‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1046 sur 1729 · MORALE · texte numérisé non relu

MORALE

D'après les systèmes d'arcliilccliire adoptés successivement par les peuples, les monuments forment des classes qu'on désigne par le nom de la région où ils se trouvent ou par l'époque qui les a élevés. Leur étude présente un grand intérêt pour l'archéologie, pour l'histoire et pour l'art, et l'on peut consulter sur ce sujet de nombreux travaux : I. Orient : Butta, Monuments de yùiive; Layard, Monuments of yineveh, etc.; Place, Minive et l'Assyrie (palais de Kliorsabad) ; Loftus, Travels in Chaldxa and Susiana; Ch. Texier, l'Asie Mineure (monuments mèdes et phrygiens), ryl;*7/i^Hje(monuments assyriens près de Van et de bayazid), la Perse (ruines de Persépolis), la Mésopotamie; Flandin et G)ste, Voyage en Perse; Renan, Mission de Phénicie; Saulcy, Histoire de l'art judaïque;

— II. Egypte : Prisse d'Avenues, Monuments égyptiens; Mariette, te Sérapéum de Memphis, etc. ; Gau, Antiguités de la Nubie (l'oy. labtri>the, obélisque, pyramide);

— III. Grecs et Romams {Voy. grec [art], kovaix [art]);

— IV. France {Voy. arciiitectcre gothique, renaissance, MODERNE [art]); — V. Italie [Voy. italien [art]). — Les ou\Tagcs généraux sont : Monuments anciens et modernes (Didot) ; Gaillialiaud, Monuments anciens et modernes ; Perrot et Chipiez, Histoire de Cart dans l'antiquité; etc.

En France, l'Assemblée nationale avait créé, en 1790, dans l'ancien couvent des Petits-Augustins, un Musée des monuments français, qui a été supprimé en 1816 (Voy. Alex. Lenoir. Musée des monuments fi-ançais). — Pour assurer la conservation . des monuments qui intéressent riiistoirc nationale, il a été créé au ministère de l'Intérieur une Commission des monuments historiques qui veille à leur restaurai ion, approuve les plans et publie ses travaux sous le titre d'Archives. Il existe en outre une Société des amis des monuments parisiens dont le but est de veiller sur les monuments a'art et sur la physionomie artistique de Paris. — Voy. dégradation.

MONTMENT (le|, à Londres. Voy. colo.nse.

MOQUETTE (de Moncade, nom propre?), étoffe de laine, velue ou pelucheuse, tissée, croisée et coupée comme les velours, qui s'emploie pour tapis et pour meubles. On distingue : 1° les moquettes à grands dessins, pour tapis, plus fournies en laine que les autres ; 2° les moquettes piedcourt, à dessins plus petits, avec fleurs unies, employées en tapisserie et pour fauteuils; 3" d'autres plus communes, à petits carreaux ou petites mosaïques, qui servent à garnir des chaises et des banquettes, et à faire des sacs de voyage ; 4* les moquettes ciselées et à foudras, comme les velours ciselés : celles-ci ont double chaîne de fil de lin; le velouté est de fil de laine et plus haut que celui des moa nettes ordinaires; 5° les tripes, unies, pleines, c.-à-d. une seule couleur, ou rayées de plusieurs couleurs, gaufrées et imitant les veloure d'Utrecht ; elles s'emploient pour couvrir des chaises, pour divers ouvrages de tapisserie, etc. Leur velouté est aussi en laine, sur chaîne et trame de fil de lin. Abbeville, Aubusson, Amiens, Nîmes. Tourcoing sont les lieux principaux où l'on fabrique la moquette.

MogrETTE (de moquer) ou mouvant. Les Chasseurs appellent ainsi un oiseau de proie (généralement une chouette ou un duc] que l'on attache vivant à un piquet près d'im filet ou d'un picote, afin que, par son agitation et ses mouvements, il y attire d'autres oiseaux que l'on veut tirer ou attraper. Un engin appelé paumille, et qu'on met en jeu au moyen d'une ficelle, force la moquette à s'agiter si elle restait immobile. Voy. appeau et chanterelle.

