JUSTICIER
rt'<\ le cresson, la pariétaire, etc. On conseille les jus d'herbes surtout au printemps.
Jus de réglisse. Voy. Réglisse.
JUSANT (du b .-lat. jusum ; de deorsum). Dans la Marine, ce mot est synonyme de reflux et opposé à flot ou flux. Voy. Marée.
JUSÉE (de jus), eau acide qu'on emploie dans les tanneries pour gonfler les peaux. Elle se prépare ordinairement en faisant macérer dans une petite quantité d"eau l'écorce de chêne déjà épuisée par le tannage. La jusée renferme de l'acide lactique et de l'acide butyrique.
JUSQUIAME (du gr. •ûoTy.vajio:), Hyoscyamus, plante de la famille des Solanées, renferme des herbes à aspect sombre et livide, à odeur vireuse ; à feuilles alternes, sinueuses ; à fleurs solitaires, donnant pour fruit une pyxide biloculaire. L'espèce la plus commune est la Jusquiame noire (H. niger),\u\g. Hennebane ou Hannebane, Potelée, Careillade. Sa tige est épaisse, rameuse ; ses feuilles molles, grandes, lancéolées, pubescentes ; ses fleurs presque sessiles. La corolle, d'un jaune très-pâle, est traversée de veines purpurines, réticulées. Cette plante croît dans toute l'Europe, le long des chemins, dans les lieux incultes, parmi les décombres. Elle est, dans toutes ses parties, un des poisons végétaux les plus redoutables. Ses effets sont dus à un alcaloïde (Voy. Hyoscyaminej, dont les seules émanations, respirées un peu trop longtemps, peuvent produire la stupeur, des tremblements convulsifs, un assoupissement léthargique, le délire, etc. Ses feuilles, ses jeunes pousses et sa racine, prises pour d'autres plantes et mangées par erreur, ont produit maintes fois la dilatation delà pupille, la paralysie des membres, ou même un délire furieux. Dans les cas d'empoisonnement par la jusquiame, il faut immédiatement administrer des vomitifs avec une grande quantité d'eau tiède, puis faire prendre des laxatifs et des acides végétaux. On fait avec les feuilles et les tiges fraîches de la jusquiame des cataplasmes contre les douleurs de goutte, l'engorgement et l'inflammation des mamelles, les contusions, les entorses, etc. On en retire une huile qui s'emploie en embrocations dans les mêmes cas, ainsi que dans les névralgies et dans les inflammations des oreilles. La fumée de ses graines brûlées peut aussi calmer les douleurs de dents.
JUSSIÉE (de B. de Jussieu),Jussiœa, genre de la famille des Onagrariées, se compose de plantes herbacées, vivant dans les marais, à tige élevée, à feuilles alternes, à fleurs axillaires, ornées de belles couleurs. On les trouve en Amérique, à la Caroline, au Pérou, dans la Colombie.
JUSSlOX (du lat. jussio, ordre). On appelait autrefois lettres dejussion, des lettres scellées, adressées par le roi au parlement pour lui enjoindre de faire quelque chose qu'il avait refusé de faire, p. ex. d'enregistrer un édit.
JUSTAUCORPS (pour juste au corps), espèce de vêtement éiroit, à manches, qui descend jusqu'aux genoux, et qui serre le corps.
JUSTICE (en lit. justitia, de jus, droit). En Droit naturel, l& justice consiste à traiter chacun selon son droit (Voy. ce mot), à rendre à chacun ce qui lui est dû : justifia in sua cuique tribuendo (Cicéron, Des Biens et des Mai/r,V, 23). — En Jurisprudence, quand on oppose le droit naturel au droit positif, on distingue la justice de l'équité ; dans ce cas, Injustice est la conformité à la loi écrite, et l'équité (du lat. œquitas, égalité) consiste à traiter les autres hommes comme nos égaux,comme nous voudrions être traités nous-mêmes, selon les principes du droit naturel etde la morale. Parfois le jurisconsulte a besoin de recourir à l'équité pour éclairer le droit positif oubien pour y suppléer. Si le magistrat juge selon la justice seule, il applique rigoureusement la loi, ne voit que le fait, et n'entre pas dans la considération des circonstances et des intentions; s'il tempère la jus-
tice par l'équité, il tient compte de la faiblesse etde l'erreur, du mérite et du démérite particulier : « Le magistrat, dit d'Aguesseau, joint à la loi, souvent trop générale, le discernement des cas particuliers ; il ajoute à la justice cette équité supérieure sans laquelle la dureté de la lettre n'a souvent qu'une rigueur qui tue et l'excès de la justice devient quelquefois l'excès de l'iniquité [summum jus, summa injuria). » La même distinction se retrouve dans les jugements moraux qu'on porte sur les actes ordinaires de la vie.
