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MANNITE

Antilles. On appelle couaque la farine obtenue par la dessiccation du manioc; en la cuisant légèrement, on en fait une sorte de pain dit pain de cussave. Le tapioka ou sagou blanc n'est autre chose que la fécule de manioc séchée sur des plaques chaudes et réduite en grains irréguliers. On fait aussi avec le manioc fermenté diverses boissons; p. ex. le cachiri. Voy. ce mot.

MANIPULATION (de manipuler, du lat. manipulus, poignée), se dit, en Chimie, en Pharmacie et dans les Arts, de l'action d'exécuter diverses opérations manuelles, d'opérer sur les substances mômes. Quelquefois aussi ces opérations manuelles sont elles-mêmes appelées manipulations. On ne sait réellement pas la science si on ne l'a étudiée que dans les livres et si l'on n'a pas manipulé. Aussi les exercices de manipulation sont-ils devenus inséparables de l'enseignement; on y exerce les étudiants dans les laboratoires.

MANIPULE (du lat. manipulus, poignée d'herbe), première enseigne des Romains, ne fut d'abord qu'une botte de foin attachée à une longue perche, comme le témoignent ces vers d'Ovide (Faut, in, 115) :

Pertica suspenses portabat longa maniplos ; Inde manipularis nomina miles habet.

Plus tard, le manipule devint une haste surmontée de signes symboliques KVoy. Enseigne). — C'était aussi la troupe même à laquelle le manipule servait d'enseigne ; il y avait 3 manipules par cohorte et 30 par iégion. — On nommait manipuluire l'officier qui commandait un manipule.

Dans le Culte, on appelle manipule cet ornement que les officiants, prêtres, diacres et sous-diacres, portent au bras gauche, et qui consiste dans une bande large deOQ\06à 0'",08, faite en forme de petite étole. Les Grecs et les Maronites portent deux manipules, un à chaque bras. Dans l'origine, le manipule était une simple serviette. Voy. Fanon.

En termes de Pharmacie et dans les ordonnances des médecins, ce mot est synonyme de poignée et désigne ce que la main peut tenir d'herbes, de feuilles, de fleurs ou de graines.

MANIQUE ou manicle (du lat. manica), morceau de cuir dont le cordonnier, le sellier, etc., s'entourent la paume et le dessus de la main, afin d'empêcher que le fil ciré ne les blesse lorsqu'ils serrent avec force les coutures.

MAMS, nom latin scientifique du Pangolin.

MANIVEAU (dimin. de manne, panier?), petit plateau d'osier tressé sur lequel on range certains comestibles pour les vendre, notamment les champignons, les fraises, les framboises, les éperlans, etc.

MANIVELLE (du lat. m anus, main, et de l'anc. ht-allem. wellun, tourner [Scheler]), pièce ordinairement en fer, façonnée en équerre, dont une des branches se fixe par son bout sur l'axe d'une machine, d'une roue, et dont l'autre branche forme le manche par lequel la main peut faire tourner la machine ou la roue. Les manivelles jouent un grand rôle dans le mouvement des machines; c'est par leur moyen qu'on transforme le mouvement de rotation en celui de va-et-vient, et réciproquement : on emploie à cet effet un axe à deux manivelles faisant entre elles un angle droit. — On se sert de manivelles dans la Marine, pour faire tourner le gouvernail ; dans l'Imprimerie, pour faire rouler le train d'une presse; dans la Maçonnerie, pour élever des pierres, et dans une foule d'arts mécaniques.

MANNAJA, instrument de supplice. Voy. Guillotine.

