‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1025 sur 1729 · CATÉGORIES · texte numérisé non relu

CATÉGORIES

En Droit, on appelle modalité les diverses formes que peut prendre une obligation et qui en changent le caractère ordinaire : le terme, la condition, la solidarité sont <les modalités.

En Musique, la modalité est l'indication du mode dans le(juel on joue. Voy. mode.

MODE (du lai. modus, manière d'être). En Philosophie, on oppose les modes à la substance, et l'on entend par ce mot les différentes manières d'être que peut nous offrir une même substance. On distingue des modes^ essentiels ou attributs, qui constituent l'essence d'un être, p. «X. la puissance et l'mtelligence infinies eu Dieu, la raison <lans 1 homme, l'impénétrabilité dans la matière ; et des modes accidentels, comme la couleur ou l'odeur dans les corps, l'âge dans l'homme, etc. Voy. attribut, accident.

En Grammaire, les modes sont les différentes inflexions

3ue prend le verbe pour rendre les différentes manières ont le fait peut être présenté. Il y a en français cinq modes : 1° Vindicatif ou affirmait f, qui ne fait qu'indiquer ou énoncer le fait comme positif; 2" le conditionnel, qui affirme avec condition; 5" l'impératif, qui affirme avec commandement; 4" le subjonctif, qui présente le fait comme dépendant d'un autre : et par conséquent avec un certain degré de doute ; 5° V infinitif, qui exprime l'idée du verbe d'une manière générale, sans nombre ni personne. Quelques grammairiens font du participe un 6" mode [Voy. participe). On doime quelquefois le nom de modes obliques ou indirects à tous les modes autres que l'indicatif. — Les Latins remplacent le conditionnel par le présent, par l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif. Ils rattachent à l'infinitif les formes verbales ^\\.es gérondif cl suiin [Voy. ces mots). Les Grecs ont, pour exprimer le souhait, un mode particulier, Voptatif.

Modes du syllogisme. Voy. syllogisme.

MODE. En Musique, le mode est l'onlre d'après lequel succèdent les degrés dans une gamme par rapport à un son principal servant de point de départ.

Dans la Musique des anciens, il y avait au moins quinze modes. Les principaux étaient, du grave à l'aigu, le dorien, le phrygien, Véolien, ïioniai, le lydien, etc. On attribuait à Phémius la distinction des divers modes. Au movcn âge, St Ambroise en choisit quatre, qui composèrent le plaiii-chant primitif : ce sont le dorien. le phrygien, ie lydien et le mixolydien, ayant pour toniques ré, mi, fa, sol: ils furent appelés les modes authentiques. Le •pape Grégoire le Grand ajouta à chacun d'eux un ton supplémentaire appelé plagal ou collatéral, pris à la quarte mférieure du ton authentique ; enfin on ajouta plus lard deux autres modes avec leurs plagaux, Véoben et V ionien, ayant la et ut pour toninues. — Dans la Musioue moderne, oiii ne distingue que deux genres de modes, le mode majeur et le mode mineur. Le mode est majeur quand la 5" flote de la gamme (médiante) forme avec la tonique un intervalle de tierce majeur (2 tons), et la 6' (sus- ■domiiiantc) un intervalle de sexte majeur. Le mode est mineur lorsque ces mêmes intervalles sont abaissés d'un -demi-ton. Pour cette raison, la tierce et la susdominante, cons(iluant les caractères distinctifs des modes, sont appelées notes modales.

Dans la notation musicale du moyen âge, le mot mode <lésigna longtemps une manière de fixer par des signes la valeur relative des notes et des silences. Le mode se marquait après la clef par des cercles ou des demi-cercles, avec «u sans point à leur centre, accompagnés des chiffres 2 ou 3, selon que la mesure était à 2 ou 5 temps. C'est de «et usage qu est resté dam la musique moderne celui d'em-

ployer le G simple ou traversé d'une ligne verticale (j^ , pour mdiquer la mesure à deux ou à quatre temp.

MOOB (la), usage passager qui dépend du goût et du caprice. C'est siu-iout dans ce qui a rapport à la toilette que la mode règne en souveraine : aussi appellc-t-on spécialement modes, articles de modes, les ajustements et parures à la mode qui servent à la toilette des dames, et marchandes de modes ou modistes les femmes qui se livrent à la fabrication et au commerce de ces articles. Cette industrie occupe ime place importante dans le commerce de la France et surtout de Paris : les modes parisiennes, qui brillent surtout par le goût et l'élégance, sont presque universellement adoptées par les nations étrangères, et les articles de modes sont un des principaux objets d'exportation. — Il existe en France un grand nombre de journaux de modes, la plupart éphémères : le Journal des modes, le Petit Courrier des Dames, la Psyché, la Mode illustrée, la Mode pratiaue, etc.

MODECCA, genre de la famille des Passiflorées, type de la tribu des Modeccées, a été établi pour des plantes herbacées ou frutescentes de l'Asie et de l'Afrique tropicale.

MODELAGE (de modèle), opération par laquelle le sculpteur façonne en ai^ile ou en cire une maquette ou ébauche d'après laquelle il exécute ensuite son ouvrage en plâtre, en pieire, en marbre ou en bronze. Cette opération est faite par la main de l'artiste ou à l'aide d'un instrument fort simple consistant en une petite spatule de bois ou d'ivoire, que l'on nomme ébauchoir. L'art de modeler est la partie essentielle de la statuaire. Voy. sculpture.

Pour le peintre, modeler, c'est s'appliquer à rendre exactement, par le moyen du dessin et l'effet du clairobscur, le relief des figures, les méplats et les détails du svstème musculaire. Voy. peinture.

' Modeler se dit aussi, dans le même sens que mouler, de l'opération qui consbte à tirer en creux, à faire des moules, soit d'après les œuvres de la sculpture, soit sur une personne morte, soit même sur une personne vivante. Celui qui exécute ces diverses opérations s'appelle modeleur. Voy. MOULAGE.

MODÈLE (du latin fictif modellus, dimin. de modus, mesure). Dans les Beaux-Arts, on donne ce nom à l'objet ou même à l'image que l'artiste veut représenter. Les peintres et les sculpteurs prennent ordinairement leurs modèles dans la nature, soit vivante, soit morte. Us appellent spécialement modèles les hommes ou les femmes dont le métier est de poser dans les ateliers, c.-à-d. de i rester i)endant un certain temps sous les yeux de l'artiste dans une attitude déterminée; ils se servent également pour cet usage de poupées mécaniques ou mannequins, auxquelles on peut donner toutes sortes de positions. — Les sculpteurs donnent aussi le nom de modèle à la figure qu'ils ont modelée, pour l'exécuter ensuite en plâtre, en pierre ou en métal. Voy. modelage.

En Architecture et dans tous les genres de construction, on nomme modèle la représentation exacte, mais sur une petite échelle, d'un édifice, d'une machine, qu'on doit exécuter en grand, ou dont on veut conserver le souvenir matériel, pour servir à l'instruction des machinistes, des manufacturiers, etc. Les galeries du Conservatoire d«« arts et métiers, celles des Musées de l'artillerie, de la marine, etc., sont garnies de modèles de ce genre. — En Marine, les modèles servant à la construction des diverses parties des navires prennent le nom de gabaris.

MODELEUR. Voy. modelage et moulage.

MODÉNATURE (de l'ital. modanatura), proportion et galbe des figures d'une corniche. La modénaluie détermine le caractère des divers ordres d'architecture.

MODÉRATEUR (lampe à). Voy. lampe.

MODERATO, se dit, en Musique, d'un mouvement moven entre le lent et le vif, ni trop vif ni trop lent.

MODERNE (art). L'art moderne, si l'on fixe son point de départ vers la fin du xvi* ou dans les premières années du xvii" siècle, débute au moment où l'influence italienne persistante achève dans les divers pays d'Europe la rupture avec les traditions des âges précédents. Seul en Flandre, en Espagne et surtout en Hollande, le tempérament natif, reprenant momentanément le dessus, fera renaître au xvn* siècle un art original, sincère, en communion intime avec le caractère du pays, dont elle reflétera la vie intellectuelle, les mœurs, les aspects de nature. Dans tous les autres pays et surtout en France, la scission se fait complète et définitive avec les vieilles traditions

MODERNE

MODERNE

nalionalps, qui s'étaient maintenues intactes jusque-là, à travers môme toutes les influences italiennes du xvi» siècle. Ce sera le triomphe du goût classique.