En .Morale, la Justice est une des quatre vertus cardinales admises par les anciens ( Voy. Vertus). Elle s'y définit comme ci-dessus dans le Droit naturel; par 1 suite, pour connaître les devoirs qu'elle nous impose, il faut discerner quels sont les droits de nos semblables qu'il suffit de respecter, comme la liberté, la propriété, etc., et quels sont ceux qui exigent de nous l'accomplissement de certains actes, l'exécution de certaines conditions, soit en vertu d'une obligation naturelle, comme les rapports de droit entre parents et enfants, soit en vertu d'un engagement volontaire, comme un contrat.une société ; dans le premier cas, les devoirs sont négatifs; dans le second,joositifs. — Dans l'idée de la justice, qui consiste à traiter chacun selon son droit, est comprise celle de Injustice distributive, qui est la dispensation des peines et des récompenses suivant le mérite et le démérite. Elle ne peut être réalisée qu'imparfaitement dans la société; sous sa forme absolue, elle se confond avec la Justice divine (Voy. Sanction)., — Voir Cicéron, Des Devoirs, I, 7-18; Franck, Éléments de Morale, etc.
justice, pouvoir institué pour faire respecter les droits des citoyens, comprend l'ensemble du corps judiciaire, c.-à-d. les tribunaux de toute espèce, les officiers et magistrats qui sont chargés de rendre la justice. — En France, toute justice émane du Souverain, et s'administre en son nom. On distingue Injustice ordinaire, rendue par un tribunal constitué suivant les règles du droit commun, et la justice exceptionnelle, que rend un tribunal constitué contrairement à ces règles.
On prend aussi quelquefois le mot justice comme synonyme de juri'liction. C'est dans ce sens qu'on distingue Justice civile, J. criminelle, J. militaire, J. consulaire, J. de paix, etc. — On distinguait e:. outre autrefois haute, moyenne et basse justice seigneuriale : la haute justice était celle qui pouvait prononcer la peine capitale ; la moyenne justice avait droit de juger des actions de tutelle et des injuredont l'amende n'excédait pas 60 sols ; la basse justice connaissait des droits dus au seigneur, du dégât causé par les animaux, et des délits dont l'amende ne pouvait excéder 7 sols 6 deniers.
Les anciens avaient divinisé la Justice sous le nom de Thémis et ils en faisaient la tille de Jupiter. On la représente tenant d'une main une balance, de l'autre un glaive nu.
justice (haute cour de). Voy. Haute cour.
justice (ministère delà). Voy. Ministères.
justice de paix. Voy. Juge de paix.
Déni de justice. Voy. Déni.
Main de justice. Voy. Main.
Maison de jmtice. Voy. Prison.
JUSTICIE ,du botan . Justi, , Justicia, dite aussi Carmanline, genre de la famille de- Acanthacées, renferme des arbrisseaux de l'Asie tropicale, à feuilleopposées, à fleurs disposées en épis terminaux, et accompagnées de bractées et de bractéoles; les lobe = des anthères sont tantôt rapprochés, tantôt écartés. On en cultive plusieurs espèces dans les jardins, entre autres, la Justifie martre (J. coccinea), dite aussi Carmautine de Ceylan et Noyer des Indes.
JUSTICIER. Autrefois on appelait seigneur justicier le seigneur qui avait le droit de rendre la justice sur ses terres. Voy. Justice et Haut justicier.
Dans l'ancien royaume d'Aragon, le président des
KALÉIDOPHONE.