‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1009 sur 1729 · MEUBLES · texte numérisé non relu

MEUBLES

MÉTRIQUE (sïstème). On appcllc ainsi le système des poids et mesures en usage en France, parce qu'il a [)our base le mètre. Il est connu aussi sous le nom de système décimal, parce que les mesures oui le composent y sont assujetties à la subdivision décimale. — Lorsque, frappée des uiconvéniculs de l'ancien système français, l'Assenibiée nationale, le 8 mai 1790, eut décrété sa suppression et la création d'un système plus conforme à l'état de la science, une commission nommée par l'Académie des sciences et qui comptait parmi ses membres Berthollet, Borda, Lagrange, Delambrc, Laplace, Mécbain et Prony, fut chargée d'en étudier les bases. Tout d'abord, pour éterniser leur œuvre, ces savants convinrent d'en prendre les mesures dans la nature, et Delambre et Mécbain furent chargés de mesurer l'arc de méridien compris entre Dunkerque et Barcelone (opération qu'Arago étendit ensuite jusqu'à l'île de Fermentera). De cette mesure combinée avec la valeur alors admise pour l'aplatissement de la terre, ils déduisirent la longueur du quart du méridien terrestre, c'est-àdire de la distance du pôle à l'équateur ; c'est cette distance, trouvée égale à 5130 740 toises de Paris, qui partagée en 10 millions de parties égales a donné le mètre. Ces résultats sont entachés d'une légère erreur [Voy. mètre), sans importance pour la pratique. Le mètre type est déposé aux Archives nationales. Le mètre fut déclaré mesure légale de longueur, par la loi du 18 germinal an m (7 avril 1795). Mais le système métrique complet ne fut adopté dans son ensemble que le 2 novembre IbOl. Malheureusement la tolérance de l'administration, et notamment le décret du 12 février 1812, retarda la propagation des nouvelles mesures, et ce fut seulement la loi du 4 juillet 1837 qui proscrivit d'une manière définitive les mesures anciennes, en rendant le système métrique exclusivement obligatoire à partir du 1" janvier 1840.

Les unités du système métrique sont : le mètre pour les longueurs ; le mètre carré et \'are pour les surfaces ; le mèlre cube et le slèi'e pour les volumes, le litre pour les capacités, le gramme pour les poids et le franc pour les monnaies. Le mètre carré est un carré ayant un mètre de côté ; le mètre cube est un cube ayant un mètre de côté ; le litre est un décimètre cube ; le gramme est défini comme la millième partie d'un kilogramme étalon en platine, déposé aux Archives nationales ; c'est à très peu près le poids d'un centimètre cube d'eau distillée à 4° centigrades. Le franc [Voy. ce mot) est la valeur d'une pièce de 5 gr. contenant 0,9 d'argent fin et 0,1 d'alliage. — Les multiples de ces unités, à l'exception de ceux du mètre carré et du mètre cube [Voy. ces mots), valent respectivement 10 fois, 100 fois, 1 000 fois, 10000 fois lunité principale correspondante ; on les nonune à l'aide des mots déca, hecto, kilo, myria, que l'on place devant le nom de cette unité principale. Ainsi les multiples du mètre, p. ex., valent respectivement 10 mètres, 100 mètres, 1 000 mètres, 10000 mètres, et s'appellent : décamètre, hectomètre, kilomètre, myriamètre, et de même pour les autres espèces d'unités. — Les sous-multiples des mêmes unités en valent respectivement le dixième, le centième, le millième ; leurs noms se forment à l'aide des mots déci, centi, milli, placés devant le nom de l'unité principale correspondante. Ainsi les sous-multiples du mètre valent respectivement 0 m. 1 ; 0 m. 01 ; 0 m. 001, et s'appellent décimètre, centimètre, millimètre, et ainsi des autres unités. Il résulte de là d'abord que tout nombre exprimant des unités du système métrique est un nombre décimal, et par suite que les calculs des nouvelles mesures ne sont autres que des calculs de nombres décimaux. Il en résulte aussi, et c'est là un des grands avantages du système métrique, que, pour convertir un nombre exprimant une espèce donnée en un nomljre exprimant des unités de même espèce, 10, 100, 1000... fois plus grandes ou plus petites, il suffit d'y déplacer la virgule de 1, 2, 3... rangs vers la gauche ou vers la droite.

Plusieurs nations ont déjà adopté le système métrique complet, notamment la Belgique, la Hollande, le Luxembourg, la Suisse (loi du 14 juillet 1868), l'Autriche (1877), etc. ; en Angleterre son emploi est facultatif depuis 1864 ; en Prusse et dans toute l'Allemagne du Nord, le système métrique est devenu obligatoire en 1872. L'adoption du système monétaire français par l'Italie, la Grèce, lEspagpe, la Roumanie, la plupart des républiques de 1 Amérique du Sud, permet d espérer que le système métrique deviendra celui de tous les peuples civUisés. — Il

s'est formé à Paris en 1855 une société internationaleayant pour objet la propagation du système métrique.

