MÉCANISME
MECONIQUE.
le jeu d'un métier, d'une mécanique, d'une machine [Voy.cee mois) ; 2° de l'ensemble des actes exécutés par les organes et qui constituent une fonction dans un être organisé ( Voy. Fonction) : ainsi l'on dit dans le premier sens le mécanisme d'une montre ; dans le second, le mécanisme de la voix humaine.
mécanisme ou mécanicisme, système qui fait consister l'essence de la matière dans l'étendue, et explique tous les phénomènes physiques par les lois de la mécanique, c.-à-d. par des figures etdesmouvements. Il a pour auteur Descartes. — I. En Métaphysique, on fait au Mécanisme les objections suivantes. 1° 11 est impossible de concevoir une substance réelle et concrète dépourvue de toute espèce d'activité : car exister, c'est agir, et la passivité n'est qu'une limitation de l'activité. En accordant aux corps la force motrice, c.-à-d. le pouvoir d'agir et de réagir les uns sur les autres sans intelligence ni volonté, on ne nie point l'inertie ; car l'inertie n'est point l'inactivité absolue, mais l'impuissance de chaque atome à changer lui-même son action externe qui est toujours la même dans les mêmes circonstances (Voy. Déterminisme). 2° Si les parties de l'étendue sont dépourvues de toute qualité, elles se confondent avec l'espace homogène et plein, et l'on ne peut comprendre le mouvement. 3° Rien ne retenant ces parties unies, dès qu'on exclut la force, la matière est divisible à l'infini ; par suite, elle se dissout et s'évanouit, puisqu'il n'y a plus d'atomes et qu'un tout n'a de réalité que par les parties dont il est la somme. — II. Dans la Physique, en rejetant les qualités occultes de la Scolastique et en expliquant tous les phénomènes de la nature par des figures et des mouvements, le Mécanisme a ouvert à la science une voie où elle fait tous les jours de nouveaux progrès. Le système des ondes lumineuses ébauché par Descartes, perfectionné par Malebranche, Huyghens et Euler, est devenu par les travaux d'Young et deFresnel le vrai fondement de l'optique. Son succès a conduit à l'hypothèse de l'unité des forces physiques (Voir le P. Secchi, l'Unità délie for ze fisiche, 1864 ; Saigey, la Physique moderne, essai sur l'unité des forces naturelles, 1867). D'après cette conception, la matière a deux formes : la. matière impondérable ou èther, dont les atomes ont un double mouvement de projection et de rotation, et la matière pondérable, dont les molécules sont des agrégats d'atomes éthérés. Tous les phénomènes sont des mouvements déterminés qui s'engendrent l'un l'autre ; pour les expliquer, on suppose qu'il y a des atomes éthérés interposés entre les molécules pondérables, et de plus que ces molécules entraînent dans leur rotation un certain nombre d'atomes éthérés qui leur composent une atmosphère : la lumière résulte des vibrations latérales de l'éther ; la chaleur est, comme le son, un certain mouvement des molécules mêmes des corps, mouvement qui peut être mesuré par un travail mécanique ; l'électricité consiste dans un transport de matière éthérée sous forme de courant ; enfin, tandis que la répulsion est produite par le mouvement calorifique, l'attraction pourrait se réduire à une impulsion que l'éther imprimerait aux corps graves dans le sens où il serait lui-même raréfié par suite d'un ébranlement propagé dans ses couches. Appliquée à la Chimie, la même hypothèse admet que les molécules des corps simples diffèrent seulement par l'arrangement des atomes éthérés qui les composent, que la cohésion et l'affinité résultent de la rotation des molécules et de l'atmosphère éthérée qui les entoure : car toute action chimique implique chaleur (Voy. Affinité, Chaleur, Son, Lumière, etc.). Cette hypothèse établit une heureuse liaison entre les théories les plus importantes de la Physique et de la Chimie ; mais l'explication qu'elle donne de l'attraction est contestable. Sans doute beaucoup de mathématiciens et de physiciens (Euler, Lesage, Arago, Biot, etc.), ne veulent pas admettre que l'attraction soit une propriété essentielle de la
