L7tinéraire d'Antonin marque tous les grands chemins de l'empire romain, et toutes les stations des armées romaines. — La Table itinéraire, dite de Peutinger, offre également les documents les plus précieux sur la géographie ancienne.

Dans les temps modernes, on a donné le nom d7tinéraires à de purs récits de voyage, comme l'Itinéraire de Paris à Jérusalem de Chateaubriand. — Les véritables itinéraires modernes sont les Guides. Voy. ce mot.

itinéhaires (mesures). Depuis l'établissement du système métrique, on emploie en France comme unités itinéraires, le myriamètre (10,000m), le kilomètre (LOOO110), et l'hectomètre (100°") : sur les routes principales sont placées des bornes dites bornes miiiaires ou kilométriques, qui en marquent la division en kilomètres et hectomètres, et donnent de plus les distances aux localités principales. Auparavant, l'unité employée pour les mesures itinéraires était la lieue, tantôt la lieue commune de 2,250 toises (4 kil., 385), tantôt la lieue de poste (3 kil., 898). La lieue marine de 25 au degré valait k kil., UbU- — A l'étranger, l'unité le plus généralement adoptée est le mille et quelquefois la lieue {Voy. ces mots). — Chez les Grecs, l'unité itinéraire était le stade de 600 pieds grecs ou de 125 pas romains (185m env.), et chez les Romains, le mille (1 kil., 482 m.). Voy. Stade et Mille.

IULE (du gr. tov).oç), Iulus, genre de Myriapodes, de l'ordre des Diplopodes : corps cylindrique, long ; segments très-nombreux, résistants. Ces animaux peuvent se rouler en spirale ; ils vivent dans les lieux obscurs et humides des bois sablonneux et répandent une odeur désagréable qui, chez quelques espèces, rappelle celle du bioxyde d'azote. On trouve aux environs de Paris l'Iule terrestre, d'un bleu cendré. L'Iule des sables a hk segments et atteint 0m,05 ; l'Iule très-grand, de l'Amérique du Sud, en a 67 et dépasse O^OS.

IVE, ha, genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées, sous-tribu des Mélampodiées, se compose d'herbes ou d'arbrisseaux de l'Amérique septentrionale. On distingue l'Ice frutescente, qu'on trouve au Mexique et à la Virginie, et qui pa se pour fébrifuge ;17t;e imbriquée, l'Ive cheiranthifokée, etc.

IVETTE,nom vulgaire d'une Germandrée.le Teucrium chamœpitys. — Ivette musquée, nom vulgaire du Teucrium iva.

IVOIUE (du lat. eboreus ; d'ebur), substance qui constitue la masse de la dent chez l'Homme et chez les Mammifères, et qu'il ne faut pas confondre avec l'émail ( Voy. De;\t). — Dans le langage ordinaire, ce mot désigne plus spécialement cette matière compacte, blanche et dui'e que fournissent les défenses de l'éléphant et aussi les dents de certains autres animaux tels que l'hippopotame, le morse et le narval. L'ivoire est susceptible de recevoir un très-beau poli, et il s'emploie pour faire des manches d'instruments, des éventails, des statuettes et une foule de petits ouvrages. Cette industrie est depuis fort longtemps en France une des spécialités de la ville de Dieppe. Les dents d'hippopotame servent surtout à la fabrication des dents artificielles. L'ivoire perd bientôt sa blancheur au contact de l'air et de la poussière : on peut l'empêcher de jaunir en le renfermant sous une cage de verre ; ainsi exposé aux rayons solaires, il devient même plus blanc. En plongeant l'ivoire dans un bain de bois de Brésil, de safran ou d'épine-vinette, de vert-de-gris, de Campêche, ou de sel de fer, on le teint en rouge, en jaune, en vert, en noir; il faut auparavant le laisser tremper quelques heures dans une solution d'alun ou dans du vinaigre. Autrefois la médecine employait comme as-

tringent le spode d'ivoire, ou ivoire réduit en poudre.

