MONT-DORE
MONÏJMENT
fait décider la question par le concile de Latran, permit, par une bulle de 1515, <jue les prêteurs retirassent un intérêt de leur argent ; néanmoins cet intérêt a toujours été très modéré en Italie. En France, des tentatives avaient été faites, mais sans succès, par Louis XIII et par Louis XIV, pour fonder un mont-de-piété à Paris ; ce n'est que sous Louis XVI qu'il put y être établi ; il fut constitué par lettres patentes du 9 décembre 1777. On y prêtait d'anord au denier huit et le produit était remis aux bôpitaux. La Révolution ayant détruit l'espèce de monopole de prêt sur gage qu'exerçait le mpnt-de-piété de Paris, il s'établit aussitôt un grand nombre de maisons analogues, qui se livrèrent à l'usure la plus odieuse. Le décret du 24 messidor an xn supprima ces établissements et reconstitua l'ancien montde-piélé. Il a été modifié dans son organisation par une loi du 24 juin 1851 et par un décret du 24 mars 1852.
En Allemagne, les mouts-dc-piété datent de 1760; on remarque surtout ceux de Dresde, Gotha, Beyreutb, Cologne et Elberfeld; ils prennent de 8 à 12 pour 100 d'intérêt. Il existe aussi beaucoup d'établissements semblables en Hollande et en Belgique ; ils sont inconnus en Angleterre.
Voy. : J.-B. Cerretti, Histoire des monts-de-piété (Padouc, 1752) ; Ballin, Essai historique sur les montsde-piété, Rouen, 1843) ; de WatteviUe, Rapport sur l'administration des monts-de-piété (1850); Blaize, Traité des monts-de-piété et des banques de prêt sur
?fage, en Fraiwe et dans les divers Etats de l'Europe Paris, 1856).
MONT- DORE (Puy-de-Dôme), eau minérale. Voy. eaux MisiiKALKs; — fromage, voy. fromages.
MONTE-AU-CIEL, nom vulgaire de la Persicaire orientale. Voy. REXOUÉE.
MONTEBRASITE, var. A' Amblygonite {Voy. ce mot-).
MONTE-CHARGE, nom sous lequel on comprend auj. les diverses machines élévatoires, telles que grues, treuils, poulies simples ou différentielles, ascenseurs de tout genre, et en particulier ceux qui sont mis en mouvement par le seul poids de l'eau ou par l'action d'une pompe foulante; on cite, en ce genre, les monte-charges hydrauliques de M. Guyennet, le monte-charge à mercure de M. Barry pour élever le blé, etc.
MONTÉE, nom donné vulgairement, surtout en Normandie, à de petites anguilles qui montent par troupes innombrables de la mer dans nos eaux douces; on en prend alors de grandes quantités avec des paniers. Voy. anguille.
MbNTEFIORE, cépage américain, cultivé dans quelques
tioints du midi de la France comme producteur direct. I résiste bien aux maladies parasitaires, se bouture facilement et donne un vin agréable ; il semble appelé à prendre en France un grand développement.
MONTGAMET, var. A Albergier [Voy. ce mot).
MONTGLAS, en Cuisine, salpicon de haut goût destiné à accompagner certains mets, croustades, bouchées.
MONTGOLFIÈRE. Voy. aérostat.
MONTiCELLITE, var. de péridot non ferrifère, mais contenant de la chaux.
MONTJOIE [mous Jovis), nom donné d'abord à des monticules ou à des monceaux de pierres formés en signe de victoire, est par la suite devenu le cri de guerre des Français. Voy. montjoie au Dicl. d'Hist. et de Géogr.
MONTMIRAIL (Vaucluse), eau minérale. Voy. eaux minérales.
MONTMORILLONITE, espèce d'argile smectique [ten-e à foulon), d'un rose pâle, qu'on trouve dans le département de la Vienne.
MONTOIR. Côté montoir, c'est le côté gauche du cheval; hors montoir désigne le côté droit.
MONTRE (de montrer). On nomme ainsi proprement, dans le Commerce, ce que les marchands exposent au devant des boutiques ou aux portes des magasins, pour faire connaître aux passants les objets qu'ils vendent. On donne le même nom à la boîte vitrée dans laquelle certains marchands, orfèvres, bijoutiers, tabletiers, etc., mettent leurs marchandises, afin qu'on les voie sans pouvoir y toucher.
