MÉDAILLE
MÉDECIN
composant le précipité de méconate de chaux par le carbonate de potasse, et traitant par l'acide chlorhydrique le méconate de potasse ainsi produit.
MÉCONIUM (du gr. (j.rjvcwvtov, suc de pavot, à cause de sa couleur et de sa consistance), matière de couleur verdàtre ou noir foncé, fort visqueuse et contenant de petits grains de matière colorante de la bile ; elle s'accumule dans les intestins du fœtus durant la gestation, et l'enfant la rend peu de temps après sa naissance. On en facilite, au besoin, la sortie par de légers purgatifs.
MhDAlLLE (de l'Haï, medaglia), pièce de métal fabriquée soit en l'honneur d'une personne illustre, soit en souvenir d'un événement important, d'une action mémorable, d'une grande entreprise. La science qui s'occupe de l'étude des médailles, de leur authenticité, de leur origine, de leur classification, a reçu le nom de Numismatique. Voy. ce mot.
Les médailles antiques, qui ne sont plus pour nous qu'un objet d'étude ou de curiosité, étaient, en général, les monnaies mômes des anciens. Les médailles modernes ont été frappées pour conserver le souvenir de quelque événement ou de quelque personne, mais n'ont jamais été destinées à servir de monnaies. La forme des médailles est généralement ronde; on en trouve cependant d'ovales, de carrées et de polygonales. Les métaux qui les composent sont l'or, l'argent, le billon, le plomb, l'étain, et depuis quelque temps le platine. On connaît aussi des monnaies antiques de verre et de terre-cuite. — La grandeur d'une médaille s'appelle module. Pour les médailles romaines de bronze, il y a trois dimensions classiques, dites le grand, le moyen et le petit bronze. On indique aussi communément le module au moyen d'un chiffre correspondant à un numéro de Y échelle dite de Mionnet. On appelle médadlons toutes les médailles qui dépassent les dimensions ordinaires environ depuis le module 10 et en montant. — On nomme droit {avers) ou tête le côté de la médaille où est le sujet principal; revers, le côté opposé; légendes, les inscriptions tracées soit à l'entour, soit à l 'exergue (Voy. ce mot); champ, l'espace qui s'étend entre le sujet et la légende ; ti/pe, le sujet principal; symbole, les sujets accessoires et emblématiques ; différents, les marques particulières du graveur, indiquant une émission ou un atelier.
On nomme dentelées ou crénelées, les médailles dont les bords sont découpés; saucées, celles de cuivre argenté; restituées, celles dont le type, pour une raison politique ou autre, a été renouvelé de pièces plus anciennes; anépigraphes ou muettes, celles qui n'ont pas de légende; frustes, celles dont l'usure a rendu certaines parties méconnaissables; fourrées, des médailles de métal commun, recouvert d'une petite feuille d'argent ou d'or; martelée, une médaille antique mais commune, dont on a fait une médaille rare en effaçant à coups de marteau le revers pour en frapper un nouveau ; incuse, celle qui offre le même type d'un côté en relief et de l'autre en creux; bractcute, celle qui n'est frappée que d'un côté ; contorniate, une médaille de bronze dont la circonférence est terminée par un cercle qui parait détaché du métal par une rainure profonde.
En France, les médailles ne peuvent être frappées que dans les ateliers de la Monnaie de Paris. Aux termes de la loi du 9 septembre 1835, aucune médaille ne peut être publiée, exposée ou mise en vente sans l'autorisation préalable du ministre de l'Intérieur, à Paris, et du préfet, dans les départements. Il en est do môme des jetons, des médailles de sainteté, etc. De plus les pièces d'or si d'argent doivent être présentées au bureau de garantie, pour être vé"ifié(;s quant au titre, et poinçonnées.
