LITHOGRAPHIE
de l'argent), oxyde de plomb demi-vitreux : c'est du massicot cristallisé en petites lames, provenant de la coupellation du plomb d 'œuvre ou plomb argentifère. La litharge est tantôt blanche, tantôt d'une couleur rouge jaunâtre, qu'elle doit à une certaine quantité de minium : elle prend de là, dans le premier cas, le nom de L. d'argent, dans le second, celui de L. d'or. Elle sert à la préparation des sels de plomb, notamment du sel desaturne et delà céruse; elle entre dans la composition du cristal. Les potiers forment, avec la litharge, la couverte de leurs poteries quand ils veulent leur donner la couleur du bronze. On s'en sert pour augmenter la propriété siccative des huiles, et pour préparer les emplâtres. On prépare encore avec la litharge le jaune minéral, dit aussi/aune de Cassel, de Paris ou de Vérone, en la faisant fondre avec du sel ammoniac. — Les vins rouges sont quelquefois falsifiés avec de la litharge que les marchands y ajoutent pour neutraliser l'acide et lui donner un peu de douceur; l'usage journalier d'un tel vwpeut occasionner de graves accidents. Ce genre de fraude se pratiquait déjà au xive siècle dans les environs de Paris. On reconnaît la présence du plomb dans le vin en colorant celui-ci par du charbon, et en ajoutant au liquide incolore une solution d'hydrogène sulfuré : il se produit alors un précipité noir et floconneux de sulfure de plomb.
LITHIASE (du gr. Xiôtadi;), se dit, en Médecine, 1° de la formation de calculs dans les voies urinaires ; 2° de petites concrétions pierreuses qu'on remarque parfois sous la peau ou dans le tissu des paupières.
LITHLNEou oxyde de lithium (du gr. ),î8oç, pierre), base alcaline minérale composée de lithium et d'oxygène [LiO], qu'on trouve en combinaison avec la silice dans plusieurs minéraux, notamment dans la tourmaline verte, la pétalite, le triphane, la lépidolithe, et dans certains micas. On la rencontre aussi dans les eaux minérales de Carlsbad et d'Eger, en Bohême ; du reste, le spectroscope a révélé son existence dans presque toutes les eaux minérales connues, mais en petite quantité. La lithine ressemble beaucoup à la soude et à la potasse, elle est blanche, très-caustique, et donne avec les acides des sels qu'on reconnaît à la coloration pourpre qu'ils communiquent à la flamme de l'alcool. — Découverte par Arfvedson (1817), elle a été étudiée par M.Troost(1856).
Lithine phosphatée. Voy. Triphylline.
LITHIUM, corps simple métallique, extrait de la lithine. Il est très-léger (0,59) et très-ductile ; il a la couleur de l'argent, mais s'oxyde promptement. Il a été isolé en 1817 par Davy en décomposant la lithine au moyen de la pile. Bunsen et Matthiesen, et après eux M. Troost, en ont obtenu des quantités notables en faisant passer un courant électrique sur le chlorure.
LITHOBIE (du gr. >i0oç, pierre, et (ik'o;, vie), Lithobius, genre de Myriapodes, de l'ordre des Chilopodes, voisins des Scolopendres : 17 segments, 15 paires de pieds, les postérieurs plus longs; antennes de 30 à 40 articles. Le L. fourchu ou L. à tenailles, se trouve, aux environs de Paris, sous les pierres humides et sous les écorces d'arbres.
LITHOCÉRAME (du gr. XlOoç, pierre, etxspau.o;, poterie), nom donné par Brongniart à la faïence fine dure, dite aussi porcelaine opaque. L'iron-stone (pierre de fer) des Anglais est une variété de lithocérame.
LITHOCHROMIE (de litho pour lithographie, et du gr. -/fù>|Acx, couleur), procédé pour imiter les tableaux à l'huile, à l'aide d'estampes. Une estampe étant préalablement rendue transparente à l'aide d'un vernis gras, on étend derrière des couleurs à l'huile par couches égales et épaisses ; on colle ensuite l'estampe sur une toile à peindre et on passe un vernis sur la surface extérieure. Ce procédé fut d'abord appliqué à des lithographies; d'où son nom. — Voy. aussi Chromolithographie.