Les Organistes nomment montre les tuyaux d'orgue en étain poli qui sont placés sur le devant de l'instrument et qui paraissent au dehors. Voy. orgue.
montre, petite horloge de poche. On appelait d'abord le cadran, la montre de l'horloge, parce que c'était la seule partie qu'on en vît; puis, ce nom passa à l'horloge même. Les principales parties (juon distingue dans une
montre sont : le ressort moteitr, lame d'acier trempé, très élastique, et roulée en spirale, qui donne l'impulsion, en faisant effort pour se distendre : cette impulsion est régularisée par un échappement ( Voy. ce mol), c.-à-d. par les oscillations d'une roue balancier sur l'axe de laquelle est fixé le spiral, ressort d'acier très délié qui réagit par son élasticité ; les rouages dont l'ensemble forme ce qu'on appelle le mouvement ; la fusée et sa chaîne; \c cadran, sur lequel marchent les aiguilles ; eniin la boite, dans laquelle toutes les autres parties sont renfermées. — Les montres les plus communes sont les montres dites à verge, dont l'échappement est à recul. Les montres dites à cylindre,c.-à-A. dans lesquelles l'échappement est un cylindre creux, sont les meilleures. L'es montres marines ou montres à longitude, connues sous le nom de chronomètres [Voy. ce mot), dont l'échappement est libre, sont les |)ius parfaites et les plus exactes de toutes. — Les montres à répétition sont celles qui sonnent l'heure et les quarts; les montres à réveil, celles qui font entendre un carillon à une heure marquée pour réveiller.
Les diverses pièces dont se composent les montres se fabriquent chacune par des ouvriers spéciaux et dans des lieux séparés ; Salins, Besançon, Genève et plusieurs autres villes de Suisse sont en possession de fournir les ressorts, qui sont finis et même retrempés à Paris pour les montres unes; les chaînes sont confectionnées à Montbéliard, à Besançon et en Suisse ; les aiguilles ordinaires en acier sont presque exclusivement fournies par Besançon, mais celles en acier lin avec or se fabriquent à Genève ; Paris en confectionne aussi, mais ce n'est guère que pour les réparations et la vente en détail; les verges viennent en partie de la Suisse; c'est à Besançon que se font les cadrans. Toutefois c'est à Paris que le tout est fini, et cette ville, ainsi que Londres, a la réputation de fournir les meilleures montres. — Depuis une vingtaine d'années, la fabrication des montres a pris une extension colossale aux Etats-Unis, qui, grâce à leur outillage perfectionné, sont arrivés auj. à en exporter en Europe, en France même, et, en Suisse, des quantités énormes. Leur production annuelle est de plus de 800 000 montres : plus du quart de la fabrication totale.
On croit que les premières montres de poche furent fabriquées en 1500 à Nuremberg, par Pierre Hèle : on les apjiela d'abord œufs de Nuremberg, parce qu'elles avaient une forme ovale ; elles se perfectionnèrent graduellement par l'invention de la fusée, de la chaîne d'acier, du spiral. Pendant longtemps les montres eurent une grosseur incommode : l'horloger Lépine trouva le moyen de faire des montres plates en supprimant l'une des deux platines entre lesquelles étaient renfermées toutes les pièces du mécanisme, et les remplaçant par des ponts destinés à recevoir des pivots. Les viontres à répétition furent inventées en Angleterre en 1676. Les montres marines furent portées au plus haut degré de précision par les Berthoud et les B réguet. Voy. horloge.
MONUMENT (du lat. monumentum, Acmonere, avertir, rappeler). Ce mot, dans l'origine, ne désigna que des amas de pierres, des tertres, puis des ouvrages d'architecture ou de sculpture destinés à conserver le souvenir d'un événement important ou d'un personnage illustre. On cite en ce genre : 1° les monuments préhistoriques désignés sous les noms de M. mégalithiques, celtiques, tels que cromlechs, dolmens, menhirs, alignements, galgals, etc., auxquels on accorde une antiquité de plus en plus reculée et qu'on suppose aujourd'hui remonter jusqu à Vage de pierre; 2° les M. historiques, tertres [tumuli), pierres tumulaires, tombeaux, colonnes, etc., que nous ont laissés les siècles passés. — On a étendu ensuite ce nom : X" aux constructions antiques dont il ne reste plus que des ruines plus ou moins bien conservées, telles que les M. cyclopéens, témoins de l'existence de la race pélasgique ; les M. antiques, de l'Inde, de l'Assyrie et de la Chaldée, de l'Egypte, de la Perse, ainsi que ceux des Grecs et des Romains : 2° à tout édifice important, surtout à ceux d'utiUté publique.
D'après leur destination, les monuments se divisent en : M. religieux, tels que temples, églises, monastères, pagodes, mosquées; M. militaires, forteresses, citadelles, châteaux, tours, remparts, portes; M. cm/s, palais, hôtels, maisons, hospices, théâtres, amphithéâtres, cirques, halles, bazars, fontaines, aqueducs, ponts, viaducs; M. commémoratifs, obélisques, colonnes, arcs de triomphe; M. funéraires, tombeaux, mausolées, pyramides, cippes, etc.