Archilecturc italienne. Dès la fin du xvi« siècle, le goût des Italiens, dégénéré et corrompu, ne se plaît plus qu'à un art tourmenté, théâtral et emphatique. Le style dont les éléments sont déjà contenus dans les dernières œu\Tes de Michel-Ange, va dominer dans toute la péninsule, à Home d'ahord avec Giacomo délia Porta, élève de Wichel-Ange qui termine l'église du Gesù, commencée par Vignole (façade divisée en deux étages, décorée de deux ordres superposés de colonnes et de pilastres, couronnée par un fronton triangulaire et flanquée dans sa partie supérieure de deux grands ailerons en forme de volute — prototype de tous les portails d'églises jésuites du xvii" et du xvui° siècle, dans le monde entier — nef à deux rangées d'arcades, ornées de pilastres, au-dessus desquels règne une corniche ; tribunes au-dessus des chapelles). C'est au Gesù, dans les revêtements de marbres précieux, dans les emphatiques figures aux draperies tourmentées, aux attitudes théâtrales, c'est surtout dans la profusion d'ornements en stuc, de dorures, de gloires, dans les statues qui ornent le lourd autel du père Pozzo [chapelle St-Ignace) qu'apparaît dans toute son exubérance le mauvais goût (lu xvn° siècle. Dans le même style, citons St'lgnace, par Algardi ; S. Andréa délia Valle par Rinaldi et Madcrna, Ste-Suzanne, par Maderna, les Sts-Apôlres,

fiar Fontana, enfin les travaux exécutés à St-Pierre par )ella Porta et Fontana (construction de la coupole), par Madcrna (la façade) et par Bernini. Lorenzo Bernini, de Naples (1599-1680), dont la renommée en Europe fut aussi universelle que l'avaient été au siècle précédent celles de Michel-Ange ou de Jean Bologne, fut jugé digne de parachever la construction de St-Pierre et d'en orner l'intérieur ; plus tard, sur la fin de sa vie, il entoura la place qui précède la basilique de sa célèbre colonnade circulaire. Avec Francesco Borromini, les frontons des édifices se recourbent, les façades s'ondulent, les contours s'agitent, se renflent, se creusent, et forment des silhouettes incohérentes. I/absurdité de ces constructions ne fut dépassée que par l'œuvre du père Guarino Guarini qui, au début du xvin« siècle, a couvert Turin de ses édifices extravagants.

Peinture italienne. Parmi les peintres italiens, il se forme au début du xvu« siècle un groupe d'artistes qui confondent dans un enseignement éclectique tous les pnncipes du siècle précédent : c'est Vécote bolonaise, dont les fondaleui-s sont les frères Carrache, Louis, Auguste et surtout Annibal, coloristes lourds, influencés par les Vénitiens. Parmi la longue, ennuyeuse série de peintres emphatiques ou fados qui se sont formés chez les Carrache, les plus connus sont le Dominiquin — qui eut lui-même pour élève Sassoferrato — , Guido Reni, Lanfranco, l'AlKme. C'est avec des qualités bien supérieures de peintre solide et de coloriste que Michel-Ange Amcrighi de Caravage, le puissant initiateur de l'école naturaliste, a peint ses scènes de cabaret et de corps de garde, ses musiciens, ses joueurs, le superbe portrait A'Alof de Vignacourt, enfin de nombreux sujets religieux où il introduisit le même gonl d'observation réaliste des types, des attitudes et du groupement. Le caractère de ses personnages, sa recherche du clair-obscur, l'éclairage parfois violent de ses compositions, la chaleur sourde de son coloris curent une influence active sur nombre de ses compatriotes et des peintres français de passage en Italie (surtout sur le Yalentin). A Gênes ce fut Bernard Strozzi qui continua avec le plus de succès la manière de Caravage; à Naples, son influence a formé le peintre espagnol Ribéra, le paysagiste et fougueux peintre de batailles Salvator Rosa, et Luca Giordano. Parmi les Toscans, on ne peut guère citer au xvn° siècle qu'Allori, Cigoli, enfin Pietro de Cortone, dont les œuvres décoratives ornent les palais de Rome, où il vécut. C'est à Rome que travaillèrent également le père Pozzo, le décorateur de la voûte du Jésus, et dans des genres secondaires, le batailliste Cerquozzi, et le peintre d'architecture Panini. Au xviii" siècle l'école de Venise jettera un dernier éclat avec Tiepolo et ses brillantes compositions décoratives, avec Guardi, le peintre spirituel des fêtes et des cérémonies de Venise, avec Canalelto, célèbre par ses vues de canaux vénitiens, avec la pastelliste Rosalba Carriera.

Sculpture italienne. A la grâce maniérée de l'école de

Jean Bologne dont l'influence est encore visible dans les premiers monuments du xvii» siècle, succède l'exagération emphatique du Bernin. Les poses théâtrales de ses figures, l'exécution molle et boursouflée des nus, un jeu de draperies compliqué et mouvementé à l'excès, se retrouvent dans ses œuvres de sculpture les plus réputées, le Baldaquin de St-Pierre, tant imité depuis, la Chaire de St-Pierre, les Statues du pont Si-Ange, l'Evanouissement de Ste-Thérèse, les Statues de St Longin, de Constantin, d'Abacuc, les Fontaines de la place Navone, de la Barcaccia, les Tombeaux d'Urbain VIII et d' Alexandî'C VII. Il répandit dans la sculpture italienne le goût des grands rideaux pompeux et lourds derrière les statues ou sur les mausolées, des allégories d'une ingéniosité ridicule — toutes choses que les derniers imitateurs du Bernin, avec leur puérile dextérité de ciseau, poussèrent à un degré inouï d'extravagance et de mauvais goût (Christ mort, par San Martine; Piidicitia, par Corradini ; la Délivrance de l'erreur, par Queirolo). Dans le bas-relief, les sculpteurs visent à donner l'illusion des plans, cherchent à « faire tableau ». Avec son entassement de figures, le bas-relief d'Attila, par Algardi, est le type de ces compositions lourdes et surchargées. Vers le milieu du xviii° siècle, une évolution se fait dans le goût public vers la recherche de formes plus simples; à la fin du siècle et au début du xix°, Canova ramène la sculpture italienne à l'étude de l'antiquité et crée une nouvelle et froide école classique [mausolées de Clément XIII, de Marie-Christine, d'Alfieri, Thésée et le Minotaure, Persée, Zéphyre et Psyché, etc.). C'est de l'école de Canova qu'est sorti le sculpteur danois Thorwaldsen.

Architecture française. De l'engoûment du xvii° siècle

Fiour l'antiquité latine de la décadence, interprétée à l'itaicnne, vue à travers les commentaires de Vignole, ou faussée par les reconstitutions fantaisistes de Perrault, est né un art dont les traditions se perpétuent encore de nos jours, avec les institutions officielles qui l'ont patronné. Heureusement les qualités natives de l'esprit français sauvèrent notre art national des dévergondages du style baroque italien qui sévit fâcheusement en Allemagne. Si l'éducation de nos architectes est entièrement italienne, si les principes et les éléments de notre art nous viennent d'Italie, du moins la clarté du plan, une certaine harmonie dans les lignes, un goût pondéré et plein de mesure dans l'imagination décorative distinguent nos édifices des monuments italiens contemporains.

Notre architecture civile, sous Henri IV, malgré le rappel des Jésuites, malgré la protection accordée par le roi aux artistes italiens, conserve parfois dans les habitations particulières un caractère essentiellement français qui se maintient encore sous Louis XIII (place Royale, place Dauphine, etc.), avec les grands toits en pente surmontés de cheminées monumentales, l'élégant mélange de la brique rouge et de la pierre, un emploi généralement raisonné du bossage aux angles et au rez-de-chaussée. Trop souvent cependant le goût des motifs italiens se fait sentir dans la profusion d'ornements qui surchargent sans goût et sans mesure les façades de nombre d'hôtels, comme dans les travaux d'Androuet du Cerceau au Louvre (première application de l'ordre colossal jusqu'alors inconnu en France) et dans les agrandissements du palais de Fontainebleau; ce sont des artistes florentins, les Francini. qui dessinèrent les jardins, grottes, fontaines de Fontainebleau dans le goût italien; ils introduisirent un type nouveau de parc qui, repris par Lenôtre, sera plus tanl baptisé « jardin français ». Avec Richelieu, le plus passionné des amateurs du début du siècle, la vogue croissante des antiques et des objets d'art italiens mit à la mode le goût des galeries et des collections de peinture et de sculpture. Pour réunir les œuvres d'art auà grands frais il faisait rechercher dans toute l'Italie, le ministre fit élever par Lemercier le palais Cardinal. C'est également à Lemercier qu'il confia le soin de continuer le Louvre (pavillon de 1 Horloge), de reconstruire la Nouvelle Sor- Iwnne, où, comme au Louvre, on retrouvait la marque de son style sévère et lourd dans les voûtes un peu surbaissées supportées par [de larges doubleaux ornés, d'élever le château de Rueil au milieu de ses immenses jardins à l'italienne, le château du Plessis, et la ville de Richelieu entièrement reconstruite selon un plan nouveau. Lemercier construisit aussi le premier château de Versailles.

MODERNE

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Citons encore, parmi les architectes du règne de Louis XIII, Desbrosses qui élève le palais du Luxembourg lourdement surchargé de bossages et de refends, et François Mansart, l'auteur de quelques belles habitations particulières, château de Maisons, palais de Gaston d'Orléans à Blois, et qui a réédifié avec goût la façade de l'hôtel Carnavalet.

