‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 837 sur 1672 · JEU · texte numérisé non relu

JEU

Kn Droit maritime, \cjet à la mer est l'action de jeter par dessus le bord une partie du chargement pour le salut du navire pressé par la tempête ou par lâchasse de l'ennemi. Il donne lieu à la contribution ou répartition du préjudice subi par les propriétaires des objets jetés, entre eux et les propriétaires des effets sauvés (Ci de comm., art.410-v."i .

En termes de Fauconnerie, le jet est une petite entrave qu'on met aux pieds de l'Oiseau.

JET d'eau, filet d'eau jaillissant d'un tuyau par un ajutage { Voy. ce mot), qui en détermine la dimension. D'après la loi des vases communiquants, l'eau devrait s'élever en l'air jusqu'au niveau de la source qui le produit; mais le frottement de l'eau contre les parois du tuyau, la résistance de l'air, et enfin la pesanteur, diminuent considérablement la force ascensionnelle, surtout si le jet est vertical ; on a remarqué, en effet, qu'en inclinant la direction du jet, il montait plus haut {Voy. Écocj.emext). Les jets d'eau servent a l'ornement des bassins et des fontaines. Tantôt ils s'élancent sous la forme d'un jet isolé', comme dans le parc de St-Cloud, aux Tuileries, etc.; tantùt, ils forment des gerbesde formes variées (Palais-Royal, place de la Concorde, etc.); tantôt, enfin, ils entrent dans la composition des scènes qui animent les pièces d'eau, comme on le voit à Versailles, à Péterhof, près de St-Pétersbourg, etc.

Jet d'eau marin, nom vulgaire des Ascidies. Voy. ce mot.

JETAGE, se dit, citez le Cheval, de l'écoulement par les naseaux d'un mucus plus ou moins abondant: on l'observe surtout dans la morve.

JETE, jeté battu, pas de danse. Voy. Pas.

JETÉE (du verbe jeter), construction en pierres ou en bois, faite soit dans un port de mer, pour en assurer l'entrée, soit au milieu d'un cours d'eau, pour en redresser le lit. Quand la jetée est en bois, elle prend le nom d'estacade. Dans les ports de mer, les jetées ont surtout pour but d'en prévenir l'encombrement par les galets et par le sable, ainsi que de briser les fortes lames qui arrivent de la haute mer. Les porl de Calais, de Cherbourg, de Dunkerque, ont de magnifiques jetées ( Voy. Digi e). — On nomme aussi jetées des amas de pierres en de cailloux que l'on jette dans un mauvais chemin pour l'améliorer.

JETON (dejef); pièce de métal, d'ivoire, de nacre ou de toute autre matière, plate et le plus souvent ronde, dont on se sert, comme des fiches, pour marquer et payer au jeu, et dont on se servait autrefois pour calculer des sommes. — L'e\pression métaphorique faux comme un jeton provient de ce que le plus souvent les jetons ont l'apparence de pièces de monnaie, bien qu'ils ne soient qu'en cuivre ou en métal argenté' ou doré.

Jeton de présence, jeton qu'on donne dans certaines sociétés ou compagnies, notamment dans les académies ou les conseils d'administration, à chaque membre présent à une séance; ces jetons, qui sont généralement en argent, ont une valeur réelle ets'é-

eul contre de la monnaie.

L'essaim d'abeilles qui quitte la ruche se nomme en quelques endroits jeton,

JEU (du lat. jocus). On peut partager les jeux en trois classes : las jeux corporels, Im jeux intellectuels et les jeux de hasard', ces derniers constituent le jeu proprement «lit.

corporels. Ils comprennent : 1° ces luttes où le prfj est donné à la vigueur, à l'agilité, à l'adresse : étaient, chez les Grecs, les j'eus gymniques, ainsi appelés parce que le plus Bouvenl on se débarrassai! de loin vêtement pour s'y livrer plus librement (Yuu.véc en gred veut dire nu), tels que lutte, pugilat,

disque, course à pied, en ebar ou à cheval ; elle/, les I eus, les jeu.r du cirijue (courses, naumacbies, combats de gladiateurs) : tels furent aussi les jeux guerriers du moyen âge, les joutes et tournois de teiiies sortes; tels sent encore aujourd'hui les joutes

sur l'eau, les tirs à l'arc ou au fusil, etc. ; — 2° le? divers exercices où il y a lieu de déployer de la grâce, de l'agilité où de l'adresse, comme la danse, la bail'-, la paume, les boules, les quille^, le cricket, le billard, le jeu de bagues, l'escarpolette, etc., et la plupart des jeux d'enfant : barres, saut-de-mouton, Colin-Maillard, cerceau, cordes, cerf-volant, toupie, billes, bilboquet, jonchets , etc.; — 3° ceux où l'esprit intervient et dans lesquels le corps ne joue qu'un rôle secondaire, comme les jeux de société, dits aussi petits jeux.