Chez les anciens, les médailles étaient 00 fondues ou frappées. Les plus anciennes dont l'époque d'é mission soit déterminée sont celles deGéion, roi de Syracuse, et d'Alexandre I", roi de Macédoine, morts lo premier 478 ans, et le second 454 avant
J.-C. Les plus belles, chez les Grecs, sont celles de l'époque d'Alexandre ; chez les Romains, celles du siècle d'Auguste. Depuis, l'art tomba en décadence, surtout au moyen âge. Au xve siècle, Pisano de Vérone, et au commencement du xvi* siècle, V. Camelo de Florence, en furent les restaurateurs. Le balancier à frapper les médailles fut inventé par Nie. Briot, sous le règne de Louis XIII ; il fut bientôt adopté par l'État pour frapper les monnaies. Les plus célèbres graveurs en médailles que la France ait produits sont G. Dupré (1597); J. Warin (1029) ; sous Louis XIV, J. Mauger, Molart, Roussel, Clérion, Breton, Dollin.Dufour, Chéron; sous Louis XV, Rcetiers, Leblanc, Léonard, Dassier, Fontaine, Duvivier; sous Louis XVI, Gatteaux le père, Aug. Dupré; sous Napoléon, Duvivier fils , Gayrard, Andrieux, Brennet, Tiolier, et, de nos jours, Depaulis, Michaud, Barre, Caqué, Gaunois, Bovy, Domard, etc.
Le goût des collections de médailles ne remonta pas au delà du xive siècle. On cite, en Italie, les collectionsde Pétrarque, d'Alphonse Ie', roi des Deux- Siciles, des Médicis; en France, celles de François I", de Henri II, de Charles IX. Mais le véritable fondateur du Cabinet des médailles de Paris est Louis XIV. Créé à Versailles en 1084, ce cabinet fut transporté en 1741 à la Bibliothèque royale, où il est encore aujourd'hui ; Marion du Mersan en a donné la description (Paris, 1838, in-8). Après le cabinet de Paris, les plus importants sont ceux de Menue, de Londres (British Muséum), de Saint-Pétersbourg (Ermitage), de Munich, Upsal, Milan, Venise, etc. Plusieurs particuliers ont aussi formé des collections remarquables. — Les suites de médailles ont donné lieu à un grand nombre d'histoires métalliques. On remarque : The metallic history of Rome, par W. Cooke (1781, in-4); la France métallique, parJacq. de Bie (1036, in-fol.); Y Histoire métallique du règne de Louis XIV, par le P. Ménétrier (1093, in-fol.); de Louis XV, par Goudounesche; de la Révolution française, par M. Hennin (1826, 2 vol. in-4) ; de Napoléon, par M. Millingen (Londres, 1819, ; le3 Souvenirs tiumismatiques de la Révolution de 1848, par M. de Saulcy, les Médaille» des papes, par le P. Ph. Bonanni (Rome, 1094), etc. Voy. Numsmatiqui.
On nomme encore ?nédailles certains prix qu'on donne aux poètes, aux orateurs, aux artistes, aux manufacturiers qui ont obtenu les premiers rangs dans les concours ouverts par les académies ou par le gouvernement, aux citoyens qui se sont signalés par des actes de dévouement, etc. Ces médailles sont en or, en argent ou en bronze. Le plus souvent on en donne la valeur en espèces.
Une médaille militaire a été instituée en faveur des sous-officiers et soldats les plus méritants, par les décrets des 22 janvier, 29 février et 9 novembre 1852. Une pension annuelle de 100 fr. a été attachée à cette décoration. — Il no faut pis confondre cette médaille d'honneur avec le* médailles cotnmémoratives des campagnes de Crimée, d'Italie, du Mexique, etc., ni avec la médaille de Ste-Hélène.
HÉDAIIiLIER, collection de médailles, et meuble à tiroirs qui les renferme : on pratique dans les tablettes dont se compose ce meuble de petitfonçures propres à recevoir les médailles.
MÉDAILLON, grande médaille. Voy. Mkdailli.
En Architecture, on nomme ainsi un cartouche rond dans lequel on a sculpté, de bas-roli. f, uno tôte ou un sujet, à l'instar d'une tète ou d'un revers de médaille. — C'est aussi le nom d'un bijou en forme de cadre circulaire ou ovale, dans lequel on enferme un portrait, dos cheveux, etc.