matière, c.-à-d. une force qui agisse réellement à distance, et pensent qu'on pourra l'expliquer mécaniquement par l'impulsion que des atomes éthérés imprimeraient à la matière pondérable ; mais les diverses hypothèses imaginées dans ce but n'ont pas réussi jusqu'ici à rendre raison des mouvements planétaires ; d'ailleurs on ne voit pas que l'impulsion par contact soit plus facile à comprendre que l'actionà distance, parce qu'on ne saurait prouver qu'il y ait jamais contact réel et parfait entre deux atomes. — III. Dans la Physiologie, Descartes a eu tort de ne voir dans les animaux que de pures machines, et dans l'homme qu'une àme et une machine juxtaposées plutôt qu'unies. Par là, il a été conduit à nier la sensibilité et l'intelligence des animaux (Voy. Ame des bêtes), ainsi que les rapports mutuels qui existent entre l'âme et le corps de l'homme ( Voy. Causes occasionnelles, Harmonie préétablie;. En se dégageant de ces paradoxes et en se transformant, le Mécanisme est devenu l'Organicisme (Voy. ce mot). — Consulter Bordas-Demoulin, le Cartésianisme ; Biot, art. Descartes, dans la Biographie universelle; H. Martin, les Sciences et la Philosophie (Essai IV), etc. V(,yt Matière.
Mécanisme de Barker. Voy. Levier pneumatique.
MÈCHE (du lat. myxus, du gr. (lûÇa, mouchure). Les mèches des chandelles, des bougies et des lampes sont faites en coton : celles des chandelles et des bougies sont de longs fils de coton, plus ou moins fins et plus ou moins tordus; celles des lampes sont sans fin pour les veilleuses, plates et souvent gommées pour les quinquets, cylindriques et à double courant d'air pour les lampes perfectionnées. Voy. Lampe.
Les mèches pour soufrer le vin, dont se servent les marchands de vin, sont des bandes de toile longues de 0m,20 environ, trempées dans du soufre fondu et aromatisées avec de la violette, de l'iris, de la marjolaine, du thym, etc.
Autrefois les Artilleurs mettaient le feu à leurs pièces et les Sapeurs à la mine avec des mèches d'étoupe; elles sont aujourd'hui remplacées parla lance à feu et l'étoupille fulminante. — En Chirurgie, on appelle mèche un assemblage de fils de coton ou de toile, dont on se sert pour panser les sétons, les fistules, etc., et que l'on fait passer à traversles chairs.
Dans les Arts mécaniques, on nomme aussi mèche un instrument propre à percer des trous dans les corps durs, tels que le bois, la pierre, les métaux. Il se compose d'une tige en acier bien trempée et terminée en forme de cuiller ou de trident. On place à volonté cette mèche dans le fût de certains outils, que l'on fait avancer en leur imprimant un mouvement de rotation : c'est en ce sens qu'on dit : la mèche d'une vrille, d'une tarière, d'un vilebrequin, d'un tirebouchon, etc. — On appelle mèche en gouttière ou louche, celle qui sert aux luthiers et dans d'autres professions pour aléser des trous et les polir en dedans, comme lorsqu'il s'agit des corps de flûtes, de clarinettes et autres instruments de bois.
MECHOACAN, Convolvulus mechoacana , espèce de Convolvulus ou Liseron, commune dans le Méchoacan, province du Mexique. Le Méchoacan noir, n'est autre chose que le Jalap.
MÉCONIQUE (acide), du gr. pnfixwv, pavot; acide découvert dans l'opium par Sertuerner. Il est solide, blanc, cristallin, et se dissout très-bien dans l'eau et dans l'alcool. Il se compose d'oxygène, d'hydrogène et de carbone [C7H*07]. Lorsqu'on le porte à une température élevée, il perd les éléments de l'acide carbonique et forme de l'acide coméniqne fC6H -O5] qui à son tour produit, en perdant CO-, de l'acide pyroméconique. L'acide méconique est tribasique, il forme des sels appelés méconates ; le plus connu est le méconate de moiphine, auquel l'opium doit ses propriétés somnifères. — On obtient l'acide méconique en précipitant une infusion d'opium par une solution bouillante de chlorure de calcium, dé-