‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 838 sur 1672 · JOINT · texte numérisé non relu

JOINT

les cirques et les amphithéâtres. Les uns avaient lieu à des époques périodiques, comme les jeux olympiques, qui revenaient tous les quatre ans, les jeux séculaires de Rome, environ tous les cent ans; les autres, à des époques indéterminées, qui étaient fixées par les magistrats ou indiquées par les circonstances. Voy. Olympiques, Pythiques,Neméens, etc., au Dict. d'ïl/st. et de Géogr.

Jeux funèbres, solennités qui se célébraient, en Grèce et à Rome, aux funérailles des rois, des princes, des héros ou des magistrats. Homère {Iliade, ch. xxiii) raconte les jeux funèbres qu'Achille célébra en l'honneur de son ami Patrocle. Souvent ces jeux étaient ensanglantés par le sacrifice de victimes humaines. A Rome, on déployait une grande magnificence dans ces sortes de jeux: tous les exercices du corps, et surtout les combats des gladiateurs, s'y montraient tour à tour. Les jeux funèbres duraient quelquefois li ou 5 jours. On y assistait en habits de deuil; les femmes en étaient exclues. Quand les jeux étaient terminés, on donnait des festins publics où tout le monde était habillé de blanc. Après ce repas, on représentait des comédies. Les dépenses qu'occasionnaient ces jeux devinrent si excessives, que Tibère en défendit la célébration à quiconque avait moins de £00,000 sesterces (82,000 (r.) ; toutefois, ils subsistèrent jusqu'à Théodoric, roi des Ostrogoths, qui les abolit en l'an 600.

Jeux floraux, concours ouvert annuellement à Toulouse, et dont le prix est une fleur d'or ou d'argent. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

jeu (en Musique). On nomme ainsi, en général, la manière plus ou moins heureuse de jouer d'un instrument, quel que soit l'instrument lui-même.

Jeu d'orgues, collection de tuyaux de certaine forme, de certaine espèce et de certaine qualité, établis sur toutes les notes dont se compose un des claviers de l'orgue. Le propre de l'orgue étant de pouvoir imiter une foule d'autres instruments, on désigne les divers jeux d'après l'instrument qu'ils imitent (jeu de flûte, detrompette,dehautbois} etc.); souvent on y joint l'indication d'une dimension, qui est toujours celle du tuyaule plus long : par exemple, jeu de flûte ouvert de k pieds. Enfin, on distingue les jeux en trois classes dites/e!<x à bouche, jeux à anche, jeux de mutation. Les premiers ont leurs tuyaux fermés en haut, avec une ouverture horizontale au bas. Les tuyaux des jeux à anche se terminent par une petite languette de laiton qui produit le son par sa vibration. Les derniers se composent de û, 5, 6 ou même 10 tuyaux par note, et ces tuyaux sont accordés en tierces, quintes, octaves, dixièmes, etc. (parfois quartes et sixtes et leurs octaves), de sorte que chaque note fait entendre des accords parfaits redoublés. Le bourdon est un jeu à bouche; les trompettes, clairons, bombardes et la voix humaine sont des jeux à anche; le cornet, la cymbale, le nasard, etc., des jeux de mutation.

JEUOI (du lat. Jovis dies; parce que ce jour était, chez les Romains, consacré à Jupiter), 5e jour de la semaine en partant du dimanche. — Le jeudi gras est le jeudi de la dernière semaine du carnaval, celui qui précède immédiatement les jours gras, et le jeudi saint ou jeudi absolu, c.-à-d. de Y absoute (Voy. ce mot), le jeudi de la semaine sainte. On célèbre, dans ce dernier jour, l'institution de l'Eucharistie ; on y faitla commémoration dulavementdespiedspar Jésus-Christ, la consécration des saintes huiles et l'exposition du St-Sacrement. L'Ascension, la Fête- Dieu, sont aussi célébrées le jeudi.

