MESURE
MESSAGER, oisçau de ])roie, plus connu sous lo, nom de Secrétaire. Voy. ce mol.
MESSAGERIES (de message), établissements publics ou prives où l'on fait partir, à jour et à heure lises, pour une ou plusieurs villes, des voitures, telles que diligences, berlines, etc., pour le transport des voyageurs, des bagages ou des marcliandises. Les M. nationales, dites, selon les époques, royales ou impériales, et les M. générales, en France, les M. du prince de la Tour et Taxis, en Allemagne, étaient, avant la création des chemins de fer, les établissements les plus importants en ce genre.
En France, ce sont les Universités qui établirent, pour le transport de leurs étudiants, les premiers services réguliers de messageries. Des privilèges leur furent concédés à cet effet par lettres royales du 27 février 1297 et du 2 juillet 1315. La Cour des comptes et les Parlements eurent aussi leurs messagers particuliers jusqu'en 1575, époque à laquelle l'Etat s'empara de la direction de ce service public et du droit de l'exploiter pour son propre compte. La loi du 9 vendémiaire an vi supprima la régie des messageries et statua qu'il serait perçu un dixième du prix des places dans les messageries exploitées par les particuliers. Pour les obligations imposées en France aux entrepreneurs de messageries, voy. le Code civil (articles 1782-86) et voitures publiques.
MESSE (dérivé, selon les uns, de l'hébreu missah, offrande; selon les autres, du b.-lat. missa, pour missio, renvoi, congé, soit parce que primitivement, après les prières et les instructions qui précèdent l'offrande, on renvoyait les catéchumènes et les pénitents qui ne devaient pas assister au saint sacrifice, soit enfin à cause de la formule ite, missa est qui indique la fin de la messe et le renvoi de l'assistance) . On appelle ainsi la suite des prières et cérémonies que l'Eglise emploie pour la célébration de l'Eucharistie. Considérée dans sa partie essentielle, c'est le sacrifice, par l'entremise du prêtre, du corps et du sang de Jésus-Christ sous les espèces du pain et du vin. Le saint sacrifice de la messe remonte jusqu'à l'institution de l'Eucharistie : Jésus-Christ, prenant du pain, le bénit, et, après l'avoir rompu, le distribua à ses disciples en disant : Prenez et mangez, ceci est mon corps (St Luc, xxii, 19). Les Calvinistes et les Luthériens condamnent la messe, parce que les premiers nient la présence réelle de Jésus-Clirist dans l'Eucliarislie, et les seconds la transsubstantiation, c.-à-d. le changement du pain et du vin en le corps et le sang de N.-S. Jésus-Christ.
Dans» l'origine, la messe se réduisait à la fraction du pain et à la prière [Actes des apôtres, ii, 42 et xx, 7). St Basile en Orient, St Ambroise en Occident, et, depuis, St Grégoire, fixèrent l'ordinaire de la messe. Ses parties cont : l'introït, la collecte, l'épitre, le graduel, l'évangile du jour, l'offertoire, Voolation de l'hostie et du calice, la préface, le canon qui comprend la mémoire des vivants et des morts, la consécration et l'élévation, la communion, la post-communion et le dernier évangile, qui est ordinairement le commencement de l'évangile de St Jean. Voy. ces mots.
On distingue : la messe solennelle, dite aussi haute ou grand'messe, où le célébrant a quelquefois pour assistants un diacre, un sous-diacre, etc., où les prières liturgiques sont en grande partie chantées soit par le célébrant, soit par les chantres; la messe avec chants, messe basse accompagnée de chants indépendants de l'office lui-même ; la messe basse, qui se dit sans chant ; la messe des morts ou de Requiem, qu'on dit à l'intention des morts et dont l'inlroit commence par ces mots : Requiem seternam; la messe des présanctifiés, dans laquelle on ne consacre point et qui se célèbre le vendredi saint; la messe de minuit, qui se célèbre au milieu de la nuit à Noël; la messe du Saint-Esprit, qui a pour objet d'obtenir les lumières et les bénédictions divines, et qui se célèbre au commencement de quelque œuvre, comme à la rentrée des classes et des tribunaux. — On appelle messe sèche ou messe navale une pratique de piété qui consistait à réciter les prières de la messe sans qu'il y ait consécration ; cette pratique est usitée chez les Chartreux.
Messe en musique, composition musicale faite sur les paroles de certaines prières de la messe, telles que le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctiis, l'Agnus Dei. Les grands maîtres du xv» et du xvi-' siècle, Okeghem, Roland de Lassus, Palestrina, Vittoria, etc., ont composé d'admirables messes liturgiques. Parmi les œuvres des
j compositeurs plus modernes, il faut citer la messe en si mineur de J.-S. Bach, et la messe solennelle de Beethoven.