Le règne de Louis XIV acheva l'italianisation complète du goût français ; il donne une consécration officielle à cette poussée irrésistible qui entraînait nos artistes en Italie (Colbert fonde.cn 1606, l'Académie de France à Rome); il crée à leur usage un enseignement théorique et formulaire de l'antiquité païenne, et, enlevant à l'art son caractère populaire, il en fait le privilège d'une caste, le monopole des gens bien élevés, instruits par la pédagogie classique à n admirer que l'antique, Raphaël ou Michel-Ange, et pleins de mépris pour l'art gothique et même le style de la Renaissance. Dès les premières années de son règne, en 1660, Louis XIV pousse avec activité les travaux du Louvre, dont il confie la direction à Levau, déjà célèbre par la construction du château de Fouquet à Vaux. A sa iaçade méridionale du Louvre, dont le pavillon central, couronné de hautes cheminées, et les deux pavillons d'angle à grands toits, rap^ielaient encore la silhouette générale des édifices du ivi' siècle, Levau opposa, sur l'autre rive de la Seine, les bâtiments «emi-circulaircs du collège des Quatre-Nations. Malgré l'arrivée de Bernini, appelé de Rome en grande pompe par Louis XIV, ce fut Claude Perrault, protégé par Colbert, qui supplanta Levau dans l'achèvement du Louvre ; les constructions de Levau, du côlé de la Seine, furent masquées par une nouvelle façade. Avec Perrault, c'est le triomphe complet des nouveaux princij>es de construction à l'italienne : partout règne l'ordre colossal : nos vieux toits à double égout, jugés contraires à la bienséance et à la noblesse d'une demeure royale, sont remplacés par une terrasse plate, au détriment du Iwn écoulement des eaux de pluie; enfin la célèbre colonnade, qui décore la façade orientale, nous offre l'exemple le plus frappant d'un mode de construction défectueux en usage aux XYU-'et xvni» siècles (l'architrave, au lieu d'être formée d'une seule pièce, à chaque entrecolonnement, est composée d'un appareil de claveaux; un système très compliqué d'armatures de fer en retient la poussée, subordonnant ainsi la solidité de tout l'édifice au Don état d'un tirant ou d'un boulon ; plus tard, l'usage du fer se généralisant, on cherchera à l utiliser jusque dans la construction des églises pour retenir la poussée des voûtes .

A Pnris s'élèvent encore l'hôpital militaire des InvaHdes par Bruant, la porte Saint-Martin par Bullet, la porte Saint- Denis par François Blondel et de nombreux hôtels particuliers. Jules-Hardouin Mansart dessine les places des Victoires et Louis-le-Grand (place Vendôme). Dès 1682, Louis XIV abandonne Paris pour se fixer à Versailles, que Levau, sur son ordre, venait de transformer et d'agrandir, enclavant de trois côtés le château de Louis XIII dans de nouvelles constructions; mais le palais fut bientôt trop petit pour contenir son immense population de courtisans, d'officiers de la cour, et de serviteurs. Ce fut à J.-II. Mansart qu'échut le soin d'élever les deux ailes septentrionale et méridionale (rez-de-chaussée, un étage et un attique : pas de toits, une balustrade ornée de trophées cache les combles] , la chapelle, la galerie des glaces, toutes les dépendances, les châteaux de Clagny, Trianon, Marly, pendant que Lenôtre dessinait de nouveaux plans pour le parc, et que Lebrun (Voy. plus bas Peinture française), avec toute une armée d'artistes sous ses ordres, faisait sculpter les groupes et les statues, fondre par les Relier les bronzes des jardins, décorait les salles; il surveillait, i la manufacture des Gobelins, dont il était directeur, non seulement la fabrication des tapisseries, mais celle des grandes pièces d'orfèvrerie, des meubles (BouUe).

Le goût de cette architecture solennelle et monotone, des majestueux salons de réception et des grandes galeries d'apparat disparut dès le début du xviii* siècle. Les appartements et les grandes salles de Versailles sont coupés, divisés en une série de petits cabinets, de caractère plus intime et plus confortable. Deux élèves de Mansart, Robert de Cotte et Boffrand, sont les architectes les plus célèbres de cette moitié du siècle (fontaine du Chàteaud'Eau; salle du conseil, chambre à coucher de Louis XIV à Versailles; hôtel d'Estrée. hôtel du Maine par de Cotte; hôtel de Torcy, hôtel Soubise par Boffrand). Ils surent

! du moins, de cette horrible ornementation rococo, en germe dans Bernini et dont Oppenord et Meissonicr étudièrent le développement dans les œuvres de Borromini et de Guarino Guarini, avant de nous l'apporter en France, faire dans la décoration des appartements un art d'mie fantaisie élégante, pondéré dans la distribution des masses, la sinuosité des lignes qui s'enroulent en volutes et en festons, les formes onduleuses et mouvementées. Le mobilier n'a pas tardé à s'adapter au goût régnant; les contours et les moulures s'arrondissent, serpentent, nos artistes créent des profils nouveaux de chaises, de bureaux, de commodes, d'objets de cuivre ciselé ou de fer forgé, dans tous les arts d'ameublement, dont le développement ou l'éclosion furent souvent favorisés par Louis XV (fondation de la manufacture royale de porcelaine à SèvTes en 1750, extension de la fabrication des tapisseries de Beauvais, s<ius la direction d'Oudry). L'architecture extérieure des hôtels et des palais conserve les modes de construction et l'ordonnance générale des édifices, en usage sous le règne précédent, mais avec quelque chose de plus adouci, de moins rigide et de moins monotone dans les lignes, avec plus de fantaisie aimable dans les motifs décoratifs; c'est dans ce style que s'élevèrent à Paris et en province quantité d'élégantes habitations privées. Gabriel donne les plans du Petit-Trianon et orne la place Louis XV de ses deux hôtels à colonnades inspirées de la façade de Perrault au Louvre; à la fin du règne, Antoine dans un style déjà plus sec fait construire Thôlel des Monnaies.

Sous l'influence des récentes découvertes de Pompéi et d'IIerculanum, des travaux du comte de Caylus, de Leroy, des ouvrages critiques de AVinckelmann et de Lessing, les architectes du règne de Louis XVI chercheront à revenir à un style plus simple, à des formes plus pures imitées de plus près des monuments antiques; en réalité, ils no créent que des édifices de caractère lourd et froid : tels sont l'école de médecine par Gondouin, le palais de justice, etc.; plus intéressant par la disposition de son escalier est le théâtre de Bordeaux par Louis ; quant à l'ornementation intérieure des appartements, abandonnant dès le milieu du siècle pour des profils plus calmes et plus droits l'exubérante fantaisie du style rocaille, elle reflète, sous Louis XVI, par les délicats entrelacs de petits sujets sentimentaux et idylliques, colomijes, flamlteaux, cœurs, guirlandes, trépieds, paniers fleuris, mélangés à des moîifj antiques, le mode des bergeries enrubannées de Florian et de Berquin. C'est à ce goût de la vie rustique et des occupations champêtres que Trianon doit la création da son jardin anglais et de son hameau.

Notre architecture religieuse du ivii' et du xviii" siècle, impuissante à développer une originalité propre et à créer des églises d'un caractère sincèrement religieux et chn^ tien, accepte aussi de l'Italie les principes d'im style nouveau. Dans la France entière, comme dans le reste de l'Europe, les architectes des Jésuites, choisis presque toujours aans le sein de la Compagnie et formés par elle, répéteront, sans distinction de climat, sans adaptation particulière à la nature du sol ou au caractère du pays, ce type de façade monotone, froid et sec, dérivé du portail du Jésus (dès 1616 Desbrosses avait élevé un portail de ce style à St-Gervais) ; ils introduiront chez nous l'ordonnance des nefs sur arcades, avec tribunes au-dessus des chapelles et voûte en berceau, coupée par la pénétration des baies. C'est dans ce stvle que le plus célèbre et le plus actif des architectes de la Compagnie en France, frère Martellange, éleva l'église du collège de la Flèche, de Carpentras, le collège de Roanne, etc., à Paris, l'église du Noviciat des Jésuites; il est remplacé pour la construction de la Maison professe par le père Derand. C'est en s'inspirant des mêmes modèles que Lemercier, succédant à Mctezeau, achève la construction de l'Oratoire et qu'il élève l'église à coupole de la Sorbonne. Si tous ces monuments, malgré leur ordonnance italienne, les accessoires du culte de forme tout italienne (autels, tabernacles à la romaine, elc.\ sont déjà supérieurs à leurs modèles par la sobriété relative de l'ornementation, c'est dans les édifices refigieux de plus grande importance, dans les églises à dôme, que nos architectes emploient les éléments étrangers avec une certaine originalité : église de l'abbaye du Val-de-Gràce, commencée en ItHS par François Mansart, continuée par Lemercier, Le Sluet et Leduc; les deux éelises des Invalides, la première élevée par Bruant, la seconde par J.-U. Mansard, à l'usage de la famille royale, et surmontée

MODERNE

MODERNE

du fameux dôme dore. Le règne de Louis XIV inaugure pour nos catl)cdrales gothiques une longue ère de dévastations et de ravages; sous la dircetion de Robert de Cotte, le chœur de Notre-Dame, de 1699 à 1714, fut saccagé et défiguré pour recevoir une nouvelle décoration (vœu de Louis XIII). En province cependant, grâce à la persistance des anciens modes de construction, moins coûteux et moins compliques, s'élèvent encore quelques églises voûtées sur croisée d'ogives, et dont le plan, les lignes générales sont gothiques, parfois même romanes. C'est aussi dans le style gothique du xv° siècle que s'achève la reconstitution de Ste-Croix d'Orléans.

Sle-Geneviève (le Panthéon), commencée en 1764 sur les dessins de Soufflot, en forme de croix grecque sans chapelles, et surmontée d'une coupole, est avec St-Sulpicc (portail de Servandoni), l'édifice religieux le plus important du xvni° siècle. Quant aux églises de plus petite dimension, elles perdent alors tout caractère religieux, par la profusion des ornements rocaille et des motifs de décoration maniérés et contournés. A la fin du siècle, tandis que St-Louis d'Antin (par Chalgrin) et St-Philippe du Houle (par Brongniard) s'élèvent dans la formule banale des édifices antérieurs, le plan du portail de la Madeleine (modifié depuis, mais dans un style analogue au projet primitif) atteste le goût naissant de certains de nos architectes pour une étude plus serrée des formes de l'antiquité.

