‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1019 sur 1729 · MINERAI · texte numérisé non relu

MINERAI

MINÉRALOGIE

à 400000. Voy. Statistique générale de la France et i' Annuaire des Travaux publics.

Vulgairement on nomme mine toute substance minérale telle qu'elle se rencontre dans la nature. Ainsi on dit de la mine d'argent, d'or, de cuivre, de charbon, d'alun, de soufre, etc. : ce mot devient alors synonyme de minerai. Ce qu'on appelle niine d'acier est le mmerai de fer cristiiUisc qui, dans le traitement par les foyers catalans, donne directement de l'acier malléaDle; ce qu'on appelle mine de plojnb est la plombagine ou graphite, substance avec la(]uelle on fabrique les crayons à écrire, et qui, malgré son nom, ne renferme pas un atome de plomb; la mine de plomb rouge est le minium.

MINE. Dans TArt militaire, on appelle ainsi une galerie souterraine uratiquce par l'assiégeant sous un ouvrage de fortification, etc., pour le faire sauter par le moyen de la poudre à canon. Autrefois on mettait le feu aux mines à l'aide d'une longue traînée de poudre : ce procédé, souvent dangereux et d'un eifet quelquefois incertain, a été remplacé par l'électricité : au moyen d'un fil métallique communiquant avec une pile, on peut faire sauter la mme à une distance considérable. On emploie aussi, pour la mise du feu, des cordeaux à combustion lente ou rapide. On nomme : puits de mine, l'ouverture qu'on fait en terre à la profondeur de l'entrée des galeries de mine qu'on veut pratiquer; chambre ou fourneau, le lieu destiné à recevoir la charge de la mine; saucisson, le rouleau de toile rempli de poudre dont on se servait autrefois pour mettre le feu à la charge de la mine ; entonnoir, le trou que" forme la mine quand elle saute ; contre-mine, les travaux que l'assiégé prépare de son côté pour obliger l'assiégeant à exécuter des galeries de mine dont la construction retarde considérablement sa marche : les globes de compression, inventés par Bélidor, et dont l'explosion agit à une grande profondeur, ont pour objet de détruire les contre-mines. — L'usage des mines était connu des anciens ; elles consistaient en galeries en bois auxquelles on mettait le feu et dont la destruction entraînait la chute de la muraille ; mais leur importance ne date réellement que de l'invention de la poudre à canon. Le premier essai remarquable d'une mine de ce genre est celui que l'Espagnol pierre de Navarre fit en 1501, au siège du château de r(Kuf, à Naples. Le capitaine du génie Gillot a traité de tout ce qui concerne le mineur dans son Traité de fortifcation souterraine (Paris, 1805).

MINE (du lat. mina, du gr. (jivâ). Chez les Grecs, la mine était à la fois un poids et une valeur monétaire; dans l'un et l'autre cas,' elle représentait 100 drachmes; 60 mines faisaient un talent. Comme poids, la mine éqiiivalait selon les uns à 324 grammes, selon d'autres à 435 grammes; comme monnaie, elle valait environ 96 francs.

Autrefois en France, on appelait mine (pour hémine) une mesure de capacité dont on se servait surtout pour le blé et le sel : elle contenait la moitié du setier, ou 78 lit. 05. — On donnait aussi ce nom à une mesure agraire qui valait à peu près les deux tiers de l'arpent.

MINERAI (pour mineraille, de mine], nom générique donné par les Mineurs à toutes les substances minérales telles qu'on les extrait du sein de la terre, et principalement à celles que l'on traite pour l'extraction des métaux. On donne le nom de gangue aux matières avec lesquelles les minerais sont souvent mélangés, et celui de schlick aux minerais préparés et prêts à être fondus. — Pour les diverses opérations nécessaires pour faire passer le minerai à l'état de métal (triage, bocardage, lavage, grillage, fonte, affinage), voy. métallurgie.

MINÉRAL (du b.-lat. minérale], nom donné à toutes les substances naturelles qui ne doivent pas leur structure à l'action de la vie et dont l'ensemble constitue le Règne minéral [Voy. minéraux). On l'applique plus spécialement à diverses substances comme il suit :

Acide minéral, acide de nature inorganique, d'origine naturelle ou artificielle, comme les acides sulfurique, nitrique, phosphorique, etc. ;

Alcali rninéral, ancien nom de la soude [Voy. ce mot) ; Bleu minéral, bleu de Prusse mélangé à diverses suDstances minérales qui ont pour effet de rendre sa teinte plus claire;

Caméléon minéral, le manganate de potasse : Vert minéral ou de Scheele, l'arsénite de cuivre; Kermès minéral, le sulfure et le sulfliydrate d'antimoine artificiel ;

Pourpi'c minéral ou pourpre de Cassius, l'or chimiquement divise en poudre ; Jaune minéral, le chlorure jaune de plomb; Huiles minérales ou pétroles, les huiles de schiste.

