MORSE
MORTALITE
simple à porte, Pclham, etc.). — Prendre le mors aux dents, se dit d'un cheval dont la bouche est tellement échaullée qu'elle devient insensible, et que l'animal s'emporte, sans que le cavalier ou le cocher puisse le retenir, \c mors n'opérant pas plus d'effet sur les barres que si le cheval le tenait serré entre les dents. C'est donc improprement qu'on dit d'un cheval qui s'emporte qu'i/ a pris le mors aux dents, parce que, même alors, le mors garde sa position normale, une disposition particulière l'empêchant de se déplacer.
On nomme vulg. : Mors du diable, la Scabieuse des bois, à cause de sa racine échancrée et comme mordue; Mors de grenouille ou Morrène, l'Hydrocharis.
MORSE (nom russe), Trichecus, genre de Mammifères marins, du groupe des Phoques sans oreilles et particulier aux mers arctiques. L'espèce principale est le Morse du Nord [T. rosmarus). ^Tilg. Vache marine. Cheval marin, dit aussi Eléphant de mer, Béte à la grande dent, parce que de sa mâchoire supérieure sortent deux énormes défenses, qui se dirigent vers le bas, et qui ont quelquefois jusqu'à 0 m. 70 : ces défenses relèvent tout le devant de la mâchoire et lui donnent la forme d'un gros mufle renflé. Cet animal peut atteindre 5 mètres de longueur. Les morses ont les mœurs des phoques : ils sont généralement inoffensifs, mais quand on les attaque ils se défendent avec fureur. On les chasse pour le produit qu'on f>cul tirer de leur graisse et de leurs dents : l'huile qu'ils burnissenl est presque aussi estimée que celle de la baleine ; l'intérieur de leurs dents a plus de valeur que l'ivoire même. Le nombre des morses diminue tous les jours.
MORSURE (du lat. morsus], plaie avec déchirure que les animaux font en mordant. La morsure est dite : simple, si elle est faite par un animal qui ne laisse aucun virus dans la plaie ; compliquée, si l'animal y a déposé un virus ou un principe vénéneux. Voy. pl.vie, rage et les noms des animaux venimeux.
MORT (du lat. mors, mortis], cessation de la vie chez les êtres organisés [Voy. vie). On distingue : la mort générale, ou mort proprement dite, de la mort partielle, ou abolition de la vie dans une partie circonscrite du corps : on donne à celte dernière les noms de mortification, de gangrène et de nécrose; la mort naturelle ou sénile, qui est l'effet de l'âge, de la mort accidentelle, qui peut airiver à toute époque de la vie et qui ellemême peut être lente [Voy. agosie], ou rapide, subite, violenle, etc.
On distingue encore la mort réelle ou absolue et la mort apparente. La mort réelle n'est pas toujours facile à reconnaître : l'asphvxie, la létharçie, la syncope, la catalepsie, l'épilepsie, f'extase, le tétanos et plusieurs autres maladies nerveuses simulent ses effets et peuvent donner lieu à une mort apparente. L'absence de la respiration, constatée au moven d'une glace, n'est pas toujours un signe suffisant delà cessation de la vie : la raideur des membres et un commencement du putréfaction sont les deux seuls signes certains de la mort réelle. C'est pour prévenir les funestes accidents qui peuvent résulter d'une mort apparente que des dispositions légales s'opposent aux inhumations précipitées [Voy. cadatre et inhumation). En France, on peut enterrer 24 heures après la mort. Quelques peuples n'enterrent les morts qu'après trois jours révolus. Dans quelques ailles d'Allemagne, on a même établi des maisons mortuaires, où les corps sont dé[)osés et soigneusement observés jusqu'à ce que la putréfaction commence à se déclarer. — Voy. D' F. 3ouchut. Traité des signes de la mort (1849) ; D' Jozal, De la mort et de ses caractères (1852). — Voy. décès.
