‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1049 sur 1729 · MORILLE · texte numérisé non relu

MORILLE

corps allongé, étroit, arqué, terminé par une longue tarière acuininée. Leurs espèces, nombreuses et partout répandues, vivent sur les fleurs et sur les plantes; leurs larves vivent dans le bois. Les Mordelles ont des mouvements circulaires fort brusques, à l'aide desquels elles savent se dérober au danger.

MORDORÉ ;c.-à-<l. doré en ynore ou en noir], couleur brune avec un reflet d'or ou d'orangé, comme l'aile du lianiioton.

MORÉACÉES ou morées (du g.-ljlJe Morus, Mûrier), famille de plantes Dicotylédones Apétales à ovaire supère, détachée de celle des Urticacées, renferme des arbres ou arbrisseaux à sue aqueux ou lactescent, à fleurs monoï-

2ues ou diolques : fleurs mâles ayant un périgone à 3 ou divisions et 3 ou 4 étamines ; fleurs femelles ayant un périgone quinquéfide ou à 4 folioles ; ovaire sessile uniloculaire. Le fruit est un akène monosperme. — Cette famille renferme, outre le genre type, les genres : Broussonétie, Dorstéiiie, Maclure, etc.

MORÉE, Morea, genre de la famille des Iridées, renferme plusieurs espèces exotiques originaires des contrées chaudes du globe. On en cultive beaucoup dans nos jardin> : on les multiplie de graines ou de jeunes pieds. La M. faiisse-iris [M. iridiovdes] a les feuilles disposées en éventail comme celles des iris, et les fleurs en petit nombre, sans odeur, de couleur blanche mélangée de

iamie et de bleu. La M. à gaine [M. vaginata) a aussi es feuilles en éventail, mais la feuille supérieure embrasse la tige dans toute sa longueur. La M. de la Chine ou Iris tigrée [M. pardalanthus] a les fleurs d'un jaune safran maculé de rouge. La M. à grandes fleurs ou Iris plumense [M. virgata) a des fleurs blanches teintées de bleu avec une tache jaune et une raie barbue, d'où son nom.

MORÉES. Voy. moréacées.

MORÉLIE, Morelia, genre de Serpents de l'Australie, appartient au groupe des Pythons. Voy. ce mot.

MORELLE, Solanum, genre type de la famille des Solanées, renferme des plantes herbacées ou sous-frutescentes formant un grand nombre d'espèces, dont plusieurs se cultivent en pleine terre dans nos dépai-tements du Midi. La Morelle noire [S. nigmim), vulg. Crève-chien, est une plante herbacée de 0 m. 40 à 0 m. 50, qui croît dans les lieux incultes, le long des mure et sur le bord des chemins; elle a des feuilles ovales, de couleur foncée et d'odeur vireuse ; des fleurs petites et blanches, en corymbes pendants; des baies semblables à celles du cassis. Vertes d'abord, puis noires. Cette plante et la douce-amère (S. dulcamara] contiennent un alcali vomitif et narcotique, la solamne; mais dans ces plantes ainsi que dans plusieurs exotiques (S. guinense] il est neutralise par un acide; grâce à ces combinaisons, les Morelles, soumises à la cuisson, qui leur enlève leur odeur vireuse, sont employées à la manière des Epinards dans les régions tropicales, sous le nom de brèdes.

Les autres espèces du genre Slorelle sont : la Morelle tubéreuse (Solanum tuberosum), vulg. connue sous le nom de Pomme de terre, originaire des Cordillères du Pérou et du Chili, et auj. cultivée dans le monde entier; la M. faux-piment [S. pseudo-capsicum), vulg. Ceritelle. Amome des jardiniers: la M. douce-amère (S. dxdcamara) ; la M. melongène [S. melongena), vulg. 'Aubergine, originaire de l'Asie, cultivée dans l'Europe méridionale pour son gros fruit violet comestible à la cuisson; la M. faux-quinquina [S. pseudo-quinquina). Linné y joignait le Lycopersicinn. vulg. Tomate ou Pomme d'amour, dont on a fait depuis un genre à part.

Voy. POJME DE TERRE, AUBERGINE, DOCCE-AMÈRE, CtC.

Voy. aussi drèdes.

MORENDO, a en mourant », terme de Musique emprunté à l'italien pour indiquer qu'on doit diminuer peu à peu le son.

WORENIA, genre de la famille des Palmiers, tribu des Arécinées, établi pour des espèces qui croissent dans les montagnes du Pérou.

MOFtÉNOSITE, sulfate de nickel hydraté naturel [NiSO*-f- 7 11-0], se forme sur les minerais de nickel.

