APPROBATION
du terme grec 6pe|tç, par lequel Aristote désignait indistinctement le désir et la volonté. Les scolastiques divisaient l'appétit en deux espèces : 1" A. sensitif, comprenant la concupiscence et la colère (A. concupiscible, A . irascible) ;TA. rationnel ou volonté.
— Auj. les psychologistcs appellent A. naturels, les penchants qui nous portent instinctivement à la satisfaction des besoins du corps, qui ne sont point continus, mais périodiques, et qui se manifestent par une sensation quelquefois désagréable : ils ont pour but la conservation de l'individu, comme la faim, la soif, le besoin de dormir, ou la propagation de l'espèce, comme l'appétit du sexe. Outre les appétits que la nature nous adonnés pou;- des fins utiles, nous pouvons nous créer des A. factices : l'usage réitéré des excitants qui agissent sur le système nerveux, comme les liqueurs enivrantes, etc., engendre la langueur et une tendance à renouveler l'émotion éprouvée : ce sont des habitudes.
En Physiologie et dans la langue usuelle, Appétit se prend dans un autre sens qu'en Philosophie et s'oppose h Faim (Voy. ce mot). La faim est proprement le besoin de manger, besoin provoqué par une condition particulière de l'organisme ; si elle n'est pas satisfaite, le corps est en état de souffrance. L'appétit est l'attrait du plaisir qu'on éprouve à manger ; il implique la satisfaction des sens, du goût et de l'odorat : c'est ce qui fait que l'appétit peut exister pour certains aliments et non pour d'autres et quelquefois survivre à l'assouvissement de la faim. L'appétit peut devenir un symptôme de maladie ; parfois il est exagéré, dévorant (cynorexie, boulimie), quelquefois bizarre, dépravé (envies des femmes grosses, pica, malaria) ; enfin il peut être détruit et remplacé par un dégoût invincible des aliments {anorexie).
APPLICATA. Voy. Hygiène.
APPLICATION [ du lat.app/icatio). On nommeainsi, dans les Sciences, soit l'usage que l'on fait des principes d'une science pour étendre ou éclairer une autre science (p. ex. l'application de l'algèbre à la géométrie, qui consiste à exprimer par des lettres les quantités géométriques, et par des équations les relations qui existent entre ces quantités connues ou inconnues), soit, et plus spécialement, le passage de la théorie à la pratique.
Application (Écoles d'). Il y a en France deux écoles militaires d'application : l'École d'application de l'artillerie et du génie, créée le /joct. 1802, et l'École d'application du corps d'état-major, créée le 6 mai 1818. — La première, établie d'abord à Metz, et transportée depuis 1872 à Fontainebleau, compte environ 100 élèves, qui y sont admis, au sortir de l'Ecole polytechnique, avec le grade et le rang de sous-lieutenant; la durée de l'enseignement est de 2 à 3 ans.
— La seconde, établie à Paris, compte de 50 à 60 élèves, qui ont aussi le. brevet de sous-lieutenant. Les élèves de cette dernière école y sont admis à la suite d'un examen ou concours auquel peuvent prendre part les élèves sortants de l'École spéciale militaire (Saint-Cyr) et les sous-lieutenants de l'armée en activité de service; trois places sont Darticulièrement réservées aux élèves sortants de l'École polytechnique. Après 2 ans d'études, les élèves subissent un examen de sortie et vont passer 2 ans dans chacune des 3 armes, infanterie, cavalerie, artillerie, avant de remplir les fonctions d^officiers d'état-major.
Il existe en outre une École d'application du génie maritime créée à Lorient (auj. à Paris), dans le but de former des ingénieurs des constructions navales, et qui se recrute aussi parmi les élèves sortants de l'École polytechnique.
Application sur. dentelle. V. Dentelle, Broderie.
APPOGIATURE de l'ital. appoggiatura), se dit, en Musique, d'une petite note ou note d'agrément sur laquelle on appuie légèrement avant d'attaquer la note principale. L'appoggiature peut se placer audessus ou au-dessous de cette note. Sa durée vaut, ord. la moitié de la note suivante et se prend sur la
valeur de celle-ci. L'appoggiature o*.t préparée quand elle est précédée d'une note située au môme d qu'elle-même. Son exécution bien appliquée ajoute au charme et a la grâce du chant.