LITHOCLASTE. Voy. LlTHOTRlTlE.
LITHODOME (du gr. ).tôo;, pierre, et 86{io;, maison), Lithodomus, genre de Mollusques acéphales,
de l'ordre des Orthoconques intégropalléales, famille des Mytylidées : coquille oblongue, équivalve, renflée et presque fermée, dont le crochet contourné forme la partie inférieure. Ce sont des coquilles perforantes qui vivent dans les pierres, les coraux et les autres coquilles qu'elles percent au moyen d'un acide qu'elles sécrètent. Les Lithodomes se trouvent à l'état fossile depuis l'étage bathonien. Les espèces vivantes se rencontrent dans toutes les mers. Le L. lithophage, de la Méditerranée, est comestible.
LITHOGRAPHIE (du gr. ),(f)o;, pierre, et YpifM, écrire), art de reproduire par l'impression les dessins et écritures tracés avec un corps gras sur une pierre calcaire, dite pierre lithographique. On emploie à cet effet une pierre d'un grain serré, d'une pâte fine et uniforme, dont on a rendu les deux faces opposées parfaitement planes; l'une des deux surfaces est brute, et l'autre a été soigneusement passée à la pierre ponce. On écrit sur la surface unie au moyen d'un crayon gras ou d'une plume d'acier trempée dans une encre grasse, liquide et miscible à l'eau ; on fixe ensuite l'écriture ou le dessin en lavant la pierre avec une eau de gomme additionnée d'un peu d'acide nitrique ou chlorhydrique. Ce lavage a pour effet de rendre le dessin insoluble, de pénétrer la portion non dessinée de la pierre, et de la rendre incapable de recevoir et de retenir facilement les corps gras, mais susceptible, au contraire, de retenir l'eau. Pour imprimer, on place la pierre dans une espèce de caisse appelée chariot, où elle est maintenue immobile ; on la mouille avec de l'eau propre, et l'on enlève ensuite l'écriture faite à l'encre grasse avec de l'essence de térébenthine. On humecte de nouveau et très-légèrement toute la surface de la pierre avec une éponge fine ; on étend aussitôt avec un rouleau élastique, de l'encre d'imprimerie qui ne se fixe point sur la partie humide, mais seulement sur le trait tracé à l'encre grasse ; on place une feuille de papier blanc un peu humide sur la surface de la pierre ; on recouvre cette feuille d'une seconde, dite de maculature, et l'on pose dessus un châssis en fer garni d'un cuir fort et bien tendu ; enfin on soumet la pierre, ainsi disposée, à la pression d'un rouleau ou d'un râteau en bois, qui agit perpendiculairement sur la surface. — On peut, par les procédés ordinaires de la lithographie, imprimer les diverses couleurs, et peindre, pour ainsi dire, par l'impression {Voy. Chromolithographie). — Les pierres propres à la lithographie furent longtemps tirées de la Bavière, notamment des carrières de Pappenheim, de Solenhofen, de Kehlheim ; on a depuis découvert en France, dans les environs de Châteauroux, du Vigan, de Belley, de Dijon, de Périgueux, des pierres lithographiques de bonne qualité.
Lithographie photographique.Voy. Photographie.
Le Bavarois Senefelder eut en 1796 la première idée de la lithographie telle qu'on la pratique aujourd'hui. Cependant on gravait sur pierre bien avant lui, au moyen des acides : le physicien français Dufay a fait connaître dès 1728 un procédé complet pour ce genre d'industrie. La lithographie fut introduite en France dès 1802 par Fréd. André, associé de Senefelder, mais elle ne commença à prospérer qu'en 1814, grâce aux efforts de MM. de Lasteyrie, à Paris, et Engelmann, à Mulhouse. De nombreux perfectionnements ont été introduits dans cet art par MM. Engelmann, Motte, Bry, Lemercier, Chevalier, Langlumé, Jobard, etc. On est parvenu à donner aux dessins presque l'apparence d'une aquarelle, en modifiant les teintes du papier et en lithographiant avec des encres de couleurs diverses. D'habile dessinateurs ont fait sur la pierre soit des copies des maîtres, soit des dessins originaux, sujets d'histoire, paysages, marines, ornements, etc. On cite, à ce sujet, MM. Mouilleron, E. Nanteuil, A. Lecomte, Soulange, Teissier, Raffet, etc. — Senefelder a publié à Paris, en 1819, l'Art de la lithographie. On doit à MM. Chevalier et Langlumé un Manuel du lithographe (1838); à M. P.