L'ivoire brut (morfil) nous vient de la Guinée, de l'Egypte, du cap de Bonne-Espérance, de l'Inde, etc. L7. de Guinée est le plus serré, le plus lourd et le plus estimé de tous ; il est légèrement blond, translucide, et blanchit en vieillissant ; 17. du Cap est blanc, mat et parfois un peu jaune ; 17. de Ceylan estd'un blanc rose, mais plus tendre que le premier: il est rare ; 17. vert de Sibérie, provenant d'éléphants fossiles, est d'une couleur légèrement verdàtre.

L'ivoire était connu des peuples de l'antiquité, qui l'employaient soit pour orner leurs maisons et leurs temples, soit pour sculpter les images de leurs dieux, soit pour décorer des meubles : p. ex. la chaise curule des Romains. Les artistes grecs en firent grand usage : les statues de Minerve et de Jupiter par Phidias étaient en partie d'ivoire. Au moyen âge, à la Renaissance et dans les temps modernes, cette subtance a été employée pour beaucoup d'œuvres remarquables qu'on voit dans les musées ou dans les collections particulières.

Ivoire végétal, substance blanche et dure provenant de la concrétion d'un liquide contenu dans le fruit du Phytelephas ou Noix de corozos. On la substitue souvent à l'ivoire pour la fabrication des petits ouvrages. On distingue l'ivoire végétal du véritable ivoire, en y déposant une goutte d'acide sulfurique concentré : il se produit alors une tache rose qu'un simple lavage à l'eau fait disparaître, tandis que cet acide ne produit aucune coloration sur l'ivoire animal.

IVRAIE (du lat. ebriacus, ivre), Lolium, genre de la famille des Graminées, tribu des Hordéacées : épillets solitaires, multiflores, et insérés chacun dans une excavation du rachis ; glume à deux valves, glumelleàdeux paillettes dont l'interne est ciliée. On en connaît plusieurs espèces. L7. enivrante [L.temulentum), appelée à tort autrefois Herbe de zizanie {Voy. ce mot), est la seule graminée indigène dont les graines soient nuisibles à la santé : c'est une plante annuelle, à tige rude, à feuilles planes et glabres, à épi roide qui croît dans les champs cultivés, surtout pendant les étés humides, et se plaît au milieu du froment. Le grain de l'ivraie, mêlé au froment, rend le pain bleuâtre, acide et malsain ; il en résulte des vertiges, des nausées, des vomissements, de l'ivresse : d'où le nom de la plante. On a remarqué que les accidents ont d'autant plus de gravité que les grains sont moins secs. Les animaux eux-mêmes ne sont pas à l'abri de leur mauvaise influence. Les graines de l'ivraie rougissent la teinture de tournesol. — L7. vivace (L. perenne).a. une racine rampante et produit toujours plusieurs tiges droites, simples ou rameuses, qui portent chacune un^pi très-allongé composé de 12 à 15 épillets non barbus; c'est le rajjgrass des Anglais ; elle croît au bord des chemina; on la cultive comme fourrageet pour former des tapis de gazon. — L7. d'Italie et 17. multiflore sont aussi des plantes fourragères.

IVRESSE (d'ivre; du lat. ebrius), état que détermine l'abus des boissons fermentées, s'étend depuis le moment où leur action commence à troubler la raison, jusqu'à celui où elle amène le délire, un sommeil profond, et même la mort. L'ivresse présente des phénomènes variés, suivant l'âge, le tempérament, le climat. L'enfant et l'adolescent, qui ont la circulation rapide et les nerfs très-impressionnables, s'enivrent facilement ; les femmes sont plus ou moins dans le même cas. On supporte mieux les boissons fortes en hiver qu'en été, par un temps humide que par un temps sec : mieux le soir que le matin. — Sous le point de vue pathologique, l'ivresse peut être considérée comme un accès de fièvre, produit par une indigestion de boissons fermentées; elle se termine par une abondante excrétion des urines, par des sueurs, par le sommeil, quelquefois par des vomissements et des déjections violentes, ou même par l'apoplexie. Le plus souvent, un accès d'ivresse passe sans exiger le secours de la médecine, et ne consti-

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