MORALISTES
MORDELLE
Arricni. de Marc-Aurèlc [Pensées). Les Néoplatoniciens se sont inspirés à la fois de Platon, d Aristole et dos Stoïciens, mais iis ont incliné au mysticisme, comme Plolin [Envéade I), Porphyre [Lettre à Marcella, etc.), Simplicius [Commentaire sur le Manuel d'Epictèle). — Les modernes ont approfondi et complété les théories des anciens ; ils se sont appliqués à donner plus de précision à la science en aclerminant rigoureusement ses principes, comme Malcbranche (Traa7<? de morale), Kant [Voy. devoir et droit), Jouffroy [Voy. bien, destinée, etc.). — Consulter les Eléments de la morale de Franck, ceux de P. Janel, et son Histoire de la philosophie morale et politique, le Devoir de J. Simon, les Principes de la morale de Tissot, la Science de la morale de Ch. Rcnouvier (d'après Kant), la Morale dans la démocratie de J. Bariii, etc.
— Les historiens de la morale sont : J. Denis, Histoire des théories et des idées morales dans Vantiqiiité; A. Garnior, De la morale dans l'antiquité; L. Meiiard, la Morale avant les philosophes; P. Montée, le Stoïcisme à Rome; J. Barni, Histoire des idées morales et politiques en France au xviii" siècle. Voy- moralistes.
Une foul'^ d'ouvrages de morale pratique ont été composés pour la jeunesse sous les titres de Morale en action, de Morale en exemples, de Contes moraux, de Conseils moraux : dans ce genre on remarque la Morale pratique de M. Bairaii, le Dictionnaire d éducation de Filassier et celui de M. E. Loubens. — Le Seleclx e profanis scriptorihus, d'Hcuzet, est un résumé de la morale des anciens, avec des exemples à l'appui. Sous le titre de Morale des poètes, Mousialon a donné un bon recueil des
1)ensées morales extraites des poètes latins et français. Voy. GNOMIQUES.
École de 7norale indépendante, école de philosophes et de pnblicistes qui prétendent fonder une morale indépendanle, non seulement de la révélation, mais encore de toute croyance à l'existence de Dieu et à une vie future, en lui donnant uniquement pour base le principe de la diqnité personnelle [Respecte en toi et en autrui la diqnilé de l'homme). Telle est, p. ex., la doctrine exposée par M. Coignet dans son ouvrage la Morale indépendante, etc. Cette doctrine encourt deux objections : d'abord elle ôtc toute autorité au principe de la dignité
iiersonnelle en ne le basant pas sur la raison, comme Cant [Voy. devoir); ensuite, la morale ne peut pas plus être iudéi)endante de la métaphysique que la pratique ne peut être indépendante de la théorie. Voy. E. Caro, Problcmes de morale sociale.
MORALES (sciences), OU SCIENCES PHILOSOPHIQUES. Voy.
philosophie.
MORALISTES. On désigne sous ce nom les auteurs qui ont écrit sur les mœurs d'une manière plus littéraire crue philosophique, quoiqu'ils puissent avoir un système plus ou moins arrête. Tels sont : chez les Grecs, ïhéophraste [Caractères), Plutarque [le Flatteur et l'Ami, etc.), Maxime de Tyr [Dissertations), etc. ; chez les Romains, Cicéron [De l'amitié. De la vieillesse, Tusculanes), Sénèque [Lettres à Lucilius), Marc-Aurèle [Pensées, en grec) ; chez les Français : Ciiarron, Montaigne, La Boctie, La Rochefoucauld, Pascal, Nicole, La Bruyère, Vauvenargues, Montesquieu [Lettres persanes), J.-J. Rousseau, etc.
— Consulter : C. Martha, les Moralistes sous l'empire romain; Alb. Desjardins, les Moralistes du xw" siècle; Prevost-Paradol, Etude sur les Moralistes français.
Voy. GNOMIQCES.
MORALITÉ, qualité de ce qui est moral [Voy. morale).
— Certificat de moralité, dit aussi de bonne vie et 7nœurs. Il est ordinairement délivré par l'autorité municipale, et en particuher par les chambres de discipline à ceux qui prétendent devenir officiers ministériels.