LITH0TUIÏ1E.
LITISPENDANCE.
Thénot, un Cours complet de lithographie; à M. G. iiiann, un Traité théorique et pratique delitho- '• (1839); à MM. Brégeaut, Knecht ci J. Des- , un Manuel complet de ^imprimeur lithographe Collection Roret, 1850). Voir sur l'histoire de cet art un article de M. H. Delaborde, Revue des Deux Ier OCt. 1863).
Les imprimeurs lithographes sont soumis pour la ition aux mêmes obligations que les imprimeurs ordinaires.
MTHONTRIPTIQUES (du gr. XlOov [à l'ace], pierre, et xpi6w. broyer), dénomination générale donnée aux remèd squ'on croyait propres à dissoudre les calculs développés dans la vessie. On a attriette vertu à certaines plantes qu'on appelait, pour ce motif, saxifrages, telles que la S< xifrage propr. dite, l'Oignon, [Uvaursi; puis on a p d'attaquer les pierres en portant dans la \c-^ie an agent chimique propre à les dissoudre : telles sont les solutions de sous-carbonate do potasse, de bicarbonate de potasse ou de soude, les eaux alcalines de Contrexeville, de Vichy, l'eau de chaux de \\ hitt, le remède de Stephen, dont les coquilles d'œuf calcinées faisaient la base, etc. On a aussi conseillé d'agir sur les pierres vésicales avec de l'eau distillée, en lavant la vessie à grande eau, etc. — Tous ces moyens ont toujours été sans résultat.
LITIIOPHAGES vdu gr. ÀîOo:, pierre, et ipdËYtt, manger), se dit, en général, de tous les Mollusques qui s'introduisent dans les rochers, et s'y creusent des demeures.
L1T1IOPUAX1E (du gr. ),î9oç, pierre, et çaîvw, faire paraître), procédé, inventé en Allemagne, qui consiste à produire toutes sortes de dessins ombrants, portraits, paysages, etc., sur plaques de porcelaine biscuit non émaillées, en donnant à là pâte des épaisseurs convenablement graduées, de manière à former des ombres et des clairs.
LITHOPBOTOGRAPMIE, ou Photographie sur pierre. Voy. Photolithograjphie.
LITHO-phytes (du gr. > iOor, pierre, et çvtov, plant' . tarines qui tiennent de la pierre
par leur dureté et de ia plante par leur forme. Les anciens naturalistes donnaient ce nom aux Madréet surtout aux Polypiers arborescents, telles que les Coraux, dans l'opinion qu'ils appartenaient au règne végé al. Voy. Poli i i -.
LITHOSPERMUM. Voy. GttÉmi et Orcanète.
LITHOTOMIE (du gr.Xtôoç, pierre, t couf tion/7 opération par laquelle on extrait la pierre de la vessie ; on l'appelle aussi Cystotomie.Voy. Taillb.
lithotritie (du gr. Xéôoç, pierre, et du lut. terere, supin tritum, broyer), opération par Laqu )Ue on broie la pierre dans la vessie, en j introduisant un instrument par le canal de l'uri tre. Les divers ,n on emploie à cet effel se rap] ( méthodes principales : ['usure progressive rasement. Dans la première, on introduit dans la vessieune canule droite contenant une pince à trois branches (litholabe) destinée à saisir la pierre, et irmant elle-même une ti ithotriteur)
disposée de manière, suit à percer plusieurs, trous dans le calcul jusqu'à ce qu'il se divise de lui-même, soit ;\ l'évider à l'intérieur, b dt à l'user de dehors en dedans, soit enfin à le faire éclater après une première perforation, à l'aide d'un foret qui s'écarte comme on coin. Dans la seconde, l'appareil est : à iv genre appartie nt le litlùttribe articulé de Jacobson, composé d'une branche courbe fixe et d'une branche articulée, se développant en anse et écrasant le calcul contré la branche courbe 1 d'une via et d'un écrou; Le brise-pierre à coulisse d'Heurteloup.à doux branches glissant l'une sur l'autre, avec lequel l'écrasement peut se produire, soit par la pression graduée, soit par la percussion à l'aide d'un marteau ktAochute, percuteur à détente du Leroy, etc.). On a Imaginé récemment d'introduire directement dans la vessie l'instrument
lithotriteur en faisant une légère incision au périnée (£. périnéale). Voy. Taille.