JEÙISE (du lat. jejunium), pratique religieuse qui consiste à s'abstenir d'aliments par esprit de pénitence et de mortification. Le jeune est strict, si l'abstention est complète; il est m itigé, si, comme aujourd'hui dans l'Église catholique, on se permet un repas et une collation, tous deux au reste maigres. Tantôt le jeûne n'embrasse qu'un jour de 24 heures, ou même un jour réduit au temps où le soleil est sur

l'horizon; tantôt il s'étend à une période plus ou moins longue. Tel est chez nous le Carême, qui dur ■ 40 jours ; tel est chez les Mahométans le ramadan, qui dure un mois. — Le jeûne semble être originaire d'Orient; nulle part l'abstinence n'est plu~ facile que dans ces climats ardents; et, de nos jours encore, les Hindous supportent des jeûnes prodigieux. Les Juifs jeûnaient fréquemment : c'était chez eux un signe de deuil, de grande calamité. Les Grecs, les Romains, connurent aussi cette pratique : on jeûnait avant de descendre dans l'antre de Trophonius. A Rome, l'an 193 avant notre ère, il fut institué un jeûne quinquennal en l'honneur de Cérès. De très-bonne heure, le christianisme recommanda le jeûne, et longtemps il a été très-sévère; mais aujourd'hui beaucoup d'adoucissements y ont été introduits. Les jeûnes prescrits par l'Église comme obligatoires sont ceux des Quatre-Temps, des Vigi' les ou veilles des grandes fêtes, et celui daCarème. Voy. ces mots.

JEUINES DE LANGUES. VOIJ. DrOGMAN .

JEUNES détenus. Ils sont régis aujourd'hui par la loi du 6 août 1850. Voy. Correction et Détenus.

JEUNESSE (déjeune, du lat. juvenis), période de la vie humaine qui commence à l'époque de la puberté, de 11 à 12 ans pour les filles, de 14 à 15 anpour les garçons, et qui finit à 25 pour faire place à l'âge adulte ou virilité (Voy. Age). On donne souvent pour synonyme au mot jeunesse celui d'adolescence, qui s'applique plus proprement aux premières annéesqui suivent l'enfance. A l'époque delà jeunesse, le corps a pris presque tout son accroissement en hauteur ; mais il acquiert plus de vigueur, et les facultés intellectuelles prennent alors tout leur essor. Cet âge est exposé a une infinité de maladies trèsgraves, notamment aux fièvres inflammatoires et aux maladies de poitrine, qui, trop souvent, ont pour cause l'imprudence ou les excès.

JOAILLIER (de joyau), celui qui fabrique des bijoux enrichis de pierres fines, soit employées dans leur état naturel, comme les perles, soit taillées, comme le diamant, le rubis, le saphir, l'émeraude, l'améthyste, la topaze, etc., soit gravées, comme les sardoines et les agates qui servent pour les camées et les intailles, etc. L'art consiste à choisir les pierres et à les monter en argent ou en or de manière à faire ressortir leur mérite, la joaillerie en faux emploie des pierres artificielles. — Voy. Pierres précieuses, Oreèvre, Bijoutier.

JOCKEY (mot anglais francisé), se dit : 1° d'un jeune domestique chargé du soin des chevaux, et en particulier de celui qui les conduit en postillon ; 2° de ceux qui montent les chevaux dans les courses : on choisit ces derniers de petite taille et légers. L'usage des jockeys nous vient de l'Angleterre.

Jockey-club, société d'encouragement pour l'amélioration de la race chevaline, qui est en même temps un des cercles les plus distingués de Paris.

JOCKO, nom vulgaire du Chimpanzé et de l'Orangoutang. Voy. ces mots.

JOËL, poisson. Voy. Athérine.

JOINT (de joindre). En Architecture, on nomme ainsi : 1° les intervalles qui existent entre deux pierres contiguës; 2" les lignes des divisions des voûtes en claveaux. Remplir les joints avec du plâtre ou du mortier, c'est jointoyer. On nomme /. de lits ceux qui sont de niveau ou suivent une pente douce ; J. montants, ceux qui sont a plomb; J. carrés, ceux qui sont (requerra en leur retour; J. eu coupe, ceux qui sont inclinés et tracés d'après un centre ; ./. de tête ou de face, ceux qui sont en rayons et séparent les voussoirs et les claveaux; J. à la doue/le, ceux qui sont sur la longueur du dedans d'une voûte ou sur l'épaisseur d'un arc ; J. de recouvrement, ceux qui se font par le recouvrement d'une marche sur une autre, etc.

En Mécanique, on donne le nom de joints aux ar- ! ticulationsde diverses formes qui unissent entre elles-

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