ANTILOPE
grations par terre et par mer auraient ensuite colonisé les autres contrées. Voir De Quatrefages, Rapport sur l'Anthropologie, 1867.
ANTHROPOMORPHES (du gr. âvGpwTroç.etu-optpYJ, forme), nom donné à des Singes de l'ordre des Pithécins, qui par leur organisation se rapprochent beaucoup de l'homme. Ils peuvent se tenir debout ; leurs yeux sont rapprochés et dirigés en avant ; leurs oreilles ressemblent à celles de l'homme, mais elles sont dépourvues de ce lobule qui est un des meilleurs témoins de la ntblesse de race ; leur front n'est pas aussi fuyant que chez les autres animaux ; le caractère qu'on retrouve chez quelques races humaines inférieures d'avoir les bras longs existe et s'exagère encore dans ces animaux. La dentition de lait est celle de l'enfant, et à l'état adulte, ils ont la même formule dentaire que l'homme ; leur intelligence est très-développée. — Ces animaux sont particuliers à l'ancien continent, et encore y sont-ils fort rares. Le plus élevé d'entre eux en organisation est le Chimpanzé {Homo troglodytes) qui vit au Gabon ; viennent ensuite le Gorille, VOrang-outan et le Gibbon qu'on rencontre dans l'Inde et les îles de la Sonde (Voy. ces mots). Cos races de Singes tendent à disparaître de la surface du globe. — Linné rangeait les Chauves-souris parmi les Anthropomorphes.
ANTHROPOMORPHISME, erreur de ceux qui attribuent à Dieu la forme corporelle de l'homme. Cette erreur, qui paraît naturelle aux peuples dans l'enfance, engendra l'idolâtrie dès les premiers temps; elle fut également professée dans les premiers siècles du christianisme par des hérétiques que combattirent StÉpiphane, Origène et St Augustin. — On donne aussi le nom à Anthropomorphisme à une autre erreur beaucoup plus répandue, parce qu'elle est moins grossière et qu'on n'y échappe que par une culture assidue de l'esprit ; elle consiste à attribuer a Dieu toutes les passions, les opérations intellectuelles, les actions qui appartiennent à notre nature. Cette disposition, qui varie chez les individus selon le degré d'instruction et chez les peuples selon l'état de la civilisation, tient à ce que l'homme mêle, à l'idée que la raison lui donne de l'essence de Dieu, des données empruntées à la sensibilité et à l'imagination , facultés dont l'influence est d'autant plus grande que l'intelligence est moins développée.
ANTHROPOPHAGIE (du gr. àvôpwiroçaYia). L'anthropophagie parait avoir régné de tout temps chez les peuples barbares. Sans rappeler leshorribles festins de Tantale, de Lycaon, de Thyeste, si célèbres dans la Fable, sans parler de Polyphème et des Lestrygons, qui, au dire d'Homère, dévorèrent les compagnons d'Ulysse, les Scythes, les Germains, les Bohèmes, les Celtes, les Carthaginois, les Éthiopiens, furent anthropophages, au rapport de Strabon et de Pline. Lors de la découverte de l'Amérique, on trouva l'anthropophagie établie chez les Caraïbesdes Antilles et même dans les empires civilisés du Mexique et du Pérou. Elle règne encore dans quelques tribus sauvages du centre de l'Afrique ; dans les îles de la Sonde, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Polynésie. Toutefois on doit dire que le plus souvent l'homme ne se nourrit de chair humaine que quand il est pressé par la faim ou qu'il veut assouvir sa vengeance : les sauvages les plus féroces respectent ceux de leur tribu; ils ne dévorent que les ennemis pris à la guerre ou les victimes offertes en sacrifice.
ANTHUSINÉES (du g. -type anthus, pipit), famille d'Oiseaux. Voy. Alaudidés et Pipit.
ANTHYLLIDE (du gr. <xv8u),),£;), Anthyllis, genre de la famille des Papilionacées, tribu desLotées-Génistées. L'A. vulnéraire est une herbe indigène à fleurs jaunes qui passe pour vulnéraire. L'A. barbe de Jupiter est un arbrisseau duLevant de lm,30 à l^GO, à feuilles persistantes, qui donne de mars en mai de petites fleurs jaunes en bouquets.
