‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1008 sur 1729 · ART, INDUSTRIE, CONSERVATOIRE · texte numérisé non relu

ART, INDUSTRIE, CONSERVATOIRE

Corps de métiers. Voy. corporation et maîtrise.

MÉTIER, machine pour la confection de divers ouvrages et généralement des tissus. Dans le métier ordinaire du tisserand, un certain nombre de fils parallèles, appelés chaîne, sont tendus horizontalement entre deux rouleaux ou ensouples ; chaque fil passe : 1" entre les dents d'un peigne fixé dans un battant mobile qui reçoit autour d'un axe un mouvement oscillatoire déterminé par la main du tisseur; 2° dans un anneau appelé lisse qui sert à élever ou à abaisser à volonté le fil qui le traverse. A l'aide de deux pédales, l'ouvrier, ayant par exemple soulevé la série des fils pairs et abaissé celle des fils impairs, lance entre eux la navette sur laquelle est enroulée la trame; après la dnite ou passage de la navette, le peigne est amené en avant ^lour serrer plus ou moùis la trame contre les duites précédentes ; puis le tisseur, appuyant le pied sur la seconde

Sédale, renverse la disposition des fils de la chaîne et lance e nouveau la navette dans le sens contraire. C'est ainsi 3u'on produit les tissus unis. En multipHant le nombre es lisses et en variant la manière de les lever, on obtient les tissus croisés, les tissus à côtes, à dessins réguliers, les tissus façonnés, brochés, etc. — Dans beaucoup de manufactures, surtout dans les filatures, les métiers sont aulovialiques [Voy. ce mot), c.-à-d. mus par l'eau ou par la vapeur. Bonelli, de "Turin, a inventé un métier électrique, qui peut s'adapter aux métiers à la Jacquart. On a imaginé aussi de substituer aux métiers rectilignes des métiers circulaires dont la puissance de production est bien plus considérable.

Parmi les métiers dont l'usage est le plus fréquent, il faut citer, outre le métier de tisserand (décrit ci-dessus et dont la forme la plus parfaite est le M. à la Jacquart, le métier à bas ou à tricoter, qui sert à la fabrication de toute espèce de bomieterie [\oy. bas et tricot); les métiers de haute et de basse lisse, pour la tapisserie. Voy. MssES.

MÉTIS (de l'espagnol mestizo, dérivé lui-même du lat. mixtitius, pour mixtus, mêlé). En parlant de l'Homme, ce mot désigne le fruit de l'union d'un Espagnol ou d'un Européen avec une Américaine, ou d'un Américain avec une Espagnole ou une Européenne. — En Histoire naturelle, on applique ce nom aux profluits mélangés de deux espèces différentes, dans le règne animal conrnie dans le règne végétal [Voy. htdridation, espèce, race). On donne spécialement le nom de métis aux variétés de moutons, de bœufs et de porcs provenant du croisement des races indigènes, soit de France, soit des autres pays.

MÉTIS, 9" petite planète, trouvée le 26 ami 1848 par Graham. à l'observatoire Markree. Voy. planètes.

METISSAGE, opération d'élevage qui consiste à croiser deux races, pour en obtenir des produits plus précoces ou mieux adaptes à un but déterminé.

METONIEN ou métonique (cycle). Voy. cycle lunaire.

MÉTONOMASIE (du gr. ixeTOvofxaafa, de [XExâ, indiquant cliangement, et Svofia, nom), se dit de l'action de cliangpr son nom par voie de traduction. A l'épocpie de la Renaissance, l'usage de déguiser ainsi son nom était général chez les savants; on en trouve encore des exemples au XVIII» siècle. C'est ainsi que Schwarzerd devint Mélanchthon;Lai Ramée, Hamus; le médecin Martin Sans Malice, Akakia; André Duchesne, Quercetanus : Franc. De le Roë ou Dubois, Sylvius; les Weiss, Albinus; le poète Trapassi, Métastase; le naturaliste Eichmann, Dryander, etc.

METONYMIE (du gr. pLeT(i)v'j|x£a, changement de nom), ligure de mots de la classe des Tropes, qui transporte le nom d'une chose à une autre chose voisine, mais distincte. La métonymie emploie la cause jjour l'effet, l'effet pour la cause, le signe pour la chose signifiée, l'abstrait pour le concret, le contenant pour le contenu, le Heu où une chose

se fait pour la chose même, etc. Dans ce vers de Boilcau [Sat. ne) :

Faire trembler ilemphis et pâlir le croissant,

il y a deux métonymies : « Memphis » est mis pour < les habitants de Memphis, » c'est le contenant pour le contenu ; « le croissant » est mis pour « les Turcs, » c'est le signe pour la chose signifiée.