MESSÉNIENNES, genre d'élégies nationales créé par C. Dclavigne, et dont le titre était emprunté aux trois élégies composées par l'abbé Barthélémy, dans son Voyage d' Anacharsis (ch. xl), sur les malheurs de la Messénîe.
MESSIDOR (du lat. messis, moisson), 10° mois de l'année dans le Calendrier républicain français, commençait, selon les années, le 19 ou le 20 juin et finissait le 18 ou le 19 juillet. Voy. calendrier.
MESSIE ^de l'hébreu mesha, oindre), qualification attribuée, chez les Juifs, aux sacrificateurs, aux prophètes, aux patriarches, aux rois, a été donnée par excellence à Jésus- Christ, qui est venu remplir toutes les conditions du Messie annoncé par les prophètes. Voy. messie au Dict. d'Hisl. et de Ge'ogr.
Du nom de Messie a été formé celui de Messiade, titre d'un ouvrage sur le Messie, écrit en bas-allemand ancien, et composé dans le ix« siècle, par l'ordre de Louis le Débonnaire, et d'un poème allemand de Klopstock (1750-73), qui passe pour le chef-d'œuvre de l'épopée allemande.
MESSIER (du b.-lat. messarius, de messis, moisson), gardien préposé à la sûreté des récoltes, à la garde des fruits quand ils commencent à mûrir. Ce mot, comme l'indique son étymologie, ne s'appliquait dans l'origine qu'aux gardes des moissons. Il a été depuis étendu, par analogie, aux gardes des vignes. Voy. garde champêtre.
MESSIER, constellation de l'hémisphère boréal, formée en 1774 par Lalande, et située entre Cassiopée, Céphée et la Girafe, par 3 h. d'ascension droite et 6o" de déclinaison, ne se compose que de petites étoiles éparses. Elle a été ainsi nommée en l'honneur de l'astronome français Messier.
MESSIRE (de l'anc. franc, mes ou mis, nominatif de l'adjectif possessif mes, mon, et de sire), titre d'honneur qui se donnait anciennement, dans les actes, aux nobles possesseurs ^d'une seigneurie, et qui depuis s'est donné spécialement au chancelier de France. Dans le langage ordinaire et surtout devant un nom de baptême, il s'appli-
Juait aux prêtres, aux médecins, aux avocats, etc. : messire ean Chouart, messire Pierre, etc.
On appelle Poire de Messire Jean une poire cassante et très sucrée, dont la peau est de couleur rousse : elle mûrit en automne et se garde assez bien.
MESTÈQUE, sorte de cochenille. Voy. cochenille.
MESTRE DE CAMP (de l'esp. maestro de campo), ancien titre d'une charge militaire, dont les attributions ont fréquemment varié. C'était dans l'origine un chef de corps temporairement chargé de réunir dans un camp diverses troupes, dont il prenait le commandement. Plus tard on donna ce litre au commandant en chef d'un régiment de cavalerie, puis d'infanterie. Après la suppression de la charge de colonel général d'infanterie, les mcstres de camp d'infanterie redevinrent colonels et le titre se maintint seulement dans la cavalerie. — La première compagnie d'un régiment s'est appelée la mestre de camp, comme on disait la colonelle.
MESTRE ou MEISTRE. Daus ccriaiiis bâtiments de la marine du Levant, le grand mât est dit arbre de mestre (c.-à-d. maître mât) et sa voile voile de mestre.
MESURE (du lat. mensura). Mesurer une quantité, c'est la comparer avec une quantité de même espèce, dite unité, pour savoir combien elle contient d'unités ou de parties d'unité : le résultat de la mesure est un nombre. Pour qu'une quantité soit mesurable, il faut qu'on puisse en définir l'égalité et l'addition. La science qui traite des mesures est la Métrologie.
Tout système de poids et mesures contient des unités : 1° de longueur, 2» de surface, 3° de volume, 4* de poids et de force, 5° de valeur (monnaies), et 6° de temps. Mais, l'esprit se faisant difficilement une idée des nombres trop grands ou trop petits, il est nécessaire de toujours proportionner la grandeur de l'unité à celle de la quantité à mesurer. C'est pourquoi tout système de poids et mesures, outre les unités principales de chaque espèce, renferme une suite d'unités secondaires, les unes plus grandes, les autres plus petites que l'unité principale et qui en sont généralement des multiples et sons-multiples. Les systèmes adoptés chez les différents peuples soit de l'antiquité, soit des temps modernes, diffèrent entre eux tant par la grandeur des différentes unités, que par la loi d'après laquelle les multiples ou sous-multipies se