MITRE
l'Histoire des missions évangéliques dans les Indes orientales de Knapp (Halle, 1824, en allem.).
MISSIVE (lettre). Vou. lettre.
MISTIC ou îfisTiQCE (du turc mistigo], bâtiment d'Espagne et de Portugal, naviguant à l'entrée de la Méditerranée et dans le Levant ; c'est une espèce de chasse-marée, mais portant des antennes. Il est du port de 80 tonneaux environ.
MISTIGR!, se dit, dans certains jeux de cartes, comme la bouillotte, le brelan, le Irente-et-un, etc., du valet de trèfle, surtout quand il est accom^iagné de deus cartes pareilles.
MISTRAL ou îfAESTRAL (du lat. magistralis, magistral). Les marins provençaux nonunent ainsi le vent du nordouest. Les Italiens l'appellent maestro. C'est le vent le plus redoutable de la Méditerranée, surtout pendant l'hiver et l'automne, et après les pluies d'orage. M. Lartigue rao- |)orte la production du mistral à la circulation générale des venls polaires et nullement au refroidissement que subirait l'air en passant sur le sonunet des Cévennes, comme on l'a souvent avancé.
MISY, nom employé comme syn. de Copiapite et de Coqitimbite.
MITE 'orig. germanîq.), nom vulgaire de plusieurs espèces d'Arachnides presque microscopiques, qui font partie du groupe des Acarides. La plus commune est la Mite dojiicxlique ou Ciron [Acariix doineslicus ou A. siro), qui Ml dans le vieux fi-omage, sur la vian<le sècbe ou fumée, 11 le vieux pjùn et les conlitiires sèches conservées trop temps, sur les oiseaux et les insectes des collections •loire naturelle, dans les fourrures et les vêtements de laiiie. l'our se préserver des attaques de ces animalcules, on se sert ordinairement du camphre ; on trouve des préservatifs moins fugaces dans les savons arsenicaux et l'huile de pétrole. Voy. pou et teigxe.
MITHRIDATE, électuairc composé de plusieurs substances aromatiques et d'opium, dont le nom vient de Milhridale, roi de Pont, qui passait pour l'avoir inventé. C'était une sorte de thériaque considérée autrefois comme un anlidote universel.
MITHRIDATISME, t. de Toxicologie, état de tolérance pour les poisons, que Milhridate était réputé avoir acquis grâce à l'accoutumance. Le mithridatisme semble n'être pas sans analogie avec l'immunité acquise que procurent les VACCINS [Voy. ce mot).
MITOYEN, MiTOYEXSETÉ (du b.-lat. medietanus, de medietas. moitié). En \)ro\\., mitoyen se dit de ce qui appartient à deux propriétés contiguës, et en forme la séparalion : d'un mur, d'un fossé, d'une haie, d'un puits pratiaué sur la limite conunmie de deux propriétés, et à l'usage e l'une et de l'autre. — Le Code cinl (articles 651-676) a réglé tout ce qui concerne la mitoyentieté. o Tout mur servant de séparation entre bâtiments jusqu'à l'héberge (point où l'un des deux bâtiments de hauteur inégale cesse dcprolitor du mur conunun), ou entre cours et jardins, est présumé mitoyen s'il n'y a titre ou marque du contraire. Il y a marque de non-mitoyenneté lorsque la sommité du mur est droite et à plomb de son parement d'un côté, et présente de l'autre un plan incliné, ou lorsqu'il n'y a que d'un côté un chaperon ou des filets et corbeaux de pierre qui y auraient été mis en bâtissant le mur. Dans ces cas. le mur est censé appartenir exclusivement au propriétaire du côté duquel sont l'égout ou les corbeaux et fdels de pierre. — La réparation et la reconstruction du mur initoyen sont à la charge de tous ceux qui v ont droit, et proportionnellement au droit de chacun. Cependant tout copropriétaire d'un mur mitoyen peut se dispenser de contribuer aux réparations et reconstructions en abandonnant le droit de mitoyenneté. — Tout copropriétaire peut faire bâtir contre un mur mitoyen, et y faire placer dos poutres ou solives dans toute l'épaisseur du mur, à cinquantequatre millimètres près. — Tout copropriétaire peut faire exhausser le mur mitoyen ; mais il doit payer seul la dépense de l'exhaussement, les réparations d'entretien audessus de la hauteur de la clôture commune, et, en outre, l'indemnité de la charge en raison de l'exhaussement et suivant la valeur. — Le voisin qui n'a pas contribué à l'exhaussement peut en acquérir la mitoyenneté en payant la moitié de la dépense qu'il a coûté, et la valeur de la moitié du sol foiuni pour l'excédent d'épaisseur, s'il y en a. »
« Tous fossés entre deux héritages sont présumes mi-
