MIROITIER
MISSlOiN
à y conc(^ntror les rayons du soleil et à produire assez de cliideur pour enllammcr des matières combustibles. On en attribue l'iiiveutiou à Archimède, qui s'en serait servi pour brùliT la flotte des Romains au siège de Syracuse ; à son exemple, Procius brûla avec un miroir ardent la flotte de Vilaliou, qui assiégeait Constantinonlo (515). Cbez les modernes, le P. KircMcr, François Villetlc, opticien de Lyon sous Louis XIV, RulFon au xviu" siècle, ont construit des miroirs ardents avec lesquels ils ont produit les efl'ets les plus puissants : Buffon enflamma du Iwis à une dislance de 70 mètres.
MuunR À ALOCETTES, instrument en forme de cbapeau tie
Sondarme monté sur un pivot et garni de petits morceaux e miroir, qui tourne au moyen d'un ressort ou d'une lifcllc qui s enroule et se déroule. Exposé au soleil, il attire, par son éclat, des alouettes et d'autres petits oiseaux (|ui s'en approcliont et qu'on peut ainsi tirer très facilement. — La cbasse au miroir n'est guère fructueuse qu'au mois d'octobre, pendant les matinées où il a gelé nlanc.
MiRoin MAGIQUE, miroir dans lequel les magiciens prétendaient faire voir les événements futurs ou ce qui se passe à une grande dislance.
Les Japonais appellent M. magiques des miroirs métalliques dont une lace est polie et plane; en se regardant dans ce miroir ou n'observe pas de déformation sensible de limage. La face postérieure porte en creux ou en relief des ornements varies. Quand on reçoit sur la face polie les rayons du soleil et qu'on les renvoie sur un écran, on aperçoit sur l'écran les dessins j)lacés sur la face postérieure. — Voici comment on peut se rendre compte de cet elfet singulier : ces miroirs sont coulés et portent sur une face les ornements; l'autre face est polie par une sorte de grattage avec des outils de plus en plus fins et une sorte de brunissage. Dans les parties plus minces, le métal élastique cède sous l'outil et, reprenant ensuite sa forme, donnera sur le miroir .termine une région légèren;ent convexe; les rayons seront renvoyés divergents par celte région et on obtiendra sur l'écran îles lignes sombres représentant les parties creuses de la face postérieure.
Parmi les minéraux, on nomme vulgairement : Miroir a'âne, le Gypse laminaire, qui réfléchit la lumière ; M. de Ste Marie, M. de la Vierge, M. du j)èlerin, le même minéral en grandes lames blanches et transparentes, parce
au'on s'en sert dans le Nord et en Italie, pour mettre evant les images en guise de verre; M. des Incas, la pyrite de fer ou l'obsidienne avec laquelle les Péruviens ce construisaient des miroirs.
Miroir de Vénus, plante. Voy. spéculaire.
En Géologie, miroir d'une faille. Voy. faille.
MIROITIER (p. miroirier), celui qui fait, monte et vend les glaces et miroirs. Le miroitier ne fabrique point les glaces lui-même; mais il les taille, les ctame, les dispose dans leurs parquets, les encadre, etc. Voy. glaces.
MISAINE (de i'ital. mezzano, placé au milieu). Dans la Marine, on appelle mât de misaine un des mâts du navire, celui qui est placé à l'avant, entre le beaupré et le grand mât. On dit aussi la vergue de misaine, la hune de misaine, la voile de misaine ou simplement la misaiite, pour désigner la vergue, la hune, la voile du mât de misaine. La misaine est la voile de tous les temps ; elle ne se supprime que devant une tempête irrésistible.
MISANTHROPIE (du gr. p.iaav6pw-i:{a), dégoût, haine, aversion pour les hommes et pour la société. Quand la misanthropie n'est pas un système, comme chez le Timon des Grecs, ou un travers d'esprit, comme dans VAleeste de Molière, elle est un symptôme de la mélancolie de l'hypocondrie : la misanthropie de J.-J. Rousseau paraît avoir eu ce dernier caractère. — Voy. A. Widal, Des divers caractères du misanthrope chez les écrivains anciens et modernes (1851).
MISCHNA, première partie du Talmud. Voy. ce mot.
MISE (en Droit). Mise au rôle {Voy. rôle) ; — Mise en accusation ( Voy. accusation) ; — Mise en cause, action d'appeler un tiers dans une instance pour que le jugement soil commun avec lui : ainsi le garanti met le garant en cause [Voy. garantie); — Misé .en demeure [Voy. demeitre) ; — Mise en état : c'est le fait de mettre une cause en état d'être jugée.
MISE À PRIX. Voy. ENCnÈRE, AWUDICATIO::.
