MAGNÉSIE
MAGNÉTISME
cureursde la république et leurs substituts. Ces magistrats ne sont pas inamovibles et la limite d'âge n'existe pas pour eux.
La magistrature française a toujours joui d'une haute considération. Sous l'ancienne monarchie, elle modérait le pouvoir absolu par l'exercice du droit de remontrance et en résistant a L'enregistrement des édits qui lui semblaient contraires au droit public du royaume et à l'intérêt bien entendu du roi et du peuple. Elle savait aussi opposer aux factions une résistance non moins courageuse. Mlle s'honore d'avoir compté parmi ses membres, l'Hôpital, les Mole, les llarlay , d'Aguesseau , les Séguier, Malesnerbes, etc. Voy. Parlement.
MAGMA (du gr. piâyp.a, de u.âarjo), pétrir), se dit, en Chimie et en Pharmacie, du résidu d'une masse soumise à l'expression, et en général de toute masse épaisse, visqueuse ou gélatineuse, ayant l'aspect et la consistance de la bouillie.
MAGNANERIE (de magnan, nom vulgaire du ver à soie dans le Midi), bâtiment destiné à élever des Vers à soie. Voy. Ver a soie.
MAGNATS (du lat. magnâtes), nom donné, en Pologne et en Hongrie, à la haute noblesse. Voy. le Dict. cTHist. et de Géogr.
MAGNÉSIE (dn lat. magnes, aimant, parce que cette terre happe à la langue et l'attire, pour ainsi dire, comme l'aimant attire le fer), dite aussi Magnésie calcinée ou Oxyde de magnésium, substance composée d'oxygène et de magnésium [MgO], est blanche, pulvérulente, douce au toucher, très-peu soluble dans l'eau, sans saveur ni odeur. Elle se trouve abondamment dans la nature, à l'état de combinaisons avec les acides ou avec quelques oxydes métalliques, notamment à l'état de carbonate, dans !a giobertite, la dolomie, etc.; de silicate, dans la serpentine, l'écume de mer, la magnésite, le talc, etc.; de sulfate et de chlorure, dans les eaux minérales et dans l'eau de la mer. On prépare la magnésie en calcinant le carbonate de magnésie. On l'emploie, en Médecine, pour dissiper les aigreurs de l'estomac et pour combattre les empoisonnements par les acides ou par l'arsenic. Elle forme, avec les acides, des sels dont les uns sont insolubles et terreux, les autres amers et purgatifs. Le carbonate et le sulfate sont, les pi. s importants d'entre eux : le premier constitue la magnésie blanche {Voy. ci-aprèsj; le second est le sel d'Epsom : il existe dans les sources d'Epsom, de Sedlitz et de Pullna; dissous dans l'eau chargée d'acide carbonique, il constitue l'eau de Sedlitz artificielle. — Longtemps confondue avec la chaux, la magnésie fut entrevue en 1722 par F. Hoffmann; mais elle ne fut distinguée comme une substance particulière qu'en 1755, par Black ; elle a été ensuite étudiée par Hargraffet Bergmann, Elle fut longtemps regardée comme un corps simple. Voy, Magnésii V,
MAGNÉSIE BLANCHE ou Magnésie unylaue. Voy. M.\- S-Nl -n CARBONATBE.
MAGNÉSIE UOilATÉE. Voy. 1Î0BACITE.
MAGNÉSIE CAItBONATÉE OU Carbonate tir magnésie. On distingue trois carbonates de magnésie : lo carbonate neutre, le bicarbonate, qui fait partie de la composition de plusieurs eaux minérales, et le carbonate basique, ou tous-carbonate, connu aussi sous le nom de magnésie blanche. Ce dernier constitue un sel blanc, insoluble dans l'eau, sans saveur, et remarquable par son extrême Légèreté : c'esl un mélange :'i proportions variables suivant sa préparation, de carbonate et d'hydrate de magnésie. Il est fréquemmenl employé, en Pharmacie, pour la préparation de la magnésie et pour L'imitation <le certai
nés eaux minérales acidulés. Il entre dans la plupart
d"s formules offlei laies de poudre» el <ie tablettes absorbantes, usitées contrôles aigreurs de l'estomac et autres dérangements chroniques des fonctions digestives, — i . /. < rioBBn 1 1 n.