APPOINT. On appelle ainsi : 1" une somme qui forme le solde ou la balance d'un compte; — 2° ta petite monnaie qu'on ajoute aux billets et aux espèces d'or et d'argent pour solder un compte. La loi du 22 avril 1791 oblige le débiteur à fournir l'appoint ; l'arrêt du Conseil royal du 21 janvier 1821 défend de donner en monnaie de billon, dans les payement-, plus que les appoints qui ne peuvent se faire en écus.
APPORT. On nomme ainsi, en Droit, les valeur-, de quelque nature qu'elles soient, que chaque associé apporte dans une société, et, plus spécialement, ce qu'un époux apporte dans la communauté (Voir au mot Communauté quel est l'apport de la communauté de chaque époux dans la communauté légale). On entend, dans la communauté conventionnelle, par clause d'apport celle par laquelle un époux stipule que ses meubles ne tomberont en communauté qi e jusqu'à concurrence d'une certaine somme (C. Nap., art. 1500), et par clause de reprise d'apport celle ; . r laquelle la femme stipule qu'elle pourra reprendre, même en renonçant à la communauté, son apport franc et quitte de toutes dettes (C. Nap., art. 151 'i .
APPOSITION (du lat. appositio), figure de mots, qui consiste à placer l'un auprès de l'autre, sans conjonction, deux noms dont le dernier sert de qualificatif, comme dans ces phrases : Cicéron, le prince des orateurs: Titus, les délices du genre humain; Attila, le fléau de Dieu. Racine le fils en offre un exemple clans les vers suivants :
C'est dans un faible objet, imperceptible ouvrage, Que l'art de l'ouvrier nie frappe davantage.
APPREHENSION (du lat. apprehensio). Les Scolastiques appelaient simple appréhension cette opération de l'esprit qui consiste àconcevoir un objet sai s en rien affirmer, ou à entendre le sens d'un terme qui remplit dans une proposition le rôle soit de sujet, soit d'attribut.
APPRENTI, apprentissage (A' apprendre). Avam l'abolition des jurandes et des maîtrises, les apprentis étaient obligés, par les statuts des communautés d'art s et métiers, à passer près des maîtres un temps fixé qui était au moins de 3 ans; ils étaient assujettis à un état voisin de la servitude, et ne pouvaient s'établir qu'en remplissant des conditions fort dures. Cet état de chosesaété aboli en 1791 par l'Assemblée Constituante. L'apprentissage est auj. régi par la loi du 22 germinal an XI et par celle du 22 février 1851 : cette dernière loi a eu surtout pour but de prévenir l'abus que certains maîtres pouvaient faire encore des jeunes gens confiés à leurs soins. — Voy. aussi C. Nap., art. 138/i, 2272 et 2275, ainsi que la loi du 19 mai 187i sur h? travail des enfants dans les manufactures.
APPRET (d'apprêter), opération que l'on fait ■ ubir aux marchandises, draps, toiles, cotonnades, afin de leur donner du lustre, du poli et de la fermeté. Poulies étoffes de lin ou de chanvre, l'apprêt consiste dans un mélange d'amidon et d'azur; quand elles ont reçu cet apprêt, on les déplisse et on les calandre. — Pour les étoffes de coton, on les apprête avec de l'amidon, puis on les fait passer entre deux cylindres chauffés qui lustrent à la fois l'endroit et l'envers. — Pour les draperies, l'apprêt s'effectue à l'aide d'unepression pus ou moins forte; cette pression peut être combinée ou non avec l'action de la chaleur, d'où deux sortes d'apprêts, le cati à chaud et le cati à froid. Voy. Cati.
APPRIVOISEMENT. Voy. Domestication.
APPROBATION d'écriture. C'est la mention que doit contenir l'acte sous seing privé et qui constate un engagement unilatéral; elle consiste dans ces mots bon ou approuvé, accompagnés de la somme due écrite en toutes lettres, le tout de la main du débiteur. Il y a exception pour les actes qui émanent
APTi:ny\.
— Sfi
AOT'AItirM.
des marchands, artisans, trous de journée et de service (C. Nap., art. 1326 et 1327).