La Révolution, ardente à bouleverser tant d'institutions traditionnelles de la monarchie, ne chercha pas à délivrer l'art français de l'enseignement classique; les idées républicaines favorisèrent sous la Révolution et surtout sons l'Empire, avec les architectes Percicr et Fontaine, l'imitation des formes antiques jusque dans les détails de l'ornementation intérieure de l'ameublement et du costume. Mais bientôt, à la vue des actes de vandalisme qui détruisaient ou saccageaient les plus précieux de nos mmuments, commence à renaître l'amour de notre vieil art national. C'est à Millin, surtout à Lenoir, le fondateur du Musée des Petits-Augusfins, et à Emeric David que nous devons l'origine de ce mouvement, favorisé dans son développement par les protestations isolées de quelques esprits clairvoyants, par les Romantiques, en dernier lieu par les travaux de Yiollet-le-Duc et de son école. En pratique, cependant, deux siècles de pédagogie classique encore auj. officielle nous ont empêchés jusqu'ici de renouer la tradition d'un art sincère et national; l'éclectisme de notre goût qui se manifeste dans les styles variés de nos édifices publics ou particuliers, les recherches d'économie ont contribué également à entraver le dévelojv pement d'un style original. Principaux édifices du xix= s. : Opéra (Garnier) ; le nouveau Louvre (Visconti, Lefuel) ; A7-C de Triomphe (Chalgrin) ; N.-D. de Lorelte (Lebas) ; St-Vhwent-de-Paul (Lepère, Ilittorf) ; Trinité (Ballu); Ecole des Beatix-Arts (Duban), Ste-Clotilde (Gau et Ballu).

PciJiture française. La peinture française, au début du XVII" siècle, continuant la tradition du siècle précédent, se met franchement à l'école de l'Italie. Longtemps déjà avant que la fondation de l'Académie de France à Rome eût décrété la romanisation officielle dos artistes français, c'est en Italie, au milieu d'un art vicié et corrompu, que ceux-ci vont en foule chercher leur inspiration et développer leur talent : Vouet, dont l'atelier fut très fréquenté au début du siècle, s'inspire des maîtres vénitiens. C'est à Caravage que Valcntin emprunte ses types et la tonalité sombre, les modelés violents de ses tableaux. Parmi ces premiers romanisants, le seul qui, en remontant à Raphaël et à Titien, ait su communiquer un sentiment grave et noble à des scènes comme celles des Evangiles, le seul qui ait pénétré d'un charme poétique les motifs tirés de la mythologie, ce fut Nicolas Poussin. Son existence s'écoula à Rome, hormis un court séjour en France, où Louis XIII le nomma premier peintre du roi [Moïse sauvé des eaux, le Jugement de Salomon, les Aveugles de Jéricho, Mars et Vénus, Bacchanale, Echo et Narcisse, les Bergers d'Ar cadre, portrait de Poussin, le Printeinps, l'Eté, l Automne et l'Hiver, Biogène jetant son écuelle, Orphée et Eurydice, etc). A Rome également vécut et mourut son ami Claude Gellée, dit le Lorrain, pour qui les scènes historiques ou légendaires ne sont que des prétextes à d'éblouissants couchers de soleil sur la mer, à des fins de journées chaudes et dorées dans les ruines de la campagne romaine {Débarquement de Cléopâtre à Tarse, Ulysse remet

Chryséis à son père, Enée chassant le cerf, Vue d'un port au soleil couchant. Vue du Campo Vaccino, etc.). Parmi les peintres de sujets religieux de la première moitié du xvii' siècle, le plus connu est Eustache Lesueur, qui entoure d'une grâce un peu froide les figures de sa suite de la Vie de St Bruno, de Jésus portant sa croix^ de la Messe de St Martin et des peintures décoratives de l'hôtel Lambert. Mentionnons enfin une famille d'artistesde Laon, les trois frères Lenain, dont l'un peignit, avec la sincérité émouvante d'un Breughel le vieux, des scènesde la vie des paysans, conservant seul en France la vieille tradition flamande, en face de l'influence italienne grandissante, opposant aux pompeuses figures des héros de l'antiquité et de la mythologie la reproduction réaliste des types misérables de nos campagnes. Mendiants et bohémiens ont aussi inspiré quelques « bambochades » assez brillantes de couleur à Sébastien Bourdon, qui a laissé en outre quelques portraits et sujets religieux.

Dans la deuxième moitié du siècle, Lebrun, le peintre officiel de Louis XIV, influença ses contemporains par son goût pompeux et lourd. Chargé de surveiller la décoration du château de Versailles, il exerça une véritable domination sur la pléiade d'artistes qui s'appliquaient à faire du nouveau palais la plus fastueuse demeure de l'Europe; c'est sous sa direction que travaillèrent le célèbre portraitiste Mignard ; les Jouvenet, Noël Coypel, Douasse, etc. ; parmi les artistes secondaires du xvn° siècle, citons les. peintres de sujets d'histoire ou de mythologie Bon Boulogne , Louis de Boulogne , Sanlerre ; les paysagistes Patel le père, Patel le fils, Fi-ancisque Milet, le Guaspre; les peintres de batailles Parrocel et le Bourguignon, le portraitiste Lefebvre, etc. ; parmi les graveurs : sous Louis XIII, Abraham Bosse, Jacques Callot qui de ses escapades en Italie rapporta le pittoresque souvenir des bohémiens en voyage, des foires, des carrousels, et se rendit non moinscélèbre par des scènes de combat et de la vie militaire [Misères et malheurs de la guen-e) ; Claude Mellan qui vécut jusqu'à la fm du siècle ; dans la seconde moitié du siècle mentionnons les Audran, Edelinck, Nanteuil, etc.

Dès la fin du xvn° siècle et au début du xviii", l'influence de l'école flamande pénètre en France, d'abord chez nos portraitistes, moins visible chez Rigaud ([wrtrait de Louis XIV; portrait de deux femmes et dun homme inconnus, etc.) que chez Largillière (portrait de Largillière, de sa femme et de sa fille, etc.).

C'est à ce souffle revivifiant du nord que nous devons la brillante école de coloristes du xviii* siècle. Dès lors la suprématie de Rome ne sera plus que fictive. Watteau entre à l'Académie sans avoir visité l'Italie; quant à ceux — et le nombre en est assez restreint — qui par tradition font encore le voyage de Rome, ils se hâtent de revenir, sans avoir pris le goût des œuvres de la Renaissance ou de l'Antiquité, sans que leur talent se soit modifié au contact des chefs-d'œuvre les plus célèbres. C'est sous la double influence des maîtres vénitiens et de Rubens qu'Antoine ^Vatteau peignit avec un don exquis de fantaisie poétique ses fêtes pastorales et ses conversations galantes, au milieu des grands bois ou devant de lointains horizons de rêve [Embarquement jjour Cythère, Gilles, Assemblée dans un parc, etc.). Ce sont aussi les scènes amoureuses et les bergeries qui fournissent à Pater et à Lancret leurs motifs préférés. Mais le peintre de sujets galants le plus réputé de son vivant, l'artiste favori de Mme de Pompadour et de toute la cour est Boucher, le décorateur licencieux de l'Arsenal et de Louveciennes. et l'auteur de tant de déesses et d'amours aux chairs roses et molles. Tandis que Boucher et ses élèves décoraient les panneaux, les dessus de porte de figures maniérées et fades, Chardin s'attachait à peindre dans leur charme familial les scènes d'intérieur, les menus faits de la vie bourgeoise [le Bénédicité; la Mère laborieuse), à rendre avec simplicité et vérité des natures mortes de gibier, de fruits, d'objets de ménage ou de cuisine, etc. Dans l'art du portrait, si Tocqué dans ses grands portraits en pied, si Nattier surtout s'en tiennent au portrait d'apparat, déguisant souvent la personnalité des modèles sous le même masque souriant et fardé, Latour sait jusque dans les préparations les plus sommaires de ses pastels indiquer le caractère d'une figure, faire pétiller les yeux, rendre le velouté de la peau (portraits de Mme de Pompadour, de Y abbé Hubert, du peintre Sylvestre, etc.) : son rival Perroneau nous a laissé aussi quelques beaux pastels.

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Dans la seconde partie du siècle, Fraçonard se montre m coloriste plein de verve, bien supérieur à la plupart le SCS contemporains par sa louche grasse, légère et spiriuelle, par les fines harmonies de la Bacchante •ndormie , par le ton plus chaud de {'Inspiration, a Musique, etc. Mais déjà, selevant dans ses Salons outre les motifs trop licencieux de Boucher ou de 'ragonard, Diderot veut ramener les peintres à des ujels plus honnêtes et plus moraux. C'est sous Tinluence de Diderot que son ami Greuze, « cherchant à lonner des mœurs à l'art », peint les ennuyeuses compoitions du Fils puni, de la Malédiction paternelle, de Accordée de village; mais c'est surtout à sa fameuse érie de jeunes filles pleurant la Cruche cassée, le Miroir risé ou X'Oiseau mort, qu'il doit la popularité de son nom.

