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JARRE

1er janvier : auparavant clic commençait à Pâques.

A Rome, le 1" janvier, on offrait des sacrifices a Janus; on lui présentait des dattes, des figues et du miel, fruits dont la douceur faisait tirer d'heureux pronostics pour le cours de l'année; on s'envoyait aussi mutuellement de petits présents (strenœ) : d'où l'usage des étrennes, encore en vigueur aujourd'hui (Fo?/. Étrennes). L'Église chrétienne célèbre pendant ce mois la fête de la Circoncision (1er janvier)et celle de VÉpiphanië ou des Rois (6 janvier).

JAQUE, petite casaque qu'on portait au moyen âge sur les armes et sur la cuirasse. Il nous en est resté le diminutif jaquette. — Le nom de jaque vient, dit-on, des Jacques, paysans révoltés du xivc siècle, qui portaient ce vêtement.

Jaque ou Jaqu-fte de mailles. Voy. Cotte.

JAQUELINE, ni m donné dans le nord de la France à des cruches de grès à large ventre et à des brocs de faïence auxquels on donne quelquefois la forme d'une femme assise. On les appelle ainsi du nom de Jaquelinv, comtesse de Hollande, morte en 1430 : cette princesse, faite prisonnière par son cousin Philippe de Bourgogne, et enfermée au château de Teilingen, occupait ses loisirs à faire de petits vases de terre, qu'on appela d'abord cruches de la comtesse Jaqueline, puis par abréviation jaquelines.

JAQUEMART, figure de fer, de plomb ou de fonte, représentant un homme revêtu d'un jaque de mailles (Voy. ci-dessus) et qui frappe, avec un marteau, les heures sur la cloche d'une horloge. On trouve beaucoup de jaquemarts en Belgique, dans le nord de la France et jusqu'en Bourgogne. Ce genre d'ornement, fort a la mode jadis, est tout à fait abandonné aujourd'hui — C'était aussi le nom d'un mannequin en bois, planté en terre sur lequel on tirait au blanc.

JAQUES, jaqiet, noms vulgaires, le premier, du Geai; le second, de la Petite Bécassine.

JAQUIER ou Arbre à pain. Voy. Artocarpe.

JAH. Voy. J ir.RE.

JARDE ou jakdon, tumeur dure, quelquefois enflammée, qui se développe à la partie latérale externe du jarret du cheval, sur la partie postérieure supérieure de l'os du canon.

JARDIN (de l'allem. Garten), lieu où l'on cultive des légumes, des fleurs, des arbres, etc., par agrément ou par utilité, sans employer la charrue et les animaux de labourage. 11 est le plus souvent entouré de murs ou de haies vives. La culture d'un jardin est dite familièrement Jardinage, ou, en termes plus relevés, Horticulture. Voy. ce mot.

On distingue plusieurs espèces de jardins selon leur destination : le J. fleuriste, où l'on cultive des plantes pour l'agrément; le /. fruitier, verger où l'on ne fait venir que des arbres à fruit; le J. potager, ou maraîcher, où l'on cultive les légumes et autres plantes destinées à la nourriture de l'homme ; le /. mixte, où se trouvent réunis, en totalité ou en partie, ceux que nous venons de nommer; le J. de naturalisation, consacré à l'acclimatation de végétaux exotiques; le J. pépinière, où l'on cultive de jeunes arbres, qui, parvenus à certain degré de croissance, seront transportés ailleurs; le /. médical, où sont cultivées les plantes médicinales, et le /. botanique, destiné à réunir et à classer les végétaux de tous les pays, pour servir à l'étude.

Il y eut des jardins médicaux h Rome, dès le 1er siècle de notre ère ; mais l'institution des jardins botaniques, est toute moderne. L'Italie vit ouvrir le premier à Pise en 1543; le premier créé en France fut celui de Montpellier (1597) ; celui de Paris ne le fut qu'en 1636. Ce dernier renferme aujourd'hui plus de 60,000 espèces végétales, et forme une des parties les plus importantes du Muséum.