MINÉRALES (eaCX). Voy. EAUX.

MINÉRALISATION, se dit, en Minéralogie et en Chimie, des modifications survenues dans les substi^nces minérales après leur dépôt soit dans les filons, soit même dans les différentes couches des terrains qui composent l'écorcc du globe.

La membrane végétale s'imprègne fréquemment de cristaux ou de granules d'oxalate ou de carbonate de chaux, de silice, etc. On dit dans ce cas qu'il y a minéralisation. Cette minéralisation peut être homogène, granuleuse ou cristalline.

MINÉRALOGIE (du fr. minéral et du gr. Xôyo;, discours), science qui a pour objet la description et la classification des corps inorganiques répandus à la surface du globe et dans le sein de la terre. Elle s'occupe de ces corps tels qu'on les trouve dans la nature, étudie leurs caractères, leur composition chimique, leur gisement, le rôle qu'ils jouent dans la constitution du globe, leurs pro-

firiétes, leurs usages. Elle est aujourd'hui inséparable de a Géologie. Les minéraux, comme tous les êtres qui font l'objet de l'histoire naturelle, se distribuent en groupes formant des classes ou des familles, qui se subdivisent elles-mêmes en espèces ou variétés. Voy. minéraux.

Le minéralogiste doit s'exercer à reconnaître les minéraux à l'aide de l'œil ou au moyen de quelques essais simples et faciles à exécuter : un marteau, une pointe d'acier, un chalumeau, quelques acides, une aiguille aimantée doivent composer tout son bagage quand il voyage, car la cassure, l'aspect, la dureté, la fusibilité, l'action de l'acide nitrique et celle de l'aiguille aimantée, suffisent, avec la forme des cristaux, pour faire distinguer presque tous les minéraux communs. Les essais chimiques se font soit par la voie sèche, c.-à-d. à l'aide du feu ou du chalumeau, et de réactifs solides; soit par la voie humide, c.-à-d. à l'aide de réactifs liquides.

L'étude des corps inorganiques remonte aux premiers âges du monde, mais ici, comme partout, la pratique a de beaucoup précédé la science, et le mineur connaissait les minéraux utiles bien avant qu'on songeât à en déterminer méthodiquement les caractères et à les classer. Aristote et après lui Théophraste nous ont laissé les traités les plus anciens que l'on connaisse sur les minéraux : Pline et Dioscoride n'ont pas ajouté beaucoup à la somme de leurs connaissances. Pendant le moyen âge, la minéralogie n'était guère cultivée que comme auxibaire de Valchimie [Voy. ce mot), et ce fut seulement dans les temps modernes que l'étude des minéraux devint une science véritable. Le premier qui s'occupa avec succès de minéralogie propr. dite fut G. Agricola, qui écrivait vers le milieu du xvi" siècle : son ouvrage De re metallica (Bâle, 1546) fut longtemps le seul suivi. D'abord purement descriptive et empirique, la minéralogie prit au xviii' siècle un caractère scientifique, grâce à Linné, qui introduisit dans la classification des minéraux l'importante considération de la forme cristalline. En 1758, Cronstedt eut le premier recours à la composition élémentaire des minéraux : il fut suivi dans cette voie par Bergmann, de Born, Karsten, Kirwan. En 1774, Werner, fondateur de l'école de Freyberg, entreprit de ramener à des principes réguliers la détermination des espèces minérales, et définit avec précision les caractères extérieurs des minéraux. Vers le même temps, Rome de l'isle publia son Essai de cristallographie, dans lequel il établit le principe de la constance des angles dans les cristaux, et celui tie la dépendance mutuelle des formes cristallines dans une même espèce. Après lui, llaiiy, le vrai créateur de la cristal lographie [Voy. ce mot), donna un nouvel essor à la minéralogie par sa belle découverte de la loi de symétrie dans les cristaux. Depuis llaiiv, les progrès de 1 analyse chimique ont permis de perfectionner la classification minéralogique en la fondant à la fois sur les caractères cristallograpniques et sur la composition chimique. Voy. mi.né-

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