‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1044 sur 1729 · MONT · texte numérisé non relu

MONT

MONT-DE-PIÉTE

regardées que corame «les jeux de la nature ; mais, depuis le commencement de ce siècle, les travaux de GeoHï-oy Saint-llilaire, Serres et Bréchet en France; de Sœmmeriug, Mockel et.Tiedemann, en Allemagne, ont fait voir qu'elles rentraient dans les lois de la nature, et ont ainsi fondé la science des déviations organiciues ou Tératologie [Voy. ce mot). — On doit à Isid. GeollVoy Saint-Hilairc un ouvrage classique sur cette matière : Histoire générale et particulière des anomalies de l'organisation chez l'homme et les animaux ou Traité de tératologie, où il donne les caractères, la classification, les causes et les lois des monstruosités (Paris, 1852-56, 3 vol. in-8). Ce savant rapporte à 4 grands groujjes toutes les anomalies olîservées jusquici : les Hétnitéries, qui ne portent que sur un seul organe, un seul système d'organes ou une seule condition oi^anique; les Hétérotaxies, comprenant des anomalies ■complexes intervertissant la disposition de plusieurs organes, sans toutefois entraver l'exercice d'aucune fonction ; les Hermaphrodismes et les Monstruosités propr. dites, comprenant les êtres chez lesquels l'ensemble de l'organisation est modifié plus ou moins. Il divise les monstres en <leux classes : les Monstres simples ou unitaires, et les M. doubles. La première classe comprend trois ordres : les monstres autosites, ompkalosites et parasites. La seconde se compose de deux ordres : les monstres doubles autositaires et parasitaires. Chacun de ces ordres est ■divisé en familles, genres et espèces. Voy. tous ces mots. Pour les monstres imaginaires, pures créations de la fable ou de la poésie, voy. tératologie.

Monstniosités végétales. Elles sont de deux sortes. Les unes provieiuient d'une déviation des formes normales, due à la piqûre des insectes, aux caprices des cultivateurs, à l'inllucnce du climat ou à une lésion dans les fonctions physiologiques. Toutes les fleurs doubles, triples, pleines, sont des monstruosités : la rose double, p. ex., n'est qu'une monstruosité résultant de la transformation des étamines en pétales. Il en est de même des fleurs panachées, des rameaux agglomérés, etc. L'étude de ces dernières métamorphoses présente un grand intérêt; elle permet, en ^'iTel, dans un grand nombre de cas, de déterminer la valeur morphologique d'un organe. Ainsi l'on peut voir que les diverses parties de la fleur : sépales, pétales, étamines ■et pistil sont des feuilles transformées ; que l'ovule est un lobe de feuille, le nucelle une émergence.

MONT, MONTAGNE (du lat. mons, montis, et de montaneus). Les Géographes ne donnent ce nom qu'aux élévations de terrain considérables, à celles qui ont au moins 3 «u 400 mètres; au-dessous, on appelle : monticules, des «minences peu considérables; collines, des monticules «ux contours mollement arrondis et dont les pentes se confondent doucement avec le sol environnant : une colline détachée au milieu d'une plaine ou d'un plateau s'appelle tertre ou butte; il prend le nom de rocher s'il •est formé de matières dures, à flancs irréguliers ou «scarpés. Mont se dit de préférence d'une montagne isolée : le Mont Blanc, le mont Iloreb; montagne, d'mi ensemble, d'une suite ou d'une chaîne de grandes élévations. Dans toute montagne, on distingue : la base, le pied, les flancs, qui prennent le nom A' escarpements quand ils sont presque verticaux; la cime, dite aussi faite ou crête, et qui prend les noms de plateau, si elle se termine par une vaste surface plate; à. aiguille, corne, dent, pic ou puy, si elle est pointue; de tour, cylindre, dôme ou ballon, si le sommet est arrondi. Une réunion de montagnes s'étendant en longueur forme une chaîne; plusieurs chaînes réunies, xxn groupe; plusieurs groupes, un système. Hes chaînes se détachent des rameaux, et de ceux-ci des contreforts. Les flancs d'une chaîne se nommcni versants ; la ligne de partage des eaux, ligne de faite; l'espace creux que laissent entre elles plusieurs montagnes parallèles forme les vallées.

