LOGOGRAPHE
Catégories, examine les notions simples qui, représentées par des mots isolés, jouent le rôle de sujet ou à.' attribut \ le 2e, de l'Interprétation, considère les éléments de la proposition (nom, verbe, etc.), puis les diverses espèces de propositions ; le 3e, Premiers analytiques, expose les règles, les figures et les modes du syllogisme ; le ac, Seconds analytiques, analyse les propriétés et les espèces de la démonstration, les questions que peut résoudre la science, la nature de la définition, enfin l'origine des idées générales et indémontrables, des axiomes sur lesquels repose toute démonstration; le 5e, Topiques (ou de la Dialectique), énumàre les lieux ou sources d'arguments, et indique l'usage qu'on en doit faire dans la discussion ; le 6e, Réfutations des Sophistes, passe en revue les sopktsmes et enseigne la manière de les combattre. Comme la Canonique d'Épicure anéantissait la science en la réduisant à la sensation, et que les Stoïciens n'ajoutèrent rien d'important a l'Organon d'Aristote [Voy. Catégories), les siècles suivants conservèrent religieusement le monument élevé par ce philosophe. L'Organon eut de nombreux commentateurs, parmi lesquels on remarque : chez les Grecs, Galion, à qui on attribue l'invention de la 4e figure du syllogisme, Alexandre d'Aphrodisie, Porphyre, qui lit aux Catégories une introduction célèbre, Ammonius, disciple de Proclus, David l'Arménien, Simplicius, Jean Philopon; et chez les Latins, Boéce, dont les travaux importants ont joué un rôle considérable en faisant connaître aux Latins et en conservant parmi eux l'œuvre d'Aristote. Au moyen âge, la Logique d'Aristote régna à la fois sur les écoles mahométanes, pour lesquelles elle fut traduite en arabe par Averrhoès, et sur les écoles chrétiennes, dans lesquelles elle donna naissance à la Scolastique : celle-ci commenta et simplifia l'Organon, en formulant les règles des propositions etdu syllogisme; elle s'en servit pour l'argumentation dans la querelle du Nominalisme, du Conceptualisme et du Réalisme. Alors se distinguèrent Roscelin, Abélard, Albert le Grand, St-Thomas d'Aquin, Duns Scot, Occam, Raymond Lulle. Ensuite, du xive au xvi' siècle, les innovations de Laurent Valla, Patrizzi, Ramus.Nizolius, Campanella, amenèrent l'ère nouvelle où parurent Bacon, Descartes, Leibnitz et Kant.
En Angleterre, Bacon, exprimant dans un langage imagé l'opinion de ceux qui essayaient de secouer le joug de la Scolastique, aidé d'ailleurs par les progrès des sciences physiques, formula dans son Novum Or//o/tinn(lQ20) les règles de la méthode expérimentale et inductive, dont Aristote, malgré son goût pour l'observation, n'avait donné qu'une théorie insuffisante et entièrement méconnue au moyen âge. Peu après, llobbes, dans sa Logique, résuma avec précision la théorie du syllogisme et le Hollandais 'S Gravesande, dans son Introduction à la Philosophie, exposà les principes essentiels de la logique péripatéticienne, en y joignant un sommaire de la doctrine de Locke sur l'origine des idées. De nos jours, Hamilton a rappelé l'attention sur cette étude dans ses Fragments de philosophie ; mais sa doctrine a été combattue par M. Stuart Mill [Philosophie de Hamilton) : ce dernier, B'inspirant de Bacon, de llobbes, do Locke et do llartley, et alliant leurs idées au Positivisme d'Aug. Comte, a essayé, dans sa Logique, de ramener toute lascienceà l'association des idées. Voy. Empirisme.