MÉDECIN (du lat.meeu'CMSU,de nedù us). La profession do médecin est régie en France par la loi du 19 ventùse an \l lo mars 1803 ■ D'après cette loi, nul ne peut exerce la méd cine sans avoir été examiné
et reçu selon la forme prescrite. Ceux qui Obtiennent le droit d'exercer l'art de guérir sont divisés en detu [es docteurs en médecine ou en chi-
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rurgie, qui ont été reçus dans les écoles spéciales de médecine, après quatre années d'études (Voy. École de médecine), et les officiers de santé, dont on exige des études moins étendues, et qui sont reçus par les facultés ou les écoles préparatoires (Décret du 22 août 1854). Les docteurs peuvent exercer dans toutes les communes de France; mais les officiers de santé ne peuvent s'établir que dans les départements où ils ont été reçus; ils ne peuvent pratiquer les grandes opérations que sous la surveillance d'un docteur. — Quiconque exerce la médecine sans diplôme est passible d'une amende envers les hospices (art. 35).
« Tout médecin qui, pour favoriser quelqu'un, certifie faussement des maladies ou infirmités propres à dispenser d'un service public, est puni d'un emprisonnement de 2 à 5 ans. S'il a été mû par dons et promesses, il est puni du bannissement : les corrupteurs sont en ce cas punis de la même peine. » (C. pénal, art. 160). — « Les médecins qui ont traité une personne pendant la maladie dont elle meurt, ne peuvent profiter des dispositions faites en leur faveur. » (C. Nap., art. 909.)
Les Médecins civils, dont le nombre, en France, est en disproportion avec les besoins réels, ne vivent pour la plupart que de leur clientèle, se livrant les uns à la pratique de toutes les parties de leur art, les autres au traitement de maladies spéciales, telles que les maladies mentales, les maladies de la peau, celles des yeux, des oreilles, des voies urinaires, etc. Il est cependant quelques emplois médicaux qui dépendent du gouvernement : tels sont ceux de professeurs des Facultés et des Écoles préparatoires, d'inspecteurs des eaux thermales, de médecins des établissements publics, de médecins chargés de constater les décès, de médecins cantonaux, de médecins chargés du traitement des indigents à domicile (institués à Paris en 1853). En outre , il a été établi à Paris et dans les grandes villes un service spécial pour les consultations gratuites : c'est le Bureau central.
Les Médecins militaires, qui composent, avec les Pharmaciens militaires, le Corps de santé , et qui jusqu'en 1852 ont été improprement nommés Chirurgiens ( Voy. ce mot), forment dans l'armée une hiérarchie à part : ce corps se compose de 7 médecins inspecteurs, de 80 médecins principaux, divisés en deux classes, de 560 médecins -majors, dont 260 de lre classe et 300 de 2e classe;, de 500 Aidesmajors, dont 400 de lre classe, et d'Élèves du Valde-grâce (Voy. ci-après école spéciale de médecine militaire). Ce corps a été organisé par les décrets du 23 mars 1852, 12 juin 1856 et avril 1859.
Les médecins se sont, à toutes les époques, partagés en un assez grand nombre de sectes, qui tirent leur nom soit de leur doctrine, soit du fondateur de leur école. Voy. ci-après la partie historique de l'article MÉDECINE.
MÉDECINE (du lat. medicina), science qui a pour but de conserver la santé et de guérir les maladies. Ainsi entendue, la Médecine comprend : 1° VHygiène ou M. prophylactique, qui a pour objet de prévenir les maladies; 2° la Pathologie ou M. spéculative, qui étudie, et classe les maladies ; 3° la Thérapeutique ou M. pratique, qui enseigne les moyens de les guérir. Elle prend le nom de Chirurgie on de Médecine opératoire quand elle exige le secours des opérations, et celui de Médecine légale quand elle est appliquée à la législation du pays (Voy. ci-après). La connaissance de YAnatomie, de la Physiologie, de la Matière médicale ou Pharmacologie, est indispensable à la pratique de la médecine, et ces sciences font partie de l'enseignement des écoles ; on les réunit, avec la Médecine proprement dite et la Chirurgie, sous le nom de Sciences médicales. On rattache également à ces sciences l'étude et le traitement des maladies des animaux, qui est la Médecine vétérinaire. — La Médecine ne s'étudie pas seule-
ment aux cours des professeurs ou dans les livres; elle s'enseigne surtout au lit du malade : cette partie de l'enseignement est la Clinique.