Parmi les chaînes les plus remarquables, on cite : en

Europe, les Alpes, les Pviénées, la Sierra Nevada, les

Apennins, les Karpathes, fes Balkans et les Dofrines ; en

le Caucase, le Taurus, les monts Altaï, les monts

i-Chan, l'Himalaya, les Chattes; en Afrique, l'Atlas,

iKuts Ruvenzori, 5050 m.. Kénia, 5600, Kilimandjaro,

' : en Amérique,' les Alleghanys, les Apalaches, les

ai.Ties Rocheuses et les Andes. — Les plus hautes

moiilagnes sont : les uics de l'Himalaya, savoir : le Gaou-

risiinkar, 8840 m., le Kunchinginga, 8 478, le Davaia-

gliiii, 8 180, le Nauda Devi, 7 815, en Asie; l'Aconcagua,

6970, le Nevado de Sorata, 6526, le Chimboraço, 6 254, le Cavamix', 5954, l'Antisana, 5 833, le Gotopaxi, 5 960, dans l'Amérique du Sud ; le Popacalepetl, 5 420, dans le Mexique; l'Elbrouz, dans le Caucase, 5 647; le Mont Blanc, 4 810, le Mont Rose, 4638, la Jungfrau, 4180, le Pelvoux, 4103, dans les Alpes; le Mulahaçen en Espagne (Grenade), 3481 ; le pic de Nethou (sommet principal de la Maladetta), 3 404, le mont Perdu, 5 552, le Cylindre du Marboré, 3 232, le Vignemale, 3 298, dans les Pyrénées; l'Etna, en Sicile, 3315; le Canigou (Pyrénées), 2 785, le Lomnis (Karpathes), 2 634 : le Monte Rotondo, 2 672, et le Monte Cinto, 2 710, en Corse ; le Monte Velino, 2 487, dans les Apennins ; le mont Athos, en Grèce, 1935; le mont Ventoux, 1912, le mont Dore, 1886, le Cantal, 1 857, le Mézenc, 1 766, le Puy de Dôme, 1 465, le Ballon des Vosges (G* Ballon), 1426, en France; le Vésuve, 1 282, en Italie; l'Hékla, en Islande, 1553.

Les Géologues attribuent la formation des montagnes à trois causes principales. Dans le premier cas elles résultent de plissements dus à la contraction de] l'écorce terrestre, plissements qui ont amené la formation d'une série de chaînes parallèles, dont le Jura constitue l'exemple classique. Dans le deuxième cas, les montagnes résultent de l'entassement de matériaux éruptifs, ce sont les montagnes volcaniques. Enfin, dans im troisième cas, un massif montagneux peut devoir ses contours actuels à l'elfondrement de tous les terrains situés sur sa périphérie. Les théories en cours sur la formation des montagnes sont dues surtout à MM. Dana, Heim et Suess.

MONTAGNE (la), uom d'un parti politique en France. Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr.

montagne (bleu de). Voy. azcrite.

MONTAGNES RUSSES. Cc jcu amusaut, mais fort dangereux, est depuis longtemps en usage en Russie : d'où lui est venu son nom. Il a été importé à Paris, au commencement du XIX' siècle; les montagnes Beaujon, aux Cliamps-Elysées, ont eu une grande vogue; mais de graves accidents, qui ne tardèrent pas à survenir, firent bientôt interdire ce jeu. Il consiste en montagnes réelles ou artificielles où l'on a pratiqué un chemùi uni et d'une pente rapide, souvent droit, quelquefois tournant , sur lequel on se laisse glisser dans un traîneau et avec une granoe rapidité.

MONTAGNE DE lA TABLE, coustellatiou située cutre le Serpent austral et le Caméléon, par 5 h. 20 d'ascension droite et 75° de déclinaison ; compte 1 étoile de 4° grandeur et 8 de 5*.

MONT-CENIS (fromage du) Voy. fromages.

MONT-DE-PIÉTÉ (c.-à-d. mont de charité) , èi&hYKsement d'utilité publique où l'on prête temporairement et à intérêts sur nantissement : c'est une espèce de banque publique de prêt sur gage. Une reconnaissance est délivrée à l'emprunteur pour constater la nature du gage et la somme prêtée ; une année est accordée pour rembourser cette somme et reprendre les elTets engagés; si au bout de ce temps on ne se présente pas pour dégager ces effets ou pour renouveler la reconnaissance en payant les intérêts échus, les effets sont vendus à l'enchère, et l'administration, après avoir prélevé sur le prix de vente la somme prêtée avec les intérêts et les frais, remet, s'il y a lieu, le surplus ou boni à l'emprunteur. A Paris, le taux de l'intérêt est de 9 pour 100, payables par douzièmes ; dans quelques départements, il va jusqu'à 15 pour 100; il est en moyenne de 8 pour 100. On compte actuellement en France 45 monls-de-piélé, répartis dans 26 départements : les plus importants sont ceux de Paris, Lyon, Rouen, Bordeaux, Angers, Montpellier, Marseille, Avi'gnon, etc. Le mont-depiété de Paris est situé rue des Blancs-Manteaux ; il a plusieurs succursales. Ces établissements sont placés sous Fauforité du ministre de l'Intérieur et des préfets. — Les monts-<le-piété rendent d'incontestables services à la classe nécessiteuse : mais trop souvent aussi ils offrent aux malfaiteurs les moyens de rtialiser promptement et facilement la valeur d'effets mal acquis.

L'institution du mont-ae-piété nous vient de l'Italie. Ce fut dans l'origine, comme le nom l'indique, une œuvre de charité, et les prêts, faits avec des fonds provenant de fondations pieuses, étaient purement gratuits. Les premiers monts-de-piété furent établis de l'462 à 1490 dans le» villes de Pérouse, de Savone, de Mantoue et de Florence. Les Franciscains, en 1493, donnèrent l'exemple de prêter à intérêts, et comme le droit de percevoir l'intérêt des capitaux était alors contesté par l'Eglise, Léon X, après avoir

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