LANGUEUR
les unes des autres par l'ensemble des formes grammaticales propres à chacune d'elles. Considérée en elle-même, dans ce qu'elle a de particulier et d'original, une langue prend le nom d'idiome, surtout si elle ne se parle que chez un petit peuple et dans une contrée à part ; on appelle dialectesies variétés d'une môme langue, ayant une grammaire et une littérature ; patois, ces mômes dialectes, dégénérés après la naissance d'une langue commune et abandonnés dès lors aux gens du peuple ( Voy. Dialecte). — Comparées entre elles, les langues donnent lieu à deux études distinctes : la grammaire comparée, qui étudie leurs ressemblances et leurs différences ; la lingiristique qui établit leur classification. — Le mode le plus parfait de classification est la classification généalogique, basée sur les affinités des langues et sur leur filiation, mais indépendante de l'ethnographie. Voici celle que donne M. Max Mûller [Science du langage), d'après les travaux récents de Fréd. Schlégel, Guill.de Humboldt, Pritchard, Bopp. Eug. Burnouf, Grimm, Pott, Benfey, Kuhn, Curtius, Corssen, Begnier, Benan, etc.
I. Langues indo-européennes ou aryennes. — wvision méridionale : 1° L. indiennes (langues mortes, sanscrit védique, sanscrit moderne, pâli, prâkrit ; langues vivantes, hindoustani, mahratte, bengali; 2° L. iraniennes (1. m., zend, inscriptions cunéiformes, pehlvi, parsi; 1. v., persan, afghan, kourde ; arménien). — Division septentrionale : 1° L. celtiques (1. m., comique ; 1. v., breton, gallois, irlandais, gaélique d'Ecosse, dialecte de l'île de Man); 2° L. latines 'l.m., osque, latin, ombrien ; 1. v., italien, provençal, français, espagnol, portugais, valaque, romanche du pays des Grisons ; 3° L. hellénique (1. m., grec ancien : dorien, éolien, ionien, attique); k° L. albanaise; 5° L. teutoniques, haut-allemand (1. m., ancien haut-allemand, moyen haut-allemand), bas-allemand, qui comprend le bas-allemand de l'Allemagne septentrionale, l'anglais, le frison, le flamand, le hollandais (1. m., gothique, ancien saxon, anglo-saxon), Scandinave, qui comprend le danois, le suédois, l'irlandais (1. m., an cien nordique) ; 6° L. slaves ou windiques, savoir : langues lettes (lithuanien, lette de Courlande et de Livonie), langues slavonnes de l'ouest (polonais, lusacien, bohémien ou tchèque), langues slavonnes du sud-est (russe, serbe, croatien, etc.).
II. Langues sémitiques. — 1° L. araméennes, néosyriaque des Nestonens du Kurdistan (1. m., chaldéen, syriaque, inscriptions cunéiformes de Babylone et de Ninive); 2° L. hébraïques , dialecte des Juifs (1. m., hébreu biblique, samaritain, carthaginois et inscriptions phéniciennes); 3° L. arubiques, dialectes de l'arabe, amharique de l'Abyssinie (1. m., éthiopien ou ghez), peut- être les dialectes berbers et l'ancien égyptien jusqu'au copte.
III. L. touraniennes, parlées par les races nomades de l'Asie, en tant qu'on les oppose aux races aryennes ou agricoles. — Division du nord : 1° L. tongouses (mantehou, etc.); 2° L. mongole; 3° L. turque; W L. finnoises (tchoude de la Finlande, de l'Esthonie, de la Livonie et de la Laponie ; bulgare des Tchérémisses, permien, ougrien des Hongrois, des Vogouls et des Ostiaks) ; 5° L. samoyède. — Division du sud :\°L. tamovles ; 2° L. gangétiques (tibétain, etc.) ; 3° L. lohitiennes (de l'Aracan.etc); 4° L. taïennes MeSiam, Laos, etc.); 5° L. malaises (dialectes de la Malaisie et de la Polynésie). — Quelques idiomes comme le Japonais, la langue de la Corée, les dialectes du Caucase, etc., ne sont encore rangés dans aucune classe. Quant au chinois (avec les dialectes congénères), il représente seul le langage monosyllabique. Nous laissons également de côté les langues de l'Afrique et de l'Amérique qu'on n'a pas encore suffisamment étudiées, et qui d'ailleurs éprouvent des changements continuels.