toyens, s'il n'y a titre ou marque du contraire. Il y a marque de non-mitoyenneté lorsque la levée ou le rejet de la terre se trouve d'îm côté seulement du fossé. Le fossé est censé appartenir exclusivement à celui du côté duquel le rejet se trouve. Le fossé milovcn doit être entretenu à frais
communs. »
a Toute haie qui sépare des héritages est réputée mitoyenne, à moins qu'il n'y ait qu'mi seul des héritages en état de clôture, ou s'il n'y a titre ou possession stiffisante au contraire. — Les arbres qui se trouvent dans la haie mitoyenne sont mitoyens comme la haie et chacun des deux propriétaires a le droit de requérir qu'ils soient abattus, b
MITRAILLE (du v. franc, mitaille, de mile, petite monnaie), se dit, en général, de toutes sortes de vieille ferraille, de vieux morceaux de cuivre, et spécialement des matières dont on chargeait les bouches à feu pour rendre leur action plus meurtrière à courte distance. — On fait usage auj. de boites à mitraille à enveloppe de zinc contenant des balles de fer ou de plomb noyées dans du soufre. — Les obus à mitraille ou shrapnells [Voy. ce mot) sont des obus dont la capacité intérieure est remplie de balles et de galettes métalliques dont le fractionnement est préparé à l'avance et qui, par leur éclatement, donnent un grand nombre de projectiles meurtriers. — La boite à mitraille ne peut s'employer qu'aux faibles distances : l'obus au contraire agit efficacement à toutes les portées parce qu'il éclate au but, grâce à la fusée dont il est muni. — Le tir à mitraille paraît dater du xvi" siècle : on s'en servit à la bataille de Marignan, au siège de Vérone ; selon d'autres, il ne daterait que de 1 an 1620, époque à laquelle Gustave-Adolphe l'aurait appliqué pour la première fois à la guerre de campagne.
MITRAILLEUSE, bouche à feu destinée à lancer très rapidement im grand nombre de projectiles de petites dimensions, tels que des balles. Elle se compose soit d'une série de canons de fusil réunis dans une enveloppe, qu'on charge simultanément et dont les coups partent à très court intervalle les uns des autres, soit d'un seul canon dans lequel un mécanisme spécial amène très rapidement mi grand nombre de cartouches qui partent successivement. Au premier système appartient la mitrailleuse française qui fut en usage en 1870, au second la mitrailleuse Gattling ; quelquefois ils sont combinés ensemble (mitrailleuse Hotdikiss). — Les mitrailleuses, sur lesquelles on avait fondé chez nous un grand espoir avant 18 iO, sont de mauvaises pièces de campagne, car leur tir est diflicile à régler ; elles conviennent au contraire très bien pour les tirs à courte distance, tels que ceux employés à bord des navires ou dans les fortifications. — Les canons-revolvers ne sont à proprement parler que des mitrailleuses tirant des projectiles explosibles d'un poids supérieur à 400 gr., limite audessous de laquelle leur emploi est interdit par les conventions internationales.
M ITRALE (valvule). Foy. valvule.
MITRE (du gr. ti^Toa), coiffure que portent, dans les cérémonies de l'Eglise, les évêques, les archevêques et les cardinaux. C'est un bonnet rond, pointu et fondu par le haut, ayant deux fanons qui tombent sur les épaules. Les abbés réguliers, dits abbés mitres, portaient autrefois la mitre, mais tournée de profil. Les papes ont aussi longtemps porté une espèce oe mitre, qui depuis a été remplacée par la tiare (Voy. ce mot). — L'usage de la mitre dans le costume ecclésiastique paraît ne dater guère que du X" siècle ; on croit qu'elle nous est venue de l'Inde ou de la Perse, où l'usage en est fort ancien. — Chez les Romains, cette coiffure était particulièrement affectée aux fenunes, et chez eux c'était pour les hommes une preuve de mollesse.
Mitre d'Hippocrate, bandage qu'on emploie dans les plaies de la tête.
Les Couvreurs appellent mitres des tuiles ou des planches de plâtre qu'on dispose en forme de mitre audessus d'un corps de cheminée pour l'empêcher de fumer, en diminuant l'ouverture du tuvau.
MITRE, Mitra, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pectinibranches, famille des Volutidées : coquille allongée à spire très saillante, dont la bouche étroite, échancrée en avant, et sans canal postérieur, présente sur la columelle de gros plis parallèles et inégaux. — Les Mitres se rencontrent à l état fossile depuis l'étage céaomanien. ïjlles >-ivent auj. dans les mers chaudes.