APPROCHES. Ce mol désigne spécialement, dans l'Art militaire, les travaux à l'aide desquels on tente de parvenir jusqu'au corps d'une place qu'on assiège, tout en se mettant à couvert de son feu.
APPROXIMATION (du lut. approximare ; de ad et proxinuis, très-pro< lie), se dit, en Mathématiques, de toute opération à l'aide de laquelle on détermine une valeur approchée d'une quantité. Pour faire connaître Ii degré d'approximation d'un nombre approché, on peut donner son erreur absolue ou son erreur relative. L'erreur absolue d'un pareil nombre est sa différence avec le nombre exact; son erreur relative est la fraction qui indique de quelle portion de lui-môme le nombre exact a été altéré. Ainsi, si l'on remplace le nombre 543 par 540, l'erreur absolue de ce dernier est 3, et son erreur relative rJ,. Le calcul des approximations a deux objets principaux : 1° les données d'un calcul étant connues avec une approximation indéfinie, trouver les résultats de ce calcul avec une approximation déterminée; 2° les données d'un calcul étant connues avec une approximation déterminée, surquel degré d'approximation peut-on compter dans les résultats. On résout ces deux questions pour la multiplication et la division à l'aide de ce qu'on apla multiplication et la division abrégées. — Quelquefois, dans les Mathématiques supérieures, on détermine la valeur approchée d'une quantité à l'aide d'une construction géométrique. — M. Vieille a publié une Théorie des approximations, 1854.
APPULSE (du lat. appulsus, poussé auprès\ se dit, en Astronomie, du passage de la lune près d'une étoile, soit qu'il y ait occultation, soit que le bord de la lune passe seulement à quelques minutes de l'étoile, de manière à être vue en même temps dans le champ de la lunette; on observe les appulses avec soin pour déterminer le lieu de la lune, les erreurs des tables, et les long'tudes.
A PRIORI. V"l). A POSTERIORI.
APRON (du lat. asper, mde)fAsprot genre de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamoder- Famille des Pi rci ides, ne diffère des Perches qu'en ce qu'il a le palais hérissé de dents, le museau saillant et les deux dorsales éloignées et ne se touchant pas. L'A. ordinaire, du Rhône, vulg. Sorcier, est long d'env. 0m,20. Son corps est allongé et à peu près rond; sa tète, déprimée; ses joues, ses mai hoia poitrine, dépourvues d'écaillés. Sa chair est blanche, légère et d'un goût agréable ; il se nourrit de vers et aime les eaux pures et vives. L'A. C ou Ziufjel habile les eaux du Danube, il a 0"',50 de long et un corps triangulaire. Sa chair est blanche, ferme et d'e» ellent goût.
APSIDE. Voy. Absidb.
APTÉNIDÉS (du gr. à7rrr,v, qui ne vole pas), famille d'Oiseaux palmipèdes plongeu s, comprend les Spbénisques, les Gorfous et les Manchots.
APTENODYTES, oiseau. Voy. MANCHOT.
APTERES (du gr. fampoc, sans ailes), se dit, en Zoologie, des animaux Art i< ulésqui n'ont pas d'ailes, ou qui n'en ont que de rudimentaires. Dans la classification des Insectes de Latreille, les Aptères for-
nt un 8* ordre, comprenant les Thysano\ les Parasita iptérodicères) et. \es Suceurs [Aphaniptères); mais beaucoup de Zoolo otauj.
ces U18I Ctes parmi 1rs autres ordres comme n'étant que des formes i m |ia rlaii es et pouvant ôliv rapportés
à chacun deux par leurs autres caracti ' En Architecture, [ptère se dit des temples anti-
ui n'onl pas de i olonnes sur les côtés. APTÉRYGII NS du gr. farrépuYO ). Latreille avait les Mollusques en S classes : les Ptéry\ qui ont un pied; les Aptérygienst qui n'en ont pas. APTERYX <i!| -•'■ •'-- ■■;o ), oiseau singulier de la Nouvelle Zélande, de la taille d'une oie, au plubrun ferrugineux. Il a de grands rapport! Vautruche, et Bes jambes sont celles des Gallinacés.