ANTIARIS (du mot japonais antjar), genre de la famille desUrticées, particulière à l'île de Java. Une
espèce, le Boun-upas (A. toxicaria), plante à écorce lisse, épaisse, blanchâtre, à feuilles alternes, ovales, d'un vert pâle, produit un poison extrêmement violent : c'est un suc blanc ou jaunâtre, laiteux et visqueux ; les Javanais s'en servent pour empoisonner leurs flèches. Les chimistes en ont extrait le principe vénéneux en le traitant par l'alcool : sa composition est C'HpttOS+^H^O.
ANTICHRÈSE (du gr. àvci/Maiç), contrat par lequel un débiteur, en garantie de sa dette, remet au créancier un immeuble avec la faculté d'en percevoir les fruits, à la charge de les imputer annuellement sur les intérêts et ensuite sur le capital de la créance (C. Nap., art. 2085-2091). C'est ce qu'on nommait mort-gage. — Celui au profit de qui Yantichrèse est consentie est appelé antichrésiste.
ANTICHTHONES. Voy. Saisons.
ANTICIPATION (du lat. unticipatio). En Philosophie, Anticipation (en gr. 7tp6).T)4'i;)est un terme employé par les Épicuriens et par les Stoïciens pour désigner une notion générale, servant à concevoir à l'avance un objet qui n'a pas encore été perçu par les sens. Dans la philosophie de Kant, c'est un jugement à priori. — Voy. Prolepse.
En termes de Commerce, on nomme ainsi les avances sur consignation de marchandises, avances que les négociants sont dans l'usage de faire à leurs correspondants qui leur envoient des marchandises en commission, et leur adressent des cargaisons. Les anticipations sont ordinairement d'un tiers du montant de la facture. — Voy. Bail.
ANTIDATE (d'anti pour ante, avant, et date), date d'un acte antérieure à celle qu'il devrait réellement avoir. L'antidate peut, dans un acte public, constituer le crime de faux, surtout lorsqu'elle tend à porter préjudice à autrui : elle est souvent une cause de nullité. L'art. 139 du Code de Commerce défend, à peine de faux, d'antidater les ordres des billets ou lettres de change. La formalité de l'enregistrement a pour objet de prévenir l'antidate des actes.
ANTIDOTE (du gr. àvTWoto;), synonyme de Contre-poison. Voy. Poison.
ANTIENNE (du gr. àvxttpwvia), paroles tirées des livres saints, étaient dans l'origine chantées à l'office par deux chœurs qui se répondaient alternativement. Auj. l'antienne estun chant ou un récitatif qui précède ou suit les psaumes ou les cantiques; quelquefois pourtant on les chante seules : ce qui arrive dans les antiennes solennelles, comme celles de commémoraison ou de procession. — On donne aussi ce nom à quelques prières en l'honneur de la Vierge, comme le Salve Regina et Y Aima Redemptoris mater.
ANTILOPE (du gr. àv8â).u)<V), genre de Mammifères, de l'ordre des Bisulques ruminants et de la famille des Bovidés, se place entre les Cerfs, les Chèvres et les Bœufs. Les Antilopes se distinguent par leurs cornes creuses, entourant un noyau osseux ; par leurs formes gracieuses, leur légèreté à la course, leur vue perçante, la finesse de leur ouïe et de leur odorat ; elles sont timides, paisibles, sociables, et vivent ordinairement en troupes. On les trouve principalement dans l'Afrique centrale ; cependant il en existe aussi plusieurs espèces en Asie; on en a même trouvé en Europe et en Amérique. — Cuvier avait divisé le genre Antilope en 11 sous-genres, dont voici les caractèresavec lesespèces principales : 1° C ornes annelées à double cour bure, pointes en avant, en dedans ou en haut (Gazelle, Corinne, Kevel, Springbock, Saïga. Nanguer); 2° C. annelées à triple courbure (A. des Indes ; A. de Nubie) ; 3° C. annelées à double courbure, pointes en arrière (Bubale, Caama) ; 4° C. petites, droites ou peu courbées (A. laineuse, A. plongeante, Klip-springer ou Sauteur des rochers, Grimme, Guevei) ; 5° C. annelées à courbure simple, pointe eu avant (Nagor) ; 6* C. annelées droites ou peu courbées, plus longues que la tête (Pasan, Algazel) ; 7° C. annelées à courbure simple, pointe en arrière (A. bleue, A. chevaline, A. de Sumatra); 8° C. à arête