En France, Descartes (Discours de la méthode, 1637 ; Règles pour la direction de l'esprit, Recherche de l(i vérité par les lumières naturelles j, substituant à l'autorité l'examen, sous le nom de doute méthodique, donna aux sciences une méthode du caractère le plus général ; appliquanteette méthode a l'observation et à "expérience aussi bien qu'aux spéculations mathématiques et métaphysiques, il l'illustra par ses Médita' ' l'accrédita par une foule d'admirables dérouvertes scientifiques (Voir Bertrand de St-Gennain, Descartes physiologiste et médecin,l869)\ aussi est-ce
en suivant ses principes, dégagés des hypothèses qui les faussaient, que ces sciencesontfait en France tous les progrès réalisés depuis (VoirBordas-Demoulin,/e C<7/ 7< w»/^v///e . Mulebranche,dans sa Recherche de la vériti .donna un excellent commentaire des règles de Descartes; les savants de Port-Royal, Arnauld et Nicole (Logique ou Art de penser), aitiM que Bossuet [Logique), et le père Buffier (Principes <lu raisonnt ment), fondirent l'enseignement de l'École avec celui de Descartes; de son côté, Leibnitz essaya de concilier les travaux d'Aristote et ceux des réformateurs modernes (Discours touchant la méthode de la certitude et l'art d'inventer) : c'est d'après ces vues que furent rédigées la Logique de Wolf( 1 72<< , la théorie syllogistiqued'Euler Lettres), ain-i qixele Nouvel Organon de Lambert, philosophequi fut le précurseurde Kant (1763). Restreinte quelque temps par Condillac etDestutt de Tracy, la Logique a été de nos jours le sujet de travaux importants qui ont fait connaître son histoire ou accru son domaine : M. Barthélémy St-Hilaire a donné un mémoire sur la Logique d'Aristote et la traduction de la Logique a Aristote; M. Cournot, un Essai sur les fondements >■■ connaissances et sur les caractères de la critiqut losophique et un Traité de l'enchaînement des idées f'om /amentales dans les sciences et dans l'histoire, etc. — Voir Ravaisson, la Philosophie en France au \ix« siècle, § 32-33.
En Allemagne, Kant, tout en conservant dans sa Logique la doctrine péripatéticienne, fit entrer la science dans une voie nouvelle en posant, dans ^a Critique de la raison pure, comme préliminaire indispensable de toute étude scientifique, le grand problème d&Y objectivité d& nos connaissances, c.-à-d. la question de savoir si les objets existent tels que nous les concevons (Voir Renouvier, Essais de critique générale ; Tissot, Essai de logique objet Au contraire Hegel, identifiant dans sa Logique la Dialectiqueavecla Métaphj sique, prétendit expliquer par descombinaisons d'idéesabstraites toutesl> lités( \'oy. Pwthkismk '. — Noir P.Janet, Essai tur la dialectique dans Platon et dans Hegel; Meberweg, Système et histoire de la logique 3* éd., 1808, Bonn .
La Logique a toujours eu sa place dans l'en» ment public en France; elle y est étudiée connue partie intégrante de la Philosophie. De 1852 à 1863, c'est sous le couvert du nom de Logique que la Philosophie a été maintenue dans L'enseignement des lycées. Les Manuels ou Précis de logique de .MM. Duval Jouve, Jourdain, Mallet, Pellissier, etc., ont été rédigés conformément aux programmes de 1832.
En Grammaire, on distingue l'a l'analyse grammaticale, le sujet /< ■ tujet
grammatical, etc. Voy. ANALYSE, Si Ji i, etc.
LOGISTIQUE (du gr. Xoyiotixôc). En Astronomie, on appelle logarithme logistique d'un nombre coudes, l'excès du logarithme décimal d le logarithme de ce nombre de secondes. !.■■ principal usage des Logarithmes logistiques, est de permettre de calculer plus promptement Le quatrième terme d'une proportion dont Le premier terme est oo', ce qui arrive fréquemment en astronomie : 00 n'a pis de soustraction a faire pour ce calcul, puisque le logarithme logistique de 60' est 0. Une table de logarithmes logistiques est jointeà la table de logarithmes de Callet. — La première table de ce g *e fui donnée dans L'astronomie Caroline de Street en 1661.
LOGOGRAPHE (du gr. >v • bel les an-
ciens Grecs, leslogographes furent les premiers prosateurs et en même temps les premiers historiens.
Quoiqu'ils prétendissent donner des annales véridi-
ques, pures des fables et des mensonges imaginés
par les poètes mythographes, leurs compositions no
sont autre chose que des recueils de traditions et île
les. Cadmus et Hécatée de Riilet, àcusilaus, Phérécyde, Charon, HeUanicus, sont les principaux,
logographea : ils sont tons antérieurs à ll.rodote, et le dialecte, dont ils se sont Bervis l. N 0;r