Dans l'étude du paysage, c'est avec une conception léjà plus vivante de la nature qu'Hubert Robert reproduira es plus vénérables monuments de l'Dalie antique. D'aileurs l'ère allait s'ouvrir où un certain nombre de nos leintres s'appliqueront, parallèlement à l'évolution littéaire, à étudier de plus près les aspects de la nature, omnie Joseph Vernet (les Ports de France, Marines au ouchcr du soleil, au clair de lune, dans le brouillard; ^ues de Rome] et, avec plus de simplicité dans la com- «silion, un paysagiste un peu sec, Moreau. L'influence de lubens fait de nos peintres d'histoire, de sujets religieux lU mythologiques du xvm* siècle, d'assez brillants coloistes; les plus connus sont les Coypel (Antoine, Noëliicolas et Charles), Subleyras, Natoire, les Van-Loo, (Jeanlaplisle. Carie, qui a pemt un portrait en pied de Marie .eciinska, el Michel), Doyen, Lagrenée l'aîné et Lagrenée e jeune, etc. Citons, parmi les animaliers, Oudry et Deslortes, les peintres des meutes royales; enfin, dans un ^enre secondaire, mais qu'ils portèrent à son plus haut legré d'élégance et d'esprit, les illustrateurs Moreau e Jeune, les St-Aubin, Eisen, Cochin, Gravelot, etc.

Sous Louis .\VI, tandis qu'Hilaire continue plus froidement a tradition de Lancret et de Pater, que Mme Vigée-Lebrun (cint de nombreux portraits dont quelques-uns sont restés (opulaires, Yien cherche à ramener l'art à une étude plus errée de la nature et, sous linlluence des modèles aniques, à un dessin moins conventionnel du nu et des Iraperies. Celte réforme, qui fut fort appréciée de son emps, il était donné à un élève de Vien, à David, de achever. Mais David, voulant dégager la peinture de la nanière affectée, des bergeries fades trop en honneur tous Louis XV, n'v substitua que la formule d'une froide inli(iuité [les Sabines; le Serment des Horaces; Léolidas aux Thermopyles, le Sacre). Ses portraits sont bien supérieurs à ses grandes compositions (portraits de Mme Hécamier, du pape Pie VII. de Lavoisier et de sa femme, de Gérard et de sa famille, des Dames Dataillard. etc.). C'est par lui que notre école, s'appliquant Bxc! Oisivement au dessin sec du corps humain, perdit ses belles qualités de pâte et de coloris. Du reste, la pe- «ntc domination de son enseignement ne fut pas de longue durée : du vivant de David, Prudbon, avec une délicate imagination de poète, pénètre d'un charme souriant et mélancolique les mythes de l'antiquité, et, loin de découper 3CS ligures en silhouettes rigides et métalliques, fait joHor la lumière sur des corps souples et modelés [Enlèvement de Psyché, Vénus et Adonis, Zéphyr qui se balance. Christ sur la croix, la Justice et la Vengeance poursuivant le cri?ne. portraits de Mme Jaire. ic Mme Copia, de l'impératrice Joséphine, etc.). L"m- Ihience de Prudbon atténue souvent chez Girodet, chez Gérard qui a laissé île bons portraits, la sécheresse des analomies scrupuleusement étudiées à la David. Déjà Gros proleste involontairement contre l'enseignement de David par certaines recherches de couleur. Avec Géricault se dessine nettement la réaction : dans le Radeau de la Méduse, un Carabinier, l'Officier de chasseurs, etc., sonl contenus les germes du grand mouvement romantique. C'est encore au contact aver l'art septentrional, à la vieille influence des peintres lies Pavs-Bas et de Flandre, surtout à celle de Bubens, que noire école, fatiguée une seconde fois de la stérile tutelle de l'art classique, vient demander les éléments d'un art nouveau, plus généreux et plus vivace. Delacroix (la Bnrriue de don Juan, la Barque de Dante, l'Entrée des Croisés à Jérusalem, Scènes des massacres de Scio, Hamlei nu cimetière. Femmes d'Alger, Héliodore, Piéta, Lions tigres, elc.) et la pléiade d'artistes de second ordre

qui se groupent autour de lui, Dévéria, Louis Boulanger, Robert Fleury, Ary Schelfer, sont les fondateurs de la nouvelle école, opposant des recherches nouvelles de couleur, de mouvement ou de vie à l'enseignement académiq^ue que représente avec d'incomparables qualités de dessmaleur Ingres [Homère déifié, portrait de M. et de Mme Rivière, de la belle Zélie, le Vœu de Louis XIII, VOdalisque à l'esclave, Œdipe, la Source, etc.). Le goût des sujets orientaux qui a fourni à Delacroix quelques-unes de SCS com|X)sitions les plus mouvementées se répand rapidement dans notre école ; Decamps est resté, à juste titre, le peintre le plus célèbre de ce genre, que depuis, avec des qualités moins solides de pâte et de couleiu", a illustré Fromentin et qui tente encore aujourd'hui grand nombre de nos artistes.

Citons enfin , dans des genres différents, Boilly , tout au début du siècle, Isabey, Paul Delaroche [les Enfants d'Edouard, hémicycle de l'Ecole des beaux-arts), Flandrin, élève d'Ingres, Léopold Robert, Horace Vernet, Cliassériau, Couture {les Romains de la décadence), P. Chcnavard, le portraitiste Ricard; enfin une petite école de néo-grecs, dont les plus connus sont Hamon et GIcjtc, et contre laquelle a violemment réagi le puissant naturalisme de Courbet [l'Enterrement d'OrnansA^i Pileuse, les Demoiselles de la Seine, l'Homme à la ceinture de cuir, le Casseur de pierres, la Reînise des chevreuils, la Vague). Mais c'est la peinture de paysage qui, vers 1830, sous l'influence de l'école anglaise et particulièrement de Conslable, prend le développement le plus original et le plus fécond. Michel, Huet, qui se rattachent plutôt aux paysagistes hollandais du xvu* siècle, sont les promoteui-s de celle nouvelle école, qu'avec une originalité et une maîtrise bien supérieures ont illustrée Jules Dupré, Théodore Rousseau, Diaz, Chiulreuil, Corot [vues du Cotisée, du pont St Ange, des étangs de Villed'Avray), Daubigny. En même temps Millet s'appliquait à peindre la rude poésie de la vie des cliamps [l'Eglise de Granville, l'Angélus, l'Homme à la houe, les Glaneuses, etc.) ; Brascassat, Troyon, les troupeaux et les scènes de labour. Manet eut surtout le souci de rendre le plein air, la pleine lumière, et par là il semble avoir exerce une heureuse influence sur ses contemporains et ses successeurs. Son œu\Te (pavsages, marines, jjortraits) témoigne de rares qualités d'ouvrier. M. Puvis de Chavannes a su répandre une poésie profonde dans ses grandes compositions allégoriques, baignées d'une lumière mystérieuse et dont les merveilleux paysages gardent de la réalité tout ce qui est harmonieux et pénétrant. Parmi les peintres contemporains, citons encore Bastien-Lepage, Hébert, Baudry, Ribot, Delaunay, Cabancl, Regnault, H. Levy, Meissonier, Neuville, Monticelli, Chaplin et MM. Donnai, Gérôme, Benjamin Constant, Hcnner, J.-P. Laurens, Breton, Français, llarpignies, Bouguereau. Carolus Duran, Mlle Rosa Bonlieiu", Lamy, Détaille. Raflaëlli, Stevens, Vollon, Dagnan-Bouverct, Cazin, Roll, Fanlin-Lalour, Aimé Morot, Gustave Moreau, Carrière, Besnard, Lerolle, Degas, Renoir, Monct, Sisley, Caillebotte, Berthe Morizot, Chéret, Grasset, etc. L'école française compte au xix" siècle un grand nombre de graveurs éminents : Henriquel-Dupont, Gaillard, Jacquemart, Braquemond; en lithographie, Delacroix, Charlet, Raffet, Gavarni, Monnier, le puissant caricaturiste Daumier et, parmi les contemporains, Fanlin-Lalour, \Villcttc, Forain.

Sculpture française. La sculpture française se met conmie l'architecture à l'école de l'antiquilé, mais si nos artistes ornent les bosquets de Versailles de copies de statues romaines, si les membres de l'Académie de France à Rome, sur l'ordre formel de Colbert, s'appliquent à reproduire statues, bas-reliefs et vases antiques, l'originalité de nos sculpteurs reparaît dans une interprétation de lanli-

aue, vivante, libre et souple, dans l'élégante composition es groupes décoratifs et de certains mausolées, dans leurs superbes qualités de portraitistes, bien que trop souvent ils s'ingénient à déguiser leur modèle en l'habillant à l'antique, en le posant en empereur romain.

La tradition des maîtres du xvi* siècle est encore visible dans l'admirable effigie anonyme de la duchesse de Ret< (fin xvr ou début xvn" s.), dans le lourd mausolée d'Henri de Longueville par François Anguier l'auteur des monuments funéraires de de Thou, de la princesse de Condé, etc., dans les cariatides de Sarrazin du pavillon de l'Horloge au Louvre. Simon Guillain orne le Pont-au- Change dun monument où figurent les trois superlx^s statues de la famille royale. Du frère cadet de François An-

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guicr, Mtcliel, il nous reste les bas-reliefs de la porte St-Denis, qu'il a exécutés sur les dessins de Lebrun, Hercule et Allas, Amphitrite pour Versailles, et dos travaux de décoration au Val-dc-Gràce et au Louvre. Pierre Pugct a un tempérament plus vigoureux. Son talent s'est formé en Italie, moins à l'étude de l'antique qu'à l'école de Pietro de Cortone et sous l'intlucnce du Ùernin, auxquels il est resté bien supérieur [Milon de Crotone, Hercule au repos, le groupe AcPersée et d'Andromède, le bas-relief d Alexandre et Diogène, les cariatides de l'Hôtel de Ville de Toulon).