MAG.XÉS1K FLDOPHOSPHATÉE. Voy. \\ .u.xi r.i 1 1:.
ïiac\ésie uydbatée, substance minérale connue aussi sous le nom de Magnésie native ou de Brucite, et dont la formule est Mg -+- Aq. Elle est laminaire, blanche, d'un éclat nacré, douce au toucher; elle est rayée par la chaux carbonatée et pèse 2,34- On la trouve à lloboken dans le New Jersey.
magnésie noies. Voy. Manganèse.
MAGNÉSIE silicatée. Il existe un grand nombre de silicates magnésiens hydratés, qui ne diffèrent que par les proportions de leurs éléments : les plus importants sont la Magnésite, la Stéatite et la Villar- <ite I Voy. ces mots). Telles sont encore les substances minérales appelées Aphrodite, Dermatine, Monradite, Pikrosmine, Pikrophyle, etc.
magnésie siLicoFLLATÉE, dite aussi Condrodife et Maclurite [MgFl1-j-2Mg8Si], substance minérale qui cristallise dans le système du prisme oblique h base rhombe; elle est jaunâtre, sans éclat, raye le feldspath , est rayée par le quartz, et pèse 3,19. On la trouve disséminée dans des calcaires grenus, dans le New-Jersey, la Finlande, la Saxe et
MAI.NÉS1E SULFATÉE OU EpïOnute [ M g S -+- ■"< \ |,
substance minérale qu'on n'a encore rencontrée qu'en efflorescence à la surface des roches magnésiennes, en Catalogne, en France, en Angleterre, etc. On l'utilise pour la préparation de la magnésie et du carbonate de magnésie.
MAGNÉSITE, minéral connu aussi sous le nom d'Écume de mer, n'est autre chose qu'un silicate de magnésie hydraté [MgSi' -f- Aq]. On le trouve en petites masses réniformes ou amorphes, blanches, jaunâtres ou rosées, dans différents calcaires, mont, en Anatolie, et en France, à Montpellier, à Coulommiers, à Gbénevières près de Paris. L'écume de mer sert principalement à la fabrication de pipes très-recherchées. On imite l'écume de mer naturelle en incorporant avec de la caséine de la magnésie calcinée et un peu d'oxyde d^ zinc.
MAGNÉSIUM, corps simple métallique, d'un gris de fer ou blanc d 'a nu dans la ma-
Voy, ce mot). Il est ductile, malléable, se lime et se brun t; sa densil ;l fond à la
température de fusion du zinc. Chauffé à l'air, il s'enflamme et brûle avec un éclal I très-
riche en rayons chimiques; aussi se sert-on dans quelques cas de ce métal pour L'éclairage lampes à mèche de magnésium) et dans la photographie. — Le magnésium a été isolé peur la lre l'ois par Davy a l'aide de la pile. M. Bussy en a obtenu de notables quantités en 1830, en décomposant le chlorure do magnésium par le potassium. On le prépare maintenant, d'après les pro 'i\l. Deville
et Caron, en ajoutant du sodium a un n.> fondu de chlorures do magnésium et do ^ dium avec
ilu fluorure de calcium.
MAGNÉTIQUE (du lat. magneticus\ se dit, en Physique, de ce qui a rapport à l'aimant ou qui dépend des propriétés de l'aiguille aimantée. Ainsi on du : attraction magnétique, courant magnétique, On appelle n/uatcur ma ont tique la courbe formée autour de la terre par la série '.es points où L'aiguille aimantée reste horizontale; méridien plan vertical parallèle à la diroetiou de l'aiguille aimantée, dans un lieu quelconque.
Ce mot se dit aussi de tout" ce qui a rapport au magnétisme animal ; traitcmtntmagnéiique, sommem magnétique.