MORESQUE (architectcre), nom donné au genre de construction que les Mores d'Afrique empruntèrent aux Arabes Toi/, architecture sarrasixe). C'est en Espagne qu elle a ses plus Ix^aux monuments. Elle se distingue par ses arcades cjui outrepassent le demi-cercle, en forme de fer à cheval ; souvent 1 intrados de l'arc est découpé. La décora-

tion est toute fantastique et ne saurait être définie ; sobre de sculpture, mais prodigue de peinture, elle amena l'ornementation polychrome à son point le plus brillant. La mosquée de Cordoue a 38 nels dans un sens et 19 dans le sens opposé, soutenues par 1093 colomies de marbre; au milieu on a construit une église gothique du style flamboyant. L'Alhambra de Grenade, le fameux palais dont Charles-Quint a renversé une partie pour élever un édifice de style gréco-romain, excite encore l'admiration pai' ses galeries qu'égaie la vue d'orangers, la cour des lions entourée d'mi péristyle de colonnes légères, la salle des ambassadeurs, dont les murs sont revêtus jusqu'à hauteur d'appui par des faïences et au-dessus par des arabesques en stuc semblables à ime guipure, la salle du tribunal, dont la voûte renferme des peintures arabes sur cuir collé à des pamieaux de cèdre, représentant des luttes et une assemblée de rois maures, etc. Séville possède le palais de l'Alca^ar et la Giralda, magnilique tour en briques percée de fenêtres à double arc trilobé, servant de clocher à la cathédrale ; Tolède, les restes d'un palais, etc. On cite en outre les murailles et les portes de plusieurs villes pour leur élégance et leur solidité.

MORET, fruit de l'Airelle. Voy. ce mot.

MORETON,nom vulgaire du Canard milouin.

MORFIL (pour mort fil, tranchant mort, émoussé). On nomme amsi certaines petites parties d'acier presque imperceptibles qui restent au tranchant d'un couteau, d'un rasoir, etc., lorsqu'on les a passées sur la meule, et qui empêchent l'instrument de bien couper. Il faut, pour l'emporter et pouvoir se servir de l'instrument, passer le couteau sur une pierre plus fme ou le rasoir sur un cuir.

NORFiL (de l'espagnol moro, maure? et de l'arabe fil, éléphant). Dans le commerce, on appelle ainsi les dents d'éléphants encore brutes.

MORFONDURE (de morve et du latin fundere, répandre), se disait d'une maladie du Cheval, ayant pour cause un catarrhe nasal intense, compliqué souvent de catarrhe bronchique.

Chez l'homme, la morfondure consiste dans un écoulement spontané, d'une humeur limpide et séreuse, par les narines.

MORGANATIQUE (habiage), de l'allemand morgengabe, don du matin, par allusion au présent que le mari faisait à sa femme le matin, au lendemain des noces. Celte sorte de mariage, dit aussi mariage de la main gauche, a principalement lieu en Allemagne, surtout quand un prince passe à de secondes noces, ayant des enfants d'un premier lit. D'après le Code prussien, les mariages morganatiques ne diflerent des autres qu'en ce qu'ils ne donnent pas à la femme tous les droits de famille et de rang que les lois accordent à l'épouse ordinaire.

MORGELINE (de morsus gallinx), plante Car3ophyllée.

Voy. ALS1XE.

MORQUE (d'un vieux mot qui veut dire risa</e) , endroit à l'entrée d'une prison, dans lequel on retient quelque temps les accusés ou les condamnés qu'on écroue, afin que les gardiens puissent les observer pour les reconnaître au besoin.

A Paris, on appelle 'ainsi l'endroit où l'on expose les cadavres des pei'sonnes trouvées mortes hors de leur domicile, alin qu'elles puissent être reconnues : le bâtiment destiné à cet usage contient trois salles, l'une pour l'exposition des corps inconnus, l'autre, dite des morts, pour le dépôt des corps reconnus, et la 3° pour les autopsies. Tous les renseignements utiles sont consignés avec som sur des registres.

MORILLE, Morchella (de Morchel, nom allemand de la

fiante), genre de Champignons Ascomycètes Discomycètes. a morille se distingue des autres champignons en ce que son chapeau est alvéolé. La Morille commune [M. esculenta) est de forme ovale; ses alvéoles sont presque quadrangulaires, et sa couleur enfumée se fonce de plus en plus à mesure qu'elle approche de son entier dévelo|v pement. Son volume varie depuis celui d'une noisette justju'à celui d'une grosse orange : elle est ovoïde ou tout à fait ronde. On trouve cette espèce dans nos bois dès le mois de mars, après les premières pluies et parmi les feuilles mortes. Elle a peu d'odeur; mais son goût, qui a les plus grands rapports avec celui des champignons ordinaires, la fait rechercher. Pour en prolonger l'emploi, on la fait sécher en la suspendant, sous la forme de chapelets,

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