‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1060 sur 1729 · MOUSSES · texte numérisé non relu

MOUSSES

MOURON, nom vulgaire de deux petites plantes bien connues, le Mouron des oiseaux, dit aussi Morgeline ou Alsiue, et le Mouron rouge ou Anagallide. Voy. alsise

et ANAGALLIDE.

MOURON d'eau. Voy. SAMOLE.

moURRE (de l'ilal. inorra). Ce jeu remonte à l'antiquité égyptienne ; il existe une peinture funéraire représentant (Icux Egyptiens se livrant à cet amusement. Cicéron cite le proverbe s'appliquant à une probité à toute épreuve : a C'est un homme avec qui vous pourriez jouer à la mourre dans les ténèbres ». La mourre est encore très populaire en Italie, à Naples surtout. Deux personnes se placent debout l'une devant l'autre, le bras droit repUé vers l'épaule ; puis elles abaisseut simultanément ce bras en étendant un ou plusieurs doigts, et en criant un nombre qui ne dépasse jamais dix : le joueur qui énonce juste le nombre total de doigts qui ont été ouverts de part et d'autre, a gagné. La mourre se joue en plusieurs parties liées ; chaque joueur compte ses points en élevant un ou plusieurs aoigts de la main gauche.

MOUSQUET. Ce mot, qui, dans l'usage vulgaire, est devenu synonyme de fusil, désigne proprement une espèce particulière d'arme à feu qui a remplacé l'arquebuse, et

3ui a précédé le fusil. Le mousquet avait un canon long e 1 m. 20 env. et d'un calibre plus gros que le fusil de munition ; on le faisait partir à l'aide d'une mèche allumée, placée au bout d'un serpentin : c'était le mousquet à mèche, auquel succéda le mousquet à rouet, dont on trouvera la description aux mots fusil et rouet. — Il y avait aussi des mousquets à forquine, qu'on appuyait sur une espèce de fourcnette fichée en terre, etc. — Le mousquet nous vient des Italiens ; suivant Brantôme, il fut introduit en France par Strozzi, vers 1562. C'était un armurier de Milan, nommé Gaspard, qui fabriquait alors les meilleurs mousquets.

MOUSQUETAIRE, soldat armé d'un mousquet. Ce nom fut spécialement appliqué en France à une compagnie de

S gentilshommes à cheval, créée en 1622 pour le service de a garde du roi. En 1657, ils formèrent deux compagnies, les M. gris et les M. noirs, ainsi nommés de la couleur de leurs chcvauï. Du reste, ils étaient tous vêtus de rouge ccarlate, ce qui fit donner à cette partie de la maison militaire du roi le nom de Maison rouge. En temps de paix, les mousquetaires suivaient le roi à la chasse; en temps de guerre, ils combattaient à pied et à cheval comme les dragons. Ils furent supprimés par St-Germain sous Louis XVI. En 1814, on rétablit des compagnies de mous-

Suetaires ; mais elles ne subsistèrent que quelques mois, et isparurent après le second retour de Louis XVIII. MOUSQUETON. On nomma d'abord ainsi de petits mousquets {Voy. ce mot). Auj. c'est un fusil dont le canon est notablement plus court que celui de l'arme ordinaire, mais dont le calibre et le mécanisme de percussion sont identiques à ceux de ce dernier. Le mousqueton constitue l'ornement des servants d'artillerie à pied. — Les honmies de la cavalerie sont munis d'une carabine qui ne diffère que très légèrement du mousqueton.

MOUSSA, bouillie faite avec de la farine de petit mil, et qui sert d'aliment aux nègres dans les colonies.

MOUSSE (de l'ital. mozzo, jeune garçon], apprenti matelot. Les mousses peuvent servir sur les nàtiments marchands ou sur les vaisseaux de l'Etat. Dans la marine marchande, ils ne peuvent être embarqués avant 10 ans ni après 16; dans la marine militaire, ils doivent avoir au moins 13 ans. Bien qu'inscrits sur les matricules, les mousses de la marine marchande ne sont pas assujettis au régime de l'inscription maritime ; ils ne peuvent, sans leur consentement, être levés pur la marine de l'Etat. — Les mousses apprennent à grimper aux cordages, à manœuvrer les vergues, à serrer les voiles, à dégréer les mâts, etc. En outre, ils sont employés à tous les soins domestiques, balayent les vaisseaux, servent l'équipage. Placés sous la dépendance des matelots, ils sont fréquemment exposés à de mauvais traitements ; aussi la dure condition de mousse est-elle souvent imposée conmie punition à de jeunes mauvais sujets. Dans plusieurs ports, il existe des écoles de mousses [Voy. marine et maistrance). — La dénomination de MioMsse paraît avoir été adoptée en France vers le milieu du XVII' siècle.