MÉTOPE (du gr. p.exÔTrri, de ptcxat, entre, et ôx/j, ouverture), se dit, en Architecture, de l'intervalle carré oui se trouve entre les triglyphes de la frise dans les colonnes ae l'ordre dorique : on y place d'ordinaire des ornements, tels que vases, trépieds, tètes de génisse ou de bélier. Les métopes de plusieurs temples grecs (du Parthénon d'Athènes p. ex.) sont des bas-reliefs.

MÈTRE (du gr. jjLÉTpov, mesure), unité principale de longueur du Système métritme. Le mètre a été défini primitivement comme la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre : il équivaut à 3 pieds H lignes 296 m il- Uèmes, ou à 0 toise 5130740 de l'ancien système. Il doit être regardé comme la longueur à 0° d'un mètre étalon, en platine, déposé aux Archives nationales : d'après M. Paye, le quart du méridien terrestre contient 10002008 mètres." Les multiples du mètre sont le décamètre, V hectomètre, le kilomètre et le myriamètre, qui valent respectivement 10 mètres, 100 mètres, 1000 mètres et 1000() mètres; ses sous-multiples sont le décimètre, le centimètre et le millimètre, qui représentent le 10", le 100" et le 1000' du mètre.

MÈTRE carré, unité principale de surface du Système métrique : c'est un carré qui a pour côté l'unité àe longueur. Ses sous-multiples sont le décimètre carré, le centimètre carré, \e millimètre carré; ses multiples, le décamètre carré, l'hectomètre carré, le kilomètre carré et le myriamètre carré. Chacune de ces unités vaut 100 fois l'unité immédiatement inférieure ; il en résulte que si l'on partage un nombre donné de mètres carrés en tranches de deux chiffres à partir de la virgule décimale, aussi bien vers la droite que vers la gauche, ces tranches expriment, suivant leur rang, des mètres carrés, des décimètres carrés, des décamètres carrés, des hectomètres carrés, etc. Ex. : 5 634 mètres carrés 273 = 56 décamètres carrés 34 mètres carrés 27 décimètres carrés 30 centimètres carrés. — L'are, unité employée pour la mesure des surfaces agi-aires, est un décamètre carré [Voy. are) : son sous-multiple, le centiare, équivaut à un mètre carré.

MÈTRE CUBE, uuité principale de volume du Système métrique : c'est un cube qui a pour côté l'unité de longueur. Les sous-multiples sont le décimètre cube, le centimètre cube, etc. ; ses multiples, le déca?nètre cube, Vhectomètre cube, etc. Chacune tie ces unités vaut 1000 foii l'unité immédiatement inférieure. Il en résulte que si l'on partage im nombre domié de mètres cubes en tranches de trois chiffres à partir de la virgule décimale, les tiancliei expriment, suivant leur rang, des mètres cubes, des décimètres cubes, des centimètres cubes, etc. Ex. : 7 836 wj/^/rc.ï cubes IHhll =: 1 décamètres cubes 856 mètres cubes 1^ décimètres cubes s'il centimètres cubes. — Le stère. employé dans la mesure des bois de chauffage, n'est autre chose qu'un mètre cube. Voy. stère.

MÈTRE. Dans la Prosodie grecque et latine, ce mot s'emploie : 1" comme synonyme de pied [Voy. ce motl, et, dans ce sens, il se dit dû dactyle, du spondée, de l'a/JOpeste, de Vtambe, etc. : on appelle hexamètres, pentamètres, les vers comjiosés de six ou de cinq de ces pieds; 2"" comme désignant le système de pieds dont se compose un vers : dans ce second sens, une dipodie (deux pieds) peut former un mètre ; c'est ainsi qu'un vers ïambique trimètre est composé de six pieds. L'étude des diverses espèces de mètres est l'objet de la métrique. Voy. ce mot.

MÉTRÉTÈS (du gr. u.eTpT,Tf,ç), la plus grande des mesures de capacité employées autrefois par les Grecs pour les liquides, contenait 2 diôtas, et valait 58 lit. 83. Voy. amphore.

MÉTREUR (de mètre). Voy. toisedr.

MÉTRIQUE (la), du gr. [xeTptxf,, science de la mesure ; partie de l'ancienne Poétique qui a pour objet l'étude des différentes espèces de mètres et de vers dans les langues prosodiques. Il se dit surtout de l'étude de la versification grecque et latine. On estime: chez les anciens, les m^^rzywc» de Diomède et de Terentianus Maurus ; chez les modernes, les Elementa doctrinx me/riraî d'Hermann (Leipzig, 1826), le De re metrica Latinonim, de Lucien MûUer, le Traité de versification latine de Quicheral, etc.

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