L'art du xvii° siècle est trop peu en communion avec la pensée chrétienne pour ne pas enfanter une sculpture religieuse froide, d'un pathétique faux et ennuyeux. C'est en somme en des œuvres de pur décor, pour l'intérieur des palais, ou les bosquets des parcs, que notre sculpture du xvii° siècle trouve l'emploi rationnel de ses qualités. Sous la direction de Lebrun travaillèrent Lehongre, ïuby, les Marsy, Girardon, qui décora les jardins de Versailles d'un £m- Icvement de Proserpine, des ligures du Bain de Diane, du Bain d'Apollon, de V Hiver, de Saturne, etc. En dehors de Versailles, ses œuvres les plus célèbres étaient les tombeaux de Richelieu, de Louvois, la statue équestre de Louis X IV. Coysevox collabora avec Girardon à la décoration de Versailles, par ses élégantes copies de la Vénus accroupie, Vénus à la coquille, statues de V Abondance, de la Garonne, du Satyre jouant de la flûte, etc. ; ses travaux les plus importants sont la charmante statue de la Duchesse de Bourgogne en Diane, les mausolées de Mazarin et de Colbert, les deux Pégases auj. aux Tuileries, la statue de Louis XIV du Vœu de Louis XIII, enfin quelques bustes parmi lesquels un chef-d'œuvre, le superbe portrait de Condé. Frémin (Flore, Diane), Guillaume Coustou,avec sa johe statue de Marie Leczinska, ses chevaux de Marly, la statue de Louis XIII, à Notre-Dame, continuent avec grâce le style élégant et souple de Coysevox. Nicolas Coustou collabore avec son frère cadet Gudlaume à la décoration des jardins de Marly, sculpte le groupe de la Seine et la Marne, la statue de Louis XV, la Descente de croix de Notre-Dame, etc. A l'étranger, surtout en Italie, deux sculpteurs français, Legros et Monnot, ont laissé un certain nombre d'œuvres importantes.

Sous Louis XV, c'est la mode des mythologies aimables, comme la Psyché, la jolie Bacchante de Pajou, des figures de Diane, d'Amours, dont le charme, les lignes élégantes et souples dégénèrent parfois chez les artistes secondaires en grâce molle et affectée. Du reste nos artistes n'abandonnent pas entièrement la grande sculpture : Bouchardon, l'auteur de la fontaine de la rue de Grenelle, de {'Amour vainqueur, orne St-Sulpice de dix grandes statues, et élève place Louis XV la statue équestre du roi; Falconet, qui nous a laissé de petits groupes et des statues de style maniéré, sculptera la colossale statue de Pierre le Grand, à St-Pétersbourg. Pigalle enfin orne une des chapelles de Notre-Dame du mausolée du maréchal d'Harcourt, sculpte le tombeau du Dauphin à Sens, le monu7nent de Louis XV à Reims, le monument funéraire du maréchal de Saxe, à Strasbourg, type de ces emphatiques compositions où figure, dans des attitudes variées, la mort sous forme d'un squelette et dont la mode, venue d'Italie, s'est implantée en France au xvni» siècle. De Pigalle encore, le Mercure attachant sa talonnière, et le groupe un peu maniéré de \' Amour et l'Amitié. Mais c est l'art du portrait qui fait la véritable originalité de notre école de sculpture. Toute la société du xvni° siècle, poètes, littérateurs, grandes dames, courtisans, hommes d'Etat, revit en des bustes d'une exécution toujours souple et spirituelle; tels sont le portrait de Buffon, le délicieux buste de Mme de Pompadour par Pajou ; les bustes de M. Guérin et du maréchal de Saxe, le Voltaire nu par Pigalle. Jean-Jacques Cafficri et le plus célèbre de tous, Houdon, ont su saisir dans son caractère le plus expressif la personnalité de chaque physionomie ; des nombreux portraits de Houdon, tous pétillants de vie, citons les bustes de Rousseau, de Mirabeau, de Franklin, de Washington, la statue de Voltaire, etc. Mais, déjà visible dans la fameuse Diane de Houdon, l'influence des fouilles d'Herculanum et de Pompéi, des travaux archéologiques et critiques de la fin du siècle, donne un caractère plus grave à la sculpture française, favorisé d'ailleurs par la direction que d'Angivilliers imprime aux études de nos artistes. Le mouvement ne tarde pas à s'accentuer;

ceux de nos sculpteurs qui n'adaptent pas dans une ccr laine mesure leur talent au goût régnant, comme Juliei [la Chèvre Amalthée) et comme essaye de le faire Cl(v dion, en renonçant à ses petits groupes d'une fantaisie s libre, sont destinés à voir leur renommée s'amoindrir ci disparaître.

Au moment de la Révolution, c'en est fait de la gloiit d'IIoudon et de Cafficri ; tout ce que notre art, malgré h pédagogie classique de l'ancien régime, avait su conservci de vivant, de prime-sautier et de vraiment français, l'ensei gnement officiel de l'Académie de France à Rome réorga nisée, ainsi que l'ancienne Académie de Peinture et dt Sculpture, l'etouffera avec une étroitesse, une rigidité d( principes que le x\iv siècle lui-même n'avait jamais coa nues à ce degré. Jamais notre école ne fut plus froide plus impersonnelle, plus ennuyeuse. Sous l'empire, no! artistes doivent s'en tenir strictement au type classique les effigies de Napoléon et de ses généraux seront nuei ou drapées à l'antique. Bien que Dumont, Chaudel, Bosio Cortot, Pradier [Toilette d'Atalante, Psyché, un Ni» bide, etc.) ne s'en tiennent pas tous dans le portrait à um observation absolument stricte de cette formule, une réac tion s'imposait. — Ce n'est pas de l'école romantique dont les œuvres sculptées n'ont qu'une importance trèi secondaire, que naîtra un art nouveau, c'est de Rude, c'csl du vigoureux génie de ce maître dont l'éducation fui toute classique, mais qui, régénérant, ampUfiant un arl froid et compassé, sut lui donner la vie, le mouvement l'émotion (la Marseillaise, Napoléon s'éveillant à l'immortalité, Louis XIII, statues de Monge, de Neu, etc., tombe de Cavaignac, Jeanne d'Arc). David dAngen est plus timide dans sa réforme [Philopœmen, fronton du Panthéon, statues de Talma, Drouot, Carrcl, tombeau du général Gobert, bustes en médaillons, clc). Dans la génération suivante, tandis que Barye sculptait ses puissants groupes d'animaux, ses figures de lions, de panthères ou d'éléphants, Carpeaux, par l'élégance de ses portraits de femmes, l'abandon souple, la grâce souriante de ses figures, se rattache à la tradition des maîtres du xviii° siècle. De nos jours, Clésinger, Carrier-Belleuse, Cavelier, Guillaume, Chapu, Dubois, Falguièrc, Mercic, Frémiet, Gérôme, Dalou, Barrias, Boucher, Coutan, Sl-Marceaux, Rodin, Dampt sont les artistes les plus renommés de l'école de sculpture française.

Art espagnol. Le premier en date des grands artistes du xvn« siècle, Ribéra, se forme à l'école de Caravane; c'est de lui qu'il tient l'arrangement de ses figures, l'éclairage violent de ses tableaux; ses sujets préférés sont des martyrs, des saints dans le désert, où d'une touche vigoureuse et grasse il s'ingénie avec une fidélité impitoyable à faire ressortir les rides, les blessures, les dilfonnités d'un corps de vieillard ou de supplicié. Parfois cependant il adoucit sa manière, sous l'influence du Conège [Ste Marie l'Egyptienne, Madeleine pénitente, etc.). Diego Rodriguez de Sylva y Velasquez naquit à Séville en 1599; élève de Herrera, et de Pacheco, influencé dans ses débuts par la manière de Tristan, il s'essaya d'abord dans des natures mortes et des études d'après natun;, puis dans des compositions religieuses à la manière de Ribéra. Apres un premier voyage en Italie, où il étudia Titien. Tintoret et Véronèse, sa manière s'assouplit et s'amplifie. De 1655 à la date de sa mort (1660) il peint avec une merveilleuse intensité de vie et d'expression une série de portraits en buste, en pied, équestres, de compositions à nombreuses figures, chefs-d'œuvre d'exécution cl de couleur par la virtuosité incomparable de la facture, la pâte légère, fluide, transparente, l'harmonie exquise des rapports, la richesse ou la finesse des tons [Philippe If à cheval, l'Infante Marguerite, Elisabeth de France, don Balthasar Carlos à cheval et à pied ; la suite de? Bouffons; le duc d'Olivarès, Innocent X; la Forge de Vulcain, les Buveurs, les Menines, les Pileuses \ li Reddition de Breda. etc.). Zurbaran n'a guère représenté que des scènes de la vie des moines ou des sujets religieux : les Moines de la Merci, superbement drajH'S dans leurs amples robes blanches ; la suite de la \ ie de St Bonaventure, d'une tonalité plus chaude, etc. Avec des

Qualités de couleur plus gaies, plus brillantes, des types 'une grâce parfois molle, avec plus de flou <lans le dessin, Murillo a peint sa Ste Elisabeth de Hongrie, l'Extase de St Antoine de Padoue, etc., ses saintes familles, son Immaculée Conception, où la recherche de rcxiiressiun

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ligieuse dégénère souvent en fadeur. Ses sujets popu- I res au contraire sont peints avec un modelé ferme, 1 le superbe vigueur de pâle, une couleur chaude et sobre i ' Jeune ilenHiant). Alonzo Cano est plus connu par ses | ijlplurcs que par ses tableaux {maître autel de Lebrija ; 1

Françoii d'Assise, etc.). Apres la mort des derniers I intres de la grande génération du xvir siècle, l'art esgiiol perd tout caractère national et subit tour à tour | ntluence de l'école française du xvn* siècle, de Mengs et .