MAGNÉTISME (de magnétiser; du gr. an pierre d'ainiai" , agent auquel L'aimant doit la propriété d'attirer le fer, et qu'on identifie aujourd'hui avec l'électricité. Bien que la force mag une par sa nature, on peut distinguer, par rapport stations, Le ma . raùnani, et
celui de la terre, ou magnétisme terresi
Le magnétù m» terrestre est la cause des phénomè- . de déclinaison, de variation d'intensité, (pion observa di'.>* l'aiguille aimantée [Voy. ces
MAGNÉTISME
MAGNÉTISME
mots). Pour expliquer ces phénomènes,on considère la terre comme un immense aimant qui agit sur l'aiguille et dont les pôles seraient situés non loin des pôles •aphiques, sans toutefois coïncider avec eux. L'intensité de la force qui détermine l'inclinaison et la déclinaison magnétiques varie avec la distance aux pôles magnétiques. Pour la mesurer, on opère comme pour la pesanteur : on dévie une aiguille magnétique de sa direction et l'on estime la rapidité de ses oscillations par le nombre d'oscillations qu'elle fait en un temps donné ; cette aiguille, transportée dans différents lieux, donne (en supposant que son magnétisme soit toujours resté le même) le rapport qui existe entre l'intensité de la force magnétique dans ces différentes localités. Si l'on réunit par des lignes les points où cette intensité est la même, on obtiendra des lignes isodynamiques qui, d'après M. Duperrey, suivent à peu près la direction des lignes isothermes. Il a été publié par MM. Hansteen, Duperrey, Sabine, etc., des cartes qui indiquent ceslignes.
Pour le magnétisme tel qu'il se produit dans l'aimant, Voy. Aimant et Aimantation.
Les anciens avaient quelque connaissance des propriétés de l'aimant ; Pythagore les avait observées ; Platon en parle dans plusieurs de ses Dialogues. L'introduction de la boussole en Europe, au moyen âge, devint la première application importante du magnétisme. Au commencement du xvie siècle, Sébastien Cabot, dans son voyage au nord de l'Amérique, découvrit la déclinaison de l'aiguille aimantée. A la fin du même siècle, le docteur Gilbert, deColchotor, ht paraître le premier traité sur le magnétisme et l'électricité, où il démontra que c'est l'influence de la terre qui dirige cette aiguille. Au xvine siècle, Halley observa, à Ste-Hélène, les variations de l'aiguille aimantée ; Taylor détermina, de concert avec Uauksbee, la décroissance de l'intensité delà force magnétique en raison des distances ; Muschenbrœck se livra aux mêmes recherches. En 17/j6,Knight perfectionna les aimants artificiels ; mais il tint son procédé secret : ce qui n'empêcha pas Duhamel et Antheaume, en France, de composer des barreaux magnétiques. Mitchell, en Angleterre, arriva au même résultat, et calcula le décroissement de la force magnétique. yEpinus apporta des perfectionnements à la méthode de Mitchell pour l'aimantation des barreaux d'acier. Jusqu'à Coulomb, on avait cru que le fer seul était attirable à l'aimant. Ce physicien admit que tous les corps terrestres sont doués de la même propriété, mais à des degrés inégaux. Il perfectionna la méthode d'aimantation, et admit que les phénomènes magnétiques sont dus à un fluide analogue à celui de l'électricité. La découverte de V électromagnétisme, faite en 1819 par QErsted, démontra l'identité des deux agents. Un gr.md nombre de travaux importants ont été publiés depuis sur cette branche de la Physique, notamment par Ampère, Arago, Faraday, Schweigger, Kupffer, Plucker, Gauss, Weber,
etc. Voy. Él.ECTROMAC-NFTISME.
magnétisme animal. C'est, d'après ses partisans, l'influence qu'un homme peut exercer sur le corps d'un autre homme, soit au moyen de l'application des mains et de mouvements appelés passes, soit même par la seule volonté. Les effets produits sont, selon les cas et les personnes, une chaleur douce et pénétrante, de la somnolence, un sommeil plus ou moins profond, l'insensibilité extérieure, partielle ou totale, le somnambulisme, avec ou sans lucidité ; quelquefois, ce sont des spasmes, des attaques de nerfs, la catalepsie, l'extase. Souvent aussi, les effets sont nuls. Les effets se produisent d'autant plus facilement qu'ils ont été plus fréquemment répétés. On les explique par l'existence d'un fluide subtil, analogue au magnétisme minéral, mais propre aux êtres animés, ce qui l'a fait nommer magnétisme animal. La plupart des magnétiseurs admettent aujourd'hui que ce fluide est identique au fluide nerveux, et que, de même que la volonté dirige le fluide
nerveux vers les organes pour les mouvoir, ellepeut aussi lancer ce fluide au dehors et le faire pénétrer dans le corps d'une autre personne. Ils pensent qu'en accumulant ce fluide dans le corps d'un individu qui n'en serait pas suffisamment pourvu, on peut y rétablir l'équilibre et augmenter la force vitale. Du reste, quelle que soit l'explication adoptée, ils assurent qu'il est possible de guérir, ou tout au moins de soulager parles procédés magnétiques, un grand nombre de maladies, surtout celles qui appartiennent au système nerveux. Ils citent de nombreux exemples de guérisons ainsi obtenues; ils ne demandent au magnétiseur, pour réussir, que volonté et confiance en ses forces.