MANNE (ainsi nommée par allusion à la nourriture divine que Dieu envoya aux Israélites dans le désert), suc concret qui découle de quelques Frênes, particulièrement du Frêne de Calabre (Fraxinus rotuitdifolio). On distingue la manne en larmes, en morceaux allongés, prismatiques, blancs, légers, offrant souvent des cavités en dedans : elle est plus sucrée que les autres espèces; la manne en sorte, en

grains d'un jaune blond, poisseux, et d'une saveur douceâtre, un peu nauséabonde : elle est très-usitée pour la préparation de potions et de tablettes laxatives; la manne grasse, qui est mêlée de beaucoup de corps étrangers : c'est la moins estimée. La manne s'obtient à l'aide d'incisions, faites en juin et en j ni 11» t sur l'écorce du frêne; la manne qui reste sur l'arbre et s'y concrète en gouttes ou en stalactites constitue la manne en larmes; celle qui descend sur la terre est la manne en sorte ; la partie la plus molle et la plus impure de celle-ci forme la manne grasse. On trouve dans la manne un principe sucré particulier, appelé mannite ( Voy. ci-après). — Les médecins italiens ont les premiers mis en usage la manne comme médicament; elle purge sans causer d'irritation: c'est surtout le purgatif des enfants, qui la prennent sans trop de répugnance.

Beaucoup de végétaux fournissent des exsudations analogues à la manne : tels sont, entro autres, le Larix europœa (Mélèze d'Europe\ qui donne la manne de Briançon; le Cistus ladaniferus, qui donne le ladanum ; le Salix chilensis, de l'Amérique du Sud, une espèce d'Eucalyptus de laDiéménie, qui donne la mélitose ou manne d'Australie; YHedysarum ou Sninfoin alhugi, qui donne la manne de Perse; un JEgylops, qui fournit la manne de Tréhala (Voy. Tréhalose) et surtout le Tmiarix mannifera de l'Orient, petit arbrisseau épineux qui produit un suc rougeâtre, dans lequel beaucoup de voyageurs modernes ont prétendu reconnaître la manne des Israélites.

La manne des Israélites était, d'après la Bible (Exode, xvi, 13-36), une substance analogue à la semence du coriandre blanc, d'un goût semblable a celui du miel, et susceptible d'être pétrie en gâteaux. Peu de temps après leur sortie d'Egypte, les Hébreux, étant arrivés à la vallée de Sin, ma n rent de nourriture; alors parut sur le sol, le matin après la rosée, cette substance que les Hébreux appelèrent manne. Elle se fondait au soleil et se corrompait dans les 24 heures; aussi ne devait-on en recueillir que pour la nourriture de la journée. Elle tomba pendant tout le temps que les Israélites vécurent dans le désert.

manne (du b.-lat. manda; orig. germaniq.), sorte de panier rond, ovale ou rectangulaire, à fond plat, assez profond, fabriqué ordinairement en osier, t dont se servent surtout les chapeliers, les ciriers, les chandeliers, les blanchisseurs, etc., pour placer ou transporter leurs marchandises. Les mannes sont garnies, à chaque bout, d'une poignée qui sert à les transporter d'un lieu à un autre.

MANNEQUIN (du flamand mœneken, petit homme). Les peintres et les sculpteurs appellent ainsi des figures d'hommes plus ou moins grandes auxquelles ils donnent les poses dont ils ont besoin, ou qu'ils couvrent d'habillements et de draperies qui varient selon les sujets qu'ils veulent représenter ; les membres de ces mannequins sont généralement articulés. Baccio délia Porta fut, dit-on, le premier qui fit usage d'un mannequin. — LesChirurgiens se servent aussi de mannequins pour exercer les élèves à l'application des bandages ou à la manœuvre des accouchements. — On doit à M. le Dr Auzoux un mannequin unatomique qui représente avec une merveilleuse exactitude l'homme et tous ses organes et qui se démonte à volonté.

mannequin (de manne), long panier de gros osier et à claire-voie, ordinairement employé au transport des fruits et des légumes.

MANNET, mammifère Rongeur. Voy. Hélamys.

MANNITE, dit aussi Sucre de champignons ou Grenadine, sub -tance sucrée qui forme la partie constituante de la manne et à laquelle on attribue son action purgative. On la rencontre aussi dans les champignons, le céleri, la racine de chiendent, la racine de grenadier, les algues, et dans beaucoup d'exsudations végétales; c'est un des produits dans

MANOMETRE.

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