‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1020 sur 1729 · RAUX · texte numérisé non relu

RAUX

Parmi les traités de minéralogie publiés en France, on peut citer ceux d'Haûy (1801), d'A. Brongniart (1807), de Beudant (1824), de Dufrénoy (1844-1856), qui reste un des meilleurs; plus récemment le Manuel de M. Dos Cloizeaux (1862-1872), qui comprend seulement les silicates,

MNÉRAUX

MLMSTÈRE

les borates et les carbonates, et le Cows de Minéralogie de M. de Lappareiil ;2"= éd., 1890).

MINÉRAUX. On reunit sous ce nom tous les corps bruts, pierres, terres, sels, métaux, combustibles, qui se rencontrent à l'état naturel dans le sein de la terre ou à sa surface. Leur ensemble constitue le Bègne minéral, dans lequel on comprend par extension les liquides et les gaz naturels. Les minéraux se distinguent à la fois des végétaux et lies animaux par l'absence de vie et de sensibilité, et aussi par une composition atomique et moléculaire toute dillérente de celle des composés organiques. Ils sont constitués par des molécules liées entre elles par l'affinité seule, et s'accroissent par j«3rtaposition de molécules semblables aux premières. — Ils sont souvent amorpbes, mais souvent aussi ils sont cristallisés, c.-à-d. présentent dans la disposition de leurs molécules une symétrie et une régularité qui se traduit intérieurement par le phénomène du clivajre, et extérieurement par des formes géométriques qui sont l'objet de la cristallographie.

Les minéraux connus sont au nombre de plus de 2000, ayant reçu im nom distinct; mais beaucoup ne sont que des variétés assez mal caractérisées. Ils se distinguent les uns <les autres soit par leur composition chimique, soit par leur système cristallin, soit par leurs caractères physiques, couleur, transparence, éclat, texture, dureté, ténacité, cassure, onctuosité, flexibilité, odeur, poids spécifique, soit enlin par leurs propriétés optiques, électriques ou magnétiques.

On a proposé pour les minéraux une foule de classifications. Les unes, les plus anciennes, sont fondées seulement sur les caractères extérieurs : la plus célèbre en ce genre est celle de \Verner. D'autres sont fondées sur les cjiraclères purement chimiques, comme celle de Berzélius. D'autres encore reposent sur des caractères cristallographiques : telles sont celles de Rome de l'isle et d'Haûy en France, de Weiss et de Mohs en Allemagne.

I,a découverte de l'isomorphisme, par Mitscherlich, a introduit dans la classification minéralogique une nécessité nouvelle; comme les corps isomorphes peuvent se mélanger en toutes j)roportions et produire ainsi des espèces intermédiaires, il faut absolument rapprocher les ims des autres les corps isomorphes. Un essai heureux a été la classification du Beudant qui, jusqu'à ces dernières années, çst restée la meilleure. Récemment Dana, en Amérique, et Tschermak, en Autriche, ont donné des classifications, dont la dernière surtout, s'appuyanl sur les idées de Mendéléef, relativement aux familles natiu-elles des éléments, représentent bien, sans être peut-être définitives, l'état actuel de la science. >'ous devons renvoyer sur ce pomt aux traités spéciaux.

MINERVAL (de Minerve, déesse de la sagesse), nom donné, dans certaines parties des Pays-Bas et de l'Allemagne, à la rétribution que les élèves externes payent à leur maître.

MINERVE, Oô" petite planète, trouvée le 24 août 1867 par \Vatson, à Ann Arbor (Etats-Unis). Voy. planètes.

MINETTE DORÉE, nom vulgaire de la Luzerne lupultne.

Voy. LCPCLIXE.

MINETTE, roche éruptive granitoïde, composée essentiellement d'orthose et de mica noir, généralement en cristaux très fins. Les minettes sont surtout fréquentes dans les Vosges et en Bretagne : elles forment des filons dans les roclies de la série primaire.

MINEUR, se dit : en Métallurgie, de rou\Tier employé dans les mines à l'extraction du minerai [Voy. mixe) ; et dans l'Art militaire, du soldat employé à préparer la mine. I oy. mxE et sapeur.

MINEUR, celui qui n'a pas encore atteint l'âge de la majorité. Voy. MINORITÉ et ÉMASCIPATIOX.

Mineur, en Musique. Voy- intervalle et mode.

Ordres mineurs. Voy. ordres.

MINEURE (la). Voy. syllogisme.