Le mot Médecine s'emploie quelquefois comme synonyme de médication pour désigner les divers modes de traitement : c'est ainsi que l'on distingue M. hippocratique, M. galénique ; M. expectante, M. agissante; M. symptomatique, M. perturbatrice, M. révulsive, M. anliphlogiatique, M. excitante, etc.
Enfin, dans l'usage vulgaire, médecine se dit souvent pour médicament, et même, dans un sens plus restreint encore, pour potion purgutive, sans doute parce que longtemps l'office du médecin se bornait presque à administrer de semblables potions : en ce sens, on distingue des médecines noires, faites avec la casse ou le séné, qui leur donnent une couleur noire ; des médecines blanches, dont l'émulsion d'amandes est l'excipient, et qui contiennent une huile blanche, comme l'huile de ricin, ou une résine purgative triturée avec de la gomme arabique.
Histoire. Tandis que la cbirurgi^ était pratiquée dès les premiers âges, la médecine propr. dite, ou traitement des maladies internes, resta longtemps inconnue : croyant ces maladies infligées par les dieux irrités, les hommes se bornaient à apaiser la colère du ciel par des sacrifices ou par des pratiques superstitieuses. Les Égyptiens attribuaient l'invention de la médecine à leur dieu Sérapis; mais elle se bornait chez eux à un recueil de recettes empiriques et bizarres. Les Grecs en faisaient honneuràleurdieuEsculape :àCos, à Cnide,elle était enseignée par les Asclépiades, famille de médecins que les Grecs faisaient descendre de ce dieu (' Acv-lr^oz en grec); elle avait aussi un sanctuaire célèbre à Épidaure. Il faut toutefois arriver jusqu'à Hippocrate, au ve siècle avant J.-C, pour voir la médecine se constituer en un corps de science. Ce fut ce grand homme qui établit la nécessité de l'observation et fonda ainsi la clinique: il résuma sa doctrine dans des aphorismea célèbres, qui sont encore aujourd'hui le guide du praticien. Néanmoins, on voit presque aussitôt après sa mort se former la secte des dogmatiques : son propre gendre, Polybe, constituant l'homme avec quatre humeurs, le sang, la pituite, la bile jaune et l'atrabile, fait consister la santé dans le juste rapport de ces humeurs, et la maladie dans la rupture de leur équilibre; il jette ainsi les fondements de Vhumorisme. Hérophile,au me siècle avant J. -C. , Érasistrate, au nc, créent dans Alexandrie l'anatomie et la physiologie ; mais ils ne savent pas se préserver de l'esprit de système : le premier incline à Vhumorisme ; on trouve dans le second le germe du solidisme. Leurs disputes font accueillir {'empirisme, pratiqué d'abord sans discernement par Sérapion d'Alexandrie, puis relevé et honoré par Héraclide de Tarente. — Transplantée fort tard à Rome (au ne siècle avant J.-C), la médecine y vit bientôt naître de nouvelles sectes : Asclépiade et son disciple Thémison y constituent le solidisme en un système régulier. Selon eux, toutes les maladies proviennent d'un excès dans le resserrement des tissus (strictum), ou dans leur relâchement (laxum) ; il ne s'agit que de reconnaître l'un ou l'autre de ces deux états et d'agir en conséquence. Cette méthode, si simple et si facile en apparence, fit donner à leurs partisans le nom de méthodistes ; leur école mit la saignée en honneur : Thémison introduisit l'usage des sangsues. Après eux, Athénée, Archigène, Arétée, Celse, combinant les systèmes antérieurs, constituent l'éclectisme. Enfin parait Galien, qui vient exercer son art à Rome au milieu du ne siècle de notre ère, et qui, pendant plus de 12 siècles, est l'oracle de la médecine. Selon lui, de même que le monde est formé de quatre éléments, doués chacun d'une qualité propre, le feu étant chaud, l'air froid, la terre sèche, l'eau humide, le corps humain, formé du mélange de ces éléments, participe de leurs qualités diverses, et se compose des parties qui sont ou simplement chaudes, froides, etc., ou à la fois
