MEURTRIÈRES
lions, les peintures et les sculptures qui sont parvenues jusqu'à nous. Héritiers des procédés employés par les Grecs, les Byzantins les transmirent aux peuples de l'Occident, particulièrement aux Italiens. Au moyen âge, le bois sculpte servit pour les sièges, lits, buffets, bahuts, dressoii-s. tables, etc., comme on en voit des spécimens au musée de Chiny, à Paris] (Voy. Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier français] . A partir de la Renaissance, les formes des meubles furent plus éléganles et les matières plus variées: on teignit les bois indigènes, on emplova en placage l'ébène avec incrustations d'ivoire, le bois de rose, l'acajou, etc.; on fabriqua des meubles en bois pi-iiit ou doré ; on imita la mosaïque par la marqueterie avec des cuivres ciselés, etc. Au xvii' et au xvni* siècle, on cite : Deiobel, qui composa un magniiique ameublement pour le palais de Versailles; Boulle, inventeur d'un genre de marqueterie ; Pb. Caffieri et Gouthières, célèbres par leurs cuivres ciselés, etc. De nos joure la fabrication des meubles a fait des progrès sous le rapport de l'inilustric ; mais, au lieu d'inventer, on se borne à puiser aux sources ancieinics suivant les caprices de la mode ; en outre, si l'on trouve du style dans les meubles d'un prix élevé, ceux qui sont destinés à la classe moyenne man-
Juenl trop souvent de goût et font regretter les produits es siècles précédents. — Consulter Pugin, Slodèles d'ameublement du xv° siècle ; Santi, Modèles de meubles, etc. Voy. aussi ébé.msterie, décoration, ohxemest,
ARTS I.1DCSTRIELS.
MKUBLES. En Droit, on donne le nom de meubles ou biens meubles à toutes les choses mobilières. Toutefois le Code civil (article 527) distingue les meubles par nature et les meubles par détermination de la loi. Les premioi-s sont tous les corps ou objets qui peuvent être transportés, comme les meubles proprement dits, ou changer de place par eux-mêmes, comme les troupeaux et aussi les bateaux, bacs, navires, moulins et bains sur bateaux, et généralement toutes usines non fixées sur des t libers, entin même les matériaux de démolition. Parmi es seconds, ou meubles incorporels, sont compris : l'usufruit des choses mobilières ; les obligations et actions qui ont pour objets des choses exigibles ou des effets mobiliers, les actions ou intérêts dans les compagnies de finance, de commerce ou d'industrie ; les rentes perpétuelles ou viagères, soit sur l'État, soit sur des particuliers, etc. — I.e mot meuble, employé seul et sans autre addition ni désignation, ne comprend pas l'argent comptant, les pierreries, les dettes actives, les livres, les médailles, les instruments des sciences, des arts et métiers, le linge de corps, les chevaux, équipages, armes, grains, vins, foins et autres denrées. Toutes ces choses sont néanmoins rangées parmi les biens mobiliers. — On entend par yneubles meublants les meubles qui sont destinés à l'usage et à la décoration des appartements. Les galeries ou collections de tableaux, statues, etc., n'en font pas partie.
En fait de meubles, possession vaut titre (C. civ., art. 2279). Voy. possession.
En termes de Blason, on nonune meuble tout ce qui se place sur l'écu en dehors des pièces honorables, par exemple les animaux, les fruits, les arbres, les monstres, etc.
MEULE (du lat. mola, qui a le même sens) . — 1° Meules de moulin : elles se composent de deux parties : la meule d'en bas, dite aussi le gite ou la meule gisante, et la meule d'en haut, dite aussi meule courante ou tournante. On distingue les meules à la française, de 1 m. 50 à 2 mètres de diamètre, formées soit d'un seul bloc détaché de la meulière, soit de plusieurs morceaux réunis au moyen du.n ciment cl de cercles de fer; et les meules anglaises, de 1 m. 50 à 1 m. 60. composées de plusieurs morceaux : celles-ci offrent sur l'une des faces quatre grandes rainures partant du centre, dit œillard, et donnant naissance sur un de leurs côtés à des rainures en diagonales. Iji France tire ses meilleures meules des environs de la Ferté-sous-Jouarre : elle fait avec l'Angleterre et r.Xmérique un grand commerce d'exportation de blocs destinés à être montés en meules (Voy. meulière, mocture). • — 2° Meules à aiguiser ou à repasser. Ce sont des cylindres plats ou des espèces de roues pleines faites d'un grès très dur et d'un grain très serré, q»i on trouve surtout lians les environs de Saint-Etienne et de Langres. — Les couteliers, les taillandiers, les lapidaires, etc.. se servent, en outre, de meules en fer, en acier et même en bois,
pour aiguiser ou pour polir les pièces qu'ils travaillent.