Les Grecs avaient divinisé la Mort : ils la faisaient fille de l'Erèbc et de la Nuit, et sœur du Sommeil ; ils la plaçaient devant la porte des Enfers. L'if, le cyprès et le coq lui étaient consacrés. Au moyen âge, on représenta la Mort sous la forme d'un squelette agile, ayant des ailes au dos et tenant une faux ( Voy. danse des morts) ; on lui donna pour attribut un flambeau renversé, un sablier et qncl(]uefois un papillon. — Voy. : Lessing, Comment les anciens ont représenté la mort; A. Maurv, Sur le perêonnage de la mort (Revue archéol., 1847-48), etc.
Mort civile. En Droit, la mort civile, abolie par la loi du ^1 mai 1854, était un état dans lequel le condamné était privé de toute participation aux droits civils. Elle résultait de la condamnalion à la peine de mort, aux tra-
vaux forcés à perpétuité et à la déportation. Par la mort civile le condanmé perdait la propriété de tous ses biens ; sa succession était ouverte au profit de ses héritiers, etc. (C. civ., art. 22-25).
Peine de mort. Voy. pehik capitale.
En Botanique, on appelle vulg. : Mort au chanvre,
j l'Orobanche rameuse ; 3/. aux chiens, le Colcliique d'au-
I tomne; M. de froid, M. au loup, des Aconits; M. aux
poules, la Jusquiame noire; M. aux poux, la Staphy-
saigre; M. du safran, ime pelite Truffe parasite; M. aux
vaches, la Renoncule scélérate.
Mort aux mouches. C'est du cobalt arsenical ou de l'arsenic métalhques pulvérisés et délayés dans l'eau : on en remplit une assiette et les mouches' viennent s'empoisonner en goûtant celte liqueur. Cette préparation est souvent étendue d'avance sur des papiers qu'il suffit d'humecter avec de l'eau.
Mort aux rats. C'est ordinairement de l'arsenic blanc (acide arsénieux) coloré, pour éviter les méprises, par du sesquioxydc de fer. On emploie aussi le carbonate de baryte, l'orpiment, le phosphore, la mine de cobalt qui est toujours arsenicale, la noix vomique, etc.
MORTADELLE fen ital. mortadella, de mortaio, mortrer, parce qu'on pile les ingrédients dans un mortier), espèce de gros saucisson qui vient d'Italie. La mortadelle de Bologne et celle de Florence ont de la réputation. — On donne aussi le nom de mortadelle à un ragoût de poulet en usage en Italie.
MORTAILLABLE (pour mor/ taillable). Hins le Droit féodal, ce mot désignait les serfs attachés à la glèbe de père en fils, et dont le seigneur héritait, de manière qu'ils payaient encore la taille, même après leur mort, dans la personne de leurs enfanls. On appelait en ce cas mortaille le droit du seigneur. Les mortaillables pouvaient cesser d'être les hommes du seigneur en se déclarant les hommes du roi.
MORTAISE (orig. incerl.), cavité ou entaille pratiquée dans l'épaisseur d'une pièce de bois ou de mêlai pour recevoir le tenon d'une autre pièce, de manière à former un assemblage. La forme de la mortaise est ordinairement celle d'un parallélépipède trapézoïdal, afin qu'étant entré de côté le tenon ne puisse pas s'échapper en avant; elle s'exécute sur le bois au moven d'une mèche manœuvrée soit avec la main, soit à l'aide de machines porte-outils qui tournent avec une vitesse de 1 800 à 2 500 tours par minute. — Dans les pièces métalliques, les mortaises se pratiquent toujours au moyen de machines à mortaises, ce qui donne une plus grande puissance et assure une plus grande régularité au travail.
MORTALITÉ (du lai. mortalilas], nombre proportionnel des individus de l'espèce humaine qui, sur une population donnée, meurent soit à certaines époques d'épidémie, soit annuellement. Le chiffre moyen de la mortalité annuelle varie selon les pays et les époques : en France, la mortalité a été en diminuant depuis un siècle, et par conséquent la durée de la vie moyenne va en s'allongcant; cette durée, qui, au xviii* siècle, n'était guère que de 30 ans, dépasse aujourd'hui 40 ans. Voy. vie et