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chaudes etsèches,chaudesethumides, etc. :de là les caractères des diverses humeurs dont le mélange constitue les divers tempéraments : le sang est chaud et humide, la bile, chaude et sèche, etc. ; les maladies résultent le plus souvent de l'excès où se trouve quelqu'une de ces qualités dans les humeurs, ce qui en fait V acrimonie. Pour combattre les maladies, il n'y a qu'à leur opposer îles remèdes de qualités toutes contraires, par exemple, aux affections provenant du froid humide, des remèdes doués de qualités chaudes et sèches. C'est ce système que l'on connaît spécialement sous le nom à'humonsme. — Après Galien, on ne trouve plus que des compilateurs ou des abréviateurs, Cadius, Oribase, Paul d'Egine, Aétius; et la médecine passe vers le vine siècle aux mains des Arabes, qui fondent à BagdadetàCordoue des écoles florissantes. Rhazès, Avicenne,Albucasis, Averrhoès, allient aux doctrines des médecins grecs celles de la Perse et de l'Inde; ils font eux-mêmes des progrès dans la chimie et. dans la pharmacie. — Au moyen âge, la médecine et même la chirurgie ne sont exercées dans l'Europe chrétienne que par des clercs ou ecclésiastiques. Au xic siècle, s'établit en Italie, sous la protection des Bénédictins, l'école de Salerne, dont le Carthaginois Constantin est la lumière : on y recueille, on y traduit et on y commente les ouvrages d'Hippocrate, de g&lien, ainsi q ie ceux des Arabes; cette école est célèbre par ses aphorisme*, en vers latins, que rédige Jean de Milan (vers l'an 1100). Quand les Universités sont fondées, la médecine recommence à être enseignée publiquement: au xiuc siècle, elle a des chaires à Paris, à Montpellier, à Bologne, etc.; ce sont les papes eux-mêmes qui organisent l'enseignement des Facultés, et qui, pour distinguer les divers degrés d'instruction, instituent la collation des grades et créent le titre de docteur. — Paracelse, au \\ ie siècle (1526), ose le premier s'élever contre l'autorité de (ialien : mêlant à des rêveries astrologiques et. cabalistiques quelques connaissances en chimie, il crée une sorte de médecine chimique, qu'il appelle spagirique(Vog. ce mot) : selon lui, le corps de l'homme contient, outre les quatre éléments des anciens, du mercure, du soufre et du sel, et c'est la corruption de ces éléments qui engendre les maladies ; il faut, pour rétablir la santé, purger par des remèdes minéraux le minéral corrompu; il emploie à cet usage l'or, le mercure, l'antimoine, l'arsenic, etc. Les découvertes successives de l'anatomie, science qui, jusqu'au xvic siècle, ne s'était exercée que sur le corps des animaux parce que les préjugés s'opposaient à l'ouverture des corps humains, la connaissance de la circulation du sang (1617), des vaisseaux cbylifères, du canal thoracique, etc., renversent complètement au xviT siècle le système de Galion; la Faculté de Paris lui porte le dernier coup en approuvant l'usage do l'antimoine (1666), qu'elle avait longtemps proscrit. Sylvius tente de substituer au système de (Ialien un système nouveau : selon lui, toutes les maladies Tiennent de ce que les acides ou los alcalis sont en excès dans les humeurs et leur communiquent une arrêté morbide; il suffit, pour corriger cette àcreté, d'opposer aux acides les alcalis et réciproquement : cette nouvelle médication est la médecine ehunmtri-
Îue. Mais, à h même époque, Sydenham remet en onneur la méthode d'observation, et mérite le glorieux surnom d'Hippocrate anglais. Néanmoins, Ëfoff mann, Stahl, engendrent bientôt de nouveau Bvstèn es ; ils veulent tout expliquer, l'un par le méca- •uui/f, l'autre par l'animisme ( Voy. ces mots). Au
commencement du xviii" siècle, Boerhaave tente, comme Catien l'avait fait dans L'antiquité, une vaste synthèse dans laquelle, tOUt en inclinant ve s le me ranisme, il emprunte à I uns ses prédécesseurs ce qu'il y avait de bon dans leurs doctrine-. Adoptant les idées de Stahl, lïonleu remet, en lumière le prin ripe vital, trop méconnu par l'école de lloerhaivo. Barthez professe avec éclat à Montpellier les doctrines