MINIATURE (c.-à-d. peinture au minium), nom donné aux titres de couleur rouge, tracés au minium, dans les manuscrits les plus anciens, aux lettres ornées et aux enluminures si délicates qui accompagnent ces lettres. Cet art déhcat remonte au siècle d'.\uguste et a produit des œu- ^Tes splendides à Constantinople, en Italie et en France. On imita d'abord les statues antiques par la pose et les draperies des personnages; on cite comme exemples de ce genre les deux Virgiles du Vatican, dont le plus ancien a u» beauté magistrale de l'art grec ; à la Bibliothèque natio-

nale de Paris, un Térence, un psautier dû aux artistes byzantins, etc. L'art gothique domina au xiii* siècle; les personnages prirent des formes grêles et allongées, mais le coloris a un éclat merveilleux [Bréviaires de la reine Blanclie et de SI Louis, au Louvre) ; les détails, traités avec ime fidélité minutieuse, font connaître les usages, les costumes et les ameublements de l'époque, les idées religieuses qui présidaient aux compositions sMnboliques des artistes. Ceux-ci vivaient dans les couvents ou dans les ateliers des libraires (p. ex. des Flamel). Le règne de Charles V produisit de beaux monuments ; mais ils sont inférieurs à ceux de l'Italie, qui retrouvait alors les grandes traditions de la peinture. En France, les chels-d'œuvre du genre sont : les Heures de maître Estienne Chevalier, par Jehan Foucquet (1415-1485), dans le style de la Renaissance; les Heures de la reine Anne de Bretagne, par Jacques Pastel. Quand les Inxes se dépouillèrent de leurs anciens ornements et que les gravures prirent la place des enluminures, la miniature sur vélin se réduisit à la représentation des portraits. Curmer a reproduit les Heures d'Estienne Chevalier, celles d'Anne de Bretagne et a donné im choix des plus beaux spécimens des manuscrits de toutes les époques dans son Imitation de Jésus-Christ et ses Evangiles. M. A. de Bastard a publié le Fac-similé des peintures et ornements des manuscrits français (viir- XVI* siècles), et M. Ch. Mathieu, les Ornements des manuscrits du vu" au xvi« siècle.

Auj. la miniature, réser^■ée au portrait, s'exécute sur ivoire, sur émail, sur bois, sur vélin, sur certains papiers, avec des couleurs délayées à l'eau de colle ou à l'eau gommée. Dans la peinture en miniature, les chairs sont exprimées à l'aide de teintes pointillées et superposées; les draperies et les accessoires s'exécutent à la gouache recouverte de hachures serrées et croisées. On ne vernit pas les miniatures, mais on les cou^tc d'une glace. JI. de Montpctit est parvenu à peindre la miniature à l'huile, avec la finesse et le moelleux de la peinture en détrempe, qui jusque-là avait seule été employée à cet usage. Mais il faut dire que l'invention de la photographie a porté un coup presque mortel à l'art de la miniature. Parmi les plus célèbres miniaturistes modernes, on cite Od. da Gobbio, mort en 1330, Giulio Clo^^o, à l'époque de la Renaissance, puis, au xviii° siècle, Klingstedt, Rosalba Carrera, Hall et, plus récemment, Isabey, Duchesne, Mme de Mirbel, etc. — Consulter : Jlayol, Introduction à la miniature (1778) ; Violet. Traité sur l'art de peindre en miniature (1788) ; Bachelier, Ecole de la miniature (1814) ; Ballard, idem (revu par Cloquet, 1817); Mansion, Le</re» sur la miniature (1823; ; F. Constant Viguier, Manuel de miniature et de gouache ; Leroy de la Marche, les Manuscrits et la miniature (1888), etc.

MINIÈRE (du lat. miniaria), mine peu profonde (de fer d'alluvion, de lignite pj-riteux, etc.), qui s'exploite généralement à ciel ouvert. Les minières ne sont pas concédées; mais leur exploitation est soumise à des formalités spéciales : ce sont les préfets qui donnent l'autorisation d'exploiter le minerai, foy. mke.

MINIMA (appel à), se dit, en Droit criminel, de l'appel interjeté par le ministère public pour insuffisance de la peine prononcée contre un prévenu par le tribunal correctionnel.

MINIME. On appelait ainsi au moyen âge une note de musique avant la forme et la valeur de la blanche moderne.

MLMMES, religieux de l'ord. des Franciscains. Voy. François DE PAULE au Dict. dHist. et de Géogr.

MINIMUM, mot latin qui, en Math., a le sens de plus petite valeur possible d'une variable. Voy. maximum.

MINISTÈRE (du lat. ministerium), partie de l'adminbtration confiée à un haut fonctionnaire agissant au nom du chef de l'Etat, nommé et révocable par lui. En France, en Angleterre et dans tous les pays où fonctionne le régime parlementaire proprement dit, les ministres sont choisis parmi les chefs du parti politique qui a la majorilé au Parlement. Aux termes de la Constitution de 1875, les ministres sont solidairement responsables devant les Chambres des actes du gouvernement, et individuellement de leurs actes personnels (art. 6).

Le nombre et les dénominations des ministères ont très souvent changé en France. Sous les rois de la première et de la seconde race, et sous mie partie de ceux de la troisième, les hautes fonctions gouvernementales étaient exercées par les principaux officiers de la couronne : depuip

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