C'est par l'appareil instrumental droit que l'a broyer la pierre a été établi. Aujourd'hui, courbe est beaucoup plus usité; cependant l'ancien appareil peut encore être utilement employé pa qui savent le manier; il est même le seul qui cni- \ ienne pour plusieurs opérations délicates qui tiquent dans l'intérieur de la vessie, comme l'arrachement et la trituration des fongus, l'extraction des . etc.
Connue des Arabes dès le xn* siècle, indiquée au x\i* par San< torius, l'idée de la lithotritie était tombée dans l'oubli. Elle fut reprise de nos jours par le médecin b rarois, Gruithuisen; mais ce savantavait abandonné cette idée, sans avoir rien tenté pour l'appliquer, lorsqu'on 1822 Leroy d'Étiolles présenta à l'Académie de médecine un ingénieux appareil de son invention pour le broiement de la pierre, en i temps qu'Amussat faisait connaître son^nre-j àencliquetage; ce fut toutefois Civiale qS«&ut l'honneur d'exécuter le premier le broiement ne la pierre sur l'homme vivant. MM. Heurteloup et Ségalas ont aussi puissamment contribué aux progrès de cette partie importante de la Chirurgie. — Voir s sujet : Leroy d'Étiolles, Exposé des divers pro
tés pour guérir de lu pierre sans a\ à ta taille [1825) ai Histoire de la lithotritie (1830); Civiale, Traité pratique et historique de lu lithotritie (1847) ; Bigelow, Recherches sur les calculs de I sie (1852 ; Malgaigne, Médecine opératoire (Isj-j, ; Nélaton, Pathologie chirurgicale (1858;, etc.
LITHOTYPOGRAPHIE (du gr. >.i0o;, pierre, et de typographie), procédé qui permet de reproduire en foc s nulle les livres imprimés ou les gravures. Il te à décalquer sur pierre, au moyen d'une préparation chimique, les feuilles dont on veut une nouv U et à en faire ensuite le tira
lithographiques ordinaires. — L'invention do ce procédé esl dueà Al M. i il a été ^perfectionné par MM. Aug. et Paul Dupont.
LITIÈRE (du b.-lat. lectaria ; de lectue, lit,, de \oiture ou de chaise à porteurs > vd* mont couverte, portée sur deux brancards il soit par deux bêtes de somme, l'une en avant et l'autre en arrière, soit à bras d'hommes. — 1. mains se servaient de litières pour vo\ Bger. Us avaient des litières découvertes, des litières fermées,
à portières. Les litières ont été longtemps aussi en usage chez les modernes. De n n'en voit plus guère qu'en Orient, notamment dans les Indes, où elles sont connues sous le nom de palanquins. \'<uj. ce mot.
utih'.k, lit de paille qu'on répand dans les écuries, leséta6les,lea bergeries, sous les chevaux, les . les moutons, etc., pour protéger ces animaux contre le froid et leur permeti ucher,
et en même temps peur absorber leurs •
La litière, en se mêlant à la fiente et à l'urine .
animaux, devient la hase du meilleur fumier.
LITIGE (du \sA. titigium , synonyme d tion ou procès. On appelle litigant celui qui conteste en justice, si litigieux ce qui peut faire l'objet d'un débat, i "v. Ri irait.
LITISGONTESTATIOIf. On appelait ainsi, en Droit romain, le moment où le p- ait.
Ce nom vient de ce qu'on en prenait ali tants à témoin [litetn contesi
LITISPENDANCB du lut. », htis, pro. pi uilere, être pondant , instance qui n'a pas
été terminée par un jugement ou par un
rain. Ce mot se dit aussi ,1e la durée du pro, es, du temps consacre à l'instruction de la cause. Mais il siiTiiilie en général l'existence simultanée de deux aclions entre les mêmes parties qui ont le mémo
objet, el qui sent portées devant deux tribunaux difi, Le Code de procédure art. 171 et 303) indique
la marche à suivre dans les cas de NHspenM