spiritualistes et sépare nettement les lois vitales des lois i -ganiques { Voy. Vitalisme). Halle r fait ses recherches sui' l'irritabilité et par là subordonne la m idei ine à la physiologie; Brown, remplaçant l'irrilul.ilité de Haîlcr par ce qu'il appelle l'incitabilité, établit un système d'après lequel toutes les maladies proviendraient d'un excès de force (affections sthé~ niques) ou d'un excès de faiblesse (asthénie), mais il pense que le plus souvent c'est cette dernière cause qui agit : ce qui lui fait recommander dans le plus grand nombre des cas l'usage des stimulants. Rasori place aussi la santé dans l'équilibre du stimulus et du controstimulus ; mais, à l'opposé de Brown, il croit que les maladies viennent le plus souvent de l'excès de stimulus, et il prescrit en conséquence des controstimulants; son Bystème a reçu le nom de COntrostitnuHsme. Après lui, Broussais, rapportant toutes les maladies à un principe unique, Y irritation, institue, pour les combattre, une méthode unique, la médication antiphlogistique : sa doctrine est connue sous le nom de doctrine physiologique. — Ajoutons qu'à la fin du dernier siècle, le Dr Mesmer préconisa comme un moyen thérapeutique tout nouveau le magnétisme animal, remplacé aujourd'hui par l'électricité ; et que, de nos jours, Yhudropathie ou hydrothérapie, pratiquée par un paysan de la Silésie, du nom de Priessnitz, s'est produite comme une médication puissante contre un grand nombre d'affections. Enfin, Hahnemann, se fondant sur cette observation que souvent une affection est guérie par une affection analogue, et sur cette supposition que l'on peut, à l'aide de certains médicaments, pris en doses infinitésimales, provoquer des maladies factices ou les guérira volonté, a créé la méthode substitutive ou médecine homœopathique.
En même temps que se succédaient tous ces systèmes, Morgagni créait l'anatomie pathologique ; liichat transformait l'anatomie; Jenner découvrait la vaccine; Corvisart faisait faire d'immenses progrès à l'étude des maladies du cœur ; Avenhrugger enseignait la percussion, Laennec l'auscultation ; Pinel proposait de nouveaux moyens pour traiter les aliénés et faisait renoncer aux mesures de violence employées jusque-là contre eux.
Aujourd'hui, l'esprit de système paraît généralement abandonné. On s'occupe surtout d'anatomie pathologique; on détermine le siège des maladies; on décrit les altérations qu'elles produisent; on dirige les travaux vers les recherches microscopiques et l'étude approfondie des tissus et autres éléments qui constituent le corps humain.
Outre les écrits des grands maîtres mentionnés ci-il essuB, ow peut citer, parmi les ouvrages usuels de médecine : 1 a Éléments de médecine pratique rt"> Cullen ; la Médecine pratique de Franck, traduite pti' Goudarèàu; le Manuel de médecine pratique de Hufeland, traduit par Jourdan ; le Traité philosophique de médecine pratique de M. Gendrin ; le Traii médecine pratique de M. Piorry;la Biblioi praticien de Fabre; le Guide du médecin praticien de Valleix ; le Compendiumde médecine de Monneret, té élémentaire de pathologie de MM. Hardy et Béhier, etc. ; et les divers dlCtionnai tionnaire des sciences médicales (1812-22), DHionnaire de médecine et de c/ururuie pratiques (1829 et suiv.), Dictionnaire de médecine (1832-'»3 . /'. noire historique d<< la médecin» ancienne et moderne de |)e/.einieris (1828-36, a v. in-8); et parmi les dictionnaires abrégés, le Dictionnaire dru,
rie, de pharmacie, dit et dr l'art vétérinaire de P. Nysten, publie pour la
1" fois en 1806 Bl Souvent refondu depuis, en dernier lieu par MM. Hobin et Littré; le
médicales et vétérinaires de Raige-Delorme, Bouley, Daremberg, etc. 1863 ; ceui a dard, Fabre, Beande, Hoafer, etc. En outre, publie un grand nombre de Journaux de médecine.
— Yt'ij. Chili KGU •
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