‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1005 sur 1729 · MÉTHODE · texte numérisé non relu

MÉTHODE

MÉTHYLIQUES

fuses sur les phénomènes météorologiques : Aristolc a cependant composé un traité en quatre livres sur ce sujet. La Météorologie, comme science à part, ne date que du milieu du xviu" siècle. A cette époque, Demaison étudia les phénomènes de la congélation ; Saussure fit des recherches sur la pluie, les nuages et la formation des vapeurs; Franklin et Mairan observèrent les aurores boréales. Ce fut aussi Franklin qui découvrit l'identité de la foudre et de l'électricité, et qui inventa les paratonnerres. Volta étudia la formation de la grêle, et Dufay celle de la rosée. On conimença alors, en France et en Angleterre, à s'occuper régulièrement d'observations météorologiques. Parmi les travaux plus récents, il faut citer ceux de Humphry Davy, sur les brouillards ; de Chladni, sur les aérolitnes ; de Peltier, sur la foudre et, en général, sur les phénomènes électriques de l'atmosphère; de Moreau de Jonnès, sur les ouragans, les tremblements de terre et sur le résultat des déboisements; du D' Welis, sur la théorie de la rosée ; de Coulvier-G ravier et Saigey, sur les étoiles fdaiitcs, et enfin de Babinet (dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences).

La plupart des traités de Physique, surtout ceux de Pouillet, de Becquerel et de Daguin, consacrent une grande place aux questions de météorologie. L.-Fr. Kaemtz a publié un Manuel de météorologie, 1831-32 (trad. de l'allem. par Ch. Martins, 1847). Les D" Foissac et Boudin ont traité De la météorologie au point de vue médical. On peut eitcorc consulter : VAnmiaii-e du Bureau des longitudes; Dove, la Loi des tempêtes; Fitz Roy, The weather Boo/c; Marié Davy, les Mouvements de l'atmosphère et des mers ; Lartigue, Essai sur les ouragans et les tempêtes; Coulvier-Gravier, Recherches sur les météores et sur les lois qui les régissent; Duclaux, Cours de physique et de météorologie.

Il a été établi, grâce surtout à l'initiative de Le Verrier, sur toute la surface de la France et sur plusieurs points à l'étranger, des stations météorologiques où l'on observe chaque jour le baromètre, le thermomètre, l'hygromètre et le pluviomètre, et toutes ces observations sont centralisées à Paris au Bureau central météorologique. Le Bureau centrai, au moyen des renseignements qu il reçoit télégraphiquement, Presse chaque jour un tableau prophétique du temps 'pour la France et pour l'Europe. Ces cartes, affichées à Paris, dans tous les ports de mer et dans toutes les grandes villes, reproduites par plusieurs journaux, fournissent de précieuses indications à la navigation et à l'agriculture. Le Bureau publie en outre, depuis 1878, chaque année, 4 volumes À' Annales consacrés aux observations, aux pluies, aux orages, à la météorologie générale. — Un service analogue, admirablement organisé, fonctionne aux Etats-Unis d'Amérique.

MÉTHODE (du gr. (léôoSoî, procédé), ensemble des moyens employés pour arriver à un but dans une science ou dans un art.

Considérée en général, la Méthode scientifique se définit la marche que suit l'esprit humain pour découvrir et pour transmettre la vérité. Elle a deux procédés principaux, l'analyse et la synthèse, qui reçoivent elles-mêmes diverses définitions d'après leurs diverses applications

(Voy. ANALYSE PHILOSOPHIQUE, A. MATHÉMATIQUE, A. CHIMIQUE).

Descartes, dans son Discours de la Méthode (2° partie), a ramené à quatre les règles de la méthode : « 1" [critérium de certitude] Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connaisse évidemment être telle, c.-à-d. éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présentera si clairement et si distinctement à mon esprit que je n'aie aucune occasion de le mettre en doute; 2° [analyse] Diviser chacune des difficultés que j'examinerai en autant de parcelles qu'il se pourra, et

Su' il sera requis pour les mieux résoudre ; 3° [synthèse] onduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu comme par degrés jusqu'à la connaissance des plus composés, et supposant même de l'ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres; 4° Faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales que je sois assuré de ne rien omettre. » Voy. Louis Liard, Descartes.

Considérée par rapnort aux opérations de l'esprit dont elle se sert, la Méthode dislingue trois espèces de sciences et applique à chacune d'elles un ensemble de règles spé-

ciales : 1° les Sciences exactes ou Mathématiques, qui emploient la M. démonstrative [Voy. démonsthation); 2° les Sciences physiques ou S. positives, qui emploient la M. d'observation ou la M. expérimentale [Voy. ces mots) : les règles en ont été déterminées successivement par Bacon {Novum Organum] et par les savants dont les travaux ont constitué 1 Astronomie, la Physique, la Cliimie, la Physiologie, etc. ; 3° les Sciences morales, qui emploient à la fois la M. d'observation et la M. démonstrative, mais sous une forme spéciale. Voy. René Worms, Eléments de Philosophie scientifique.

Dans les Sciences naturelles, et particulièrement dans la Botanique, le mot méthode a deux acceptions. Il signifie tantôt l'ensemble des principes sur lesquels le botaniste s'appuie pour faire sa classification, tantôt le simple arrangement systématique des végétaux. Voy. classification et

Page 1