MOQUEUR (de moquer], Mimus, oiseau du genre Merle, ainsi nommé à cause du singulier talent qu'il a de contrefaire toutes sortes de cris et de ramages, se distingue des Merles proprement dits par un bec plus mince -t plus convexe, des ailes de médiocre longueur, ime queue très étagéc, aussi longue que le corps et même quelquefois plus longue. Cet oiseau ne dépasse guère 0 m. 20 : il a tout le dessus du corps d'un gris brunâtre et le dessous blanchâtre, tacheté de blanc. Toutes les variétés de cette espèce sont particulières à l'Amérique : elles habitent les bois, et se nourrissent de baies, de fruits et d'insectes. Quoique ces oiseaux soient assez familiers, on les élève difficilement en cage. L'espèce type est le Moqueur proprement dit {Mtnnis poli/gloltus], commun aux Etats-Unis.

nORAILLES (orig. dout.), espèce de tenailles de fer avec lesquelles les maréchaux et les vétérinaires pincent le nez des chevaux vicieux pour les contenir pendant qu'on

les .ferre ou qu'on Ifeur fait subir quelque opération. — En Blason, morailles, pinces servant à serrer le noz des chevaux.

MORAILLON. pièce de fer attachée au couvercle d'un coffret, et garnie d'un anneau qui entre dans la serrure ei dans lequel passe le pêne.

j MORAINE (du b.-lat. morena, digue). En Géologie, on appelle, moraines, des amas d"e blocs, de dimensions très variables, formant des sortes de remparts qui Ixtrdent le pied ou les côtés des glaciers. Elles prennent, suivant leur position, le nom de M. terminales ou frontales, et de M. latérales. Elles proviennent des fragments de rochers qui, tombant du haut des montagnes à la surface du glacier, sont bientôt englobés dans sa masse, marchent avec lui dans son mouvement de progression, en striant profondément les roches sous-jacentes quand ils arrivent au fond, et finissent par être mis en liberté par la fonte du glacier, soit à sa liase, soit sur ses bords. Voy. glacier.

Laine moraine (du lat. 7nori, mourir), laine que l'on enlève, à l'aide de la cliaux, de la peau d'un animal mort.

MORALE (du lat. tnoralis). Cette partie de la Philosophie a reçu plusieurs définitions qui expriment les mêmes idées, parce qu'elles se déduisent 1 une de l'autre : - 1" science qui nous enseigne notre destinée et les moyens de l'accomplir; 2° science de nos devoirs; 5° science' qui nous enseigne à observer la loi morale, c.-à-d. à faire le bien et à é\nter le mal ; 4° science des mœurs (définition qui explique l'étymologie du mot morale]. Elle se divise en deux parties. Morale générale et Morale particulière. Dans la première, on établit les principes rationnels qui sont les fondements de la morale : 1" l'homme a une destinée qui correspond à sa nature, c.-à-d. aux penchants et aux facultés de son âme; 2" le bien consiste pour lui dans l'accomplissement de sa destinée; 3» par la raison, l'homme conçoit le bien; par la liberté, il peut le vouloir; par conséquent, la raison lui impose V obligation morale de vouloir le bien, lui en fait un devoir, une loi, et lui commande de subordonner à ce motif le sentiment et l'intérêt; 4° il mérite ou démérite, selon qu'il remplit ou qu'il ne remplit pas son devoir; les diverses espèces de peines ou de récompenses qui sont attachées à l'observation et à la violation de la loi morale, et constituent les sanctions; elles ont pour conséquence que nulle action n'est véritablement utile si elle est honnête, et qu'il n'y a pas de bonheur sans la vertu {Voy. co!i-

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