MÉTROAQUES (du gr. (XTirptoandî), nom donné chez les Grecs à des hymnes en l'honneur de Cybèle. Vojf .hvh.xe.

MÉTROLOGIE (du gr. [iéxpov, mesure, et Xoyoî, discoure), science des poids et mesures. On donne surtout ce nom aux ouvrages dans lesquels on traite des poids et des mesures de tous les peuples, tant anciens que modernes. Les Traités de métrologie les plus estimés sont ceux de Paucton et de Rome de Lislc, et de Tarbé des Sablons,. Palaiseau, Saigey, Bouquet, Bovy, Deschamps, A. Barny, etc. — D'Anvillo, Letronne, Wurm, Ideler, etc., ont traité de la métrologie des anciens.

MÉTRONOME (du gr. jjLÉTpov, mesure, et v6[jioî, loi, règle), instrument employé dans l'étude de la Musique pour indiquer les divers degrés de vitesse du mouvement musical. 11 se compose d'un pendule ou balancier qui, par la vitesse plus ou moins grande de ses oscillations, toutes sensibles à l'oreille, marque les temps de la mesure. Les oscillations peuvent être ralenties ou accélérées en allongeant ou en raccourcissant le pendule, ou bien en déplaçant un poids mobile porté sur une tige adaptée au pendule. Pour comparer entre eux les divers mouvements, on prend le nombre des oscillations qu'exécute le balancier dans une minute ; ce nombre est indiqué par les numéros d'une échelle. Beaucoup de morceaux de musique portent la désignation du numéro du métronome qui correspond au degré de mouvement que l'auteur a voulu donner à son œuvre. — Il a existé dès la fin du xvii' siècle, sous les noms de chronomètre, échomèlre, métromètre, rhythmomètre, etc., divers instruments analogues : mais le métronome, tel qu'il existe aujourd'hui, ne date que de- 1816; il est dû à Maëlzel, et a été perfectionné par Bienaimé et par J. Wagner.

MÉTROPOLE (du gr. [iT^tpéTcoXi;, ville-mère). Ce mot signifiait, chez les Grecs, la mère patrie, c.-à-d. la ville d'oii sortaient les colonies qui allaient habiter d'autres terres. Ainsi Corinthe était la métropole de Corcvre. C,'est encore dans ce sens qu'il s'emploie en parlant d'un Etat considéré par rapport à ses colonies. — Les Romains appelèrent métropole la ville capitale d'une province, celle où résidait le préfet du prétoire : Arles, Lyon, Trêves furent à diverses époques métropoles de la Gaule. — Le gouvernement ecclésiastique s'étant modelé sur le gouvernement civil, les églises des villes capitales furent, à partir du m' siècle, appelées méli'opoles, et les sièges épiscopaui établis dans ces villes, métropolitains. Sous ce rapport^ Lyon, Vienne étaient les métropoles des Gaules. — Aujourd'hui on n'appelle plus métropoles que les villes qui ont un siège archiépiscopal.

Dans l'Eglise grecque, le métropolitain ou métropolite se place entre le patriarche et l'archevêque. En Russie, c'est le plus haut degré de la hiérarchie.

MÉTROPOLITAIN. Voy. métropole.

Un chemin de fer est dit métropolitain quand il est installé à l'intérieur d'une'capitale.

MÉTROSIDÉROS (mot hyoride formé du gr. (isTpov, mesure, et du lat. sidus, sideris, astre ; sans doute parce que l'épanouissement des fleurs dans certaines espèces suit la marche du soleil), genre de la famille des Myrtacées, renferme de charmants arbrisseaux particuliers à l'Australie, et cultivés dans nos serres comme plantes d'oinement : calice monophylle à 5 dents, 5 pétales; étamines nombreuses, à filaments libres, très longs, colorés, insérés sur le calice ; capsule à 3 ou 4 loges polyspermes. Les principales espèces sont : le M. viridiflora, à fleurs verdâtres; le M. vera, bel arbre de l'Inde ; le M. citrina, etc. — Plusieurs espèces ont été détachées de ce genre et ont servi à former les genres Callistémon et Leptosperme. Voy. ces mots.

METTEUR (de mettre). Le metteur en œuvre est l'ouvrier lapidaire spécialement chargé de monter les pierres et les perles. — En Typographie, le metteur en pages est celui des compositeurs qui est chargé du travail d'un volume ou d'un journal. Il en est l'entrepreneur pour la partie typographique.

MEUBLES (du lat. mobilia; de movere, mouvoir). Les matières employées pour la fabrication des meubles ont varié selon les pays et les époques (bois de diverses espèces, fer, bronze, ivoire, marbre, etc.). Leurs formes ont toujours été réglées par le style de l'architecture et de la décoration. Les meubles des anciens (Égyptiens, Assyriens, Grecs, Romains) ne nous sont connus que par les descrip-

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