MATÉRIAUX
Mât de Cocagne. Voy. Cocagne.
MATADOR (du lat. mactator, tueur), mot espagnol par lequel on désigne le plus important des toréadors, celui qui, dans les combats de taureaux, est chargé de mettre l'animal à mort. Voy. Taureaux (combat de). — Par suite, ce nom a été appliqué, sous Louis XIII, aux chefs d'une coterie de la cour, et aussi à tout homme riche et puissant.
Au jeu de l'Hombre, on nomme matadorsles cartes supérieures, parce qu'elles l'emportent sur toutes les autres, ce sont : espadilte ou spadille (l'as de pique), bnste (l'as de trèfle), et manille (la dernière carte de la couleur que l'on joue). Voy. Hombre.
MATAMATA (nom indigène), genre de Reptiles, de l'ordre des Chéloniens, famille des Émydes, créé pour des tortues de la Guyane, caractérisées par une gueule aplatie, arrondie en avant, un nez prolongé en trompe, des pieds courts, des doigts armés d'ongles forts, une carapace étroite ne pouvant recevoir la tête et les pieds, et surtout par une gueule fendue en travers. Cuvier donne à ces animaux les noms de Chélidés et de Tortues à gueule.
MATAMORE (de l'espagn. mata moros, tueur de Mores), personnage très-commun dans les comédies espagnoles : il se vante à tout propos de ses prétendus exploits contre les Mores. Le Miles gloriosus de Plaute, le Spavento milanais, le capitaine Fracasse du xvie siècle, sont des personnages analogues. Voy. Capitan.
MATASSE (soie en), soie non filée. Fo//.Matteau.
MATASSIiN'ADE (de matassin ; en espagn. matachin), danse armée qui fut en vogue en France au xvie et au xvne siècles. Les danseurs, dits matassins, portaient corselet, morion, épée et bouclier avec sonnettes aux jambes et au casque. Dans le 1er acte de Monsieur de Pourceaugnac, Molière avait placé un ballet de matassins.
MATÉ (en portugais yerva do maté, herbe de maté), dit vulg. Thé du Paraguay, arbre du genre Houx, et de la famille des Ilicinées : il est de la grosseur d'un petit chêne ; il a des feuilles larges et dentelées, et des fleurs réunies en grappes au nombre de 30 à 40. Le maté croît en abondance au Brésil et dans le Paraguay. Ses feuilles, grillées légèrement, puis concassées et réduites en poudre, donnent, par leur infusion dans l'eau bouillante, une boisson analogue au thé delaChine, et dont l'usage est général dans l'Amérique méridionale.
MATELOT (orig. dout.), se dit de tout homme qui fait partie de l'équipage manœuvrier d'un bâtiment de mer; il exécute, sous les ordres des officiers et des maîtres, toutes les opérations de la garniture des mâts et des vergues, du gréement et de la manœuvre. L'inscription maritime range sous la dénomination de matelot tous les marins immatriculés, c.-à-d. ayant fait deux campagnes, non revêtus de grade, et qui ont de 18 à 50 ans. On en compte près de 60,000 en France. Ces matelots sont à la disposition de l'État pour le service de la flotte et forment le noyau des équipages de ligne ( Voy. Inscription maritime). Ceux qui ne sont pas employés par l'État peuvent s'engager pour le service d'un bâtiment de la marine marchande, soit pour un voyage, soit à tant par mois pour un temps déterminé. Le Code de commerce (art. 250-272) a réglé les principales conditions des engagements des matelots avec les armateurs et les capitaines.
Matelot, se dit, dans la Tactique navale, de chacun des vaisseaux d'une ligne, considéré par rapport à celui qu'il précède ou qu'il suit immédiatement. Les matelots du commandant sont deux vaisseaux entre lesquels le vaisseau amiral doit combattre : l'un est le M. de l'avant; l'autre, le M. de l'arrière.
MATELOTE (de matelot), mets composé de plusieurs sortes de poissons, notamment d'anguille et de carpe, accommodés à la manière dont on prétend que les matelots les accommodent, en les faisant cuire avec du vin, ou, dans certaines localités, avec du
cidre ou du poiré mousseux. On estime surtout les matelotes normandes.