^Vatleau. A la fin du siècle seulement naît un peintre

tempérament personnel, Gova, qui peignit les portraits : la famille de Cliarles IV, de la ilaja, de son petit-lils

qui anima de son esprit, de son imagination fantastique ■

pleine de verve des scènes de l'Inquisition, des cortèges ! ■ llagellants, les étonnantes eaux-fortes de la série des | iprices, etc. Ses délicates et originales qualités de ' loris ont influencé plusieurs de nos peintres modernes. 1 xix° siècle la peinture espagnole s'enorgueillit d'un liste qui eut de son vivant une grande renommée, aujourliui bien amoindrie, le peintre de genre Fortuny, et, irès lui, de Madrazzo, récemment décédé. Dans les pavs septentrionaux, Flandre, Hollande, Anglerre, c'est umquement par la peinture que s'affirme l'orinalité artistique de chaque nation, la sculpture et même u^'hitecture étant à peu près dépourvues de tout caracre national. Le monument le plus important de l'archicturc moderne en Angleterre, la cathédrale St-Paul de Midrcs, s'élève dans un style purement italien, sur les ans de Christophe VVren (fin du xvii» siècle) .

Peinture flamande. Après la mort des derniers "tistes qui dans le courant du xvi* siècle avaient repré- «nté la résistance du tempérament flamand, la romanisaon de l'art flamand est absolue avec Adam van Noort et tlo Venius, les deux maîtres de Rubens, C'est d'Italie lème, oîi, pensionnaire du duc de Mantouc, il passa

années de sa jeunesse à copier les Vénitiens, que Rusns (1077-1640) devait rapporter les premiers éléments B son art. Bientôt, fixé à Anvers, la puissance de ses ualités de coloriste, la facilité de son improvisation, la icrvcilleuse fougue et l'ampleur de ses compositions lui ilurent la clientèle et la faveur de tous les souverains de Euroj)e. Dans l'œuvre immense et de mérite inégal qui lui it attribuée, mentionnons : l'Erection et la Descente de i croix, le Coup de lance, St Ildefonse, martyre de i PioTC ; Adoration des mages d'Anvers, le Serpent '■'in, la Chute des anges rebelles; le Combat des iirs; la suite de la Vie de Marie de Médicis; son '/ à Vienne, «OH portrait avec Isabelle Brant,porraits d'Hélène Fourment; de ses fils; la Kermesse, le "fivrnoi. le Jardin d'amour, la Fête de la moisson ; ii-ciel. Citons parmi la foule de ses élevas ou des i|ui ont subi son influence : Jordaens, qui dans ses mythologiques, festins, concerts, a su conserver à i maître une certaine originalité : Gaspard de Graver, naliers Snyders et Fyt, les paysagistes Breughel, Louis ê Vadder, le portraitiste Cornelis de Vos, et le plus grand e tous, Antoine Van Dyck. De sa première manière, formée DUS l'inlluence vénitiemie, qu'il ne cessa jamais entièrement le subir, datent les superb«s portraits conservés dans les alais de Gènes. Mais c'est à la cour de Charles I", en Angleerre, où est restée une grande partie de son œuvre, qu'il leignit avec le plus de succès la démarche aristocratique les grandes dames, l'élégante et fine silhouette du roi itdes courtisans {portraits de Charles I" du Louvre; des — '■ fi: de Charles I"; marquis et marquise de Bri- Sala : prince de Carignan ; Marie Tassis ; mar- Spinola ; prince de Croy ; cardinal Bentivoflio. etc.). Il a laissé aussi quelques tableaux de sainteté. Lun des derniers artistes de la grande génération anrersoise est Teniers. Fils d'un peintre qui a laissé quelques iBuvres d'une fort belle qualité, Teniers est non le meilleur peut-être, mais le plus fécond et le plus populaire des peintres de kermesses et d'intérieurs villageois. Parmi ses contemporains, les seuls dont les noms méritent d'être retenus sont Gonzalès Coques, peintre de portraits, et les paysagistes Siberechts et Huysmans. Nombreux sont les penitrcs flamands du xvu» siècle qui ont travaillé à l'étrangiT : en Itahe. c'est Sultermans. le peintre en titre des Médicis; en France, c'est Philippe de Champagne, dont la vie s'est entièrement écoulée à Paris et qui mériterait pliilùt d'être classé parmi les Français : il a laissé un portrait de Richelieu et d'austères portraits des religieux de

Port-Royal et des membres de la communauté, dont il était l'ami. Sous Louis XIV, c'est un Flamand, Van der Meulen, qui fut le peintre officiel des campagnes du roi. La décadence complète de l'art flamand dès le début du XVIII' siècle concorde avec la misérable situation du pays, ruiné par la fermeture de l'Escaut et les Ixjmbardements de Louis XIV. Au commencement du xix" siècle, après avoir subi l'influence de David, l'école flamande, par un contre-coup du mouvement romantique, a cherché a renouer la tradition des peintres du xvii« siècle ; d'une génération postérieure, Leys a subi plutôt l'influence des maîtres du xvi° siècle. Citons encore parmi les peintres belges motlernes Madou, Gallais, de Groux, Joseph Sevens de Braekeler, etc.

Peinture hollandaise. La peinture hollandaise du XVII* siècle, loin d'être, comme on est tenté de le croire, un produit spontané, une éclosion subite, nous montre la persistance et le développement des vieilles qualités nationales, qui, au ivi« siècle, allirmaient déjà l'originalité dun tempérament artistique.

Au début du xvn* siècle, citons parmi les portraitistes de talent Mierevelt, son élève Moreelse, Ravestvn et Thomas de Keyser, qui tous deux peignent d'une (ouclie déjà lai^e et franche. En 1607, à Leyde, naît Rembrandt ; il travailla d'abord chez deux artistes médiocres, Swanenberg et Lastman, ou\nl un atelier à Leyde, puis, sa réputation grandissant, il va s'établira Amsterdam, oïi il épouse Saskia van Ulenburch, dont la figure tient une si grande place dans son œuvre. Il meurt en 1669, sans que la pauvreté où il passa la dernière partie de sa vie ail entravé la création de merveilleux chefs-d'œuvre, conceptions profondément émouvantes de la légende religieuse et de la vie intérieure de l'homme {Portraits de lui-même, de Saskia, de vieillards, d'hommes, de femmes, etc., à Londres, St-Pétersbourg, Paris, Vienne, Cassel, Dresde, etc. ; Leçon d'anatomie, les Deux Philosophes, Présentation de Jésus, la Descente de croix, Jean Ziska, les Pèlerins d'Emmaiis, Suzanne au bain, Bethsabée, la Baigneuse, St Mathieu, Mariage de Samson, la Bonde de nuit, le Bon Samaritain, l'Ange quittant Tobie, les Syndics des drapiers, la Fiancée juive, etc.).

Parmi les élèves de Rembrandt, les plus célèbres sont Flinck, Bol, qui a laissé quelques bons portraits, Eckhout, Aart de Gelder, Gérard Dow [Voy. ci-dessous), Maes, le coloriste le plus chaud de l école, Fabfilius, dont on ne connaît qu'un très petit nombre de productions, parmi lesquelles une Décollation de St Jean-Baptiste et un su|)erbe portrait d'homme à Rotterdam. Un des portraitistes les plus en vogue est Van der Helst, le peintre célèl»^ du Banquet de la garde civique, œuvre un peu froide et sèche dans sa minutieuse correction. Avec bien autrement de vie, avec une fierté, une virtuosité de pinceau merveilleuses, un peintre un peu antérieur, Frans Hais anime de la joyeuse fougue de son coloris portraits isolés, banquets de corporation, figures de musiciens ou de buveurs {Repas des archers de St Adrien, le Fou, portrait de lui-même et de sa femme, etc.). Les élèves de Hais qui firent le plus d'honneur à son enseignement sont des peintres de genre : Craesbeck, Brauwer et Van Ostade. Brauwer, avec un coloris d'une grande distinction, im dessin nerveux et expressif, groupera dans ses cabarets des figures de buveurs et de fumeurs. Adrien Van Ostade, dans le clair-obscur de ses hangars, de ses chaumières où boivent, dansent et rient ses

favsans, subit souvent l'influence de Rembrandt. C'est de école d'Adrien van Ostade que sortirent Isaac van Ostade. son frère, et Jean Steen. Steen s'est créé une place à part comme peintre de joyeuses fêtes de famille, des réunions de buveurs et d'une foule de scènes spiritueUes, par la franche gaîlé de ses personnages et la verve gouailleuse de ses scènes de débauche. Terburg, au contraire, avec une exquise distinction de couleur, une facture ferme et fine, peindra d'élégants personnages de la bourgeoisie riche aux robes de soie chatovantes, aux armiu'es brillantes {la Remontrance paternelle. Un Militaire remettant des pièces d'or à une jeune femme, etc.). Peintre d'intérieurs plus modestes, et des calmes occupations des ménagères, Pieter de Hooghe sait rendre tous les contrastes et les fines dégradations de la lumière dans les petits appartements hollandais. Van der Meer de Dclfl, un délicieux pavsagiste en même temps que |)eintrc de genre, modèle ses personnages dans une lumière plus claire, et enlève nettement , ses figures sur un délicat fond gris. C'est un élève de Reitt-

MODERNE

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brandt, Gôrard Dow, qui, chercliaiit à rendre les détails les plus infimes avec une minutie toujours égale, inaugure dans l't'îcole hollandaise la série des peintres de genre fioids et inertes. Parmi ses élèves, IJrekelcnkamp et surtout Jletzu, émule de Terburg et peintre de scènes populaires, se montrent bien supérieurs à leurs camarades d'atelier Mieris et Sclialken. Ce sont également les sujets de Terburg que reprendra Nctscher dans des tableaux d'une minutie froide et dure.