heule (du latin metula, dimin. de meta), gros tas de blé ou de foin que l'on élève dans les champs, sur le lieu même de la récolte. L'érection des meules exige de l'art pour qu'elles soient solides, à l'abri de l'eau, faites avec régularité et élégance, et susceptibles de résister aux vents ; il faut aussi éviter que les foins mis en meules ne soient trop humides : car ils pourraient s'échauffer et même prendre feu. Au lieu de les faire reposer inunédiatement sur le sol, dont l'humidité gâterait une partie de la récolte, on doit les isoler en les plaçant sur un soustrait composé de fagots ou de paille. En Angleterre, on construit à cet effet une espèce de plancher soutenu par des supports en fonte. Voy. moyette.
En termes de Vénerie, on appelle meule l'excroissance dure et raboteuse en forme de couronne qui sert d'intermédiaire entre les pivots et le merrain du bois de cerf. Les aspérités de la meule se nomment pierrures. Plus la meule est épaisse, plus le cerf est âgé.
MEULIÈRE, ou Pierre meulière (idu latin molaris, fait de mola, meule, parce que cette pierre sert à faire des meules), pierre calcaire siliceuse, blanche, grisâtre, jaunâtre ou brune, qu'on emploie soit sous forme de moellons, dans les bâtiments, pour les fondations, les contreforts, les murs de terrasse, les fosses d'aisance, les égouts, soit, quand elle est de grande dimension, pour la fabrication des meules de moulin. La meilleure meulière pour bâtir est celle qui est brune, légère, perforée d'ime multitude de trous et d'anfractuosités ; elle charge peu les murs, et se lie très bien au mortier. La meulière est formée aux dépens de calcaires lacustres ; ceux-ci sont décalcifiés le long des lignes d'affleurement et le long des cassures, ils deviennent lacunaires et lorsque des eaux chargées de silice circulent dans ces calcaires elles déposent de la silice dans les fissures; des blocs calcaires se trouvent ainsi engagés dans un réseau de lamelles siliceuses. Les meulières les plus connues du bassin de Paris sont celles du calcaire de crie et celles du calcaire de Beauce. Il en existe de belles carrières dans les départements de Seine-et-Oise, de Seineet-Marne et de la Marne, notamment à la Ferlé-sous- Jouarre, à Montmirail et à Meaux. Les laves poreuses d'Andemach, près de Cologne, celles de Volvic et d'Agde, sont aussi de très bonnes pierres meuUères. Voy. quartz.
MEULON, petite meule, meule temporaire, se dit surtout du trèfle, de la luzerne et du foin que l'on met en tas après avoir laissé sécher les andains jusqu'au moment où doit se faire le bottelage ou la construction des grandes meules.
MÉUM ou MÉo.N, genre de la famille des Ombellifères, tribu des Sésélinées, renferme des plantes herbacées, à feuilles ailées et à fleurs disposées en ombelles. Le Meum athamanticum, très voisin ne l'Athamanthe de Crète, est indigène des montagnes du midi de l'Europe et de l'Orient. Il a une odeur diliusible, qui persiste avec ténacité. Sa racine était autrefois emplovée en médecine comme stomachique. Le Meum mutellina croît dans les Alpes. — Le Méuni bâtard est le Seseli montanum.
MEUNERIE. Voy. meunier et mouture.
MEUNIER (pour molinier , du lat. molinarius; de viola, meule], celui qui exerce l'art de réduire les céréales en farme et d'en séparer les diverses espèces de son. L'art de la meunerie, longtemps abandonné à la routine, a fait depuis un siècle d'immenses progrès, qu il doit surtout aux engins mécaniques. La mouture américaine, introduite en France par Touaillon en 1807, sous le nom de système anglais, a été perfectionnée de nos jours par Darblay, Truffant, Rabourdin, etc., qui ont assuré à la meunerie française ime supériorité reconnue. — Consulter le Guide du meunier et du constructeur de moulins d'O. Evans (trad. de l'angl. par F. Benoît.) Voy. moulin et mouture.
MEUNIER, maladie des végétaux, en particulier des Laitues, produite par un Peronospora. Voy. bla.nc.
En Histoire naturelle, on donne vulg. le nom de Meunier à divers animaux, à cause de leur couleur blanche : à une espèce d'Able, le Cyprtnus ou Leuciscus dobula, et au Chabot; au Corbeau mante lé; au mâle des Hannetons, à cause des poils blanchâtres qui couvrent ses éijires; au Ver blanc de la farine, etc. — On appelle .Meunière la Corneille mantelée et la Mésange à longue queue.
MEURTRE orig. germaniq.). Voy. homicide.
MEURTRIÈRES, ouvertures étroites pratiquées vertica-