MATER DOLOKOSA, c.-à-d. la mère des douleurs. Cette locution empruntée sans doute au début du Stabat : « Stabut mater dolorosa, etc. » désigne, en Peinture, un tableau représentant la Ste Vierge en larmes au pied de la croix ou soutenant le corps de son fils mort.
MATEREAU (dim.de mât), petit mât ou partie de mât, remplaçant momentanément un mât absent.
MATÉHIALISME (du lat. materiulis), système philosophique qui n'admet d'autre existence que celle de la matière, et qui nie par conséquent celle des esprits, c.-à-d. de l'âme et de Dieu. Le matérialisme fut professé dans l'antiquité par les philosophes de l'école atomistique et de l'école épicurienne, Leucippe, Démocrite, Épicure, Lucrèce {Voy. Atomisme) ; danslestemps modernes, par des philosophes de l'école empirique, Hobbes, Lamettrie, d'Holbach, Diderot ( Voy. Empirisme), et par Técole dite physiologique, qui, avec Cabanis et Broussais, considère la pensée comme une simple fonction du cerveau. De nos jours, le matérialisme prétend identifier sa cause avec celle de la science. Écartant à priori de la manière la plus arbitraire les données de la conscience et celles de la raison, il n'admet comme réels que les phénomènes observés par les sens. Infidèle à la méthode expérimentale qu'il proclame seule légi- ' time, il prétend résoudre les problèmes d'origine et de fin par de pures hypothèses. On le réfute soit en démontrant l'existence de l'âme et de Dieu, soit en faisant voir qu'il ne détermine nullement la nature de la matière et de la force par lesquelles il prétend tout expliquer, que les hypothèses auxquelles il a recours ne sont conformes ni à la méthode expérimentale ni aux faits constatés par la science. Nous devons nous borner ici à renvoyer aux articles où ces questions sont traitées (Ame, Dieu, Matière, Espèce, OR<;ANicisMK,etc). H est facile dailleurs de juger cette doctrine en considérant ses conséquences : en Logique, elle prend pour règle un empirisme aveugle; en Morale, le plaisir, la passion ou l'intérêt; en Droit, l'utilité générale; en Politique, l'absorption de l'individu dans l'État et le despotisme ; dans l'Art, un grossier réalisme; enfin, en Religion, l'athéisme ou le culte de l'humanité. — Voir P. Janet, le Matérialisme contemporain; E. Caro, le Matérialisme et la Science ; H. Martin, les Sciences et la Philosophie.
MATÉRIAUX (du lat. materia/is). Dans l'Art de bâtir, on entend par matériaux les substances ou produits qui servent soit à la construction, soit à la décoration des édifices. On distingue : les M. naturels, c.-à-d. les pierres de toute nature (calcaires, meulières, granits, porphyres, serpentines, ardoises, etc.), les marbres, les bois de charpente ou de menuiserie, les fers et autres métaux (plomb, zinc, cuivre, etc.), et les M. artificiels, chaux, ciments, mortiers, pouzzolanes, plâtres, stuc, pierres artificielles, briques, tuiles, etc. La connaissance exacte de leur valeur vénale, celle de leur résistance à l'écrasement ainsi qu'à l'action de l'air extérieur, des causes qui agissent sur leur coloration, des procédés de conservation qui peuvent leur être appliqués, etc. .importent également à l'architecte, à l'ingénieur, et à l'entrepreneur de maçonnerie. Nous ne pouvons qu'appeler l'attention sur ces points importants. — L'École des Ponts et chaussées, à Paris, se charge gratuitement de l'examen et de l'analyse de tous les matériaux de construction qui lui sont adressés par des particuliers.
Les matériaux provenant de la démolition d'un édifice, ceux assemblés pour eu construire un nouveau, sont meubles jusqu'à ce qu'ils soient employés par l'ouvrier dans une construction (C. Nap., art. 532). — Le fait d'avoir embarrassé la voie publique en y déposant ou en y laissant, sans nécessité, des matériaux, ou d'avoir négligé de les éclairer pen-