A un autre point de vue qu'on nomme morpholof/"l"e, parce qu'il se rapporte à la forme constitutive ■des langues, on peut diviser celles-ci en trois classes :
1° L. monosyllabiques, où les racines restent invariables et ou le iule des mots dépend de leur position, comme le chinois; 2" L. agglutinantes, où deux racines s'unissent pour former un mot, l'une conservant son indépendance radicale et l'autre se réduisant à une simple désinence, comme les langues touraniennes; 3° L. organiques, amalgamantes ou à flexions, dans lesquelles la racine principale d'un mot et ses désinences admettent également l'altération phonique, comme les langues aryennes et les languessémitiques. — Le nombre des racines entrant dans la composition d'un mot n'y fait rien, de sorto qu'il est inutile d'admettre une 4e classe appelée poh/synthétique et comprenant la plupart des dialectes d'Amérique. Il est inutile aussi de distinguer les langues synthétiques des analytiques, les premières comprenant les langues anciennes, et les secondes les langues modernes.
Langues. Ce mot a été employé autrefois dans l'acception de pays , nui ion , particulièrement par les anciennes Universités, où les étudiants étaient distribués d'après les langues qu'ils parlaient ( Voy. Nation); et dans l'ordre de Malte, où ce mot désignait les différentes divisions de l'ordre. Les huit langues de l'ordre de Malte étaient celles de Provence, d'Auvergne, de France, de Castille, d'Aragon, d'Italie, d'Allemagne, d'Angleterre. La langue d'Angleterre ayant été supprimée lors du schisme anglican, on lui substitua en 1782 la langue bavaroise, dite anglo-bavaroise. Les grands dignitaires de l'ordre de Malte étaient appelés les chefs ou piliers des huit langues.
Au moyen âge, les différents dialectes que l'on parlait en France, formaient deux grands groupes désignés par la manière dont on y prononçait le mot oui : c'était la langue d'oc (au sud de la Loire), et la langue d'oil (au nord) : toutes deux eurent leur littérature propre, celle des troubadours et celle des trouvères {Voy. ces mots). Dante a appelé de même l'italien langue de si (il dolce parlai- si). — Voir Littré, Histoire de la langue française.
Langues orientales (école spéciale des), rue de Lille, 2, école établie par une loi du 13 germinal an III (2 avril 1795 , et réorganisée une première fois par ordonnance du 22 mai 1838, et en dernier lieu par le décret du 8 novembre 18G9. On n'y enseigna d'abord que l'arabe littéral et vulgaire, le persan, le malais, le turc et le tartare ; on y a depuis ajouté des chaires de grec moderne, d'arménien , d'hindoustani , de javanais (unie au malais), de chinois vulgaire, dejaponais et d'annamite.Les professeurs sont nommés par le chef de l'Etat. Les cours durent 3 ans au bout desquels les candidats reconnus capables , reçoivent un diplôme d'élève-brèveté et peuvent être envoyés aux frais de l'État dans les contrées dont ils ont étudié la langue.
LANGUETTE (diminutif de langue), désigne, en général , tout objet ou appendice de forme mince, allongée et étroite. Ainsi on nomme languette : 1° en Botanique , l'appendice qui termine les demi-fleurons des fleurs composées ; 2° en Zoologie, la partie attachée intérieurement à la lèvre inférieure de quelques insectes; 3° dans la Musique, une petite pièce de métal ou de bois percée d'un trou, et que l'on met à la tète d'un instrument à vent [Voy. Anche); 4° dans les Imprimeries, une petite pièce de fer mince, attachée hors d'œuvre au châssis de la frisquette pour fixer à l'ouvrier un endroit certain où il puisse la lever et la baisser à mesure qu'il imprime chaque feuille ; 5° dans l'Orfèvrerie, un petit morceau d'argent ou d'or que l'orfèvre lai-saillie à chaque partie qu'il fond, et qui sert à faire l'essai avant de marquer la pièce au poinçon, etc.
LANGUEUR (du lat. languor , état d'abattement corporel, de débilité, de dépérissement, est produit: 1° par une cause morale, p. ex., un chagrin secret et prolongé, la jalousie, un amour malheureux, une ambition déçue : c'est un des effets les plus remar-