Ses ailes, presque nulles, son) terminées par un onple fort et arqué. Ou le range parmi les Échassiersbrévi pennes.
APTIEN (Étage), nom donné, en Géologie, à celui des étages crétacés qui succède à l'étage urgonien ou néocomien supérieur, i t précède immédiatement l'étage albien. Il forme une ligne à peu près continue autour du bassin de Paris, où il se compose généralement de marne et d'aryile; on le retrouve dans le bassin méditerranéen, où il prend une puissance considérable, en Angleterre et jusque dans l'Amérique méridionale. Principaux fossiles : Anvmonttes Nisus,A. fissicostatus, Ancyloceras Matheronianus, Ostrea aquila, Plicatula placunea, Terebratella Astieriana, etc.
APTIM'S (du gr. àirTQV, sans ai] d'In-
. de l'ordre des Coléoptères pentamères, famille des Carabiques, voisin des Brachines, dont il se distinguo par l'absence d'ailes et par ses > lvtres tronqués obliquement à l'extrémité. Toutes les espèces de ce genre ont, comme les Brachines, la faculté de lancer par l'anus, avec fumée et explosion, une liqueur volatile brûlante et caustique Voy. Biuchini . L'A. batiste peut fournir de suite 10 à 12 décharges.
APTYCHUS, fossile de forme triangulaire que l'on trouve dans plusieurs terrains, notamment dans les terrains jurassiques et crétai ( \ c. d'Orbi-
gny, ce serait l'une des valves d'un Cirrhipède. Auj. l'on croit plus généralement qu'il constituait l'une des pièces de la mâchoire d< s Ammonites.
APUREMENT de comptb. Cette formule, eu . dans la Comptabilité, s'applique à tout compte, qui est définitivement vérifié et dont le comptable est reconnu quitte.
apus (du gr. ànovz, sans pieds), genre de petits Crustacés branchiopodes : carapace scutiforme qui recouvre la tête et le thorax ; pattes-m&choin meuses, 60 paires env. de pattes branchii de queue formée par 2 longs append ces sétacés. Li - Apus habitent les f ssés humides et les mares.
APYRi-XIE (du gr. ôwrupeÇCa), cessation du mouvement fébrile. Voy. FlÈVRE.
AQUARELLE (de l'ital. acquareUo, détrempe), dessin au lavis et de plusieurs couleurs. On se sert à cet effet de couleurs délayées à l'eau et Légèrement gommées que l'on applique sur du papier, du carton ou de l'ivoire ; on prépare pour cet usage des papiers particuliers, le papier Watimann et 1 pier torchon : il est bon d'étendre ce papier sur un cadre de bois ou stirator, ce qui permet de le tenir humide en le mouillant par-desSOUS. L'aquarelle s, distingue parla Dne&se et la transparence des teintes, par la fraîcheur et l'éclat des i ouïe rs; elle se prête surtout a la peinture des portraits, des fleurs, des oi seaux, des paysages, pourvu que les sujets soient de petite dimension. Ce genre du peinture est tout mo > commencé à avoir de vogue qu'au xviii* e. On cite comme aquarellistes Watelet, Nicole. Boissieu, Thiénon, Cicén, Dévéria, Hubert, G. Dupré, Th. Rousseau, etc.: il s'est formé en Aiiglet unesociété d'aquarellistes. [1 existe un Manueld turc à l'aquarelle, de Langlois de Longueville.
AQUARIUM. Ce mot latin, <pii signifie dés gne spécialement tout réservoir d'eau artificii ! destiné B conserver vivants des animaux ou <l
gétaux habitant les eaux douces ou salées. Les aquariums ne sont pas toujours un objet de curiosité' : à l'aide de dispositions ingénieuses qui permettent non-seulemenl de renouveler l'eau du réservoir, mais
de placer les animaux dans un milieu analogue qu'ils habitent d'ordinaire, ils fournissent au savant le moyen d'étudier les mœurs d'une foule d ces fluviatiles et marines encore imparfaitement connues, ainsi que de procéder à îles essais de fécondation artificielle. C'est au Jardin Botanique de Londres que fut établi le premier aquarium manu ; peu de temps après, \l. Coste organisa au C llége de France un aquarium destiné à des pisci-
A HUILAI RE.