Pays de grands pâturages, au sol humide, où le ciel immense, balayé par le vent de la mer, offrait à un peuple observateur, amoureux de la nature et de la vie extérieure une perpétuelle variété d'cIFets lumineux, pairie de hardis navigateurs, d'armateurs et de corsaires, la llollande devait tenter également paysagistes et peintres de marine. Van Goyen le premier, dans ses délicates harmonies brunes ou dans ses gris argentés, sut l'endre les grands ciels chargés de nuages se reflétant dans les fleuves et les canaux. Des qualités de facture et de coloris analogues se retrouvent dans les vues de Salomon Ruysdaël. Art vau der Neer est le peintre des grands paysages boisés, baignés dans la clarté lunaire. Citons enfin, parmi les paysagistes de second ordre : Wynants, plus sec dans la minutieuse exécution de ses terrains et de ses feuillages; Everdingen, qui, le premier, s'est inspiré des paysages rocheux, des cascades et des sapinières de la Norvège. Mais la grandeur de ces campagnes monotones, la majesté des moulins qui dressent leur silhouette au-dessus des canaux, le ciel toujours changeant où la lumière joue sur les gros nuages, enfin tout ce qui fait la véritable poésie des campagnes hollandaises, Ruysdaël mieux que tout autre a su le dégager. Ses paysages norvégiens, malgré la sauvagerie de leurs aspects, ont un caractère plusconventionncTqueson Moulin, son Diiissoii ou sa Tempête sur le bord des digues. Peintre d'une nature plus paisible, Hobbéma défaille avec minutie les moulins à eau, les allées bordées d'arbres, les chaumières cachées dans les bois. Philippe de Koninck, élève de Rembrandt, se plaît aux vues panoramiques, aux lointaines perspectives boisées. Sous l'influence de Rembrandt travaille un paysagiste dont les œuvres, souvent confondues avec celles de Rembrandt lui-même, étaient très appréciées du maître, Roland Roghinaim. Parmi les paysagistes 3ui ont animé leurs tableaux de troupeaux paissant et 'animaux en liberté, Paul Potter est un de ceux dont la renommée est le plus populaire, renommée qu'il doit peut-être autant à son extrême facilité, à sa mort prématurée qu'à des tableaux d'un dessin correct, d'aspect généralement froid et sec. Cuyp sait envelopper d'une atmosphère bien plus chaude et plus dorée ses cavaliers en promenade, ses vaches paissant sur la rive, devant des horizons baignés de lumière et se dégradant avec finesse dans le lointain. A côté de ces artistes d'humeur casanière, fidèles à la nature qui les avait vus naître, tout un groupe de peintres crut devoir chercher en Italie une lumière plus éclatante et des paysages plus accidentés : Jean Dot h, ami de Claude Lorrain, Derghem, Karl du Jardin, Lingelbach, Asselyn, parfois même Adrien van der Yelde qui n'abandonna pas complètement les vues de paysages hollandais, etc. Les peintres d'intérieurs de ville et d'architecture se contentent généralement des aspects que leur ofl'rent les cités de leur patrie. Van der Heyden a excellé dans la peinture des villes hollandaises aux maisons de brique rouge proprettes et gaies; Saenredam a peint des extérieurs d'églises d'une couleur fine et transparente, llookgeest et de Witte rendent les délicats jeux de lumière sur les colonnes et les pai'ois blanches des églises hollandaises. Les paysagistes qui se cantonnent uniquement dans la peinture de marine sont assez rares ; citons Willem Van der Velde le vieux, son fils Willem Van der Velde le jeune qui a merveilleusement rendu la transparence des eaux calmes où se reflètent les vaisseaux de haut bord avec leurs majestueuses voilés blanches ; Dackhuisen, le peintre des gros temps, etc.

De la seconde moitié du xvii° siècle datent la plupart des peintres de nature morte : Otto Marcellis, Huysum dont la vogue fut immense, tous deux peintres de fleurs, Heda, Kalf, les peintres des faïences, des gobelets d'argent, des coupes de cristal ; Van Beyeren qui a laissé de superbes tableaux de poissons ; enfin Weenix et Hondecoeter qui ont excellé dans le rendu scrupuleux du poil et de la plume. La décadencede l'art hollandais fut rapide ; auxvui" siècle, Gérai-d de Lairesse et Van der Werif prouvent, par le succès

qui accueillit leurs tableaux d'une exécution minutieuse et froide, à quel degré d'abaissement était tombé le goût des Hollandais. Parmi les contemporains, les peintres de marines Mesdag, Jongkind, Israëls, le peintre des pêcheurs et des paysans, sont les artistes les plus renommés de l'école hollandaise.

Peinture allemande. Pas plus que l'archi lecture, qui, sous l'influence de l'Italie et plus lard de la France, ne produit que des monuments d'un style baroque ou rococo du plus mauvais goût, la peinture allemande du xvu« et du xvni° siècle ne compte un grand artiste, de tempérament original et continuant les traditions de la vieille école germanique. C'est chez les maîtres étrangers que les peintres vont chercher leur inspiration : chez les Flamands, comme Lely qui doit à Van Dyck l'allure élégante de ses portraits; chez les Hollandais, comme le peintre de fleurs Mignon. Au début du xvin° siècle, Denner peint des portraits froids, mous et soignés. Plus tard, tandis que Tischbein fonde une école de coloristes, c'est à l'étude de l'antique et^de Raphaël, sous l'influence des idées de Winckelmann, que se forme un artiste dont les tableaux furent très recherchés et l'enseignement très suivi, Raphaël Mengs. Angelica Kauffmann, au contraire, délaissant l'enseignement classique, emprunte aux Anglais, surtout à Reynolds, les colorations chaudes de ses portraits. Dans la première moitié du xix= siècle, la peinture à fresque prend un assez grand développement avec les froides compositions de Cornélius et celles d'Overbeck. Overbeck, dans des œuvres d'une forme moins purement classique, avec une recherche encore timide de l^pes plus réalistes, cherche à faire revivre la vieille tradition de l'art chrétien et du symbolisme religieux. Un peu plus mouvementées sont les compositions de Schnor ; Kaulbach, Feuerbach ont acquis de leur vivant, surtout le premier, une grande célébrité. Aujourd'hui c'est plutôt dans l'observation de la vie journalière, dans la peinture des intérieurs familiers, ou ils placent même les scènes de la Passion, que les artistes allemands vont chercher leurs sujets ))référés; les plus connus sont MM. Liebermann, Ulule, Menzel, Knaus, Lenbach, Kalkreuth, Bœchlin, le graveur Kœpping, etc.

Peinture anglaise. Le développement d'une école originale en Angleterre date à peine du début du xviii' siècle. Hogarth le premier aura un tempérament artistique vraiment anglais, ne reflétant pas avec plus ou moins de fidélité le talent des peintres du continent. Ses scènes humoristiques, où il représente la vie débauchée et corrompue de l'aristocratie anglaise, sont encore très populaires [le Mariage à la mode). Mais la véritable gloire de l'école anglaise du xviii* siècle, c'est l'éclosion de toute une génération de coloristes, de portraitistes délicieux par la richesse, l'harmonie chaude de leurs tons, par la fraîche et saine beauté de leurs types de femmes ou d'adolescents, la vigoureuse personnalité de leurs portraits d'hommes. Le plus ardent et le plus solide de ces coloristes est Reynolds, qui a laissé de superbes et savoureux portraits [Miss Siddons. Lord Healhfield, la Duchesse de Devonshire, Kitty Fischer, Lady Spencer, NellyO' Brien, etc.). Plus tard Hoppner, Romney Russel, Lawrence gardent de brillantes qualités de couleur dans leurs jolis portraits de femmes et d'enfants. Gainsborough est plus fin, plus aristocrafiqiie, et peint dans des harmonies plus délicates et plus nuancées le Élue Boy, Miss Siddons, Miss Graham, Georgina Spencer, Mist7ess Sheridan et Misiress Tikell, Nancy Parsons, etc. Délaissant les thèmes conventionnels alors en faveur pour la rustique simplicité des cottages et des pâturages, Gainsborough fut aussi le véritable créateur du paysage anglais. Citons après lui Morland, Old Crome, avec ses vigoureux clairs de lune, Bonington, l'ami de Delacroix, enfin Constable dont l'influence fut très grande sur l'évolution du paysage en France vers 1830 ; il s'est plu à représenter d'une pâte grasse et ferme, dans toute la richesse de leurs harmonies, les cottages enfouis dans la verdure, les coui)S de vent balayant les nuages au-dessus des champs et des plages. Contemporain de Constable, Turner dans ses débuts suit de près la manière de Claude Lorrain. Plus lard, dans l'emportement de sa prodigieuse imagination, il transfigure et amplifie ses visions, créant des perspectives immenses, des architectures dont les formes, baignées d'une éclatante lumière, s'estompent dans le chaud rayonnement de ses couchers de soleil, faisant surgir tout un monde féerique d'une magie de coloration éblouissante {^Vties de Venise;^ Soleil levant dans le brouillard; Apollon et le ser^'^i^

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