Il faut distinguer de tous les jardins précédents les jardins publics, ouverts à tous, et où sont ordinairement déployées toutes les ressources de l'art : tels sont les jardins de Versailles et des deux Trianons; et ù Paris, ceux des Tuileries et du Luxem-

bourg, sans parler des nombreux squares de création toute récente, surtout ceux de Monceaux, des Buttes Chuumont, de Montsouris , etc. ; tels sont encore Hyde-Park et RegenVs-Park, à Londres; le Prado, à Madrid, l'Augarten, a Vienne; le Jardin d'été, à St- Pétersbourg.etc. — 11 existe aussi des jardins publics payants dont quelques-uns ont joui d'une grande vogua : le Wnuxhall, à Londres; Tivoli, Beaujon, Marbœuf, etc., à Paris.

Enfin, relativement à la manière dont ils sont dessinés,on a, d'une part, les jardins rectilignes, tels que les traçait Lenôtre; d'autre part, les jardin: anglais, aux allées sinueuses, aux massifs d'arbres entrecoupés de tapis de verdure, de pièces d'eau, etc., où l'on profite des accidents du terrain, mais pour embellir et non pour forcer la nature. Les jardins paysagers sont des espèces de parcs. V. ce mot.

Dès les temps les plus anciens, les jardin- ont été le plus bel ornement de la demeure de 1 homme. Les jardins suspendus de Sémiramis étaient au nombre des merveilles du monde. L'Orient a toujours eu la passion des jardins : l'ombre, l'eau et le parfum des Heurs étaient ce qu'on recherchait surtout dans ces pays brûlants. En Grèce, Homère a chanté les jardins d'Alcinoûs. Ceux d'Académus, de Cimon, d'Épicure, eurent aussi de la célébrité. A Rome, Lucullus, le premier, donna le modèle d'un jardin vaste et boisé avec luxe, orné de portiques, de grottes, de statues : ce goût s'est conservé jusqu'à nos jours dans les villas italiennes. En France, au xvie siècle, Bernard dePalissy imagina des grottes dont la mode ne dura point; Lenôtre dessina pour Louis XIV les superbes jardins des Tuileries et de Versailles qu'il enrichit de statues, de bassins et de pièces d'eau ; Ant. Lepautre fit peu de temps après la cascade de St-Cloud. Vers la même époque, LaQuintinie enseignait la taille des arbres fruitiers, et créait le potager et le verger de Versailles. Le genre imaginé par Lenôtre fut longtemps le seul adopté en Europe ; il fut même exagéré par les Hollandais. Temple le premier, importa en Angleterre le genre chinois, remarquable par le caprice des détails, la bizarrerie des ornements et surtout par le mauvais goût, (l'est en épurant ce que ce genre avait de faux, que Kent conçut le plan du jardin anglais ;Browne porta l'art à son comble. — Voir sur ce sujet: Watelet, Essais sur les jardins (1774) : G. Thouin, Plans de toute espèce de jardins (1820); Viart, le Jardinùte moderne (1827) ; Vergnaud, l'Art de créer les jardins (1839 ; le comte de Choulot, l'Art des jardins (1858). H. Walpole a écrit l'Histoire du jardinage. Les jardins ont inspiré nombre de poètes, entre autres Delille (les Jardins), Marnézia (les Paysages), W. Mason (le Jardin anglais). En dernier lieu M. A. Mangin a publié, avec illustrations, Les Jardins (Tours, 1867).

JARDINAGE. Voy. Jardin et Horticilitre.

JARDINIÈRE (de jardin). Outre le meuble ou vase dans lequel on met des plantes d'ornement, ce mot désigne deux insectes qu'on rencontre fréquemment dans les jardins, le Carabe doré et la Courtilière : tous deux détruisent un grand nombre d'insectes nuisibles ; seulement le second en poursuivant sa proie, coupe et déchire les racines des plantes et les fait périr. — C'est aussi le nom vulgaire d'un oiseau, l'Ortolan (Emberiza hortulana) et d'un mollusque, l'Hélice des jardins.

JARDON. Voy. Jarde.

JARGON, d'abord Gergon (orig. incertaine), se dit de tout langage corrompu et inintelligible, qu'il appartienne à une province, à une classe de la société, ou même à un seul individu. L'argot et ce qu'on appelle de nos jours langue verte, langue javanaise sont des jargons.

jargon, jargonii m. Voy. Zircon.

JAROSSE, plante légumineuse. Voy. Gesse.

JARRE (de l'ital. giara, en espagn. 7'arra), grand vaisseau de terre cuite, à deux anses, dont le ventre est fort gros, et dont on se sert comme de fontaine

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