Jeux intellectuels. Ils comprennent : 1° les jeu d'esprit, dont l'attrait consiste surtout clans la difficulté vaincue : tels sont ceux qui supposent quelque chose à deviner (énigmes, charades, loùogriphes, synonymes, rébus, etc.), ou quelque pre îi résoudre [bouts-rimés , anagri ches, etc.); — 1°les jeux de calcul on de combm tels que les échecs, les dames, le jeu île lu g les jeux de patience, etc. — VoirpouT la ai tion de chacun de ces jeux, outre l'a al que

nous leur avons consacré dans ce Dictionnaire, Belèze, Jeux des adolescents (1855).

Jeux de hasard. Ils se subdivisent en jeux de hasard proprement dits, comme le pair ou le creps, la roulette, le loto, les loteries de tout et, certains jeux de cartes le plus souvent prohibés [lansquenet, biribi, passe-dix, baccarat, pha bouillotte, vingt-et-un, etc.), et en jeux mixtes, où le calcul peut aider ou corriger la fortune : tels sont le trictrac, les dominos, et la plupart des ycartes (écarté, impériale, mariage, piquet, reversis, triomphe, boston, whist). Voy. Cartes.

Pour favoriser et exploiter en même temps la funeste passion du jeu, il a été formé, sous le nom de maisons de jeu, des établissements publics destinés spécialement aux jeux les plus hasardeux, la roulette, le trente-et-quarante, le p/uu i Dans beaucoup de pays, surtout en Allemagne, sur les bords du Rhin, et en Italie, l'État non seulement tolère les mai-ons de jeu, mais s'en est fait un monopole lucratif qu'il adjuge à des fermiers. Il en était de même en France il n'y a pas encore longtemps. A Paris, le Palais-Royal, Frascati et une foule d'autres lieux offraient des maisons de jeu où des milliers de malheureux accouraient chercher la fortune pour ne trouver le plus souvent que la rui le désespoir. La loi du 18 juillet 1836, rendue sur la proposition de Benj. Delessert, ordonna la fermeture de ces maisons à partir du 1er janvier 1838.

Parmi les nombreux traités qu'on a . crits sur les jeux en général, nous citerons: l'Est n sur tes jeu.r

/le hasard de Mont mort ; VAcadém t des jeux de Philidor ; le Manuel des jeu.r de Calcul et de hu-

suril de Lebrun iis'io ; l'Arbitre des je de m

(1847). — Pothier a traité' du .bu au peu

ridiquè; Barbe] rac et Du -aulx, au point de vue mora . La loi n'accorde aucune action en justice pour un

deti ede jeu, à moins , ,u 'il ne s'agi— e d<J jeux propres exercer au métier des armes eu tenant à l'adress ou à l'exercice du corps, et encore faut -il que la som n. ■

ne soit pas excessive. Quant aux son,;

el payées, elles ne donnent pas lieu à h peti.i n'y a de la part du gagnant dol, stiperci croquerie fC. Nap., art. 1065-1067).

Jeu.r publics, nom donné chez le- anciens à d< * fêtes et à des spectacles publies institues en l'honneur des dieux ou d.s héros, en souvenir île quelque grand événement, ou oll'erts au peuple comme réjouissance ou comme moyen de séduction, ('.es jeux Consistaient le plus souvent en courses et en luttes de toute espèce, combats d'athlète-, de gladiateurs,

naumachies, concours littéraires. Les pins célèbres de ces jeux étaient, chea lesGrei -, le-.; (/nés, néméens, isthmiquee 8\pythiques\cheil)

mains, Ivs lira mis jeu.r, ou Jeux rmiiaiiis propr. dit-. et les Jeu.r seeu/airet. Ils se célébraient, en (,

dtuis les stades et les hippodromes ; en Italie, dai

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