MISE AU POINT, travail exécuté par le praticien pour , dégrossir un bloc de pierre ou de marbre d'après la ma-
quette modelée par le statuaire. Il assujettit au-dessus de Ja maquette et du bloc deux cadres exactement pareils et y allaclie en divers endroits des fils à plomb. Puis, à l'aide d'un compas à branches recourbées, il mesure, sur le modèle, la distance en hauteur et en largeur de tel ou tel point au lil à plomb, la reporte pour la hauteur sur le bloc, puis avec une tarière y perce un trou jusqu'à une profondeur égale à la largeur relevée. Ces trous sont multipliés autant qu'il est nécessaire pour cerner la figure qui doit sortir du bloc; après quoi, il ne reste plus qu'à abattre avec le mar'eau les parties inutiles et à livrer le bloc ainsi dégrossi au statuaire pour qu'il mette la dernière main à son o'uvre.
MISÈRE. Voy. mendicité et paupérisme.
MISERERE (c.-à-d. en latin aie pitié). 11 y a plusieurs psaumes qui commencent par ce mot; mais on désigne spécialement sous ce nom le 50' psaume de David (qui est le 4° des psaumes de la pénitence), parce qu'il commence par ces mots : Miserere niei, Detts. David l'écrivit après que Nathan lui eut reproché le crime qu'il avait commis avec Bethsabée.
MISERERE (colique de). On donne vulgairement ce nom à une sorte de colique très violente et très dangereuse, du latin miserere, aie pitié, à cause de la douleur insupportable qu'éprouve le malade, et qui lui fait implorer au secours. Voy. occlusion intestinale.
MISÉRICORDE. Voy. dague, poignard et stalle.
MISODENDRON, genre de la famille des Loranthacées, établi pour des arbrisseaux du sud de l'Amérique méridionale. Voy. loranthacées.
MISPAIS (de l'anglais Mince-pies), sorte de grosses tartelettes que l'on emplit d'un composé de: filet de bœuf et filet de porc rôtis, graisse de rognon de bœuf coupée en petits dés, raisins de Smyrne, de Corinthe, cognac, madère, cassonade, orange, citron, muscade et gingembre, que l'on fait macérer ensemble avant de garnir les tartelettes. On peut les arroser de cognac sucré, auquel on met le feu au moment de le servir.
MISPICKEL (orig. inc), sulfoarséniure de fer [FeAsS) qu'on trouve en cristaux orthorhombiques d'un blanc d'argent, à poussière grise, ou en masses compactes. Le mispickel est employé pour la préparation de l'arsenic. Il est très répandu dans les roches quartzeuses ou serpentineuses. La Danaïte (dédiée au minéralogiste Dana) est une variété cobaltifère.
MISSEL (du lat. missale, de missa, messe), livre qui sert à la célébration de la messe, et qui contient le texte des différentes messes qui se disent tous les jours de l'année. On appelle missels pléniers les missels les plus complets. — C'est au pape Gélase, mort en 496, qu'on attribue la composition au premier missel; ce missel, qui était en deux volumes, fut abrégé par le pape Grégoire ic Grand (mort en 604), qui le réduisit à un seul, connu sous le nom de Sacra?nentaire grégorien. — Il y a autant de missels qu'il y a de liturgies [ Voy. ce mot) : ainsi il y a le missel grec, mozarabique, copte, le missel gallican, etc. En France, depuis quelques années, le missel romain a remplacé tous les autres. Actuellement l'usaga donne le nom de missels aux paroissiens ou eucologes.
MISSI OOMINICl (envoyés du Seigneur). Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.
MISSION (du lat. ynissio, envoi), se dit en général de toute fonction temjwraire, diplomatique, militaire ou autre, dont un gouvernement charge un agent spécial pour un objet déterminé. Dans un sens plus restreint, il se dit surtout de la prédication de l'Evangile chez les peuples infidèles ou même d'une série d'instructions faites dans une paroisse pour raviver la foi des fidèles. On donne le nom de m/*sionnaires aux prêtres qui se vouent à cet apostolat. — On étend aussi le nom de missions aux maisons où sont instruits les missionnaires, aux pays où ils prêchent, ainsi qu'aux établissements qu'ils y ont fondés [Voy. missionnaires, missions et lazaristes au i)ic/. d'Hist. et de Géoffr.). — Les apôtres furent les premiers missionnaires, et l'histoire des missions est celle des progrès du Christianisme. On peut lire dans les Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères (Paris, 1717-74, 1818-20. etc.), ainsi que dans les Annales de la propagation de la Foi (qui se publient encore aujourd'hui), les immenses travaux accomplis depuis deux siècles par les missionnaires catholiques. Ceux des missionnaires protestants sont consignés dans V Histoire des missions de Lord (en anglais), et dans