MORALITÉS, sortes de compositions dramatiques en vers qui, au moyen âge, tenaient lieu de ce que sont auj. nos tragédies et nos comédies, et qui liraient leur nom de ce (ju'clles aboutissaient à ciuelque précepte de morale. Elles étaient représentées par les clercs de la Basoche. C'étaient des espèces d'allégories, qui avaient ordinairement pour interlocuteurs les idées les plus abstraites et même les plus fantasques personnifiées, comme la Chair, VEsjyrit, Y Charité, la Justice, le Monde, la Bonne Compagnie, YAccoutwnance, le Passe-Temps, la Friandise, le Jeûne, etc. Ces pièces étaient, du reste, étrangères à l'Ecriture sainte : c'est en cela qu'elles différaient des mystères [Voy. ce mot). Quelquefois cependant, on trouve
des pièces qui offrent le double caractère de mystère et moralité. Le plus souvent elles n'étaient que des satires. Les moralités furent surtout en vogue sous Cliarles Vi, Charles VII, Louis XI et Louis XII. Soumises par François 1" à une censure sévère, elles perdirent bientôt de leur intérêt. Elles passèrent tout à fait de mode au commencement du xvii" siècle. Plusieurs de ces pièces ont été publiées de nos jours. — Voy. Monmerqué et Fr. Michel, le Théâtre français au moyen âge (1839).
On donne auj. le nom de moralités à de petites pièces de vers, fables ou allégories, (|ui renferment quelque précepte moral : M. Ortolan a publié un joli recueil de poésies de ce genre {Enfantines et moralités). On peut aussi y rapporter la Comédie enfantine de M. L. Ratislwnne.
MORATOIRE (du lat. moratorius, de morari, retarder). En Jurisprudence, on appelle intérêts moratoires les intérêts qui courent par l'effet de la mise en demeure ou d'une demande en justice, et qui sont dus à raison du retard apporté au payement d'une créance exigible. — Les lettres moratoires étaient des lettres émanées du roi ou de la justice et accordant un délai.
MORAVES (frères). Voy. le Dict.d'Hist. et de Géogr.
MORBIDE (du lat. morbidus, de morbus, maladie). Ce mot est souvent employé, en Médecine, dans le sens de maladif, malsain, qui est l'clfet de la maladie ou qui la caractérise. C'est en ce sens que l'on dit" : phénomènes morbides, affection morbide.
MORBIDESSE. Ce mot, emprunté de l'italien morbidezza, signifie, dans les Arts, ce qui est délicat, souple et doux au toucher. Il s'applique surtout à cette espèce de douceur de ton et de souplesse des attitudes qui est particulière aux chairs dans les natures délicates, telles que celles des enfants et des femmes. La reproduction exacte des effets visibles des chairs de cette nature est ce qu'on entend par morbidesse en peinture et même en sculpture. Le Puget et plusieurs autres habiles statuaires ont montré que les matières les plus dures, comme le marbre, ne se refusaient pas à rendre la morbidesse.
MORBIFîQUE (du lat. morbus, maladie, et facere,. faire), se dit, en Médecine, de ce qui cause la maladie : virus morbifique.
MORBILLEUX (du lat. moderne morbilli, rougeole), se dit, en Médecine, de toute éruption qui a du rapport avec la rougeole.
MORCHELLA (origine allemande), nom latin botaniquede la Morille.
MORDACHE (de mordre), nom donné : 1° à un instrument de fer qui sert à saisir les grosses bûches et à les arranger dans le feu : c'est une espèce de tenaille; — 2° à une tenaille composée de deux morceaux de bois élastiques, qu'on adapte à un étau, entre les mâchoires, pour ménager les ouvrages délicats rjue le fer pourrait endommager.
MORDANÇAGE ou alunage, opération de Teinturerie qui consiste à fixer sur une étoffe, à l'aide d'un mordant [Voy. ci-après), une matière colorante quelconque. Cette opération a aussi la propriété de rendre la couleur plus stable et plus résistante à l'action de la lumière. Si la couleur vient à passer, il suffit pour la faire remonter de plonger de nouveau le tissu dans une dissolution du même mordant.
MORDANT (de mordre), substance au moyen de laquelle on parvient à fixer les couleurs sur la laine, la soie, le coton, etc. Le sulfate d'alumine et de potasse (alun) et l'acétate d'alumine sont les mordants les plus employés en teinture. Viennent ensuite le sulfate et l'acétate de fer, le chlorure d'étain, la crème de tartre, le tannin, etc.
On appelle encore ainsi : le vernis qui sert à fixer l'or en feuilles que l'on applique sur du cuivre, du bronze, etc. ; — l'agent à l'aide duquel on décape ou on corrode les surfaces métalliques, etc.
MORDANT, sorte d'agrément fort employé en Musimie et qui consiste en deux ou plusieurs petites notes placées immédiatement avant une note quelconque.
MORDÉCHI ou MORDÉHi (nom indigène) , maladie répandue aux Indes, et qui ressemble au choléra, consiste dans un dérangement des fonctions digestives causé par la chaleur continuelle du climat, par les sueurs qu'elle excite et le froid qui y succède.
MORDELLE (du lat. mordere), Mordella, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères hétéromères, famille des Trachélides et type de la tribu des Mordellones .