MOUSSE (du lat. muscus), matière légère qui se forme à la surface de certains liquides. Tantôt elle est l'effet des gaz que contient le liquide (et notamment de l'acide car-

bonique), gaz que la compression y avait fait entrer et qui, en redevenant libres, produisent une vive ell'crvescence [vin de Champagne, bière, limonade gazeuse, etc.); tantôt, comme dans les liqueurs mucilagineuses, albumineuses, savonneuses, eau de savon, blanc d'œuf, eaii de mer, etc.), elle est l'effet de l'agitation communiquée à ces liquides, et qui y emprisonne des bulles d'air.

MOUSSE. En Cuisine, on donne ce nom à un composé de crème fouettée parfumé à la vanille, chocolat, café, etc.

MOUSSE, végétal. Voy. mousses.

MOUSSELIM ou mousselin, officier turc d'un rang fecondaire, est le lieutenant d'un pacha.

MOUSSELINE (de Mossoul, ville de la Turquie d'Asie), le plus léger, le plus délicat et le plus fin des tissus de coton. La mousseline se tirait autrefois de la Syrie, de la Perse et de l'Inde. Chandernagor et Masulipatam étaient sans rivales uour la finesse de leurs produits. Aujourd'hui la France et la Suisse fabriquent des mousselines qui égalent en beauté celles de l'Inde. Les villes de France renommées pour cette fabrication sont Tarare, St-Qucntin, Alençon, Nancy, Rouen, etc. — M. de laine, étoffe légère de laine fabriquée comme la mousseline de colon. — M. de soie, étoffe de soie très légère.

MOUSSERON (de mousse), nom vulgaire de plusieurs espèces de Champignons du genre Agaric, qui croissent sous les mousses : ils sont très bons à manger et d'une odeur agréable. Le plus important est le Tricholome de la St-Georges; le faux mousseron est le Marasmius oreades.

MOUSSES, Musci, classe des Muscinées (un des deux embranchements des Cryptogames cellulaires). Les mousses forment une sorte de gazon sur la terre, les troncs d'arbre, les vieux murs, en général les lieux humides et froids. Leur végétation, suspendue en été, recommence en automne. Elles ont une véritable tige, mais jwint de racine, et leurs petites feuilles sont insérées sur l'axe d'après les mêmes lois de disposition que dans les végétaux supérieurs : ces feuilles ont une nervure médiane. Leur reproduction est double et alternativement sexuée et asexuée. La tige feuillée se termine à la partie supérieure par une sorte de faux calice appelé périchèze qui comprend soit des anthéridies, soit des archégones, soit les deux. Les anthéridies sont de petites massues enveloppées d'une membrane mince, et contenant un très grand nombre d'anthérozoïdes spirales à deux cils vibratiles. Les archégones ont la forme de bouteilles à col très long; l'anthérozoïde pénètre par le col et vient féconder l'oosphère qui est dans la partie ventrale. L'œuf est ainsi formé. Cet œuf se développe sur place et donne naissance au sporogone fixé à la tige feuillée; ce sporogone est surmonté d'un capuchon appelé coiffe qui est le reste de l'archégone. Après la chute de la coiffe d'abord et ensuite d'un couvercle appelé opercule, le sporogone s'ouvre; l'orifice ainsi produit est garni de deux rangées de dents hygroscopiques qui contribuent à projeter les spores au loin. Plusieurs mousses se multiplient aussi de bourgeons.

On connaît actuellement 3 000 espèces de mousses, tandis que Linné n'en caractérisait encore que 111. Les mousses se divisent en 4 familles : Sphagnacées, Andréacées, Phascacées et Bryacées. Ces dernières sont les plus nombreuses, elles se divisent suivant que l'organe de fructification se trouve à l'aisselle des feuilles, ou à l'extrémité de la tige, ou à l'extrémité de rameaux latéraux ; on les a rangées dans deux groupes distincts, celui des Pieurocarpes [Sphagnum, Hypnum, Fontinalis), et celui des Acrocarpes [Bryum, Funaria, Splachnum, Polytrichum, etc.).

Les mousses jouent un rôle important dans la nature, ea succédant aux lichens sur les terres arides et créant de leurs débris un sol pour des plantes plus élevées. Les Sphagnum. mousses aquatiques, contribuent essentiellement à la formation de la tourbe ; on les emploie comme engrais. — D'autres mousses servent à l'emballage des objets, à l'ornement des jardinières. Elles protègent les troncs des arbres contre les rigueurs du froid, et fournissent la plus grande partie des matériaux avec lesquels les nids des oiseaux sont construits.

On appelle vulgairement : Mousse aquatique, M. marine, des Confcrvcs qui croissent dans les eaux douces ou salées; M. d'Astrakan, la Buxbaumie; M. grecque, la Jacinthe muscari; M. membraneuse, la Trémclle; M. du Nord, le Lichen des remies ; M. de paon, l'Amarante à

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