Bien que l'on trouve fort antérieurement au xvme siècle de fréquentes mentions d'une médecine magnétique ou traitement par l'aimant (dans Paracelse, Goclenius, J. Roberti, Van Helmont, Robert Fludd, Kircher, W. Maxwell), c'est Mesmer qui est l'auteur de la doctrine du magnétisme telle qu'elle est connue aujourd'hui. Ce médecin allemand avait été conduit par des essais sur la vertu curative du magnétisme minéral à supposer qu'il existait un magnétisme universel; il appelait cet agent magnétisme animal, quand ses effets se manifestaient dans les êtres animés. Il vint exposer son système à Paris en 1778, et y produisit, sur de nombreux malades assemblés autour de ce qu'il appelait le baquet magnétique (Voy. ce mot), d'étonnants effets qui attirèrent promptement l'attention publique : il compta bientôt de nombreux et fervents disciples. Une commission des savantsles plus distingués (Bailly,Lavoisier, Franklin, A.-L. de Jussieu, etc.) fut formée en 1784 pour examiner sa doctrine et sa pratique. Les commissaires reconnurent la réalité des effets ; mais tous, à l'exception d'un seul (le célèbre Jussieu), crurent devoir les attribuer à l'imagination ou à l'imitation. Peu après cette décision, le marquis dePuységur découvrait, dans sa terre de Busancy, le merveilleux phénomène du somnambulisme, qui changea complètement la face de la doctrine. Négligé pendant les troubles de la République et les guerres de l'Empire, le magnétisme attira de nouveau l'attention sous la Restauration. Un nouvel examen, entrepris par l'Académie de médecine sur la demande d'un médecin de Paris, le Dr Foissac, donna lieu, en 1826, à un rapport étendu et impartial, rédigé par le Dr Husson, et qui concluait à ce que l'Académie encourageât l'étude du magnétisme comme importante pour la physiologie et la thérapeutique ; mais cette proposition resta sans effet. Malgré l'inaction des corps savants, le magnétisme animal n'a cessé de se répandre en France et à l'étranger. Malheureusement, la plupart des phénomènes magnétiques, bien qu'attestés par les hommes les plus respectables, sont, de leur nature, ou trop intimes ou trop fugitifs pour pouvoir être soumis à des expériences publiques ; ils sont, en outre, trop peu uniformes, trop peu constants, pour qu'on puisse être assuré de pouvoir toujours, à volonté, les reproduire identiquement ; enfin ils prêtent facilement au merveilleux, et il e^t souvent possible de les simuler. Il est arrivé de là que ces faits sont restés inexpliqués et même contestés ; que la doctrine du magnétisme n'a pas encore pu prendre sa place dans la science ; et, de plus, que trop souventelle a été défigurée par la crédulité ou la superstition, ou exploitée parle charlatanisme et la mauvaise foi.
Parmi les nombreux écrits publiés sur le magnétisme, nous signalerons, après les écrits de Mesmer et les Rapports des commissions de 1784 et de 1826, [es Mémoires du marquis de Puységur (1788) et ceux de la Société de Strasbourg ; l'Instruction pratique sur le magnétisme de Deleuze ; le Cours et le Manuel de V étudiant magnétiseur de Dupotet; le Manue* pratique et le magnétisme animal expliqué de Teste; les Cures opérées par le magnétisme animal de Mialle ; les Lettres sur le magnétisme animal d'Am.
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